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Présentation de la commune de Maure-de-Bretagne

Dossier IA35003018 réalisé en 1998

Fiche

Œuvres contenues

1) Le cadre naturel

La topographie du pays de Maure laisse l'impression d'un espace morcelé en une suite de vallées s'échelonnant du nord au sud, séparées par une succession de collines. Hormis le Combs dont le cours établit très partiellement la limite avec la Chapelle-Bouëxic au nord et avec Lieuron au sud, aucune rivière d'importance n'est à signaler. Le sous-sol, où domine le schiste pourpré avec ça et là, quelques veines de grès et de quartzite, a fourni la plupart des matériaux de construction.

Vers 1780, Jean-Baptiste Ogée résumait ainsi l'impression que lui laissait la paroisse : "Des terres en labour, des prairies, des landes fort étendues et des arbres à fruit". Marteville et Varin donnent quelques chiffres vers 1853. "Superficie totale 7982,36 hectares, dont les principales divisions sont : terres labourables 3342 ha, prés et pâtures 966 ha, bois 291 ha, vergers et jardins 80 ha, landes et incultes 3009 ha, étangs 27 ha ; superficie des propriétés bâties 37 ha".

2) Anast, paroisse et seigneurie immémoriales.

Enserrant la moitié des communes du canton, le territoire de Maure-de-Bretagne se révèle un palimpseste du maillage ecclésiastique très ancien du Porhoët, cet archidiaconé intérieur et boisé du diocèse d´Aleth puis de Saint-Malo. Un acte du cartulaire de Redon daté de l'an 843 fait mention de sept « chapelles » dont Loutehel, Mernel, Saint-Séglin, Campel et Bovel comme dépendantes de la paroisse primitive d'Anast. Ces deux dernières étaient encore, pour l´une, une trève, pour l´autre une chapelle de la paroisse mère à la veille de la Révolution.

L'objet de ce document porte sur le don de la paroisse d'Anast, déjà sous le patronage de l'apôtre Pierre, fait par le mac'htiern Anowareth à l´abbé Gausbert de Glanfeuil (aujourd'hui Saint-Maur-sur-Loire en Anjou) à l´occasion d´un pèlerinage sur le tombeau du compagnon de saint Benoît. Le fait que Mernel ait été exceptée dans cette donation semble exclure a priori de voir dans le lieu-dit Saint-Maur, sis sur cette commune, le lieu où s´élevait jadis le prieuré fondé par les moines de Glanfeuil. En revanche, le toponyme l´Abbaye, sur le territoire de Maure, en conserve peut-être le souvenir.

On ne connaît pas la date de fondation du Prieuré de La Boussac dit aussi La « Priouté » qui possédait une chapelle sous le vocable de Saint Barthélemy. L´abbaye mère de Paimpont, fondée par le roi Judicaël au début VIIe siècle, a dû conserver cet établissement jusqu´au XVIe siècle au moins si l´on en juge par l'époque de construction de l´ancien logis prioral.

Enfin il faut mentionner la tradition à Maure d´un ermitage dit « Maison de Saint-Herminn sise à l´emplacement du Café de la Place actuel qui possédait une chapelle, lequel aurait été la demeure d´un pieux solitaire éponyme habitué à faire des retraites au lieu-dit « La Landelle » près du château de Maure. Aucune indication n´est fournie sur l´époque où cet Herminn aurait vécu.

La seigneurie de Maure, dont l'étendue recouvrait grosso modo le finage paroissial, procède certainement de la juridiction du mac'htiern d'Anast, attestée à la fin de l'époque carolingienne.

Si Anowareth semble avoir établi sa résidence sur l'impressionnante motte de Mernel, le bourg de Maure est devenu le siège de la vaste seigneurie qui porte son nom au plus tard au XIIIe siècle lorsqu'elle fut partagée en deux membres par les probables descendants de ce personnage.

La motte castrale du Ros, unique dans la commune pourrait bien être ce château primitif, à moins qu'elle ne soit qu'un élément d'un ensemble fortifié plus important dont l'église serait l'assiette et les étangs de Maure la ligne de défense septentrionale.

Quoiqu'il en soit, le site fut délaissé pour celui de Crépeneuc, portant aujourd'hui le nom significatif de Château de Maure, où l'on voit encore d'importantes douves en eau. Les guerres de la Ligue ont dû être fatales au grand manoir des sires de Maure, sans doute démantelé après la prise de la ville par le capitaine René de Grézille en 1597.

Le bourg conservera toutefois jusqu'à la Révolution les halles et l'auditoire, éléments caractéristiques de la seigneurie banale, érigée en comté en 1553 par lettres patentes du roi Henri II.

3) Un patrimoine récent

Malgré ces origines prestigieuses, la commune conserve relativement peu d'architecture ancienne. A l'époque médiévale appartiennent probablement la plupart des remarquables croix monolithes comme celles de la Villeneuve. L'époque moderne, relativement pauvre, conserve néanmoins d'importants spécimens tels les châteaux de la Lardais et du Bois-au-Voyer, la chapelle de Ropenard, le presbytère paroissial et quelques pièces d'architecture vernaculaire comme les maisons du Pâtis, de la Fleuriais ou du Haut-Cambaras et les alignements de la Géraudais, de Trévallan ou de la Cousinais.

L'ensemble du territoire a connu un phénomène de modernisation du bâti pendant une centaine d'années, approximativement entre 1840 et 1940. Plus marqué dans le bourg que dans les écarts, cette reconstruction affecte les trois quarts des maisons et des logis de ferme qui relèvent lors d'une architecture sérielle et normalisée. L'architecture manoriale comme l'art sacré participent à ce renouvellement : les châteaux de Maure, de la Lambardais et du Bois-Basset sont réédifiés au cours de cette période tandis qu'Arthur Regnault signe avec l'église Saint-Pierre l'une de ces oeuvres majeures.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Maure-de-Bretagne

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien, section A4 dite de Ropenard 1/1000e. Mairie de Maure-de-Bretagne. 1830.

  • Plan cadastral napoléonien, tableau d'assemblage section AB dite du Luguen 1/8000e. Mairie de Maure-de-Bretagne. 1830.

  • Plan cadastral napoléonien, section V7 dite de La Lardais, 1/2000e. Mairie de Maure-de-Bretagne. 1830.

  • Carte de la France levée par César-François CASSINI de THURY, extrait de la feuille 129, Rennes. XVIIIe siècle. réédition Institut Géographique National.

    Feuille 129, sud de Rennes.
  • Plan cadastral napoléonien, section AB2 dite du Luguen, 1/1000e. Mairie de Maure-de-Bretagne. 1830.

  • Carte géologique détaillée de la France, extrait de la feuille de Redon levée par les Officiers du Corps d'Etat-Major Moisy, Blanchard et Giroux et publiée par le Dépot de la Guerre en 1855, révisée en 1928. 3e réédition par le service de la Carte géologique de la France du ministère de l'Industrie. Offset-Levallois (Seine), 1964. 1/80000e.

Bibliographie
  • FROTIER DE LA MESSELIÈRE, Henri. Le Guide de l'Ille-et-Vilaine. nlle éd. [1907]. Plouagat : s.e., 1994.

    p.112
  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol.

    T.V p.152-163
  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine Histoire Archéologie Monuments Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol.

    T.II p.348-357
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. nlle éd[1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    T.II p.19-20
  • CHEDEVILLE, André et TONERRE, Noël-Yves. La Bretagne féodale XIe-XIIIe siècles. Ouest-France, Rennes 1987.

    p.290-291
  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Ille-et-Vilaine. Eglises et Chapelles, par ORAIN Véronique, avec la collaboration de BARBEDOR Isabelle, DUFIEF-MOIREZ Denise, RIOULT Jean-Jacques. Rennes : Association pour l' Inventaire Bretagne, 1996, (Indicateurs du patrimoine).

    p. 7-45
  • GUILLOTIN DE CORSON. Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne. reprise de l'édition de 1898, Le Livre d'histoire, Paris, 1999, 3 volumes.

    T.II p. 244-250