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Présentation de la commune de Luitré

Dossier IA35131096 réalisé en 2013

La commune de Luitré qui appartient au canton de Fougères Nord (Ille-et-Vilaine) couvre une superficie de 2915 hectares et comptait 1305 habitants en 2009. Ses communes limitrophes sont Dompierre-du-Chemin, Parcé, Javené, La Selle-en-Luitré et La Chapelle-Janson en Ille-et-Vilaine ainsi que Saint-Pierre-des-Landes et Juvigné en Mayenne.

Contexte de l'enquête

L’enquête d’inventaire du patrimoine de la commune de Luitré s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée en 2009 entre la Région Bretagne et le Département d’Ille-et-Vilaine. L’enquête vise au recensement exhaustif du patrimoine bâti antérieur à 1950 (identification, datation, géolocalisation...) et à son étude dont la synthèse est fournie dans ce document et dans les dossiers qui s’y trouvent associés.

501 éléments bâtis, dont la construction s’étale entre le 16e siècle et le milieu du 20e siècle, ont été recensés sur la commune lors de cette enquête menée entre octobre et décembre 2013.

Paysages et hydrographie

Luitré présente un paysage de plaine, vallonné par endroits et animé par des buttes parfois importantes : Bel Air (196 mètres), La Haute Fosse (163 m), Le Haut Monbelleux (161 m). La commune qui s’inscrit dans les bassins versants du Couesnon (au nord) et de la Vilaine (au sud) possède un réseau hydrographique développé même s’il n’est composé que de rus et de ruisseaux (Le Boulay, Le Talvard). Deux pièces d’eau importantes auxquelles se trouvaient autrefois attachés des moulins sont à noter (Bois Le Houx, Muez). Luitré possède par ailleurs quelques bois de faible étendue et relativement dispersés (Le Haut Monbelleux, Le Haut Rocher, Bois Le Houx, Montrichard). Ses haies distendues forment une large trame bocagère.

Histoire

La découverte de haches préhistoriques en pierre taillée, de deux menhirs sur le Mont Belleu (aujourd’hui disparus) et d’objets de l’âge du bronze prouve l’occupation très ancienne du territoire de Luitré où s’est peut-être développée une première agglomération à l’époque gallo-romaine (Emile Pautrel). L’histoire de la paroisse au Moyen Age est mal connue. Intégrée à la baronnie de Fougères puis à celle de Vitré, elle se trouve sous la domination des seigneurs du Bois-le-Houx dont les premières mentions remontent au milieu du 12e siècle (1158). D’abord modestes, ces seigneurs parviennent à travers de fructueuses alliances à développer une puissance qui s’affirme particulièrement aux 16e et 17e siècles. Entre le 16e et le 18e siècle, la paroisse n’échappe pas aux épidémies, disettes et famines qui précèdent les troubles de la période révolutionnaire. Luitré connaît au 19e siècle un nouvel essor avec l’amélioration des routes (2e quart du 19e siècle) puis l’arrivée du chemin de fer (3e quart du 19e siècle). L’histoire de la commune est enfin marquée au 20e siècle par la création de la mine de wolfram de Montbelleux. Développée à partir de 1903, l’activité soumise aux aléas du marché cesse définitivement en 1983.

Enseignements du cadastre de 1811

Le cadastre de 1811 figure l’importante dispersion de l’habitat de cette vaste paroisse rurale. Réparties de manière homogène sur l’ensemble de son territoire, les constructions apparaissent groupées en villages plus ou moins denses ou sont isolées. Les hameaux les plus importants sont au début du 19e siècle ceux de Laleu (36 parcelles construites), de la Denilière (22) et de la Roulière (21) dont le développement est alors supérieur à celui du bourg (19). Beaucoup de villages de taille moyenne comptent entre 10 et 15 parcelles construites : Les Vallées (15), La Bellonnière (15), Pommeray (13), Le Haut Montoger (10)... Enfin, parmi les hameaux de faible dimension (moins de 10 parcelles construites) comme La Saudrais (9) ou La Poulinière (6), les écarts de moins de cinq parcelles construites ne sont pas rares : La Servannière (4), Montrichard (3), La Muselière (2), La Cervelle (1), Haute Soulière (1)... Ces villages ont connu un fort développement entre 1850 et 1950.

Patrimoine

La commune de Luitré possède un intéressant patrimoine bâti qui témoigne de son ancienneté comme de son caractère rural. Le clocher de l’église paroissiale Saint-Martin dont la construction remonte à l’époque romane est le seul témoignage du Moyen Age qui y ait été conservé. L’époque moderne est mieux représentée, à travers maisons (l'Alleu, la Gasnerais...) et bâtiments de fermes comme à travers le presbytère (1774) et le château du Bois le Houx dont la construction est entamée au 18e siècle. Le calvaire (16e siècle) classé au titre des Monuments Historiques en 1912 apparaît comme l’élément le plus important de cette période et compte parmi les plus intéressants exemples de ce type conservés dans le Pays de Fougères. L'importante phase de développement que connaît la commune entre 1850 et 1950 est enfin marquée par l'édification du château de Feulavoir (vers 1850), la reconstruction de l'église paroissiale (1887), la mise en place de lignes de chemin de fer (2e moitié du 19e siècle) et l'ouverture de la mine de Monbelleux (1er quart du 20e siècle) dont ont été conservés d’intéressants témoignages.

Aires d'études Pays de Fougères, Fougères nord
Adresse Commune : Luitré

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.