Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Livré-sur-Changeon

Dossier IA35049275 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

La commune de Livré-sur-Changeon compte 1581 habitants d'après le recensement de la population en 2008. Elle en comptait déjà pratiquement le même nombre en 1790 (1583 habitants). Jusqu'à la fin du 19e siècle, la population a augmenté ; elle comptait d'ailleurs 1882 habitants dans les années 1860.

Le territoire de la commune de Livré-sur-Changeon est relativement vaste puisqu'il s'étend sur 2637 hectares. Ce territoire est traversé du nord au sud par un axe de communication important : la route départementale 794 reliant Dinan à Vitré.

Plusieurs cours d'eau traversent la commune, le principal est le ruisseau de Changeon qui traverse la commune du nord au sud dans sa partie ouest. Un plan d'eau de 8 hectares du même nom a été créé ; à cet endroit se trouve un ancien moulin. Au milieu du 19e siècle, il existait deux moulins à eau dans la commune : le moulin de Changeon et le moulin de Bas-Changeon. La partie est de la commune est traversée par le ruisseau d'Alibart. La limite sud de la commune est formée par la rivière de la Veuvre qui est un sous affluent de la Vilaine. A l'ouest, la limite avec les communes de Saint-Aubin-du-Cormier et Liffré est constituée par le ruisseau de la Veillardière qui se jette dans la Veuvre.

La nature du sous-sol de cette commune est variée, il est en effet aussi bien composé de grès que de schistes, quartzites ou calcaires. Cette diversité de la nature du sous-sol se reflète dans l'architecture puisque les matériaux utilisés dans la construction sont quasiment exclusivement les matériaux locaux. Il existe d'ailleurs des dépendances agricoles en pans de bois à La Goupilière, à L'Aubriais, à La Chaire, à La Tremblais, à La Grisonière et à La Heurterie, où est attestée l'existence d'un logis en terre, détruit il y a quelques années. Des dépendances en terre se trouvent également à La Petite-Goutillais, à La Masonais et à La Haute-Bénerais.

Des carrières de sable existaient à la Maison Neuve et à la Chevalerie.

Le paysage traditionnel était le bocage, caractérisé par un maillage de haies destiné à délimiter, à maîtriser l'eau, à abriter du vent ou encore à produire du bois. Aujourd'hui, dans la commune, l'agriculture est principalement tournée vers la production laitière, ce qui implique des paysages composés de prairies. Les landes étaient nombreuses, en particulier les ajonnières ; elles fournissaient la nourriture pour les chevaux au 19e siècle.

La production de cidre était notable à la fin du 18e siècle, elle est d'ailleurs mentionnée par Jean-Baptiste Ogée dans son dictionnaire de la Bretagne, et tout au long du 19e siècle.

Au 19e siècle, il existait une activité commerçante intense à Livré-sur-Changeon ; les dispositions du village en témoignent encore actuellement (Place du Prieuré). Dès 1607, il existait un marché tous les samedis ainsi que quatre foires par an qui se tenaient près de la grange dîmière du prieuré.

L'occupation de ce territoire est très ancienne, la présence d'un menhir à la Baudouinais en témoigne puisque les mégalithes sont datables du Néolithique, de l'âge de la pierre polie (6000 à 2500 avant J. C.). Au 19e siècle, un agriculteur avait découvert de nombreuses haches de bronze près de la Beaudouinais ; par ailleurs, près de la chapelle Saint-Mauron, 12 haches de bronze ont également été retrouvées. Ces objets sont datables de la période allant de 1800 à 600 avant J. C.

Le prieuré :

Le fondateur de Livré est Geoffroy 1er, duc de Bretagne de 992 à 1008. Il donne le territoire de Livré à l'abbaye de Saint-Florent de Saumur afin de repeupler ses terres suite aux invasions normandes. Le prieuré de Livré est le plus ancien fondé en Bretagne par l'abbaye de Saint-Florent de Saumur. Les moines s'établissent à Livré en 1023 en y fondant un prieuré. Au milieu du 11e siècle, Conan II, duc de Bretagne de 1040 à 1066, accorde aux religieux et à tous les habitants de la paroisse le droit de prendre le bois de chauffage et de construction et de faire paître le bétail dans la forêt de Rennes, à l'ouest du territoire de Livré. L'église paroissiale témoigne encore partiellement de cette origine ancienne. La taille de l'église à cette époque, beaucoup plus importante que celle des autres édifices du secteur, atteste de l'importance de la population de Livré-sur-Changeon dès cette époque.

La forme du village témoigne également de la structuration autour de l'élément fort du prieuré et de l'église, devenue paroissiale. Le prieur de Livré est seigneur spirituel et temporel de la paroisse, qui ne comptait que deux domaines nobles : La Chevalerie et La Marchelais.

Un moulin existait dès la fin du 11e siècle à Livré-sur-Changeon puisqu'un religieux de l'époque avait donné des terres pour que l'abbaye de Saint-Florent y établisse un moulin. Au milieu du 12e siècle, les ducs de Bretagne transmettent la mouvance sur Livré au baron de Vitré. A la fin du Moyen Age, de nombreuses abbayes connaissent une crise car elles tombent en commende (le prieur touche les bénéfices de l'abbaye mais n'est pas obligé d'y résider). Les moines de Saint-Florent quittent Livré au début du 16e siècle.

Au 16e siècle, l'église connaît des travaux : ajout d'une nef et d'un collatéral au sud.

A la différence des autres prieurés qui dépendaient d'un évêque, celui de Livré, comme celui de Gahard, relevaient directement du pape.

Le 26 mai 1606, l'abbaye de Saint-Florent abandonne définitivement son prieuré de Livré pour qu'il soit uni au collège des Jésuites de Rennes récemment créé (1604). Les possessions des Jésuites, auxquels est abandonné le prieuré, sont le prieuré qui regroupait : maison, auditoire, halle, grange, prison, conciergerie, four, pressoir à ban, pourpris et jardin, la métairie de la Halinière (maison, granges, pourpris, vivier) et la métairie de Saint-Mauron (maison, granges, étable, chapelle et bois), les deux moulins de Changeon et un moulin à vent (détruit) sur la lande des Gendéraux.

En 1626, les Jésuites rachetèrent la métairie de saint Mauron au profit du collège de Rennes.

Les Jésuites, seigneurs de Livré, avaient un blason armorié "fascé d'or et d'azur, à une croix ancrée de gueule brochant sur le tout".

Les Jésuites avaient différentes possessions sur le territoire de la commune :

- le prieuré de Livré composé de la maison prieurale (ferme de l'abbaye), de l'auditoire (nef de l'église), halle, grange, prison et conciergerie, four et pressoir à ban, maison, pourpris et jardins.

- la métairie de la Halinière constituée d'une maison, granges, pourpris et vivier.

- la métairie de Saint-Mauron composée d'une maison, granges, étable, chapelle et bois du Breil.

- les prairies des Aulnais, de la Halinière, du pré Heslin...

- les landes de Livré

- deux moulins à eau, les moulins de Changeon (maison, jardin et prés).

- le moulin à vent de la Lande des Gendreaux.

En 1761, les Jésuites dirigeaient 88 collèges et 32 séminaires dans le royaume de France. Toutefois, en 1762, la fermeture des collèges jésuites est proclamée. Ils quittèrent donc Livré cette même année. Jusqu'en 1790, la gestion du prieuré de Livré fut confiée à des fermiers généraux. En 1793, les biens du prieuré sont vendus comme biens nationaux :

- le prieuré, devenu métairie avec sa grange couverte en paille, fut vendu à Paul-Alexis Thomas de Vitré pour 34 200 livres. En 1824, il appartenait à Monsieur de la Plesse de Vitré.

- la métairie de Saint-Mauron fut vendue à Paul-François la Selle Châteaubourg de Fougères pour 33 800 livres. En 1828, elle appartenait à Paul de la Selle, comte de Châteaubourg.

- la métairie de la Halinière fut vendue à Julien Chevrel qui y demeurait pour 34 000 livres.

- les moulins de Changeon, l'étang et les terres labourables furent vendus à Joseph Ernaut de Saint-Suliac pour 11 200 francs en 1798.

La maison priorale était adossée au coté nord de l'église ; elle a été détruite en 1887. Elle datait semble-t-il du 15e siècle et possédait des salles peintes en rouge et des cheminées à colonnettes. Une communication directe interne existait entre ce bâtiment et l'église puisqu'une grande baie romane donnait accès dans le croisillon nord du transept. Au nord de l'ancien prieuré, se trouve une cour à laquelle on accédait par une porte cochère en plein cintre et une porte piétonne quadrangulaire qui existent toujours actuellement mais qui sont murées. Au fond de cette cour, au nord-est, s'élève l'ancienne grange dîmière du prieuré. Les bâtiments qui ferment le côté ouest de la cour faisaient sans doute également partie du prieuré, il s'agissait peut-être de dépendances.

Au milieu du 17e siècle, le fief de Livré-sur-Changeon était composé de 116 "mazures".

Outre le village, la commune compte plusieurs écarts cités par Marteville, qui avaient une certaine importance au milieu du 19e siècle : Saint-Moderan, Le Houssay, La Chevalerie, La Chaire, La Chupinière, La Saugueretière, La Gresillais, La Driais, La Trulais, La Boucheriais (ferme du 18e siècle ruinée, à la Basse-Boucheriais), La Haute-Rivière et La Basse-Rivière, dont les logis du 16e siècle ont été transformés en ferme au cours des 18e et 19e siècles, La Baudouinais.

A la fin du 18e siècle, la population de Livré était composée de 7 blattiers (vendeurs de blé), de 5 débitants de cidre, de 2 notaires, d'un charron, d'un débitant de bois, d'un marchand de bois, d'un maréchal ferrant, d'un sabotier, d'un cordonnier, d'un vannier et d'un huissier. Dans les 38 communes du district de Vitré, il n'existait que 2 bouchers et 4 boulangers car les gens de cette époque faisaient eux-mêmes leur pain et consommaient peu de viande.

La foudre est tombée sur le clocher de l'église en 1702 qui fut, à cette ocassion, endommagé. Le pavage de l'église fut par ailleurs refait en 1743 et les autels furent "rafraîchis" quelques années plus tard aux frais des paroissiens en 1761.

Livré n'est devenu Livré-sur-Changeon qu'en 1920 suite à une demande du Ministère de l'Intérieur en vue d'éviter les confusions dans les transmissions postales.

Dans la partie nord du territoire de la commune, à proximité de la Lande de Livré, le premier cadastre réalisé en 1827, témoigne de l'existence de plusieurs loges : la loge Aubert, la loge Nogrier, la loge Gastel... Ces loges correspondent à un habitat très modeste, le plus souvent composé d'une petite pièce, où des ouvriers agricoles vivaient.

Aires d'études Pays de Fougères
Adresse Commune : Livré-sur-Changeon

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Bureau de poste (1909-1911). 20 155/12.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Monument de la guerre 1914-1918 (1920-1921). 20 155/13.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Eglise (1833-1938). 20 155/14.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Presbytère (1808-1873). 20 155/15.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Presbytère (1907-1938). 20 155/16.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Cimetière (1855-1939). 20 155/17.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Lavoir public (1923-1924). 20 155/25.

Documents figurés
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. Monuments et établissements publics. Livré-sur-Changeon. Ecole (1847-1924). 20 155/18.

  • Livré-sur-Changeon, une communauté rurale dans l'histoire. Ouvrage collectif, Coutances : Editions Ocep, 1992.

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • BRAND'HONNEUR, Michel. Les mottes médiévales d'Ille-et-Vilaine. Institut Culturel de Bretagne, SKOL-UHEL AR VRO, Centre Régional d'Archéologie d'Alet, 1990.

  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • GASNIER, Marina. Le patrimoine industriel en Ille et Vilaine (19e-20e siècles). De l'inventaire à l'histoire. Thèse : Hist. de l'art : Rennes 2, Université de Haute Bretagne : 2001.

  • GASNIER, Marina, INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE, Comission régionale Bretagne. Patrimoine industriel d'Ille-et-Vilaine. Editions du Patrimoine, 2002, (Indicateurs du patrimoine).

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA France, BARRIE, Roger, RIOULT, Jean-Jacques. Région Bretagne. Les malouinières - Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1997, (Images du patrimoine, n°8).

  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Eglises d'Ille-et-Vilaine. L'architecte Arthur Regnault. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1993, (Itinéraire du patrimoine, n°34).

  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Eglises et Chapelles, Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1996, (Indicateurs du patrimoine).

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • PAUTREL, Emile Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).