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Présentation de la commune de Le Pertre

Dossier IA35020582 réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Canton d´Argentré du Plessis

Arrondissement de Rennes

Superficie : 4362 ha

Population 1999 : 1385 hab.

Hydrographie : au Nord : les ruisseaux de Rouen, du Moulin du Bois, des cinq fontaines et du Lattay ; au sud, la Seiche, l´Eaudonnière et le ruisseau du Pot au Moine.

Nombre total de dossiers : 309 dont 28 en étude souhaitable

L´étymologie du Pertre doit son origine à un vieux mot gallo-romain signifiant pierre ou pierreux, petra, petrosum, pertrum.

Une Marche entre la Bretagne et le Maine

Située au sud-est du département, à l´extrémité est du canton d´Argentré du Plessis, la commune est un territoire de Marche entre la Bretagne et le Maine. Cette zone frontalière est constituée au nord d´une vaste forêt qui occupe presque le tiers de la superficie communale. Aujourd´hui propriété privée, la forêt du Pertre s´étendait anciennement sur Argentré-du-Plessis, Bréal-sous-Vitré, Erbrée et Mondevert. Elle appartenait par indivis aux seigneurs de Vitré et de Laval. Ce paysage de futaies et la campagne vallonnée donnent une forte identité au Pertre, comme l´est également la position culminante du bourg et de son église paroissiale.

Pays frontalier avec le Maine, plusieurs postes de contrôle sur l´impôt sur le sel s´y sont établis, sous l´Ancien Régime, en raison de la forte contrebande qui s´effectuait à l´époque. 5 postes de gabelous sont mentionnés en 1750 et 1770, aux talopes (détruit), à la ferme de Haligan, au Quatre Croix, aux Julionnières (détruit) et à la Baillée. Plus tard, à l´époque Révolutionnaire, la forêt a servi encore de refuge à la chouannerie et quelques caches ou trappes, dissimulées derrière des épaulements de terre, sont toujours apparentes par des yeux experts.

Une multitude de hameaux

L´habitat dispersé se caractérise par le regroupement de quelques feux. Ainsi de nombreux petits villages d´époques différentes et à l´organisation très diverse sont disséminés dans la partie sud de la commune. La plupart d´entre eux sont mentionnés sur le cadastre de 1810 mais leur développement a pu être modifié. Le village de La Saulnerie, habité avant la Révolution par des marchands de sel, est composé de deux alignements de bâtiments situés à proximité et perpendiculairement au chemin communal. Cette disposition peu fréquente dans la commune (La Croix de Bois, Le Pâtis Vert) témoigne néanmoins d´un mode d´organisation assez ancien et fréquemment rencontré dans le département d´Ille-et-Vilaine. Le village de la Dodinière, situé en bordure de la forêt du Pertre, composé aujourd´hui de 4 fermes, était encore habité au début du siècle par huit familles et atteste de l´abandon progressif des petites exploitations. En 1920 quelques habitations sont encore couvertes de genêts. La pierre y était extraite sur place.

Le village du Bas Chevier, situé au bas des landes tout près des limites de la commune d'Argentré-du-Plessis, était habité par 24 familles de 1800 à 1930. Aujourd'hui 5 logis y sont encore en place dont un désaffecté. Les habitations modestes ne possèdent presque pas d'espace de stockage. Les villages du Pâtis Vert et de la Foucherie, se sont développés au 19e siècle aux abords des carrières de granite exploitées à cette période. A la Foucherie se devinent deux unités de groupement, l´une plus ancienne autour d´un logis seigneurial, l´autre plus récente de la deuxième moitié du 19e siècle autour de la carrière.Enfin, la valeur culturale des sols meilleure dans la partie sud de la commune explique la taille plus importante des exploitations et la moins grande densité des fermes.

La marque de l´église

L´église paroissiale Saint-Martin élevée entre 1863 et 1873 s´impose dans le paysage de la commune. La tour clocher de style néogothique est coiffée d´une flèche de dimension importante qui se signale de très loin. La chapelle Saint-Joseph des Drubles, située plus au sud du bourg, est également significative de la piété des habitants de la commune. Elevé en 1865 et 1871 à l´emplacement d´un ancien sanctuaire, ce modeste édifice dont la façade principale est en pierre de taille de calcaire mérite une attention particulière. S´y exprime tout le répertoire décoratif de l´art roman ; le portail percé dans un massif saillant de maçonnerie est orné de voussures finement sculptées. Quelques sculptures chimériques, dont deux lions ailés, accompagnent cet ensemble occidental.

Marque de foi et de piété, les croix sont nombreuses au Pertre puisque une cinquantaine d´entre elles sont toujours visibles aux abords des chemins. Certaines remplacent des croix plus anciennes en bois, d´autres sont élevées par les familles du Pertre en reconnaissance d´un voeu, comme la croix de la Blenluère ou tout simplement en marque de dévotion. L´abbé Isidore Rossignol, vicaire de la paroisse entre 1878 et 1918, a contribué à cette évangélisation et un bon nombre de croix sont bénites sous son vicariat, telles les croix de la Levrie, de la Championnière, de la Goderie, de la Chevrotinière, de la Foucherie, de l´Archerie, de la Blanchardière et du Bas Clermont. D´autres croix servent de station aux processions le jour de l´Assomption à la Croix Moreau ou les jours de Rogations à la Croix de bois, au Poirier et au village des Quatre Croix. Ces cérémonies qui se déroulent pendant les trois jours précédant l´Ascencion ont pour but d´attirer les bénédictions divines sur les récoltes et les travaux des champs.

L´architecture seigneuriale et vernaculaire

Le château de Bel-Air, bâti à proximité du bourg est une oeuvre manifeste construite en 1870 et 1910 par les architectes rennais Jacques et Henri Mellet pour la famille de Legge. De cette réalisation monumentale, de style éclectique de tonalité Louis XIII, se détache quelques éléments dont la grande galerie, l´escalier d´honneur et la chapelle dans laquelle les idées conservatrices de l´époque du commanditaire et de son architecte s´expriment au travers d´un ensemble de chapiteaux. Cette vaste demeure implantée au coeur d´un parc et d´un jardin à la française est inscrite à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 26 février 2001.

Quelques logis nobles se détachent aussi de la construction vernaculaire comme l´ancien et le nouveau logis de la Marche, ceux de la Resnerie et de la Rançonnerie. Ces trois derniers logis, élevés dans la première moitié du 19e siècle pour des familles nobles de la région, révèlent le retour des légitimistes et des grands propriétaires fonciers sur leur terre. La Rançonnerie est construite pour Edouard du Fougerais, sous préfet de Vitré puis de Mayenne sous la Restauration. Leurs métairies sont pour la plupart rénovées ou reconstruites au 19e siècle et mettent en pratique les préceptes d´hygiène et d´efficacité diffusés dans les manuels d´agriculture de l´époque. A la Richotière et au Bois d´Ossé, les élévations soignées des logis de la ferme avec des décors de brique illustrent bien ce phénomène. D´autres métairies plus anciennes comme celles de la Gabetterie et de Haligan sont aussi à signaler. Elles forment deux exemples uniques de logis à chambre haute dans la commune. Ces derniers sont reconnaissables par leurs toits en pavillon.

Quelques maisons implantées dans le bourg méritent encore une attention particulière, comme les plus anciennes situées à proximité de l´église, mais aussi celles qui sont implantées, au début du 20e siècle, rue de la Gravelle sur un site élevé avec une vue dégagée sur la campagne environnante. Ces belles maisons aux allures de villas balnéaires en reprennent tous les attributs extérieurs : des volumes imbriqués, la présence de nombreuses terrasses, de galeries couvertes ou de loggia et le goût pour la polychromie.

La structure du bourg et son développement au 19e siècle, création de rues et d´édifices publics, sont évoqués dans le dossier village. De même des compléments d´information sur l´architecture rurale sont présentés dans le dossier maisons et fermes.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Adresse Commune : Pertre (Le)

Références documentaires

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes d´Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000, (Collection Le Patrimoine des Communes de France), T. II, p 97-84.

  • BANÉAT, Paul. Le Département d'Ille-et-Vilaine... Rennes : Librairie Moderne J. Larcher, 1927-1929, 4 vol, T.II, p 77-80.

  • GUILLOTIN DE CORSON. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray Libraire-éditeur. Paris : René Hatton Libraire-éditeur, 1882-1886, 6 vol, T.V, p 428-431.

  • CHAPELLE, Léon. Bulletin paroissial du Pertre, février à juillet 1914, avril à août 1919, janvier à décembre 1920, février à décembre 1921, février à décembre 1922, février 1923, réimpression non datée, t. 1.

  • CHAPELLE, Léon. Bulletin paroissial du Pertre, mai à décembre 1923, janvier à décembre 1924, janvier à décembre 1925, janvier à juillet, décembre 1926, janvier à février 1927, septembre 1929, février, mai, septembre, novembre, décembre 1930, jan.

  • Le Pertre, année 1900. Les amis de la Bibliothèque du Pertre, octobre 2000.

  • COURCIER, Marguerite-Marie, Le Pertre, textes manuscrits, 1950 (B.M du Pertre).