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Présentation de la commune de Langoat

Dossier IA22018093 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Administration

Langoat est une commune française, située dans le département des Côtes-d'Armor et la région Bretagne. Elle dépend de la circonscription de Tréguier (arrondissement de Lannion).

Étymologie

Lanquado (?) est mentionné dès 1330. 1330 : Langoet ; 1371 : Languoet ; 1516 : Langoat ; 1592 : Langoat ; 1630 : La~gouat ; 1636 : Land-Coat ; 1654 : Langouet ; 1709 : Land-Coet (source : KerOfis).

Langoad en breton ; les habitants : les Langoatais, en breton : Langoadad (Langoadiz), Langoadadez (-ed).

Le nom breton est composé de deux éléments : "Lann", qui signifierait ici un "lieu consacré" ou un "ermitage" (et non pas "la lande") et "Koad" qui veut dire "le bois, la petite forêt". Pour Hervé ABALAIN (Les noms de lieux bretons, 2000), le nom signifie : "le monastère du bois".

Divi Kervella (Langoat et ses noms de lieux, 2010) a relevé plusieurs indices dans la toponymie locale :

"Chapel ar C'hoad", "la chapelle du bois", peut-être le centre religieux primitif ?

"Hengoad", littéralement en breton, "l'ancien bois" : c'était le siège d'une seigneurie dont dépendait le village de "Lezeven" en Langoad, le centre civil primitif ?

"Langoad" est située au croisement d'importantes voies romaines : Tréguier - Carhaix et Le Yaudet - Tréguier, et la localité galloise de Betws-y-Coed, qui veut dire "la chapelle du bois" également, et qui se trouve sur une ancienne voie romaine, près d'un ancien site défensif romain.

Divi Kervella souligne "l'existence de plusieurs passerelles entre l'occupation bretonne dans le secteur de Langoad et l'origine "galloise" de celle-ci, notamment en opérant un rapprochement avec la localité homonyme de Llangoed et celle de Llangoedmor, autrement dit le "grand Langoad" (de Mor, identique au breton Meur). Il fait remonter la possible naissance de Langoad au IVe siècle. Par de minutieux recoupements historiques et géographiques, il pense que ce toponyme (comme Langouet/Langoed en Ille-et-Vilaine) désignait peut-être un centre religieux lié à un système de surveillance mis en place pour la protection des axes de communications antiques, non loin des côtes, assurée par des groupes de Bretons apparentés, sinon similaires, à ceux utilisés pour la même fonction outre-Manche. Ainsi pointe-il les possibles affinités entre le "Karadeg" que l'on retrouve mentionné dans le village de "Koskaradeg" en Langoad et les "Karadog" appelés par les autorités romaines pour protéger les côtes galloises et le Gwynedd" (cité par KerOfis).

Géographie

Située dans le Trégor, Langoat a pour communes limitrophes : Coatréven au nord, le Minihy-Tréguier au nord-est, la Roche-Derrien et Pommerit-Jaudy à l'est, Mantallot au sud, Berhet et Cavan au sud-ouest, Quemperven et Lanmérin à l'ouest.

Plusieurs cours d’eau délimitent naturellement la commune de Langoat : la rivière du Guindy au nord (Lanmérin et Coatréven) ; la rivière du Jaudy à l'est (Pommerit-Jaudy et la Roche-Derrien) ; le ruisseau du Stéren au sud-ouest (Cavan et Quemperven) qui se prolonge au nord et rejoint le Guindy aux environs de Kerguézennec.

D’une superficie de 1 850 hectares (soit 18,5 km2), 4,8 km au maximum du nord au sud, 5,3 km au maximum d’est en ouest.

Le bourg se situe à 30 m d’altitude moyenne. L’altitude minimale est de 2 m vers la Roche-Derrien, maximale de 89 m au sud vers Gonéry.

Cours d’eau : le Guindy ; le Jaudy ; le ruisseau du Stéren (affluent du Guindy).

Bassin versant : Jaudy-Guindy-Bizien.

Géologie et pédopaysages (analyse des sols)

"Ce territoire est coupé par un bras de mer, et très exactement cultivé. Il est très abondant en grains et fourrages. […] Schiste argileux, carrières d'ardoises sur le bord du Jaudy" (source : OGEE, Jean - MARTEVILLE. 1843).

"Le territoire de cette commune est très fertile et parfaitement cultivé. Il est traversé par le Guindy et le Jaudy [...]" (source : JOLLIVET, Benjamin-Philibert. 1859).

"Territoire accidenté, mais particulièrement aux abords de la rivière du Guindy. Terres de bonne qualité car bien cultivées" (source : GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. 1862).

"Suivant Deric, le territoire de cette commune était autrefois couvert d'une forêt qui s'étendait jusqu'à Hengoat d'où lui viendrait son nom Land-Coat (pays du bois). Située au sud-ouest de Tréguier , la commune de Langoat est comprise entre le Jaudy à l'est et le Guindy à l'ouest. Le sol, à base de schiste ardoisier, est très tourmenté et assez nu. Les terres sont de bonne qualité et bien cultivées ; les engrais marins les rendent très productives" (source : RIGAUD, Jean-Marie. 1890).

Archéologie

L’Atlas des patrimoines via la couche "Carte archéologique nationale" nous offre un état de la connaissance archéologique en Bretagne au 25/01/2013. Du nord au sud, 9 sites archéologiques : un enclos d'époque indéterminée à Traou Rout, un enclos gallo-romain à Convenant Filous, un système d'enclos de l'Age du fer à Coat ar Fô, une enceinte du Moyen Age à Castel Du ou Crec'h Gaillard, un système d'enclos d'époque indéterminée à Claire Fontaine, un gisement de surface de l'époque gallo-romaine à Goaz ar Gac, un enclos gallo-romain à Mez Huel, un système d'enclos de l'Age du fer à Kerancrec'h et un enclos de l'Age du fer près du lieu-dit Quatre Vents.

Un habitat historiquement dispersé : les hameaux de Langoat

Selon le Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne de OGEE, MARTEVILLE, VARIN (réédition de 1843), Langoat compte 35 hameaux ou lieux-dits dont voici la liste : "Coat-Guigour, Coat-an-Fô, Crec'h-Guillard, Kermenguy, Castelpie [Castel Pic], Convenant-Bazil, Cozquer [le Cosquer], Coat-Groas, Kergaric, le Launay, Pont-Coat, Pilbara, Lezeven, Kerdorel, Convenant-an-Coz, Bonne-Nouvelle, Poul-Cam, Crec'h Learc'h, Kerlast, l’Étoile, Darval, Moulin de l’Étoile, Kerancrec'h, Camblec, Porsbras, le Cran, Kernevez, Traouroux, Pors-Ru, Kerhlo-Bian, Kerojel, Crech-an-Bley, Convenant Bian, Claire-Fontaine, Trevenou".

Données démographiques

1793 : 2 307 habitants.

1800 : 1 878 habitants.

1806 : 2 085 habitants.

1821 : 2 109 habitants.

1831 : 2 140 habitants.

1836 : 2 349 habitants.

1841 : 1 803 habitants.

1846 : 2 296 habitants.

1851 : 2 385 habitants.

1856 : 2 328 habitants.

1861 : 2 357 habitants.

1866 : 2 308 habitants.

1872 : 2 219 habitants.

1876 : 2 243 habitants.

1881 : 2 060 habitants.

1886 : 2 047 habitants.

1891 : 1 955 habitants.

1896 : 1 817 habitants.

1901 : 1 820 habitants.

1906 : 1 867 habitants.

1911 : 1 751 habitants.

1921 : 1 575 habitants.

1926 : 1 652 habitants.

1931 : 1 584 habitants.

1936 : 1 455 habitants.

1946 : 1 246 habitants.

1954 : 1 212 habitants.

1962 : 1 208 habitants.

1968 : 1 062 habitants.

1975 : 941 habitants.

1982 : 894 habitants.

1990 : 942 habitants.

1999 : 1057 habitants.

2006 : 1 108 habitants.

2009 : 1 118 habitants.

Densités de population

1851 : 128,9 habitants au km² (maximum).

1982 : 48,3 habitants au km² (minimum).

La paroisse de Langoat

L´ancienne paroisse de Langoat dépendait de l´évêché de Tréguier [aujourd'hui Saint-Brieuc], sa subdélégation était Tréguier et son ressort, le siège royal de Lannion. La cure [du latin "cura animarum" qui signifie "charge d'âme"] était à l´alternative. L'évêque de Tréguier était le seigneur de Langoat. Selon Michel Henry (Monographie communale, manuscrit conservé au laboratoire de géographie régionale de Rennes), "10 propriétaires nobles se partagent 79 hectares, ce qui fait bien peu pour chacun". Selon Henri Frotier de La Messelière (Dans le régaire de TRéguier, 1938) : "une maison du bourg possède une cheminée à l'écu armorié de 10 tourteaux qui peut être le blason primitif de Trolong".

Les maisons nobles de la paroisse étaient :

- Chef du Pont / Kerverder (voir notice spécifique) ;

- Coat Rannou (?) : à proximité de la ferme du 19e siècle se trouve, au sud, un bâtiment plus ancien à double porte, et à lucarne datée par millésime de 1743 ;

- Crecheléac [Kerancrec'h : ?] ;

- Kergaric (voir notice spécifique) ;

- Kermouster (voir notice spécifique) ;

- Le Cosquer (voir notice spécifique) ;

- Le Launay (voir notice spécifique) ;

- Le Porzou [Porz Ru] ;

- L'Étoile :

Le manoir de l'Étoile (Sterenn en breton) se situe à proximité de la rivière homonyme. Selon Henri Frotier de la Messelière, cette seigneurie aurait appartenu à la famille du dénommé Eon de l’Étoile mort en 1148. Les armoiries de cette famille sont "D'azur à 3 étoiles d'or posées 2 et 1". La seigneurie a ensuite appartenu aux familles Geslin de Trémargat et Pinart de Cadaoulan. Elle possédait un droit de moyenne et basse justice.

L'édifice actuel date vraisemblablement du 15e siècle ou du début du 16e siècle, il a été modifié au 19e et au 20e siècle. Une importante découverte monétaire y a été faite en 1852 : une hache en bronze a également été trouvée. Le manoir a été remanié au fil du temps par l'ajout d'appentis et la démolition d'une partie importante du bâtiment originel. Il subsiste toujours un important mur en pierre de taille de granite percé que deux portes de style gothique : arc brisé et archivolte faisant larmier accompagné de blasons. En façade postérieure, on peut encore voir une partie de la tourelle de l'escalier en vis.

- Lezeven (voir notice spécifique sur le colombier) ;

- Traurout [Traou Rout] ;

- Treveznou [Trévenou] (voir notice spécifique) ;

En 1683, d'après la déclaration de l'abbé commendataire de l'abbaye de Bégard, nous avons trois frairies à Langoat : Lezeven (AD22 : IE 1604), Kervenou (AD22 : IE 1608) et Trevenou (ADCA : IE 2234). Subdivision de paroisse apparue au Moyen Âge, la frairie possédait souvent son saint protecteur et sa chapelle.

Chaque année se tenait à Langoat une foire qui durait les trois jours des Rogations. Dans le calendrier liturgique catholique, ce sont les trois jours précédant immédiatement l'Ascension (quarante jours après Pâques).

La commune au milieu du 19e siècle

"Sa population est de 2 385 habitants [recensement de 1851] et sa superficie de 1850 hectares 10 ares dont :

- 1536 hectares sous terres labourables,

- 117 sous prés et pâtures,

- 13 sous bois,

- 18 sous vergers et jardins,

- 64 sous landes et terres incultes,

- 2 sous étangs,

[- 13 de propriétés bâties,- 87 de constructions non imposables (source : OGEE, Jean - MARTEVILLE. 1843).]

Elle renferme 522 maisons [constructions diverses : 541 en 1853], 12 moulins à eau [du Porzou, Moal, du Cré, Coz, Bihan, Bras, Kersaliou, Neuf, Camblec, de l'Etoile, de la Flèche].

Son revenu cadastral est de 52 050 francs 23 centimes et son revenu vrai de 156 091 francs soit 1/3 pour proportion entre ces deux nombres" (source : JOLLIVET, Benjamin-Philibert. 1859).

"Réunie à La Roche pour l'école de garçons ; école de filles, 60 élèves" (source : GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. 1862).

"Une école communale pour les garçons créée en 1870, une pour les filles qui date de 1860, à laquelle est annexée une classe enfantine, desservent la commune" (source : RIGAUD, Jean-Marie. 1890).

Le cadastre de 1836 nous renseigne sur les installations hydrauliques :

Un moulin à eau sur le Guindy : Moulin Neuf, Milin Nevez en breton : un moulin à eau est attesté dès le 15e siècle, il a été vendu comme Bien national en 1799. Le moulin à farine a été transformé en teillage dans l'entre-Deux-Guerres. A proximité se trouve le Pont ar Vilin Nevez qui permettait de se rendre à Coatréven ou à Lochrist.

Deux ponts sur le Guindy : au nord, Pont Losket qui signifie en breton "pont brûlé" : c'est le point de rencontre des communes de Langoat, Coatréven et Le Minihy. A l'ouest, Pont Boyès, Pont Poiez [Pont Poyès] : un octroi est signalé à proximité.

Quatre moulins à eau sur le ruisseau du Stéren nommé "Ruisseau de Coat Cognan" puis "Rau de Camblec" :

Moulin de l’Étoile, Milin Stérenn en breton : moulin à eau datable du 19e siècle ; les familles Henry, Cozannet et Fiblec ont exploité ce teillage qui a conservé un hangar en bois. C'est aujourd'hui une maison.

Moulin de Camblec, Milin Gambleg : il est daté de 1739. Ce moulin à farine a été exploité en teillage par la famille Lebrun jusqu'aux années 1950.

Moulin Traouroux, Milin Traouroud : il s'agit d'un ancien lieu noble de la famille de Guillaume de Kermarec de Traourout.

Moulin Moal, Milin ar Moal : il a cessé de fonctionner vers 1960.

Pont Roudouarnou : littéralement, le "gué de Houarnou" ; ancien pont permettant de franchir le Stéren entre Govelig et Kervouster.

Onze moulins à eau sur le Jaudy :

Moulin Coz, ar Vilin Gozh en breton, signifie littéralement le vieux moulin (voir notice spécifique) ;

Moulin Coatnévenez ;

Trojaudy, Milin Troyeodi : littéralement, le "moulin de la partie basse du Jaudy".

Moulin Pen an Coat (« Penn ar C'hoad ») : littéralement, le "moulin du bout du bois".

Moulin de Kermeven ;

Moulin de Kersaliou, Milin Kersaliou : propriété de la seigneurie homonyme jusqu'en 1785 (date portée sur un linteau de porte). Teillage de 1875 à 1952, date de sa fermeture. Le site est connu par une carte postale datant du début du 20e siècle. C'est aujourd'hui une maison.

Moulin Bras, Milin Vras : littéralement le "grand moulin" ou "Milin Kerverziou" jusqu'au milieu du 19e siècle.

Moulin Bian, Milin Vihan : littéralement le "petit moulin" ; moulin à farine puis teillage. Il est surnommé Milin Feuteun Wenn, la "fontaine pure" du nom de la source toute proche qui fut exploitée commercialement de 1969 à 1979.

Moulin du Pré, Milin ar Prad : il s'agit d'un moulin à farine qui fut transformé en établissement de teillage dans la seconde moitié du 19e siècle. En 1926, l'établissement fait travailler une trentaine de personnes : les hommes sont affectés aux douze spatules ou au broyeur ; les femmes, à la préparation ou à l'empaquetage de la filasse. Les teilleuses mécaniques ont rapidement remplacé les teilleuses à spatule à la fin des années 1940. La crise de 1953 due à l'arrivée des fibres synthétiques stoppe la production de lin.

Moulin de Kerverder : propriété de la famille homonyme.

Moulin de la Flèche, Milin Saezh ou Milin ar Saezh : l'édifice actuel porte une date, 1910 pour le logis et une inscription et un millésime sur une pierre de chaînage d'angle (illisible).

Moulin du Porzou ;

Sur le "Rau du Porzou" : Pont an Binel.

Aires d'études Schéma de cohérence territoriale du Trégor
Adresse Commune : Langoat

Annexes

  • Conférence de restitution du 5 avril 2016 : "Connaître et comprendre le patrimoine rural de Plouaret et du Trégor, Langoat)
  • Les métiers ruraux à Langoat

    En 1861, la commune de Langoat compte 2 357 habitants. Artisans et commerçants répondent aux besoins des agriculteurs : on dénombre 14 meuniers, 2 garçons meuniers ; 6 boulangers ; 10 aubergistes ; 2 blatriers (marchands de blé) ; 9 tailleurs d'habits ; 8 tisserands ; 4 cordonniers ; 5 forgerons-maréchaux-ferrants (encore représenté en 2013 par Baptiste dit "Tintin", quoique retraité) ; 3 cantonniers ; 2 charrons ; des menuisiers, piqueurs de pierres, notaire, maçons charpentiers, couvreurs d'ardoises ou de chaume, barbiers, couturières, fileuses-brodeuses et dentellières, bourreliers et selliers. Du fait de la spécialisation dans la culture du lin, le secteur textile est sur-représenté.

    Définitivement remplacé par les tracteurs et les voitures automobiles dans les années 1960, les chevaux de trait sont de moins en moins utilisés. Le rapport de force avec la nature a changé : au 18e siècle, "le journal de terre", "devezh-arad" en breton (ou charruée) était la surface de terre qu'un laboureur à bœufs pouvait labourer en un jour (Cette surface varie en fonction du lieu, du relief, du sol et de la nature humaine ou animale du "travailleur" : un journal égale environ 40 à 50 ares en Bretagne).

    En 2009, le nombre moyen de tracteurs est d'un peu moins de 2 par exploitation : il s'agit d'engins puissants et répondant à ces besoins de plus en plus spécifiques. En Bretagne, on compte un tracteur pour 15 hectares soit 150 000 m2. Le matériel agricole influe sur la rentabilité des exploitations. La mécanisation a entraîné une modification durable des rythmes agraires.

  • Le raccordement aux réseaux

    Demandée dès 1925 par l'adjoint au maire, l’électrification de la commune de Langoat est finalement réalisée en 1936 par l'entreprise Le Bon. Un transformateur est construit à Pont-Losquet ce qui a permis d'alimenter le bourg en électricité pour la nuit de Noël ; l'année suivante, les hameaux sont raccordés au réseau via les poteaux qui ont fleuri dans la campagne. La "fée électricité", c'est ainsi qu'on la surnomme, apporte avant tout la lumière via des ampoules ; elle alimente également quelques postes de Télégraphie sans fil (TSF) et des moteurs électriques.

    Le téléphone arrive à Langoat en 1929 : une cabine publique est installée au Café du Cycle de la famille Le Cavez. Télégrammes et messages arrivent pas ce biais via le préposé des postes. Pendant la Guerre, cette activité est transférée chez Émile Simon, cordonnier puis en 1945, chez Augustin Le Tiec à la forge.

    Toutes les maisons et fermes de Langoat sont raccordées au réseau d'adduction d'eau potable entre les années 1960 et 1978. Le réseau est géré par le "Syndicat Intercommunal des Sources de Kerloazec". En 1988, les communes de Langoat, Pommery-Jaudit et la Roche-Derrien se regroupent pour l’assainissement collectif.

    Pour ses ordures ménagères, la commune de Langoat a utilisé la décharge de Créc'h Gaillard jusque dans les années 1980 puis la déchetterie de Minihy.

  • L'industrie textile du lin à Langoat

    Avec la Roche-Derrien, Langoat est un des centres d'industrie du lin jusqu'aux années 1950. Selon, Jean-Yves ANDRIEUX (1990), il est cependant très difficile de cerner la population qui vivait du lin dans le Trégor : selon le recensement de 1936 de la commune de Langoat (alors 1435 personnes), 4,4 % des individus (soit 63) sont désignés comme "teilleurs de lin". A La Roche-Derrien, c'est seulement 2,1 % de la population soit 21 individus. Il explique cela par le fait que le teilleur habitait plus la campagne que le bourg et qu'il s'agissait avant tout d'entreprises à caractère familial dominées cependant par quelques négociants locaux contrôlés par des entreprises nordistes. Les négociants se chargeaient de l’approvisionnement en graine de lin mais aussi de la vente de la filasse. Le teilleur de lin du Trégor restait lui absent du marché.

    Dès 1922, une machine à vapeur est utilisée au teillage du moulin de Kersaliou à Langoat. Ces établissements industriels étaient considérés comme dangereux et insalubres (AD 22, Répertoire numérique de la sous-série 5 M. Santé publique et hygiène). A Langoat, deux établissements étaient spécialisés dans le teillage à sec. L'usine Thas (en référence au Patronyme), installée à Crec'h Gaillard a été créé en 1928 ; elle a employé jusqu'à 80 ouvriers avec l'aide d'une teilleuse à turbines mue par une machine à vapeur alimentée par les déchets de lin.

    En 1940, 36 entreprises de teillage sont recensées dans l'arrondissement de Lannion. Quatorze petites communes du Trégor concentre l'activité industrielle liée à la transformation et la valorisation du lin. C'est 8,5 % de l'économie du département et 6 % de l'emploi. A Langoat, on dénombre 12 teilleurs et l'entreprise Thas ; à Minihy-Tréguier : 5 teillage et une important entreprise qui emploie plus de 100 ouvriers.

    L'établissement Le Corre a été créé en 1948. La même année est créée l’établissement Pezron qui fait du teillage ambulant. L'usine Thas a fermée ses portes en 1952.

    En raison de trop faibles rendements et de la mauvaise qualité de la paille de lin, la Bretagne a cessé de cultiver du lin au début des années 1960.

    En 2013, Louis Thomas (ancien agriculteur âgé de 92 ans), Jean Josse (ouvrier au teillage Thas), Daniel et Monique Gouriou, Michèle Cariou, Marie-Paule Crec'hriou et Paul Bonifay ont partagé leur savoir-faire sur le lin à La Roche-Derrien.

    Aujourd'hui, la France (de la Normandie aux Flandres) est le premier producteur de lin au monde.

Références documentaires

Bibliographie
  • BIZIEN-JAGLIN, Catherine ; GALLIOU, Patrick ; KEREBEL, Hervé. PROVOST Michel (direction scientifique). Carte archéologique de la Gaule. Pré-inventaire archéologique. Côtes d'Armor. 22. Paris, 2002, 407 p.

  • GAULTIER DU MOTTAY, Joachim. Géographie départementale des Côtes-du-Nord. Paris, 1862, 844 p.

  • OGEE Jean (Nouv. éd. rev. et augm. par Marteville A., Varin P). Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes, Deniel, 1853, tome 2, 986 p.

  • RIGAUD, Jean-Marie (avec le concours de M. Hélary et de plusieurs instituteurs du département ; les cartes ont été dressées par M. Belhomme). Géographie historique des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, 1890, 509 p.

  • Geobreiz.com, Portail géographique de la Bretagne. (Site internet : http://www.geobreizh.com).

  • Institut national de la statistique et des études économiques. Données locales : un éventail de données localisées du quartier à la région. (Site internet : http://www.insee.fr/fr/bases-de-donnees/default.asp ? page=statistiques-locales.htm).

  • KerOfis : base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. KerOfis est la base de données du Service Patrimoine Linguistique de l'Office Public de la Langue Bretonne. Cette base est utilisée quotidiennement par le service pour répondre aux besoins des collectivités bretonnes (Signalisation, traduction, études normatives). Dorénavant, elle permettra à tout un chacun de trouver la forme bretonne de son adresse ainsi que de mener gratuitement des recherches sur la toponymie de la Bretagne. (Site internet : http://www.ofis-bzh.org/).

  • Territoires et Population, deux siècles d'évolution. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui. Ce site est la mise en scène de deux siècles d´évolution des territoires et des populations communales appuyés sur la représentation du paysage français du XVIIIe siècle réalisée par les équipes Cassini. (Site internet : http://cassini.ehess.fr/cassini/fr/html/index.htm).

  • OLIER, Ronan - TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. ArMen - Le Chasse-Marée, 1992, 404 p.

  • MINOIS, Georges. La Bretagne des prêtres : en Trégor d'Ancien Régime. Les Bibliophiles de Bretagne, 1987, 337 p.

  • LE GRAND, Jean. (Association "Vivre à Langoat"). De la terre à la source. Runan, 2002, 152 p.

  • KERVELLA, Divi. (Association "Vivre à Langoat"). Langoat et ses noms de lieux. Brest, 2010, 113 p.

Périodiques
  • SAUREL, Jean. "Croix en Trégor". Société d'émulation des Côtes d'Armor. Bulletins et mémoires ; Histoire et Archéologie, vol. 115, mai 1987, p. 15-35.

  • BOUGEARD, Christian. Prémices de la décentralisation : la création d'entreprises industrielles dans les Côtes-du-Nord (1870-1940). Histoire, économie et société. 1985, 4e année, n°1. p. 137-160.

  • ANDRIEUX, Jean-Yves. "L'industrie linière du teillage en Bretagne nord (vers 1850-vers 1950) : proto-industrialisation ou industrialisation défaillante ?". Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, 1990, vol. 97, n° 3, p. 383-397.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. "Dans le regaire de Tréguier" in Bulletins et mémoires, Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Les Presses Bretonnes, Saint-Brieuc, 1938, p. 19-274.

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