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Présentation de la commune de Landévennec

Dossier IA29004723 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

L´enquête de recensement et d´inventaire a été réalisée au mois de mai 2011 sur la commune de Landévennec.

214 éléments ont été recensés, sans distinction de genre (maison, ferme, église paroissiale, croix de chemin, pont) mais ne retient que peu de critères pour les identifier. Ces éléments sont géolocalisés, photographiés et caractérisés par les critères suivants : la localisation, la désignation, la datation, l´état de conservation et une évaluation patrimoniale et environnementale.

Les données du recensement sont accessibles auprès de la communauté de communes.

Parmi les 214 éléments bâtis, antérieurs au milieu du 20e siècle, recensés dans la commune, 27 ont fait l´objet d´une étude plus approfondie. Ces études, consultables sur ce site, renvoient soit à des dossiers individuels qui correspondent aux oeuvres les plus rares ou aux oeuvres les plus représentatives en termes de construction et de spécificités locales ou régionales, soit à des dossiers thématiques.

Les dossiers d´études regroupent des informations textuelles, des illustrations et, le cas échéant, des relevés métriques (plans, coupes, élévations).

L´analyse des chiffres du recensement montre que l´essentiel du bâti de la commune de Landévennec date du 19e siècle. On retrouve dans les hameaux les bâtis indiqués sur le cadastre de 1831. Cependant, les datations proposées sont souvent postérieures en raison d´une modification parfois radicale des façades, ne laissant plus de trace antérieure à 1831.

De plus, beaucoup de bâtiments, fermes actuelles ou anciennes fermes ont été très remaniées. Se rajoute aussi un phénomène propre aux communes possédant sur leur territoire un bâtiment très ancien, l´abbaye saint-Gwenolé en l´occurrence, qui a servi de carrière, rendant parfois arbitraire la datation des édifices ayant des pierres de remploi.

Le nombre important de maisons remaniées et/ou construites entre le milieu du 19e siècle et le 1er quart 20e siècle est bien évidemment lié à la présence de la Marine à Landévennec et au regain d´activité économique qui est son corollaire. Concernant les maisons du second quart du 20e siècle, leurs constructions sont liées à la création de la Route neuve au début 1930, permettant l´implantation de maisons de tailles et de style différents. L´évolution de la population de Landévennec doit être prise en compte lorsqu´on analyse le bâti de la commune : en effet, dès 1841 (838 habitants) on assiste à une augmentation régulière, le pic de population se situe entre 1866 (1023 habitants) et 1911 (1043 habitants). Actuellement, la commune compte moins d´habitants qu´en 1793 (497).

Les dates portées, bien que peu nombreuses (20), montrent cette même répartition des constructions par siècle : 15% pour le 17e siècle, 10% pour le 18e siècle, 40% pour le 19e siècle et 35% pour le 20e siècle. L´étude des datations proposées montre aussi cette même évolution avec un pic de construction à partir du 19e siècle, une nette augmentation lors de la seconde moitié du siècle et une très légère baisse au 1er quart du 20e siècle.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Landévennec

Selon Dom Louis Le Pelletier, moine bénédictin de Landévennec du 18e siècle, auteur du Dictionnaire de la langue bretonne, le nom de Landévennec viendrait de « Land-Teven », soit le lieu exposé au soleil. Si Landévennec bénificie effectivement d´un micro-climat extrêmement favorable, l´étymologie la plus probable serait celle-ci : Lantowinnoc, c´est-à-dire, la terre monastique de Win-Walloé. La commune de Landévennec, plus petite commune de la presqu´île de Crozon, est située à l´embouchure de l´Aulne, se plaçant ainsi sur la voie navigable de Brest à Châteaulin. Elle est toutefois enclavée, éloignée des axes routiers. Cet isolement, compensé par cet accès maritime exceptionnel, ouvert sur la rade de Brest, a motivé des choix religieux et militaires, marquant, à plusieurs siècles d´écart, le développement de Landévennec : l´abbaye et la Marine. La commune de Landévennec s´est développée autour de l´abbaye : différents emplois y étaient proposés mais c´est surtout la gestion de ses biens qui apportait subsistance à la population. La quasi totalité du territoire actuel de Landévennec appartenait à l´abbaye, en plus d´une majeure partie de la presqu'île de Crozon. Au 15e siècle, les abbés ont besoin de s´adjoindre des notaires et avoués pour assurer l´administration de leurs biens et l´abbaye possède une cour de justice qui donne à Landévennec le titre de ville. Au 17e siècle, les audiences ont lieu dans l´actuelle rue du Pal, où se situait le presbytère. En 1778, une enquête est réalisée à la demande de Monseigneur Champion de Cicé, abbé de l´abbaye, sur la pauvreté des paysans de la presqu'île de Crozon : « ce canton offre le tableau le plus triste, à peine y voit-on quelques parcelles cultivées et dont l´habitant puisse tirer pendant trois mois sa subsistance, le surplus est en friche ». La pêche semble au contraire être développée. Jacques Cambry écrit dans son voyage en Finistère en 1794 et 1795 qu´il y a « une multitude de bateaux de pêche [...] en action sur ces bassins, sur ces lacs poissonneux ; ils nourrissent Brest et les 60 000 matelots de la Rade. » L´abbaye ne comprenant que peu de moines à la fin du 18e siècle, Landévennec, commune pauvre, à l´instar du reste de la presqu'île, se cherche une vocation. L´aspect maritime semble s´annoncer. Bien que jugé "excellent port, supérieur à Brest" selon Vauban, les projets, jusqu'en 1785, de création d'un port annexe de Brest, ne sont pas réalisés en raison des difficultés d'accès selon les vents. Selon Jacques Cambry, les moines trouvent cependant en la Marine et en la ville de Brest un moyen de vendre leurs bois, le reste de la presqu'île n'étant couvert que de taillis. En 1781, 219 arpents sont adjugés pour 104 000 livres pour la Marine. Toujours selon J. Cambry, l´exploitation de la forêt de Landévennec est faite « sans intelligence, [...] on détruit sans profit ». D´autres propositions émergent. En 1784, les Etats de Bretagne envoient l´abbé Morvan pour étudier la possibilité d´un collège national. Il fait un inventaire de Landévennec : absence de route, insuffisance des bâtiments, manque de bois en raison de la dernière coupe de 1781, sol aride, ravitaillement difficile, pas de maison pour accueillir les familles, pas de médecin, de chirurgien, d´apothicaire et il signale l´isolement qui caractérise la commune. Ce n´est qu´en 1856, que Landévennec trouve un renouveau économique et social grâce à la décision de Napoléon III d´y affecter la « réserve » de la Marine, ce qui apporte à la commune une hausse démographique (838 habitants en 1841, 1023 en 1866), un développement, économique (augmentations du nombre de commerces, de débits de boissons, construction ou modifications importantes des maisons) et technologique (électricité, téléphone) jusqu'aux années 1920. Actuellement Landévennec est une commune touristique (le nombre de résidences secondaires étant quasi égal à celui des résidences principales) qui a su mettre en valeur son patrimoine architectural, culturel (les deux abbayes, quelques villas) et naturel (GR34, site du Loc'h, vasière du Pâl).

Annexes

  • 20092906876VAB : Carte postale [1862-1914] - Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère - Carte postale : LANDEVENNEC.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives de l'évêché, Quimper (Fonds Bigot, 8 L).

  • Archives départementales du Finistère. Série 3 P 105. Tableau d´assemblage et cadastre parcellaire, 1831.

Bibliographie
  • BARDEL, Annie, PERENNEC, Ronan. Le site archéologique de l´abbaye de Landévennec.Dans : Bulletin et mémoires de la société archéologique et historique d´Ille-et-Vilaine, tome CIX. Rennes : 2005.

    p 33-62.
  • BONNEAU, Marie-Françoise. Le chemin des lavandières.. Crozon, 2003.

  • CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère . Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper.

  • CAMBRY, Jacques. Voyage en Finistère ou états des lieux de ce département en 1794 et 1795. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1999.

    pp. 282, 285, 291, 292
  • CHARTIER-LE FLOCH, Erwan. Landévennec, haut lieu de la spiritualité bretonne. Ar Men, n°173, novembre, décembre 2009.

    p. 14-23
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p.160-162. Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • LARS, Roger. Landévennec, album photo 1900-1914. Musée de l´ancienne abbaye de Landévennec. Brest, 2000.

  • MAYEUR Jean-Marie, HILAIRE Yves-Marie, LAGREE MichelDictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, Vol. 3, Ed. Beauchesne. Paris, 1990.

    p. 311-312
  • SIMON, Marc L'abbaye de Landévennec, de saint Guénolé à nos jours . Edition Ouest-France, 1985.

    p. 148
  • Dictionnaire d'Histoire de la Bretagne. Ed. Skol Vreizh. Morlaix, 2008.

    p. 432
  • Bretagne, dictionnaire guide du patrimoine. PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie (dir.). Paris, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2002.

    p. 302
  • Landévennec : aux origines de la Bretagne. 485-1985. XVe centenaire de la fondation de l´abbaye. Catalogue d´exposition. Jean-Pierre Gestin, Erwan Le Bris du Rest (dir.). Daoulas : 1985.

  • Le Patrimoine des Communes, le Finistère. , Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France), vol. 1.

    p.341-346
Périodiques
  • CADIOU, Didier. De bacs en ponts in Avel gornog, n°5, juin 1997.

  • VIVEZ, Gaëlle. La presqu'île de Crozon : pays d'art et d'histoire ? . Mémoire de maîtrise en Histoire de l'Art, sous la dir. de J-Y. Andrieux. Rennes II, UHB, 2001.

  • LE STUM, Jean.La maison Farge in Bulletin du syndicat d'initiative de Landévennec, n°27, janvier 1995.