Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Lancieux

Dossier IA22009910 réalisé en 2008

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

1- Lancieux : évolution démographique (1854-1999)  : (Patrick Pichouron)

Lancieux en 1854, pop. 870 habitants (source : Jollivet).

Lancieux en 1909, pop. 771 habitants (source : AD 22).

Lancieux en 1946, pop. 1 170 habitants (source : Insee).

Lancieux en 1968, pop. 1 214 habitants (source : Insee).

Lancieux en 1975, pop. 1 084 habitants (source : Insee).

Lancieux en 1982, pop. 1 156 habitants (source : Insee).

Lancieux en 1990, pop. 1 245 habitants (source : Insee).

Lancieux en 1999, pop. 1 220 habitants (source : Insee).

2- Lancieux : principaux repères : (Patrick Pichouron)

Lancieux est une commune littorale du département des Côtes-d´Armor située sur la Côte d'Emeraude, à une quinzaine de kilomètres au nord-nord-ouest de la ville de Dinan [fig. 6, 7]. Bordé par la baie de Lancieux à l'ouest [fig. 8] et par l'estuaire du Frémur à l'est [fig. 9-12], ce territoire d'une superficie totale de 669 hectares, formant selon Jean-Baptiste Ogée " une presqu'île dont les terres sont excellentes ", est limitrophe de la commune de Ploubalay au sud.

Le territoire de la commune de Lancieux est, à l'instar de sa voisine Trégon, issu d'un démembrement de la paroisse bretonne primitive de Ploubalay. Le toponyme formé à partir du vieux-breton lann, désignant un ermitage du haut Moyen Age, a pour éponyme saint Sieuc issu du vieux-breton saint Seoc.

Mentionnée pour la première fois, en 1092 sous la forme Lansiocus, ce n'est qu'à partir de 1269 qu'elle est citée comme paroisse (parrochia de Lansioc). Son église, citée en 1163 sous le nom d'ecclesia sancti Seoci, était sous l'Ancien Régime une possession de l'abbaye de Saint-Jacut dont elle demeura prieuré-cure jusqu'à la Révolution. Cette paroisse du diocèse de Saint-Malo, qui a élu sa première municipalité au début de l'année 1790, fut rattachée à celle de Ploubalay de 1792 à 1794.

3- Lancieux : le patrimoine architectural : (Patrick Pichouron)

La présente enquête a été réalisée au cours du mois de février 2008 dans le cadre de l'opération d'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine des communes littorales du département des Côtes-d'Armor menée conjointement, depuis 2002, par le Département des Côtes- d'Armor et la Région Bretagne (service de l'Inventaire général du patrimoine culturel).

Cette enquête a permis de procéder au repérage de 364 oeuvres, parmi lesquelles 336 relèvent de l'architecture domestique et agricole, 12 de l'architecture religieuse, commémorative et funéraire, 8 de l'architecture commerciale (hôtels de voyageurs, magasins de commerce) et 3 de l'architecture des équipements publics (écoles et mairies).

Au sein d'un corpus d'oeuvres comprises entre probablement le 15ème siècle et le 3ème quart du 20ème siècle, 23 oeuvres, dont les restes de l'ancienne église paroissiale Saint-Cieux [fig. 13] et le moulin de Buglais [fig. 14], tous deux protégés au titre de la législation sur les monuments historiques, ainsi que le pont de la Roche [fig. 15], ont fait l'objet d'une proposition de sélection en fonction de critères d'ancienneté, de qualités architecturales, d'unicité ou de représentativité.

4- Lancieux : le patrimoine littoral et maritime  : (Guy Prigent)

Au début du 17ème siècle, la population de la paroisse de Lancieux était surtout composée de marins dont une partie pratiquait la grande pêche à Terre-Neuve et le cabotage, au départ du port de Saint-Malo. Au cours du 18ème siècle, la guerre de Course a engagé nombre de marins, dont l'histoire maritime locale a retenu les noms du capitaine corsaire Etienne René Daniel, Sieur du Tertre, seigneur de la Roche et du capitaine au cabotage Mathurin Juhel.

Au début du 18ème siècle, l'inspecteur des pêches Le Masson du Parc ne relevait aucun bateau de pêche professionnel sur le territoire de la commune mais dénombrait plusieurs pêcheries en activité.

Les vestiges de ces pêcheries, nombreuses sur l'estran de la baie de Lancieux et sur le littoral Nord de la commune, témoignent d'une importante activité de pêche à pied. A ce sujet, on peut encore mentionner 'le Chemin poissonnier', l'un des plus anciens chemins de Lancieux, qui permettait d'acheminer les produits de la pêche vers l'intérieur du pays. Cependant, la pêche côtière ne sembla pas avoir été très développée sur la commune à cause du manque de véritable port. Les marins habitaient traditionnellement le hameau de la Mettrie. Quatre bateaux de pêche étaient recensés à Lancieux en 1931 et plus aucun aujourd'hui

L'agriculture était la seconde activité économique de la commune. Elle bénéficiait des amendements marins, du goémon et de la marne et s'était développée en marge de l'activité salicole à partir du 18ème siècle. Toutefois, le morcellement excessif des terres a entraîné progressivement, avec le développement du machinisme, la diminution du nombre des exploitations. Les gisements de marne ont cessé d'être exploités dans la 1ère moitié du 20ème siècle. La côte ne connaît plus aujourd'hui qu'une activité balnéaire et de plaisance.

Les constructions remarquables et les oeuvres à étudier sur le littoral de la commune sont en particulier les cinq pêcheries, vestiges archéologiques, datés au moins du 1er quart du 18ème siècle, mais certainement plus anciennes. Il y a deux digues, celle des Moines et celle de la Roche, datées du 1er quart du 16ème siècle et du 2ème quart du 18ème siècle et les deux gabions, datés du 3ème quart du 20ème siècle. L'oeuvre spécifique à signaler est représentée par le moulin de Buglais, daté du 4ème quart du 18ème siècle, inscrit à l'Inventaire en 1975.

Au nombre des hommes illustres, on peut citer (retenu par la mémoire locale) le nom et l'histoire singulière du pêcheur poète et artiste peintre Hippolyte Paitry (1864-1950). Il naquit à Saint-Jacut, d'une famille de marins, avant de s'installer au quartier de l'Hermo à Lancieux, avec son épouse Marie Vanney, originaire de cette commune. Le couple vivait des ressources de la pêche à pied. Hippolyte inspira l'écrivain Jean Richepin.

5- L'évolution de Lancieux depuis 1950 : De l'agriculture au tourisme : (Guy Prigent)

La presqu'île de Lancieux, telle qu'elle pouvait exister au 17ème et au 18ème siècle, se composait de 'mielles' en bordure de mer (dunes de sable recouvertes d'une végétation rase) et de parcelles cultivées à l'intérieur des terres. Ces parcelles, entourées de talus boisés et de grandes surfaces recouvertes d'arbres de haute futaie, furent progressivement défrichées et mises en culture. A la fin du 19ème siècle, Lancieux est encore une commune agricole, dont les terres sont amendées par le goémon et la marne, provenant des marais de Beaussais, de la baie de Lancieux et du Drouet. Avant la seconde guerre mondiale, la structure socio-économique de la population était représentée à part égale d'artisans, de marins, de cultivateurs et de commerçants. Depuis 1950, le nombre des agriculteurs est en constante diminution sur la commune littorale de Lancieux : 62 exploitations en 1936, et plus que 7 exploitations en 1990 (237, 88 ha cultivés) et seulement 2 aujourd'hui. Les professions maritimes sont encore moins représentées, alors que la population vieillit. Le secteur tertiaire comme partout sur la côte représente l'activité principale avec le tourisme et les services à la personne. L'urbanisation progressive de la commune résulte principalement du phénomène touristique (en 1990, 828 résidences secondaires pour 1359 habitations), de l'apport des nouveaux retraités (37% de la population) et des Lancieutins qui ont une activité professionnelle à l'extérieur de la commune. De ce fait, la population s'est considérablement accrue depuis la seconde moitié du 19ème siècle : en 1845, la population locale était de 870 habitants, en 1936 de 1035 habitants et en 1990 de 1256 habitants.

Le développement du tourisme

A partir de 1857 les premières villas font leur apparition sur la côte d'Emeraude, en particulier à la pointe du Moulinet face à Saint-Malo. Cette première vague touristique et balnéaire conforte Lancieux dans sa nouvelle vocation. En juin 1872, la commune vend ses terrains dits du 'Bois Talard', soit 6 ha de terres, vendus en 4 lots, situés au dessous du bourg, c'est-à-dire au-dessus de la plage 'Saint-Cieux' (appellation de l'époque). En 1895, le phénomène des résidences secondaires s'accentue avec la construction de villas balnéaires de la Mine-d'Eau à l'Islet. Dès 1904, le maire M. Jeunet et son conseil envisagent 'un plan d'alignement des propriétés le long des chemins', demande réitérée auprès de la préfecture en 1905, pour entreprendre le bornage des communs. Cependant, il faut attendre les lois de 1919 et de 1924 relatives aux plans d'extension et d'embellissement des communes littorales pour qu'un projet d'aménagement concerté se mette en place, en respectant le nouveau code de l'urbanisme. Cet aménagement urbain commence en 1926 à Lancieux avec le concours de M. Gratien, architecte à Dinard. Les premiers lotissements apparaissent au cours des années 1926-1930 : celui de "Lancieux-Plage-les Panoramas, de la ferme de la Touche, suivie en 1930 des 'Mielles', sur les 'Hauts de Buglais' en direction de St-Jacut. Des villas sont construites dont celle de 'Janiolette' au bord de la route de la pointe de Buglais, qui deviendra le 'boulevard de la mer' dans les années 1960. C'est aussi à cet endroit que M. Maserati fait construire en 1930 le grand hôtel de Lancieux : 'Les panoramas'. A partir de cette époque, Lancieux s'agrandit continuellement et urbanise son front de mer : le lotissement de "Lancieux-Plage". Ce phénomène ne fait aujourd'hui que s'accentuer malgré la Loi Littoral.

6- Le vicomté du Poudouvre

Lancieux faisait autrefois partie de l'ancienne Vicomté du Poudouvre qui s'étendait pendant les 10ème et 11ème siècles de l'embouchure de la Rance à celle de l'Arguenon. Jusqu'à la révolution, le territoire de la paroisse de Lancieux était divisé en plusieurs fiefs et baillages d'importances très diverses :

- le baillage dit de la Châtellenie du Plessis-Balisson

- le baillage de la Baronnie du Guildo, démembré de Montafilant

- le baillage de la Châtellenie de Pontbriand

- les terres assez importantes de l'abbaye bénédictine de Saint-Jacut.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Lancieux

A Lancieux, deux sites sont protégés par la législation : le site de la croix Cohiniac classé le 22 mai 1943 ; le versant est de la pointe de Lancieux, inscrit le 3 novembre 1943. Deux monuments font également l'objet d'une protection : le clocher de l'ancienne église, inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 21 décembre 1925 ; le moulin de Buglais, inscrit le 9 septembre 1975.

Sites de proctection site classé, site classé

Annexes

  • 20082205821NUCB : - Dans : 'Regards sur Lancieux' / Marie Dagorne, St-Jacut-de-la-Mer : Bihr, 1991, p. 15 - Collection particulière

    20082205234NUC : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1827 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/11, Numplan 1.

    20082205825NUCB : - Dans : 'Regards sur Lancieux' / Marie Dagorne, St-Jacut-de-la-Mer : Bihr, 1991, p. 6 - Mairie de Lancieux

    20082205423NUCB : Carte postale, 1er quart du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 16 Fi 1953.

    20082205422NUCB : Carte postale, 1er quart du 20ème siècle - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 16 Fi 1954.

    20082205549NUCB : Carte postale, vers 1900 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 16 Fi 1966.

    20082205994NUCB : - Dans : 'Regards sur Lancieux' / Marie Dagorne, St-Jacut-de-la-Mer : Bihr, 1991 - Collection particulière

    20082205992NUCB : - Dans : 'Regards sur Lancieux' / Marie Dagorne, St-Jacut-de-la-Mer : Bihr, 1991, p.91 - Collection particulière

    20082205993NUCB : - Dans : 'Regards sur Lancieux' / Marie Dagorne, St-Jacut-de-la-Mer : Bihr, 1991, p.130 - Collection particulière

    20082205982NUCB : - Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 94/1, bâtiments communaux.

  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 94/2, bâtiments communaux.

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/4, plans cadastraux parcellaires de 1827.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/11, plans cadastraux parcellaires de 1827.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr
Bibliographie
  • BIHR, Jean-Pierre. Regards d'Emeraude. Les pays de la côte d'Emeraude de Dinard au Cap Fréhel. Saint-Jacut-de-la-Mer : J.-P. Bihr, 1988.

    p. 188-197
  • BIZIEN-JAGLIN, Catherine, GALLIOU, Patrick, KEREBEL, Hervé. Carte archéologique de la Gaule : pré-inventaire archéologique de la France - 22. Côtes-d'Armor. Paris : Académie des Inscriptions et Belles Lettres / Ministère de l´Education Nationale / Ministère de la Recherche / Ministère de la Culture et de la Communication / Maison des Sciences de l´Homme, Carte archéologique de la Gaule, 2002.

    p. 173
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 189
  • DAGORNE, Marie, TESTARD-GOLHEN, Renée. Regards sur Lancieux. Évocation de son histoire. Saint-Jacut-de-la-Mer : J.-P. Bihr, 1991.

  • DAGORNE, Marie.La presqu'île de Lancieux autrefois et jusqu'au 20ème siècle. Recueil d'articles et autres chroniques publiés dans le bulletin municipal de Lancieux entre 1983 et 2000.

  • DE L'HOMMEAU. La grève vue depuis Lancieux, Les Amis du Vieux Saint-Jacut, décembre 1988, n° 14.

  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, 2.

    p. 1001-1009
  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 2.

    p. 337-339
  • LEMASSON, Auguste. Lancieux Autrefois. Les maisons nobles, Livre 1er : La Haute Justice et ses seigneurs. Nantes : Editions L. Durance, 1919.

  • LEMASSON, A. Histoire du Pays de Dinan, Dinan, 1925.

  • MAZIN, Charles, Guillaume (de). Etudes des ports, havres, baies, grèves et ruisseaux portant leurs eaux à la mer, 1756.

  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 272-273
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 2.

    p. 429
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 102-103