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Présentation de la commune de Laignelet

Dossier IA35130986 réalisé en 2013

Située à 3 kilomètres au nord-est de Fougères, la petite commune de Laignelet couvre une surface de 1672 hectares (dont 600 hectares de forêt domaniale) et compte actuellement 1005 habitants. Ses communes limitrophes sont Landéan, Lécousse, Fougères, Beaucé, Fleurigné et Le Loroux. Laignelet était autrefois plus étendue dans l’espace mais le développement important de la ville de Fougères a conduit à l’annexion progressive de terres en 1833, 1910 et 1953.

Contexte de l'enquête d'inventaire

L’enquête d’inventaire du patrimoine de la commune de Laignelet s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée en 2009 entre la Région Bretagne et le Département d’Ille-et-Vilaine. Elle vise au recensement exhaustif du patrimoine bâti antérieur à 1950 (identification, datation, géolocalisation...) et à son étude dont la synthèse est fournie dans ce document et dans les dossiers qui s’y trouvent associés.

80 éléments bâtis, dont la construction s’étale entre le 16e siècle et le milieu du 20e siècle, ont été recensés sur la commune lors de cette enquête menée en avril et mai 2014.

Origines de la paroisse

Il semble que les premiers habitants de Laignelet aient été des ermites ayant trouvé en forêt de Fougères un lieu de refuge propice à la prière. Bernard de Tiron qui y vivait vers 1100-1105 est le plus connu d’entre eux. L’abbé Guillotin de Corson indique que l’existence de la paroisse est attestée au 11e siècle : l’église de Laignelet portait à l’origine le nom de Saint-Martin-du-Bois et occupait le point le plus élevé de la forêt de Fougères. Cette église dont Raoul Ier de Fougères fit don à l’abbaye d’Evron (située dans le diocèse du Mans) fut déplacée à la fin du 11e siècle (entre 1074 et 1084) sur les terres du cimetière de l’Aignelet à proximité duquel fut fondé un prieuré qui favorisa le développement d’un bourg.

Bien que l’histoire de cette paroisse rurale soit très mal connue, nous disposons d’informations relatives à ses activités économiques qui furent toujours étroitement liées à la forêt.

Des activités associées de longue date à la forêt

Au Moyen Age, de multiples activités économiques sont associées à la hêtraie de Fougères qui couvre alors une importante surface de la paroisse. Elle sert de lieu d’élevage, de chasse, de cueillette mais aussi et surtout d’exploitation du bois. La production de bois de construction y est d’autant plus importante qu’elle alimente les chantiers de la cité voisine de Fougères (château, édifices religieux, maisons…).

La forêt favorise également très tôt le développement de deux activités qui ont particulièrement marqué l’histoire de la paroisse : la verrerie et la fabrication de sabots.

Le travail du verre

Le pays fougerais a compté dès le Moyen Age des verreries comme le montrent au 15e siècle les exemples de Coglès (qui compte en 1426 quatre verriers) ou encore de Saint-Brice. Cette activité hautement dépendante des ressources combustibles se développa au 17e siècle à Laignelet qui, en plus d’une importante réserve de bois, disposait de fougères (aux cendres riches en soude) et de terres sablonneuses.

La verrerie de la Bellovière, dite aussi verrerie de Fougères fut créée en 1646 au sud de la forêt. L’établissement avait « pour annexes les verreries de la Balue et de la Haye-d’Iré » (Ogée) et comptait à la veille de la Révolution française parmi les plus importantes verreries de l’Ouest. Son essor se poursuivit au 19e siècle, la verrerie comptant jusqu’à 400 ouvriers au début du 20e siècle. Ouvert aux idées sociales, son patron y réalisa une cité ouvrière mais l’établissement ferma ses portes vers 1930. Les bâtiments qui ont été conservés (atelier d’emballage, four, logements ouvriers, chapelle) ne sont plus aujourd’hui dans l’emprise de Laignelet suite aux annexions de terres consécutives au développement de Fougères.

La fabrication de sabots

On fabriquait sans doute dès le Moyen Age des sabots à Laignelet mais il faut semble t-il attendre le 18e siècle pour en trouver trace écrite, des loges de sabotiers ayant été incendiées en forêt de Fougères pendant la Révolution française (1792). Stimulée par le nombre important d’humbles portant le sabot, l’activité se trouvait particulièrement favorisée par une matière première simple à travailler : le hêtre. En 1856, 91 personnes habitaient 18 loges situées dans le canton forestier de Galoupel. L'activité disparut vers 1950 avec la mécanisation de l’agriculture et le développement des bottes en caoutchouc.

A la fois ateliers et habitations, les loges de sabotiers, huttes de branchages installées en lisière de forêt, n’ont pas été conservées. Seules la toponymie (« la loge », « maison forestière des loges ») et les cartes postales anciennes témoignent encore de cette activité à Laignelet.

Enseignements du cadastre napoléonien

Le cadastre de 1811 figure un bourg de très faible étendue, composé de quelques constructions organisées autour de l’église. L’habitat de cette paroisse rurale apparaît pour le reste très dispersé, formé de hameaux peu développés (Le Halais, la Vigne et Lomée…) et de fermes isolées. C’est à la charnière des 19e et 20e siècles que la commune connaît un fort accroissement de sa population lié en partie au développement de la verrerie. Cette évolution est aussi bien lisible à travers l’édification d’une nouvelle église (1887) qu’à travers nombre de constructions présentes aussi bien dans le bourg que dans les villages (la Croix aux Morts, le Grésillon, la Cour Gelée…).

Le patrimoine de la commune

La commune de Laignelet présente un patrimoine varié qui témoigne de son ancienneté comme de son caractère rural. Aucun vestige du Moyen Age n’y a été conservé : les anciennes mottes féodales de Malhaire et de la Fontaine la Chèze ont disparu alors que l’église romane a été détruite à la fin du 19e siècle pour laisser place à un édifice adapté à l’accroissement de la population communale. Les maisons, fermes et manoirs datables des 16e, 17e et 18e siècles ont presque systématiquement fait l’objet de remaniements aux 19e et 20e siècles, perdant bien souvent toute authenticité (le Grésillon, l’Homée, la Cour Gelée...). Les manoirs de Malhaire, de la Fontaine et le presbytère apparaissent aussi comme les éléments les plus intéressants de l'époque moderne. Enfin, les constructions de la première moitié du 19e siècle ont la plupart du temps été détruites ou incorporées à des ensembles de la seconde moitié du 19e et du début du 20e siècle. Cette importante période de construction à Laignelet est marquée par le développement de nombreuses fermes et maisons comme par l'édification de l'église Saint-Martin qui en est l'élément majeur.

Principales inscriptions portées

Les inscriptions portées sont peu nombreuses :

- à la maison forestière de la Fieffe Monthiery : "LE NOBLE VILLAIGE DE MONTIERIL 1616".

- au Grésillon : la cheminée de la maison portait encore à la fin des années 1960 un écu orné d’un ciboire accompagné de l’inscription "MDNP 1620" signalant la maison d’un prêtre. Un cordon de Saint-François agrémenté de deux oiseaux, une fleur de lys et une rose encadraient le blason.

- à la Forêt Mobêche : "IAEN MOBECHE" et "1654" (sur deux linteaux distincts).

- presbytère : "MR.ROSSIGNOL.PRE[tre] DE FLEURIGNE. R[ecteu]R. DE CETTE. P[aroisse]. FIT. BATIR CE PRESBITAIRE L’AN 1762".

Aires d'études Fougères, Fougères nord
Adresse Commune : Laignelet

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de Bretagne, nouvelle édition augmentée par Marteville et Varin. Rennes, 1843.