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Présentation de la commune de La Vicomté-sur-Rance

Dossier IA22132381 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

CC Dinan

Population 2013 : 1002 habitants

Superficie : 457 hectares

Hydrographie : La Rance fluviale et maritime

La conduite de l'inventaire

L'Inventaire du patrimoine de la Vicomté-sur-Rance a été réalisé en 2015. Il a pour objectif d'identifier, de localiser et d'évaluer le potentiel patrimonial de la commune au sein du territoire de projet, le parc régional Rance-Côte d'Émeraude. Le recensement du bâti ancien s´est accompagné d'une étude des éléments remarquables ou représentatifs du patrimoine, choisis à partir de critères raisonnés : authenticité, intérêts historique et architectural, bonne conservation des abords immédiats. Sur les 238 œuvres ou ensembles recensés, 18 ont fait l'objet d'une étude documentaire plus détaillée dont deux sites sont communs avec Saint-Samson-sur-Rance.

Les contextes historique et géographique

La paroisse de la Vicomté-sur-Rance est un démembrement de celle de Pleudihen. Elle est fondée en 1870 quelques années avant la création de la commune, validée par le décret du 7 avril 1877. Elle est située au nord de Dinan, sur la rive droite de la Rance qui est franchie par le pont mobile du Châtelier.

Le patrimoine archéologique

Dès 1873, les archéologues mènent des fouilles sur le site du Bois du Rocher, au sud-est de la commune où se situent les vestiges d'une allée couverte remontant au néolithique. Plus sur la Rance, la pointe rocheuse du Châtelier atteste également d'une occupation très ancienne. Elle est coupée par un profond fossé rectiligne de 300 mètres de longueur, 15 mètres de largeur et 8 mètres de profondeur. Cet éperon barré, l'un des premiers systèmes connus de défense et de refuge, était relié à la période gallo-romaine à Taden par un gué et une voie.

Un château, une sieurie

La Bellière, inscrit Monument Historique, depuis 1927 est une propriété privée qui ne se visite pas. Le château était le siège d'une très ancienne et importante seigneurie passée dès le 13e siècle dans la maison de Dinan. Les quelques photos anciennes, dessins et relevés des cadastres anciens ainsi que des publications antérieures nous permettent toutefois d'appréhender globalement l’édifice. Encore entouré d'une partie de ses douves, ce grand logis à deux étages dont la construction remonte aux alentours de 1400, était à l'origine sous la forme d'un long rectangle,avec tour d'escalier au trois quart de sa façade. Il fut agrandi sans doute au 17e siècle d'un pavillon à l'est et doublé par un corps de logis en appentis sur sa façade nord. Des portes murées au premier étage de la façade sur cour et d'autres disparues au niveau du second étage devaient ouvrir sur des coursières en encorbellement en bois, comme celle qui existait au château de la Roche-Jagu en Ploezal. Les hautes souches de cheminées très décoratives ont été relevées et publiées par Viollet-le-Duc publiés dans son Dictionnaire de l'architecture française.

Le manoir de Quatre Ville, vraisemblablement une sieurie était la propriété de la famille Bouvet mentionnée de 1625 à 1673. Le logis en place avec sa tour coiffée d'un toit en pavillon date de cette période.

Le dernier moulin à marée de la Rance

Le moulin à marée du Prat, récemment restauré, dont les fondations remontent au 15e siècle dépendait du fief de la Bellière. Il s'agit du dernier moulin à fonctionner avec la marée sur la Rance.

Des villages regroupés authentiques

En dehors du bourg créé à partir de 1867, plusieurs anciens regroupements de bâti, formant des petits villages ou écarts se situent proches de la Rance : La Ville Hervy, La Vieille Vicomté, la Ville-es-pois, le Lyvet, le Châtelier. Tous possédaient des havres abrités ,« Port de Motte Grève », « Port du Dic », « le Livet », « grève de Saint Piat » et la plupart le service d'un bac.

L'appellation «la ville-es-Poids» ou« la Ville-es-Pois » renvoie à des activités liées aux nombreux chantiers maritimes qui existaient autrefois sur la Rance. La Poix, matière collante à base de résines et de goudrons végétaux était utilisée pour le calfatage des bateaux. Quelques bassins, mentionnés comme étant des anciens lavoirs, isolés des habitations ont servi à des activités de rouissage du chanvre, étape préliminaire à la fabrication de toiles et de divers cordages. Cette activité féconde du 16e au 18e siècle tend à disparaître progressivement au 19e siècle. Par contre à cette période, la population avec des marins, chefs de familles, en partance pour la grande pêche est en constante augmentation. Les maisons alignées les unes aux autres sont également modifiées. Les anciennes toitures en chaume, mentionnées lors de l'incendie du 17 avril 1859 au Châtellier, sont progressivement remplacées par de l'ardoise et les façades recomposées.

Le dépouillement des états de sections des cadastres anciens a permis de révéler des mentions de lieux aujourd'hui oubliés à l'intérieur même de ces villages. Ainsi à la Vieille Vicomté : « la Grande Aire", "la Haiche", "la rue Souche", "la Bigottière", "le Chenau", "la Tréhenais", "le Four", "le Clos massé" attestent de regroupement de l'habitat autour de cours communes et souvent d'un logis principal.

Les grands ouvrages d'art du 19e siècle

L’écluse du Châtelier est la dernière avant la mer d'un réseau de 48 écluses du canal d'Ille-et-Rance. Située à un point névralgique où la mer s'élève à plus de 7 mètres de hauteur, elle a présenté des conditions difficiles pour sa mise en œuvre. Ce site important a fait l'objet d'attention et de modernisation constante afin de faciliter la navigation. La première écluse construite en 1832 fut transformée dès 1837. Les maisons éclusières sont de cette période, tandis que le premier pont pivotant ne fut construit qu'en 1892. Le pont routier actuel est édifié vers les années 1950 et transformé dans les années 60 pour permettre le passage des bateaux à voiles, de plus en plus fréquent. Ces dernières décennies ont vu également la modernisation du site, installation du barrage EDF et d’un nouveau système de vannage avec une tour de contrôle.

Le viaduc ferroviaire de Lessard, entre Saint-Samson et La Vicomté-sur-Rance est édifié en 1879, il rend compte des progrès techniques de la seconde moitié du siècle, en matière de franchissement. En partie détruit durant la Seconde Guerre mondiale, son tablier métallique est remplacé en 1950 par une grande arche en béton armé.

Le port du Lyvet

Le port du Lyvet dont la cale est construite en 1873 est aujourd'hui connu pour son port de plaisance, plus de 230 anneaux sont installés sur ses différents pontons. Les cabanes de pêche au carrelet avec leurs estacades en bois ont été installées après la construction du barrage de la Rance inauguré en 1966. Elles remémorent une ancienne pêche au filet carrelet pratiquée à bord d'un bateau ou directement sur les rives. L'artiste Yvonne Jean-Haffen en observatrice attentive a dessiné et peint cette technique de pêche spectaculaire autour des années 1940 et 1950.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Vicomté-sur-Rance (La)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Recensement de la population aux 19e et 20e siècles, archives en ligne : Archives départementales des Côtes d'Armor.

  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 2 O 385
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q1/19
Bibliographie
  • Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor. Paris : Flohic éditions, 1998.

  • LEMASSON Auguste, abbé. Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815. Le Pays de Dinan : Dinan, 1989

  • Guilloux Louis (Préface). Merveilles des châteaux de Bretagne et de Vendée. Collection Réalités Hachette, 1970.

    Bibliothèque municipale de Dinan
  • DELON Patrick. Tiphaine Raguenel (vers 1325-vers 1373) épouse de Bertrand Duguesclin. Le Pays de Dinan, tome XXX, 2010.

    Bibliothèque municipale de Dinan
  • Le Babillard, n°11

    Bibliothèque municipale de Pleudihen-sur-Rance
  • BREBEL Eugène, abbé. Pleudihen-sur-Rance. Monographies des villes et villages de France. Le Livre d'histoire, Paris, 2003 (réédition d'un ouvrage paru en 1916).

  • Yvonne Jean-Haffen et l'Inventaire du patrimoine : regards croisés. Catalogue de l'exposition présentée du 18 juin au 2 octobre 2016, Maison d'artiste de La Grande Vigne ( Dinan). Dinan : Conception Caractères Graphic, 2016.