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Présentation de la commune de la Chapelle-Saint-Aubert

Dossier IA35049197 réalisé en 2011

Fiche

Œuvres contenues

La Chapelle-Saint-Aubert s'étend sur 978 hectares entre les communes de Saint-Sauveur-des Landes au nord, Romagné à l'est, Vendel et Saint-Jean-sur-Couesnon au sud, Saint-Marc-sur-Couesnon à l'ouest. Le Couesnon et son affluent le Touru forment les limites sud et est de la commune.

Relief et cours d'eau :

La Chapelle-Saint-Aubert s'insère dans un pays de collines et de vallées parfois larges et au profil doux, parfois étroites et aux versants abrupts. Le relief s'abaisse progressivement du nord-est vers le sud-ouest. Les altitudes relevées aux Noës (125 mètres), au Bois Gilles (119 mètres) et à la Métairie (54 mètres) témoignent de la forte déclivité du terrain dans la partie centrale de la commune. Accidentée encore par les vallées encaissées qui l'entaillent (vallée du Touru, vallée d'un petit ruisseau partant du Champ de la Fosse et se jetant aussi dans le Couesnon), cette région forme un saisissant contraste avec celles du nord et du sud. La première, au nord de la route nationale 12, est caractérisée par un relief plat et monotone. La seconde est occupée par la large vallée du Couesnon qui s'allonge en pente douce vers le lit de la rivière.

Géologie :

Le sous-sol est essentiellement formé de schiste argileux et de granite à 100 mètres au nord au bourg. Le patrimoine architectural étudié utilise largement les matériaux locaux : blocs de granite grossièrement équarris, extraits en surface aux confins de la commune, mélangés avec des pierres de schistes, prises sur le substrat local. Le granite bien appareillé, provenant des communes voisines de Saint-Sauveur et Saint-Hilaire, est réservé à certains éléments de la construction (croix, encadrements de baies, chaînes d'angles...).

Paysage agraire :

La Chapelle-Saint-Aubert vivait essentiellement de l'agriculture. Le bourg lui-même n'est autre qu'un petit village au caractère agreste très marqué, abritant un seul commerce parmi les quelques maisons rurales et semi-rurales qui le constituent. Les fermes sont regroupées en gros hameaux.

La physionomie du paysage agraire témoigne d'une économie liée avant tout à l'élevage. Plantes fourragères, blé et orge puis avoine caractérisent le terroir cultivé tandis que la surface en herbe est accompagnée de pommiers à cidre. Les landes et les bois occupent une surface restreinte et sont éparpillés au long des vallées.

Le cadre naturel est un bocage à larges mailles, fait de talus de terre plantés d'arbres aux essences variées (le plus souvent ce sont des chênes) et d'ajoncs.

Histoire et patrimoine :

Toutes les possessions dépendaient des seigneurs voisins : Vendel, Saint-Hilaire-des-Landes, Romagné, Fougères. Le bourg, inexistant jadis, ne comptait que six ménages en 1841, tous groupés autour de l'église. Ce territoire semble être la partie détachée de celui de Vendel en 1027, lors du mariage de la fille du baron de Fougères avec le fils de celui de Vitré. D'ailleurs, une croix érigée sur le bord du Couesnon portant au nord le nom de Fougères et au sud celui de Vitré rappelle ce partage qui donnait en dot, toute la rive gauche de ce cours d'eau. Une motte féodale en face du Moulin Blot en Vendel, marque aussi une limite.

Capella Sancti Oberti (1095) ne pouvait être qu'une dépendance d'une église mère devenue paroissiale après la séparation territoriale.

La seule chapelle connue est celle du Pont-Notre-Dame dont on sait seulement qu'elle fut édifiée avant 1603. Aujourd'hui très mutilée, transformée à usage de soue à cochons et de remise, elle n'a conservé que la façade d'entrée ouest.

Le chemin Chasles, fragment de l'ancienne voie Jublains-Corseul, est un important vestige d'époque gallo-romaine. Il franchit la rivière du Couesnon au Pont-Notre-dame, où des travaux exhumèrent vers 1863 les substructions d'un ouvrage gallo-romain.

Il existait également une motte féodale dite Butte à Madame, aujourd'hui arasée, sur la rive droite du Couesnon, en face du Moulin Blot en Vendel.

Les hameaux sont situés sur les sommets ou à flanc de coteau et jouissent de beaux points de vue sur la campagne environnante. Chaque hameau comprend au moins une ou deux maisons à étage, marque incontestable de leur richesse ; elles semblent régner sur les autres habitations plus basses et modestes, la plupart des maisons sont alignées par association de deux ou trois. Presque tous les foyers possédaient un four à pain et un puits.

On relève 16 dates sur les maisons de la Chapelle-Saint-Aubert, certains exemples typiques datés permettent de fixer une phase importante de construction dans le milieu du 17e siècle : une seule date au 16e siècle (1584), dix dates au 17e siècle entre 1633 et 1667, trois dates au 18e siècle (1738, 1764 et 1788) et deux dates au 19e siècle (1800 et 1867). On distingue donc trois périodes de constructions : la phase la plus ancienne de la fin du 16e siècle au début du 18e siècle, une autre phase du milieu du 18e siècle au début du 19e siècle, et enfin du milieu du 19e siècle au milieu du 20e siècle avec une expansion des constructions notamment en pan de bois et des couvertures en ardoises qui remplacent le bois en couverture (sous forme d'essentes) et le chaume.

Les maisons sont le plus généralement construites selon un plan rectangulaire. Elles possèdent un rez-de-chaussée et un étage dans le comble ou un rez-de-chaussée surmonté d'un comble à surcroît. La disparition du chaume au profit de l'ardoise et la rénovation des charpentes modifient profondément leur aspect original.

Les maisons à étages recensées appartiennent, sauf exception (la Motte, le presbytère) au 17e siècle et sont souvent remarquables par leur architecture : ouvertures et cheminées monumentales soigneusement appareillées en granite et à effets décoratifs. Les plus élaborées d'entre elles, comme au Pont-Notre-Dame, sont à usage exclusif de logis. Sauf cas exceptionnel, la distribution intérieure est une pièce de logis au-dessus de celle du rez-de-chaussée et un grenier au-dessus de l'étable ou du cellier.

Toutes ces maisons ont de belles cheminées monumentales, de même type, en beau granite. Le linteau est monolithe et est posé sur des corbeaux en quart de rond et cavet, les piédroits sont chanfreinés et ornés aux extrémités de motifs stylisés (têtes, palmes). Chacune présente une ou plusieurs niches carrées creusées soit à l'intérieur, soit de chaque côtés du manteau. Ces maisons possèdent aussi souvent des fenêtres à coussièges (bancs de pierre se faisant vis à vis).

Les maisons rurales regroupent sous le même toit le logis, l'étable et le grenier. Les plus modestes d'entre elles n'ont pas d'étage, mais un comble à surcroît éclairé par des lucarnes.

La plupart des maisons sont accolées les unes aux autres sur un axe généralement est-ouest, la majeure partie d'entre elles a été convertie en étable ou cellier.

Les édifices dont les études suivent retiennent l'attention soit en raison de leur qualité, soit en raison de leur rareté ou de leur caractère représentatif par référence au patrimoine communal.

Chronogrammes : 1584, 1601, 1633, 1641, 1653, 1654, 1656, 1658, 1667, 1668, 1669, 1738, 1761, 1764, 1788, 1800, 1831, 1854, 1867.

Aires d'études Pays de Fougères
Adresse Commune : Chapelle-Saint-Aubert (La)

Annexes

  • 20113505195NUCA : Cadastre ancien - Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20103509583Z : - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne - 293_35_69_bande_3.

    20103507611Z : - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne - 063_35_68_bande_28.

    20103509633X : - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne - 6*6_pochette_03.

    20103509644X : - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne - 6*6_pochette_05.

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    20103509635X : - Service de l'Inventaire du patrimoine culturel de Bretagne - 6*6_pochette_03.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Mairie. (1908). 20 64/6.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Eglise. (1829-1890). 20 64/7.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Presbytère. (1806-1924). 20 64/8.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Cimetière. (1868-1928). 20 64/9.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Ecoles. (1859-1920). 20 64/10.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Edifices publics. La Chapelle-Saint-Aubert. Lavoir. (1920). 20 64/12.

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage du plan parcellaire de la commune de La Chapelle-Saint-Aubert, Canton de Saint-Aubin-du-Cormier, Arrondissement de Fougères, Département d'Ille-et-Vilaine. Terminé sur le terrain le 5 août 1833, sous l'administration de Mr. Cahouet, Préfet, Mr Chevalier, Maire et sous la direction de Mr Lambert, Directeur des Contributions, Mr Lesné, Géomètre en chef, par Mr Declaye, Géomètre de 1ère classe, échelle 1/10000e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • CHATENET Monique, MIGNOT, Claude (dir.). Le manoir en Bretagne. 1380-1600. Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites/Editions du patrimoine/Imprimerie nationale Editions, 1999.

  • FROTIER DE LA MESSELIERE, Henri. Le guide de l'Ille-et-Vilaine. Plouagat : GP Impressions-Kervaux, 1994.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • INVENTAIRE GÉNÉRAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Eglises et Chapelles, Ille-et-Vilaine. Rennes : Association pour l'Inventaire Bretagne, 1996, (Indicateurs du patrimoine).

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • ORAIN, Adolphe. Petite géographie pittoresque du département d'Ille-et-Vilaine pour servir de guide aux voyageurs dans Rennes et le Département. Rennes : P. Dubois Libraire-éditeur, 1884.

  • PAUTREL, Emile Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Editions du patrimoine, 2000.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

  • DAGNET, A. Sur les bords du Couesnon. Rennes : Rue des Scribes Editions, 1995.