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Présentation de la commune de Corseul

Dossier IA22005097 réalisé en 2016

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

La conduite de l'Inventaire :

La commune de Corseul a fait l'objet d'un inventaire topographique en 2016. L'enquête menée par le service de l'Inventaire du patrimoine culturel de la Région en Bretagne a pour but de recenser et d'étudier le patrimoine de la commune afin d'évaluer son potentiel patrimonial au sein du projet de territoire du Parc Régional Rance-Côte d'Émeraude. La sélection d’œuvres à partir du recensement in situ est établie selon des critères de cohérence architecturale et d'authenticité. Afin d'étudier le patrimoine de la commune il était nécessaire d'aborder son passé antique afin de comprendre l'intégralité du patrimoine existant.

Géographie et administration :

La commune de Corseul d'une superficie de 41,7 km2 est limitée à l'ouest par Bourseul et Plancoët, au nord par Créhen, Languenan, Quévert, à l'est par Aucaleuc, et au nord par Saint-Maudez et Saint-Michel-de-Plélan. Très vallonnée (altitude maximum : 126 m, minimum 13 m) la commune est marquée par la présence de ruisseaux dont le principal est celui de Montafilan.

Le territoire communal est réduit à trois reprises aux 19e et 20e siècles :

- 21 décembre 1827 est cédé à Bourseul une fraction près de la Ville-Ory

- 19 mars 1841 Corseul cède à Plancoët vingt villages (Nazareth, les Evinais, les Traits, les Ville-Martin, Grafas, la Louverie, la Bardelais, Canlac, La Guérivais, la Ville-Mené, le Vauradeuc, la Ville-Morin, la Caunelaye, la Revaudais, la Grande Pouplinaye, la Glachais, la Flouriais, les Bois-Rolland, le Tertre, et la Louvelais)

- 21 juin 1901 sont cédé à la commune de Saint-Michel-de-Plélan, les villages de la Mare, l'Hôtel Rieux, le Béziers, La ville-buzard, les Ruettes, le Biez, Peignehel, la Hautière et le Bois-Morin.

Démographie :

En 1906, la commune compte 2846 habitants, dont 573 sont cultivateurs, 185 domestiques de fermes, il y a encore 6 meuniers en activité. Le bourg est habité par de 322 personnes, les écarts les plus peuplés sont ceux de Tréguihé (83 habitants), Tréfort (78 habitants) et la Poissonnais (75 habitants). En 2013, la commune compte 2109 personnes, dont 1722 actifs, dont 30 agriculteurs exploitants.

Une histoire ancienne :

Occupée dès l'époque gauloise, c'est à l'époque gallo-romaine que la ville connaît un important essor, qui participe aujourd'hui à sa renommée. À partir du 4e siècle il semble que la ville soit vraisemblablement abandonnée au profit d'Alet. La première communauté chrétienne est mentionnée au 6e siècle avec un prêtre nommé Spetarus. La paroisse de Corseul est fondée dès 1123, elle est sous le patronage de Saint-Pierre. A la fin de ce même siècle, l'auteur de la chanson d'Aquin, évoque la ville avec les termes suivants : "Cité fut riche, ville d'Antiquité, Mays gasté estoit, long temps avoit passé". Par la suite des mottes féodales sont érigées (exemple : la Motte Vieille désormais à Plancoët) et au 12e siècle le château de Montafilan est construit sur un éperon rocheux. De nombreux manoirs sont construits sur le territoire (exemple de La motte à L'abbaye de Trégouët, la Tandourie, le Plessix-Madeuc...), ils sont le témoignage de l'évolution des seigneuries bretonnes. Corseul, est une commune fortement marquée par la religion catholique, en effet plusieurs chapelles ont été recensées sur le cadastre ancien, tout comme les croix de différentes époques présentent en grand nombre sur l'ensemble de la commune.

Origine du nom de la commune :

Corseul serait étymologiquement issue du terme "coriosolite" désignant le territoire gallo-romain. Il est actuellement impossible d'affirmer le nom de la ville antique avant le 3e siècle, les premières mentions épigraphiques de la ville antique apparaissent au cours du dernier quart de ce siècle, notamment sur la borne leugaire présente dans le placître de l'église de Saint-Méloir-des-Bois (Côtes d'Armor) sur laquelle est gravée "C. Cor.", signifiant Civitas Coriosolitum . La table de Peutinger (copie du 13e siècle d'une ancienne carte romaine), ne mentionne pas directement la ville mais plus probablement le sanctuaire du Haut-Bécherel, sous le nom de Fanum Martis, dont l'importance selon Hervé Kerebel a supplanté la ville elle même. Au Moyen Age vers 869, dans la Vie de Saint-Malo, l'église est nommée Aecclesia Corsult. A partir du 11e siècle, apparaît le nom de Corsult, Corsoltum, et l'église est nommé en 1123 ecclesia Sancti Petri Corsoltensis (Anc. év. IV, 395). Aux 12e et 13e siècles, la ville est nommée Corsot, Corseut et Corsout, au 15e siècle Corseult et Corsoult.

« Un réservoir d'antiquités romaines » :

La première mention d'éléments archéologiques date de 1709 lorsqu'un ingénieur du Roi visite la commune et décrit de nombreux vestiges sur l'ensemble de la commune dont la cella du sanctuaire du Haut-Bécherel (« on voit la moitié d'un temple octogone, qui subsiste encore hors de terre, de trente et un pieds de haut, revêtu par dedans et par-dehors, de petites pierres de quatre pouces en carrées, taillées proprement et posées par assises réglées. »). Au 19e siècle, Arcisse de Caumont visite Corseul et constate que les fouilles réalisées par les habitants sont de plus en plus nombreuses sur la commune ( "De Dinan, j'ai fait un pèlerinage à Corseult afin de reconnaître l'emplacement de la ville antique et de constater le résultat des fouilles récemment pratiquées. Ces fouilles ont été en effet assez nombreuses depuis quelques années par suite de l'avantage que les habitants du bourg trouvent à rechercher dans leurs champs des matériaux tout prêts taillés pour leurs nouvelles constructions." Bulletin monumental, T. 6). En 1840, Prosper Mérimée, alors inspecteur des Monuments Historiques remarque aussi le sanctuaire et l'inscrit dans la première liste des Monuments Historiques. Paul Ricordel (1898 - 1967), frère de Ploërmel et instituteur à Corseul fouillait régulièrement avec ses élèves.

De la fouille à la valorisation du patrimoine archéologique :

Plusieurs sites ont fait l'objet de fouilles à Corseul, dont trois sont aujourd'hui valorisés. Il s'agit du sanctuaire du Haut-Bécherel, du quartier commercial de Monterfil et de la domus du Clos Mulon. En 1957, le docteur Guidon fonde la Société archéologique de Corseul la Romaine, vingt ans plus tard un musée est créé dans au deuxième étage de la mairie. Il présentait des objets issus des fouilles menées par les archéologues mais aussi de M. Ricordel et de ses élèves. En mars 2014, le projet de Centre d'Interprétation voit le jour dans l'ancienne Mairie-école de la ville. Il a pour vocation de faire découvrir le patrimoine archéologique de Corseul, et aussi du territoire Granite Émeraude à travers les époques d'occupation du territoire de la préhistoire à aujourd'hui.

Conclusion :

La commune de Corseul, "réservoir d'antiquités romaines", est très reconnue, fouillée et étudiée pour son passé gallo-romain, cependant son patrimoine plus récent l'est moins. Cet Inventaire a permis d'étudier le patrimoine visible de la commune. Davantage que l'ancien chef-lieu des Coriosolites, Corseul est un territoire de croix, de chapelles, de manoirs, de fermes anciennes et plus récentes. Cette commune rurale est un important témoignage de l'évolution d'un regard sur son territoire et ses paysages.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Corseul

Références documentaires

Documents d'archives
  • P. 103 - 104
Bibliographie
  • MONIER M.E. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : Joseph Floch, 1975 (nouvelle édition revue et augmentée).

    P. 67 - 78
  • RIGAUD, Jean-Marie (avec le concours de M. Hélary et de plusieurs instituteurs du département ; les cartes ont été dressées par M. Belhomme). Géographie historique des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, 1890, 509 p.

    P. 227 - 228
  • RONDEL Eric, Le penthièvre, du Gouessant à l'Arguenon, Editions Club 35, Fréhel, 1996, 88 p.

    P. 83 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • DE CAUMONT, Arcisse, Lettre a M. Pollet, in Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont, T. 6, 1840

    P. 244-260
  • Kerebel Hervé. Corseul / Fanum Martis (Côtes-d' Armor). In: Capitales éphémères. Des Capitales de cités perdent leur statutdans l’Antiquité tardive, Actes du colloque Tours 6-8 mars 2003. Tours : Fédération pour l'édition de la Revue archéologique du Centre de la France, 2004. pp. 411-415. (Supplément à la Revue archéologique du centre de la France, 25);

    p. 411-415
  • HENRY Paul, MATHIEU Nicolas, Corseul : lever de rideau sur une capitale ?. In : Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, tome 110, n° 3, 2003, p. 7-32