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Présentation de la commune de Botsorhel

Dossier IA29131789 réalisé en 2015

Fiche

L'enquête

L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune de Botsorhel a été réalisé entre octobre 2015 et décembre 2015 par Romain Blanchard, chargé de mission au Parc Naturel d'Armorique. L´opération s´inscrit dans le cadre de l'étude des patrimoines des communes adhérentes au Parc Naturel Régional d´Armorique. Cet inventaire a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant ou susceptibles d´appartenir au patrimoine architectural et de présenter un état des lieux raisonné du patrimoine bâti. Les limites chronologiques sont fixées du Néolithique à la fin du 20e siècle, mais la majorité des éléments recensés n'est pas antérieure au 18e siècle.

Située dans la partie nord-est du Parc naturel régional d'Armorique, le territoire de Botsorhel (arrondissement de Morlaix, canton de Plouigneau) présente un caractère essentiellement rural. L'implantation du bâti a été dictée par le relief et l'accès aux voies de communication. S'en suit une nette différence entre la partie nord de la commune, ou l'on retrouve un habitat dispersé constitué de petites unités, et la partie sud, appelée localement la "montagne", peu construite mais où l'on retrouve un habitat plus dispersé et regroupé en villages (Pen ar Rest, Guernélohet).

Protection du patrimoine bâti

Seule la croix de Saint-Ener est protégée au titre des monuments historiques (13/11/1969 inscription aux monuments historiques).

Archéologie

Quelques éléments démontrent une occupation ancienne du territoire : deux tumulus de l’age de Bronze à Kerael et à proximité de la Croix de Saint-Ener. Le cadastre napoléonien mentionne aux alentours de Créac’h Pluhen des « pierres druidiques », correspondant à cinq ou six menhirs détruits avant le début du 19e siècle.

Origine de la paroisse

D’après Bernard Tanguy, 160 toponymes composés avec le breton – bot – existent dans le Finistère, mais seuls 6 exemples concernent des noms de communes. Si le terme est ancien, puisqu’il apparait déjà dans les actes de l’abbaye de Redon au 9e siècle, son sens pourrait signifier « demeure, résidence » (à ne pas confondre avec son homonyme masculin dont le sens est « buisson, touffe »), allant « de la ferme au château, en passant par l’ermitage ». Concernant la commune de Botsorhel, l’étymologie pourrait donc évoquer une résidence seigneuriale (tout comme pour Bohars, Bolazec et Botmeur), dont l’origine inconnue pourrait être un château situé à proximité du centre du bourg actuel, proche de l’église.

La plus ancienne mention du nom de la commune de Botsorhel apparait en 1330 dans les Pouillés de la Province de Tours sous la forme Bocorzer.

La seigneurie de Kergariou semble être la plus ancienne attestée sur la paroisse de Plougonven au 15e siècle. La terre, avec haute et basse justice, appartenant en 1425 à Jean du Penhoet, Amiral de Bretagne. Le hameau de Kergariou conserve encore les traces d’une motte castrale cernée de douves. Cinq autres terres nobles au moins ont existé sur la commune, dont les manoirs ont aujourd’hui entièrement disparu : Blévara, Le Fouennec, Lostanvern, Keraël et Keranguen.

Evolution du territoire

1838

Etabli en 1838 à Botsorhel, le cadastre napoléonien nous donne un état assez précis de la propriété immobilière au début du 19e siècle. La répartition des constructions, comme partout en Bretagne, suit une logique d’habitat dispersé. Le bourg, très peu développé, reste un gros hameau dont la spécificité réside dans l’emplacement de l’église paroissiale. La commune, très étendue, voit cependant d’autres centres se créer. Le sud de la commune notamment, très isolé du fait d’un relief plus accentué aux flancs des monts d’Arrée, présente un habitat diffus, mais plus concentré autour de gros villages à l’organisation particulière. Issu du système de la quévaise, les hameaux se sont ici agencés de manière plus communautaire, dans une zone très fortement dépeuplée.

Sur toute la partie nord du territoire, l’habitat dispersé se caractérise par de petites unités formées d’une à trois fermes, rarement plus, séparées de quelques centaines de mètres et toutes reliées entre elles par un réseau dense de routes et chemins. A la fin du 18e siècle, les chemins sont cependant de manière général en mauvais état : « dans tout le Finistère, les chemins de traverse sont des abimes impraticables dans l’hiver : les voitures s’y brisent ; des chevaux, des bœufs, des hommes y sont tous les jours estropiés. »

La situation semble s’être améliorée un demi siècle plus tard, puisque J-M Elouet note en 1849 que « Les routes nationales et départementales sont dans un parfait état d'entretien, grâce à l'excellence et à l'abondance de matériaux. Si l'administration parvient à les rendre moins accidentées, et si les paysans s'entendaient pour la réparation de leurs petits chemins, nous ne mettons pas en doute que, dans quelques années, il n'y aura pas d'arrondissement où les voies de communication seront plus faciles que dans l'arrondissement de Morlaix». Toutefois, en 1849, les cinq chemins vicinaux répertoriés sont dans des états disparates. Le chemin reliant le Ponthou à Lannéanou, passant par le bourg de Botsorhel, et traversant la commune sur 7 kilomètres du nord au sud, n’a une largeur moyenne que de 2 mètres. C’est loin des 7 mètres recommandés par la préfecture du Finistère pour la plupart des chemins vicinaux de l’arrondissement. Au sud de la commune, la nouvelle route reliant Morlaix à Callac (tracé de l’actuelle D9) présente une largeur moyenne de 7 mètres. Déjà en 1794, Cambry notait pour la commune de Plougonven que « si la route de Plougonven était mise en état de service, les bois, les fromens, le bétail que cette commune produit, circuleraient avec facilité. Une multitude de villages perdus dans les montagnes d’Arrée, pourraient employer cette route, mais il faudrait pour qu’ils en profitassent, la prolonger jusqu’à Callac». Le développement de cette route, passant par Botsorhel, a entrainé un désenclavement d’une partie des villages du nord-est des monts d’Arrée, dont le sud de la commune de Botsorhel.

1950

Entre l’établissement du cadastre napoléonien de 1838 et le milieu du 20e siècle, les structures de l’espace rural ont peu évolué. Toutefois, du milieu du 19e siècle aux années 1920, l’habitat rural connait un fort renouvellement marqué par de nombreuses constructions neuves, reconversions, démolitions. Le bourg, qui au moins dès les années 1830, et ce jusqu’au début du 20e siècle, présente une population en augmentation quasi continue (184 individus en 1846, 235 en 1872, 265 en 1901), a connu durant la période un renouvellement de ses maisons, et surtout un agrandissement le long des axes de communication reliant Le Ponthou à Botsorhel, et Botsorhel à Guerlesquin, prenant une forme de ville-rue. La reconstruction de l’église paroissiale entre 1877 et 1885 participe également à la transformation morphologique du bourg.

2015

A partir des années 1960, de nouvelles manières d’habiter ont entrainé la construction de quelques maisons dans un style régionaliste ou néo-breton, surtout par la création d’un lotissement au nord du bourg (une trentaine de maisons), doublant quasiment son emprise. Le déclin démographique de la commune dès les années 1920 (1375 habitants en 1921, 890 en 1954, 448 en 2013), et l’abandon progressif des habitations à la fois au bourg et sur tout le territoire rural, rend toutefois le phénomène marginal en rapport avec d’autres communes rurales proches (Guerlesquin, Plougonven…), qui ont connu un léger regain démographique à partir de la fin des années 1970. L’absence de remembrement des terres a permis de conserver les formes du parcellaire qui a peu évolué depuis le début du 19e siècle et une partie du bocage ancien.

Conclusion

La commune possède un patrimoine rural de qualité marqué par des formes régionales bien connues dans le Trégor finistérien : maisons à avancée jusqu’au 19e siècle, adoption du logis indépendant de type ternaire à partir du milieu du 19e siècle et développement du bourg, nombreuses dépendances agricoles indépendantes conservées attestant de la longue vocation d’élevage de la commune. Les paysages sont encore marqués par le bocage. Si peu de grands ensembles homogènes subsistent, la commune possède des formes intéressantes d’habitat, au sud de la commune par une organisation caractéristique du flanc nord des monts d’Arrée issu en parti du système de la quévaise, au nord de la commune par l’adoption d’une organisation des exploitations de type Trégorrois.

Toutefois, le taux de bâtiments présentant un mauvais état sanitaire, abandonnés ou ruinés est élevé sur la commune puisqu’ils concernent près de 20% des éléments recensés (35 fermes ou maisons présentant tout ou partie des édifices en mauvais état avancé sur les 188 éléments recensés). 22% des éléments recensés présentent un état sanitaire moyen, soit concernant 42 fermes ou maisons (abandons récents, mauvais état des façades et enduits, début d’envahissement par la végétation…). Ainsi, seuls 56% des édifices anciens sur la commune sont, de manière générale, en bon état.

Le bourg est marqué par une grande cohérence des constructions, dont la plupart remonte à la deuxième moitié du 19e siècle.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Botsorhel

Références documentaires

Bibliographie
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper, association diocésaine, 1988.

    p. 28
  • Le patrimoine des communes, le Finistère. Flohic éditions, 1998.

    p. 1039-1040
  • Briard, Jacques Onnée, Yvan Bourhis, Jean-Roger Le Goffic, Michel. Préhistoire au pays de Guerlesquin : les tumulus du Bronze de la Croix-Saint-Ener à Botsorhel in Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, n°109, 1981.

    n°109, p. 15-34
  • LE GUENNEC, Louis. Le Finistère monumental. 1. Morlaix et sa région. Quimper : Société des amis de Louis Le Guennec, 1979.

Périodiques
  • SIMON, Jean-François. Les maisons à avancées en Finistère in Ar Men, n°1.

    n°1, p. 20