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Présentation de la commune de Botmeur

Dossier IA29003196 réalisé en 2007

Fiche

Œuvres contenues

L'ENQUETE

L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune de BOTMEUR a été réalisé en 2007. Il intègre, en partie, un pré-inventaire du patrimoine rural réalisé en 1969.

L´opération s´inscrit dans le cadre du recensement du patrimoine architectural du Parc Naturel Régional d´Armorique, structure à laquelle adhère la commune.

En raison de leurs intérêts communs en faveur de ce secteur, la Région Bretagne et le Département du Finistère ont-ils décidé de réaliser ensemble cet inventaire du patrimoine architectural des communes du P.N.R.A. afin de disposer d´un outil de connaissance permettant de développer la recherche et constituant un préalable à des travaux ultérieurs de sauvegarde, de protection et de mise en valeur de ce patrimoine, en liaison avec les services compétents du Conseil Régional, du Conseil Général et des services de l´Etat.

L´inventaire a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant ou susceptibles d´appartenir au patrimoine architectural et de présenter un état des lieux exhaustif et raisonné du patrimoine bâti. L´étude vise une approche globale d´un patrimoine de pays afin d´en dégager les caractéristiques et les potentialités. La démarche de l´inventaire est topographique, car elle vise une approche exhaustive du patrimoine architectural du territoire qui sert de cadre à l´étude de terrain. Les limites chronologiques sont fixées entre l´an 400 après J. C., et le milieu du 20e siècle. Ce cadre exclut le domaine de la fouille archéologique mais n´écarte pas des formes d´architecture en élévation exceptionnelles, comme, par exemple, les mégalithes ou les oeuvres originales d´architectes contemporains.

Par ailleurs, l´inventaire ne rend compte du patrimoine ethnologique ou du patrimoine naturel que dans la mesure où il informe le bâti. C'est pourquoi une approche paysagère succinte ainsi qu'une analyse des sites et de l'implantation du bâti ont été jointes au dossier collectif "maisons, fermes et hameaux". L´inventaire a porté sur l'ensemble des édifices bâtis avant 1920. Les dossiers qui suivent sont classés du général ou du thématique (dossiers collectifs), au particulier. Les édifices uniques ou au contraire représentatifs, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon communal, sont traités dans un dossier individuel. La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément sélectionné correspond une notice. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (les maisons par exemples), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans le dossier collectif. Les édifices uniques ou au contraire représentatifs, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon communal, sont traitées dans un dossier individuel. La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément sélectionné correspond une notice. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (les maisons par exemple), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans un dossier collectif.

Parmi l'ensemble des éléments bâtis recensés (toutes catégories confondues), 28 sont documentés individuellement, et environ 59 collectivement, c'est à dire mentionnés et illustrés dans un dossier collectif.

236 illustrations dont 3 plans schématiques, 2 dessins et 20 références documentaires accompagnent les dossiers.

Parmi les 172 logements immeubles recensés par l'INSEE en 1999, 67 ont été bâtis avant 1915 ; 11 sont documentés individuellement, et environ 59 collectivement, c´est-à-dire mentionnés et illustrés dans un dossier collectif.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Botmeur

SITUATION GEOGRAPHIQUE :

La commune de Botmeur, dans les Monts d'Arrée, fait partie du canton du Huelgoat. Elle est située juste au sud du Roc'h Trévézel, point de passage entre Léon et Cornouaille. Sa superficie est de 1362 hectares avec une population qui s'élevait à 214 habitants en 1999. Au nord, ce sont les Monts d'Arrée qui la séparent du Léon. Au sud, c'est la rivière l'Ellez qui forme la limite communale avec Brasparts. A l'ouest, c'est le Ménez Kador et la route départementale qui bornent la commune voisine de Saint-Rivoal. Cette départementale reprend le tracé d'une vieille route qui reliait Brasparts à Morlaix en passant par la Croix Cassée, Plounéour-Ménez et Pleyber-Christ. C'est encore un ruisseau (le Roudouhir) et le lac artificiel de Saint-Michel qui délimitent la commune à l'ouest. Le bourg adossé à la chaîne des Monts d'Arrée, sur un replat de 255 mètres d'altitude, surplombe le lac et le marais du Yeun Ellez qui forme une cuvette au sud. De ce marais, on a extrait la tourbe jusqu'en 1950. Elle fournissait un indispensable combustible dans un pays presque sans arbres. Le relief relativement accidenté au nord et la présence de marais au sud sont à l'origine de ce développement linéaire de l'implantation des villages le long d'un axe formé par la route départementale.

L'habitat paysan, sous comble à très faible surcroît, reflète la pauvreté du sous-sol peu propice aux cultures. Beaucoup de terres sont incultes au nord dans les montagnes, les landes et les bruyères, au sud dans la tourbière. Les habitants s'en servaient pour faire pacager leurs bètes et en tirer des litières, pour faire de l'engrais afin de fumer les terres cultivées. L'élevage primait sur l'agriculture, les fermes disposaient donc de petits greniers et abritaient sous le même toit bètes et gens. L'omniprésence de l'eau a permis de construire un lavoir et un puits communautaires dans beaucoup de villages. La rareté des croix de chemin (seulement une au bourg) est peut-être à mettre au compte de l'isolement de Botmeur par rapport à sa paroisse mère (voir chapitre suivant). Le bourg est une création de la seconde moitié du 19e siècle à partir d'un village existant et de quelques fermes du début du 19e siècle. La construction tardive de l'église paroissiale (1909), permise grâce à la vente des communs, est significative de l'état de pauvreté de la commune.

SOUS L'ANCIEN REGIME :

Botmeur a d'abord fait partie de l'immense paroisse de Berrien. Au 12e siècle, la création de la paroisse de La Feuillée la sépare de sa paroisse mère. Enclavée entre Brasparts, La Feuillée et l'évêché du Léon au nord, Botmeur est le siège d'une seigneurie qui possède sa chapelle domestique. Mais les habitants de ce territoire isolé doivent emprunter un chemin dans la montagne pour assister aux messes de l'église paroissiale, à Berrien. A la fin du 18e siècle, à la suite de nombreuses requêtes des habitants et de la pétition de 1779 adressée par Monseigneur de La Marche, évêque du Léon et seigneur de Botmeur, à Conen de Saint-Luc, évêque de Quimper, un desservant est nommé à la chapelle du village, qui n'est toutefois toujours pas élevé au rang de trève.

Un aveu de 1753 nous apprend que la famille de la Marche était, avant la Révolution, seigneurie féodale de toutes les terres de Botmeur. La famille de Botmeur, issue d'ancienne chevalerie, est attestée dès 1426, puis en 1536 et en 1636. Le bourg doit son nom au château du Botmeur (du vieux breton bot "demeure, résidence" et meur "grand") dont subsistent les ruines d'un important bâtiment au sud-est du Salou (la salle), autre toponyme révélateur. Ces seigneurs de Botmeur, voyers héréditaires de Cornouaille, assuraient la surveillance des chemins et exerçaient leur haute justice à Huelgoat. La famille se fond finalement, au début du 18e siècle, dans celle de La Marche.

Les terres vaines et vagues (dont le marais du Yeun) étaient considérées comme terres communes où les habitants faisaient leur provision de tourbe pour l'hiver, où ils étaient libres de prendre la litière pour leur bestiaux, de les faire paître, de prendre à volonté la bruyère pour allumer leur feu. Ces terres appartenaient, en fait, aux seigneurs de Botmeur qui en laissaient la jouissance à leurs domaniers et à leurs fermiers comme le faisaient les moines de l'abbaye voisine du Relecq et les commandeurs hospitaliers de la Feuillée sur leurs propres terres. Ces terres non closes et communes à tous offraient des parcours de transhumance pour les moutons depuis des siècles.

LE XIXe SIECLE :

En 1792, la loi voulut attribuer les terres vaines et vagues aux communes nouvellement créées ou aux anciens vassaux. Quelques terres furent donc vendues en 1816 à des paysans. Cette période fut marquée par de nombreuses querelles entre propriétaires et exploitants de ces communs lors des parcours de transhumance et lors de l'exploitation des tourbières. Mais c'est surtout la loi de 1850 qui va mettre un terme aux anciens usages en partageant ces terres indivises. Elle rend la commune de Botmeur propriétaire des montagnes et des marais. La commune décide en 1854 d'aliéner les terres qui ne lui sont d'aucune utilité et de les vendre aux enchères publiques en lots de propriétés individuelles. Ces ventes permettront à la commune de faire face aux dépenses engagées pour différents travaux. La fin du 19e siècle verra la multiplication des ventes et le partage des communs. Ils mettront un terme à un système agricole ancestral basé pour partie sur la transhumance des moutons.

La paroisse de Botmeur ne fut créée qu'en 1837, la chapelle domestique du château de Botmeur fait alors office d'église paroissiale. En 1850, la commune est créée à son tour et en 1854, elle est augmentée d'une section de la commune de Brasparts dont le hameau de Botcador. Ce n'est qu'en 1909, qu'une église paroissiale est édifiée. La propriété payasanne née de la Révolution, l'arrivée des premiers amendements calcaires, la généralisation de l'emploi des fumures et la révolution des techniques culturales font progresser les cultures (seigle, froment, sarrazin, puis pommes de terre) dans la seconde moitié du 19e siècle. Les prairies irriguées et drainées permettent le développement de l'élevage bovin. A la fin du siècle, le maillage bocager se renforce au fil des partages. Cet "âge d'or" de la société rurale bretonne se répercute sur la démographie. Les recensements de population effectués dans la seconde moitié du 19e siècle montre, à l'image du reste du centre Finistère, une augmentation constante des habitants : en 1851, ils sont 605 pour 907 en 1896. Les hameaux sont alors très peuplés, les paysages très bien entretenus : landes et prés sont fauchés, chemins de servitude nettoyés et talus tondus.

LES CHIFFONNIERS OU PILHAOUERS :

Cette prospérité du 19e siècle demeure cependant toute relative à Botmeur où les terres sont pauvres et où la zône marécageuse du Yeun Elez représente un tiers de la commune. Pour suppléer à l'aridité du sol, les cultivateurs devaient trouver un complément d'activité dans le tissage mais surtout, à partir du 18e siècle, dans le colportage et le ramassage des chiffons. Ces "chiffes" ou "pilhou" alimentaient les moulins à papier de la région de Morlaix car jusqu'à 1890, le papier était fabriqué à base de chiffons. C'est ainsi que les paroisses peu fortunées des hauteurs de L'Arrée (Botmeur, La Feuillée, Brennilis et Loqueffret) se firent une spécialité du ramassage des chiffons, véritable commerce réalisé par des hommes qui sillonnaient la Basse-Bretagne. Ils utilisèrent au mieux la situation centrale qui était la leur et tentèrent de développer un commerce d'appoint qui soit le pendant d'une agriculture difficile. Les campagnes de ramassage s'effectuaient entre les périodes de grands travaux agricoles. Chaque chiffonniers avait son secteur, son fief échu par succession.

A Botmeur, chaque ferme possédait au moins un cheval pour les charrois et la campagne de chiffons. La plupart des chiffonniers payaient avec de la vaisselle ou des mouchoirs achetés à bas prix dans les villes de Morlaix, Brest, Quimper, Châteaulin, Landerneau où se trouvait le marchand de chiffons en gros qui lui servait de courtier. Les habitants des Monts d'Arrée développèrent un esprit d'entreprise s'adaptant aux conditions du marché. Selon l'époque, ils firent le commerce des denrées alimentaires et des matières premières, des chiffons, des crins et des peaux de lapins puis des vieux métaux, des draps et des tissus. En 1856, il y avait 26 chiffonniers à Botmeur. En 1905, il étaient encore 18 dont sept étaient à la fois cultivateurs et chiffonniers. Ces activités de colportage perdurèrent, d'une manière marginale, jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

L'EXTRACTION DE LA TOURBE :

Pour les habitants de la région, la tourbe constituait le seul moyen de chauffage possible. Avant la Révolution et le partage des terres vaines et vagues, chacun pouvait y faire ses provisions de tourbe pour l'hiver. Après le partage des communs, les habitants devinrent propriétaires de tel ou tel lot. La superficie des lots dépendaient de la grandeur de la famille qui avait à charge de la partager entre ses enfants. Le marais tourbeux du Yeun Elez ressemblait ainsi à un grand damier que les rigoles, coupées à angle droit, divisaient sur des kilomètres. A la fin du 19e siècle, parallèlement à l'extraction domestique de la tourbe, un chantier d'exploitation de la tourbe s'est installé à Botmeur jusqu'en 1950.

Ce sombre marécage, désolé et inquiétant, a alimenté une série de légendes comme celle du "Veneur infernal" qui met en scène le seigneur de Botmeur avec le diable et donne une explication très particulière de la cuvette du Yeun Elez. Il fournit également un décor propice à "La légende de la mort chez les bretons armoricains" d'Anatole Le Braz, à la fin du 19e siècle. Jusqu'à Fanch Abgrall, poète né et mort à Botmeur au village du Creïsquer qui composa les "Contes du Yeun et de l'Arrée" et des poèmes sur le marais dans les années 1920.

Annexes

  • 20062907719NUCA : - Archives départementales du Finistère - 3 P 83.

    20062907700NUCA : - Archives départementales du Finistère - 2 O 97.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Finistère, 2 O 99. Projet du monument au morts, par Jean Le Rumeur, granitier et entrepreneur, 1923.

  • A. D. Finistère, 34 J 2. Fonds Le Guennec.

  • A. D. Finistère, 3 P 83. Cadastre de 1836 (commune de Berrien), section K 1.

  • A. D. Finistère, 2 O 97. Emplacement du groupe scolaire projeté par Armand Gassis, architecte de Châteaulin, 1883.

Bibliographie
  • Ouvrage collectif. Ar C'horneg. Istor Yann an Tokou Bulletin n°5, 1994.

  • Association des amis et usagers de l'écomusée des Monts d'Arrée. Autour du Yeun Elez. Mouez ar Menez n°7, Parc National Régional d'Armorique, 1988.

  • Ouvrage collectif. Cahiers scientifiques. Tome 1. Parc naturel régional d´Armorique, 1994.

    p. 20-29
  • CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980, Quimper, p. 28-29.

  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • KEMENER, Yann-Ber. Pilhaouer et Pillotou. Chiffonniers de Bretagne. Skol-Vreizh, 1987, Morlaix.

  • KERNEVEZ, Patrick. Les fortifications médiévales du Finistère. Mottes, enceintes et châteaux. Centre régional d´archéologie d´Alet, Saint-Malo, 1997, p. 46.

  • Ouvrage collectif. Le bocage des Monts d'Arrée. Paysage de bocage. Gestion des espaces naturels, agricoles et forestiers. Fédération des Parcs naturels régionaux / Parc naturel régional d'Armorique / Ministère de l'agriculture et de la pêche, Paris, 2000.

  • LE GUENNEC, Louis. Le Finistère monumental. Morlaix et sa région. Quimper, 1979.

    p. 180
  • Ouvrage collectif. Le Patrimoine des Communes. LE FINISTERE. Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France), vol.1, p. 564-567.

  • MALEA-GUEN Marie. Un siècle à la communale de Botmeur Association du Patrimoine de Botmeur, 1995.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

    p. 416
  • PENVEN, Michel. Botmeur Association "Sur les traces de François Joncour".

  • PEYRON, Paul, ABGRALL, Jean-Marie. Botmeur. Notices des paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Dans : Bulletin de la commission diocésaine d´architecture et d´archéologie, vol. I, 1904, p. 239-248.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses du Finistère. Douarnenez : Ar-Men - Le Chasse-Marée, 1990, p. 42.

  • Ouvrage collectif. Un espace déshérité des Monts d´Arrée face aux enjeux contemporains. Ecomusée des Monts d´Arrée, mission du patrimoine ethnologique, 1992. 157 p.