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Présentation de la commune de Billé

Dossier IA35040714 réalisé en 1969

Située à 8 kilomètres au sud-ouest de Fougères, la commune de Billé couvre une superficie de 1696 hectares et compte 1028 habitants (recensement INSEE 2009). Le bourg est implanté sur le point culminant de la commune (115 mètres). La commune connait une évolution démographique stable entre la fin du 18e et le début du 20e siècle, la population billéenne oscillant autour de 1100 habitants. Après la Seconde Guerre Mondiale, la population diminue jusqu’à être divisée par deux dans les années 1970 (564 habitants en 1975). Depuis la fin des années 1970, l’évolution démographique montre un regain de croissance constant.

Le réseau hydrographique est particulièrement développé et la commune est traversée par de nombreux cours d’eau, dont le Couesnon au nord-ouest, le Muez au nord-est et la rivière de Billé au sud, qui délimitent le territoire communal. Un étang de 24 hectares, un des plus vaste du département, était implanté au sud de la commune et fut desséché dans la seconde moitié du 19e siècle.

La route de Caen aux Sables-D’olonne (route royale en 1824 puis route nationale) qui relie Fougères à Vitré passait par Billé. La commune voyait ainsi passer un service de diligences reliant les deux villes. L’apparition du chemin de fer en 1867 entre Fougères et Vitré fait disparaitre progressivement le système de diligences, et Billé, écartée du tracé du train, voit sa position stratégique entre Fougères et Vitré affaiblit.

Origines de la commune :

D’après Dom Morice, la première mention faite de l’église de Billé (Ecclesia de Billeio) apparait dans une charte de 1157 de Robert de Vitré, baron de Vitré (1154-1173), à l’abbaye de Saint-Melaine. Cette dernière nous apprend que l’église de Billé avait cessé d’être unie à celle de Notre-Dame de Vitré suite à des actes de violence ayant entrainés la profanation du vaisseau et du cimetière. En 1185, l’église (Bileium) est confirmée par le pape Luce III comme possession de l’abbé de Saint-Melaine. Celle-ci passe par la suite aux mains de l’ordinaire, c'est-à-dire en la possession de l’évêque de Rennes. La paroisse de Billé était le siège du doyenné du Vendelais, région du sud de Fougères, avant de devenir le doyenné du Fougerais.

Organisation de l’habitat :

Les 16e et 17e siècles sur la commune de Billé marquent une phase de construction d’habitat en pierre dont de nombreux vestiges subsistent encore aujourd’hui. Antérieurement à ces dates, l’organisation de l’habitat n’est pas connue. Le 18e siècle est peu représenté sur la commune, marqué par peu de constructions nouvelles.

Le cadastre napoléonien de 1811 figure un bourg de très faible étendue, constitué de quelques constructions centrées autour de l’église. Jusque dans la deuxième moitié du 19e siècle, le territoire de la paroisse de Billé est marqué par une répartition en hameau isolé, formant un maillage sur la commune.

La deuxième moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle marque la phase de construction la plus importante à Billé sur tout le territoire communal. L’évolution des techniques agricoles et des normes sanitaires au 19e siècle amènent une séparation entre l’habitation et les dépendances. Cette époque se distingue par un renouvellement des corps de fermes et une multiplication des dépendances agricoles. Au début du 20e siècle, de nombreuses maisons de bourg sont construites, s’implantant pour la plupart le long de l’axe de communication entre Fougères et Vitré.

La deuxième moitié du 20e siècle et le début du 21e siècle forme la dernière phase de développement de la ville. Au nord et au sud du bourg, des lotissements viennent agrandir celui-ci. L’évolution des usages a entraîné une requalification de nombreuses fermes en habitation.

Formes de l’habitat :

Peu de constructions antérieures au 19e siècle subsiste sur la commune. Les manoirs du Haut-Mât, de la Ronce, de Mésaubouin et de Maintiboeuf sont les derniers représentants de l’architecture manoriale, et ont été construits au cours du 16e siècle. L’église et la maison dit la Chapellenie dans le bourg, qui évoque une maison noble, datent également de cette époque. Le presbytère est construit en 1697. Sur tout le territoire communal, quelques vestiges subsistent de l’architecture rurale des 16e et 17e siècles : porte en plein cintre, appuis de fenêtres saillants, cheminées en granit sculpté, toiture à pente forte… Parfois utilisés en réemplois, ces éléments constituent les seuls témoins de l’habitat rural ancien.

La plupart des fermes, dépendances et maisons de bourg visibles aujourd’hui ont été construites dans la deuxième moitié du 19e et la première moitié du 20e siècle. Ces édifices sont marqués par une volonté d’ordonnancement des façades, avec une organisation des baies en travées et une symétrie des ouvertures. Nombre d’entre elles comportent une niche à statue aménagée dans la façade principale, rappelant l’importance du culte marial.

L’évolution des usages a entrainé une requalification de la majorité des fermes en maisons d’habitation dans la deuxième moitié du 20e siècle, entraînant une modification des espaces intérieurs (aménagement des combles, cloisonnement…) et des ouvertures (agrandissement, comblement, percement). Les maisons de bourg de la première moitié du 20e siècle ont été moins touchées par ces perturbations. La deuxième moitié du 20e siècle est marquée par un étalement urbain au nord et au sud du bourg, par la création de lotissements où l’on retrouve de nombreuses maisons construites dans un style « néo-breton » (formes traditionnelles réinterprétées ou modernisées : encadrements de baie en granit, ouvertures en plein cintre, pignons découverts avec forte pente de toit…)

Matériaux :

Plus des trois-quarts des édifices antérieurs à 1950 ont été construits en grès, une pierre d’extraction locale. Cette pierre, très dure et difficilement taillable, présente une grande hétérogénéité de teinte, du blanc-beige au brun-orangé. On la retrouve dans le gros-œuvre en moellon, avec principalement des encadrements en pierre de taille de granite, dans toutes les périodes de construction.

Aucun enduit, ni traces d’enduit, n’a été retrouvé sur les façades des bâtiments de la commune, laissant supposer une pratique de pierre apparente. L’utilisation de matériaux locaux laissés à vue apporte une certaine cohérence sur l’ensemble du territoire.

Le 19e siècle est marqué par l’apparition de la brique industrielle, utilisée dans quelques constructions dans le traitement des baies, que ce soit pour des constructions neuves ou des reprises de maçonnerie. Quelques bâtiments à la charnière des 19e et 20e siècles présentent une maçonnerie en parement ou en moellon de granite.

Un ensemble d’édifices sur la commune sont édifiés à l’aide d’autres matériaux (schiste, schiste bleu, cornéenne…). Toutes les couvertures de toitures sont traitées en ardoise.

La répartition des matériaux de construction s’explique par la nature du sous-sol local. En effet, le choix de la pierre était en relation avec la destination du bâtiment, avec une utilisation de la pierre de taille pour les parties structurantes (granite pour les chainages d’angle, encadrements de baies…). Mais c’est bien la question de la disponibilité qui primait.

Au sud de Billé, sur la commune de Combourtillé, plusieurs carrières anciennes ont été répertoriées par le bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) sur une bande de grès armoricain s’étendant jusqu’à Saint-Aubin-du-Cormier. Un « plan des travaux d'aménagement de la route allant de la croix de "Sepelnet" au rocher de Malnoë » du 18e siècle mentionne ainsi deux de ces carrières comme suit : « Carrière de la Roche ou Billé extrait de la pierre » et « Rocher de Malnöe, Carrière de Billé ». On retrouve également d’anciennes carrières de granite à proximité de la commune, notamment à l’est sur la commune de Dompierre-du-Chemin, tout comme dans le nord du Pays de Fougères. L’apparition du chemin de fer de Fougères à Vitré en 1867 n’a désenclavé que peu Billé, ce qui a pu influer sur la pérennisation de l’utilisation de matériaux locaux.

Aires d'études Pays de Fougères
Adresse Commune : Billé

Annexes

  • Synthèse communale :