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Présentation de la commune de Beaucé

Dossier IA35131010 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

Située dans le département d'Ille-et-Vilaine, à 4 kilomètres à l’Est de Fougères, la commune de Beaucé appartient au canton de Fougères-Nord et compte actuellement 1259 habitants pour une superficie de 817 hectares. Ses communes limitrophes sont Fougères, Laignelet, Fleurigné, La Chapelle-Janson et La Selle-en-Luitré.

Conditions de l’enquête

L’enquête d’inventaire du patrimoine de la commune de Beaucé s’inscrit dans le cadre de la convention de partenariat signée en 2009 entre la Région Bretagne et le Département d’Ille-et-Vilaine. L’enquête vise au recensement exhaustif du patrimoine bâti antérieur à 1950 (identification, datation, géolocalisation...) et à son étude dont la synthèse est fournie dans ce document et dans les dossiers qui s’y trouvent associés. 111 éléments bâtis, dont la construction s’étale entre le Moyen Age et le milieu du 20e siècle, ont été recensés sur la commune lors de cette enquête menée entre mai et juin 2013.

Géographie, paysages et activités

Légèrement vallonné, le territoire de Beaucé (dont l'altitude oscille entre 75 et 182 mètres) est marqué par des reliefs situés principalement dans sa partie Nord (Niche Coucou, La Fauvelais). La commune située dans le bassin versant du Couesnon qui la borde dans sa partie Sud est traversée par plusieurs ruisseaux (La Nolière, Le Rouyon, La Pichonnais). La trame bocagère est distendue et les espaces boisés sont peu nombreux, principalement concentrés au Nord-Est.

Ogée évoquait au 18e siècle des terres « fertiles en grains et fruits dont les habitants font du cidre ». L’élevage de vaches laitières a pris une place essentielle dans l’économie de la commune aux 19e et 20e siècles. Beaucé ne compte plus aujourd’hui que quelques exploitations agricoles et voit ses activités se développer dans le secteur tertiaire. Sa proximité avec Fougères en fait également un lieu de résidence.

Histoire de la commune

L’histoire de la commune est très mal connue et peu documentée. Les travaux d’Emile Pautrel (Notions d’histoire et d’archéologie pour la région de Fougères) comme ceux d’Amédée Bertin et Léon Maupillé (Histoire de la baronnie de Fougères et de ses environs) offrent quelques éclairages sur les périodes les plus anciennes.

Il semble que le territoire de Beaucé ait été habité dès l’époque gallo-romaine comme le prouve la découverte d’un atelier de poterie situé à la Salle, sur la route de Jublains à Aleth. Les premières mentions de la paroisse apparaissent dans des actes du 11e siècle. Les seigneurs de Beaucé sont des proches des ducs de Bretagne à partir du 12e siècle, exerçant des fonctions importantes à la cour. On sait qu’au 13e siècle (1226), Hugues de Beaucé est choisi par le roi Louis IX pour régler un conflit qui l’oppose à Jeanne de Craon. Au 14e siècle, Jean de Beaucé fait partie des signataires du Traité de Guérande qui met fin à la guerre de Succession de Bretagne. Le dernier membre important de la famille (Jean de Beaucé) fait enfin partie en 1498 des « cinquante hommes de la garde ordinaire de la duchesse Anne » (Ogée).

Organisation de l’habitat

Le cadastre de 1811 figure un bourg de très faible étendue, composé de quelques constructions organisées à proximité de l’église paroissiale. L’habitat de cette paroisse rurale apparaît pour le reste très dispersé, formé de hameaux peu développés et de fermes isolées.

Le patrimoine de la commune

Constructions du Moyen Age et de l'époque moderne

Les constructions anciennes sont relativement peu nombreuses sur la commune. Si l’on excepte les baies romanes présentes dans le mur nord de l’église paroissiale, les vestiges du Moyen Age se limitent au manoir de la Soinière dont la construction remonte probablement à la fin du 15e siècle. Isolés ou intégrés à des hameaux, les bâtiments datables des 16e, 17e et 18e siècles sont mieux représentés (la Chaudronnerais, la Haute Nolière, la Métairie...) mais ont la plupart du temps subi des modifications qui ont profondément modifié leur aspect d’origine. L'église paroissiale édifiée dans la première moitié du 17e siècle est l'édifice le mieux conservé de cette période. La disparition de la plupart des manoirs présents sur le territoire de la paroisse à cette époque est enfin à déplorer (la Motte, la Belotière, la Quénoisière, la Salle, la Haye, Launay, Les Hauts Arons, les Gautrais).

Peu de dates portées ont été relevées pour cette période : 1604 (la Métairie), 1621 et 1627 (église), 1642 (la Chaudronnerais). Le bâtiment de ferme de la Haute Nolière qui porte la date 1774 et compte un linteau d’ouverture orné d’une fleur de lys fournit un bon exemple des remplois souvent observés.

Constructions de la première moitié du 19e siècle

Les constructions de la première moitié du 19e siècle sont très peu nombreuses sur la commune. Relativement bien conservées, les dépendances agricoles (étables, granges) de la ferme de la Coquetière fournissent un bon exemple de cette période de construction marquée par l’usage du bois comme élément porteur (linteaux de portes ou de fenêtres, linteaux et corbeaux de cheminées). On en trouve également quelques témoignages à Lulaguerre (soue à cochons), à la Métairie (dépendances agricoles) ou encore à l’Aunay. Il est à noter qu’aucune construction de cette époque n’a été conservée intacte dans le bourg.

Constructions de la seconde moitié du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle

Qu’il s’agisse de maisons ou de bâtiments de fermes, la phase de construction la plus importante à Beaucé se situe entre 1850 et 1950 et plus particulièrement à la charnière des 19e et 20e siècles, phénomène propre à beaucoup des communes situées à la périphérie de Fougères. Ces constructions qui présentent une certaine « standardisation » dans leur forme sont principalement caractérisées par la répartition régulière des ouvertures en façade (organisation en travées, symétrie, alignement des linteaux des baies), l’usage de blocs de granite taillés à la scie mécanique (encadrements d’ouvertures, chaînages d’angles, bandeaux) et la faible pente des toits. Une niche à statue, rappelant l’importance du culte marial dans le Pays de Fougères, est fréquemment aménagée sur la façade. L’usage de la brique est également à noter au niveau des ouvertures de beaucoup de maisons du bourg. Ce procédé décoratif (alternance granite/brique) répandu dans le Pays de Fougères dès la fin du 19e siècle est encore employé à Beaucé après la Seconde Guerre mondiale.

Aires d'études Pays de Fougères, Fougères nord
Adresse Commune : Beaucé

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • GUILLOTIN DE CORSON, abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).

  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. de Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes : Molliex, libraire-éditeur, 1843-1853.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)