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Présentation de la commune d'Etables-sur-Mer

Dossier IA22008279 réalisé en 2006

Fiche

Œuvres contenues

1- Etables-sur-Mer : principaux repères : (Pichouron Patrick)

Etables-sur-Mer est une commune littorale du département des Côtes-d'Armor située sur la côte du Goëlo, au nord-nord-ouest de Saint-Brieuc. D'une superficie totale de 938 hectares, le territoire est bordé par la Manche à l'est et limité par les communes de Binic au sud, de Saint-Quay-Portrieux au nord et de Plourhan à l'ouest. Le sous-sol est principalement constitué de schiste et de granite.

Démembrement de la paroisse bretonne primitive de Plourhan, Etables-sur-Mer est citée comme paroisse dès 1202 (ecclesiam d'Establa, ecclesiam de stabulis), date à laquelle elle fut donnée à l'abbaye de Beauport dont elle constitua un prieuré-cure jusqu'à la Révolution autour duquel se développa le bourg actuel. Relevant du diocèse de Saint-Brieuc sous l'Ancien Régime, elle a élu sa première municipalité au début de l'année 1790 et a été un chef-lieu de canton jusqu'en 1801. Par ordonnance du 22 août 1821, Etables, qui redevint en contrepartie le chef-lieu d'un canton, fut amputée du territoire de Binic érigé en commune. Elle perdit, par ordonnance du 26 novembre 1823, le village du Bua au bénéfice de la commune de Plourhan, puis, par la loi du 24 octobre 1849, dut céder à la commune de Saint-Quay-Portrieux une fraction comprenant le Portrieux, rétrocédée en partie par la loi du 9 juillet 1852.

Dénommée Estables ou Etables sous l'Ancien Régime, la commune a attiré de nombreux baigneurs lors du développement du tourisme balnéaire. Elle était parfois surnommée Etables-les-Grottes au début du 20ème siècle en raison d'une façade maritime caractérisée par de multiples anfractuosités. Son nom actuel a été arrêté officiellement le 14 mai 1949.

2- Etables-sur-Mer : le patrimoine architectural : (Pichouron Patrick)

La présente enquête a été réalisée au cours des mois de mars et avril 2006 dans le cadre de l'opération d'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine des communes littorales du département des Côtes-d'Armor. Elle a permis de procéder au repérage de 290 oeuvres, parmi lesquelles 261 relèvent de l'architecture domestique (manoirs, fermes, maisons et immeubles à logements), 14 de l'architecture religieuse, commémorative et funéraire (église, chapelles, monument aux morts, calvaires et croix de chemin), 7 de l'architecture des équipements publics (écoles, postes, foyer et établissement administratif), 4 de l'architecture commerciale (hôtels de voyageurs et magasins de commerce) et 3 de l'architecture du génie civil (voie ferrée et viaducs).

La chronologie du corpus est comprise entre le 15ème siècle et le 2ème quart du 20ème siècle, incluant une forte proportion d'oeuvres datant de la 2ème moitié du 19ème siècle et de la 1ère moitié du 20ème siècle.

Au sein de ce corpus, 35 oeuvres, dont le calvaire de la Rue Louais, la villa dite du Carhuel et son jardin japonais [fig. 4 et 5], protégés au titre de la législation sur les monuments historiques, ont fait l'objet d'une proposition de sélection pour des raisons d'ancienneté, de qualités architecturales, d'unicité ou de représentativité.

3- Etables-sur-Mer : le passé maritime et la façade littorale : (Guy Prigent)

Bien que ne bénéficiant pas de véritable site portuaire, la commune d'Etables-sur-Mer dispose d'une belle façade maritime. Elle possède un linéaire côtier d'une quinzaine de kilomètres composé de deux plages principales, la plage des Moulins à l'ouest et la plage des Godelins à l'est, qui s'insèrent l'une et l'autre entre des falaises escarpées, sans oublier le front de mer de Pors-ès-Leu.

L'aménagement de ces deux sites balnéaires au début du 20ème siècle et dans la seconde moitié du 20ème siècle (quai, cabines de bains, rotonde), avec les prémisses d'une thalassothérapie rustique mais promotionnelle, a permis de développer une forme de tourisme balnéaire familial. Grâce en particulier à l'initiative d'un promoteur talentueux et dynamique, Oscar Legris, la commune d'Etables, plus rurale que maritime, a commencé à urbaniser son front de mer et son bourg, avec un ensemble de villas et de voies communales. Le 22 février 1920, la commune d'Etables demandait à obtenir le label de "station balnéaire". Hôtels et pensions de famille, souvent transformés en colonies de vacances durant l'Entre-Deux-Guerres, témoignent de cette orientation touristique qui se renouvelle aujourd'hui. Parmi les oeuvres repérées, une baignoire pour les bains chauds et une cabine de bains en bois rappellent l'usage des bains de mer. Le canot de plaisance le "Marsouin" (1954, à signaler) témoigne des débuts de la plaisance sportive à bord de dériveurs.

La commune d'Etables a cependant un riche passé maritime lié à la Grande Pêche, qui se confond avec celui du Portrieux et de Binic. Les Tagarins ont largement participé aux campagnes de Terre-Neuve et d'Islande en fournissant nombre de marins et d'armateurs à cette épopée maritime qui a fortement marqué l'histoire du Goëlo (Ruellan, Mahéas).

Les traces matérielles de cette histoire maritime au long cours sont encore visibles dans l'habitat (maisons de marins-pêcheurs et d'armateurs). L'évocation de ce passé transparaît dans le pouvoir mémoriel de certaines oeuvres mobilières, comme le maître autel de l'église paroissiale, ramené d'Italie et offert par des marins, les ex-voto marins, ou encore les instruments de navigation et autres objets et oeuvres de marine, conservés dans les familles, qui ont pu être repérés. La présence d'une pêcherie en pierre sur le littoral à l'est de la plage des Moulins (remarquablement conservée), est aussi à signaler, comme vestige d'une très ancienne activité halieutique. Etables-sur-Mer a perdu son appellation d'"Etables-Les-Grottes" depuis que la grotte de Notre-Dame-de-Lourdes a été désertée par la ferveur religieuse, comme nombre de ces grottes condamnées par l'érosion de la falaise. Les littoraux devront se construire de nouvelles histoires et un nouveau patrimoine pour renouveler leur appropriation symbolique des lieux et valoriser leurs sites.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Etables-sur-Mer

Evolution démographique (1854-1999)  : Etables-sur-Mer en 1854 : 2 708 habitants (source : B. Jollivet). Etables-sur-Mer en 1866 : 2 961 habitants (source : AD 22). Etables-sur-Mer en 1911 : 2 159 habitants (source : AD 22). Etables-sur-Mer en 1946 : 2 385 habitants (source : Insee). Etables-sur-Mer en 1968 : 1 954 habitants (source : Insee). Etables-sur-Mer en 1975 : 2 041 habitants (source : Insee). Etables-sur-Mer en 1982 : 2 039 habitants (source : Insee). Etables-sur-Mer en 1990 : 2 121 habitants (source : Insee). Etables-sur-Mer en 1999 : 2 514 habitants (source : Insee).

Annexes

  • Brève histoire d'Etables d'après les recherches antérieures du chanoine Auffray, de Régnier et de Le Louarn : (texte proposé par Guy Prigent)

    Au cours du 5ème siècle, Le territoire de l'actuel canton d'Etables relevait de la paroisse mère de Plourhan (dépendant de l'évêché d'Aleth). La jeune paroisse Notre-Dame-d'Etables relevait au 4ème-6ème siècle de l'archevêché de Rennes au sein du "pagus Velamensis (pays "Brun") puis du "pagus Goëlo". Au 9ème siècle, elle est englobée dans le jeune évêché de Saint-Brieuc, dépendant de l'archevêché de Dol et le jeune comté de Goëlo (chef-lieu Chateleaudren) et les subdivisions (les baronnies d'Avaugour et de Quintin).

    Au cours du 13ème siècle, le comte de Goëlo donne ses droits sur la paroisse d'Etables à l'abbaye prémontrée de Beauport, dont l'église avec la "chapelle de la Vierge" en 1208. Le Portrieux et Binic, alors sur Etables, arment pour le cabotage. Au cours du 15ème siècle, après les victoires françaises sur les Anglais, Etables relève de la Grande "Sénéchaussée de Penthièvre". Les armes de la famille Jehau d'Estables, seigneur de Kerhuelin en Rospez (de 1440 à 1555), deviennent au 20ème siècle, les armes de la ville d'Etables-sur-Mer : gironné d'argent et de gueules de 8 pièces. A la fin du 15ème et du 16ème iècle, la plupart des fiefs d'Etables relèvent de celui de la Roche-Suart en Trémuson. Le bourg, les écarts, les maisons nobles et les manoirs se distinguent avec une toponymie particulière. La paroisse possède à cette époque une pêcherie (Rognouse) et une sècherie, affermées à un particulier. Le moulin de la Grève fonctionne. Binic et le Portrieux arment pour la Grande Pêche.

    En 1591, la peste se répand dans la "ville d'Etables" et y suspend tout commerce de filasse et de lin.Au 17ème siècle, en 1622, les bas-côtés sud-est de la l'église actuelle sont édifiés (chapelle Notre-Dame-de-Délivrance, aujourd'hui porche "des catechumènes", pour le conseil de paroisse). En 1640, on rebâtit la chapelle St-Roch au lieu le plus élevé d'Etables (l'actuel cimetière).

    Le 16 janvier 1686, 16 matelots d'Etables meurent à Binic dans le naufrage de la "Petite Marie", arrivant de St-Malo (origine vraisemblable de la chapelle Notre-Dame-de Bon-Voyage, paroisse de Binic). Au 18ème siècle, Etables relève de la Sénéchaussée de Saint-Brieuc.

    En 1787, création de la commune d'Etables ; le notaire François-Marie Touroux en est le premier maire.

    En 1788, édification de l'actuelle tour de granite de l'église paroissiale.

    En 1790, création du canton d'Etables, comprenant alors Etables, Saint-Quay, Plourhan, Tréveneuc, Pordic et Pléguien.

    En mars 1795, retraite des chouans (presque tout le pays d'Etables) venus protéger une tentative de débarquement anglais sur la grève de Plouha.

    En 1821, création d'un poste d'instituteur communal confié à Charles Glallais puis en 1823 aux Frères de Ploërmel. Le 22 août 1821, ordonnance du Roi Louis XVIII érigeant le port de Binic en commune séparée d'Etables. Création du 2ème et actuel canton d'Etables.

    En 1824, confection du 1er cadastre (il y a encore à Etables 3300 habitants parmi lesquels figurent 2 armateurs et environ 40 marins, 11 artisans, 1 aubergiste et 1 débitant de boissons).

    En 1836, construction des écoles logeant aujourd'hui la perceptionet les services sociaux.

    En 1839, construction d'une première mairie destinée à fonctionner jusqu'en 1921.

    En 1847, les derniers douaniers d'Etables sont transportés au Portrieux (dépendant encore d'Etables).

    Le 23 février 1848, création du premier marché d'Etables, après Binic.

    En 1849, aménagement du cimetière actuel.

    Le 24 octobre 1849, promulgation de la loi détachant le Portrieux au profit de Saint-Quay (une partie sera restituée à Etables par la loi du 9 juillet 1852).

    Le 14 novembre 1852, inauguration de la chapelle Notre-Dame-d'Espérance.

    En 1878, Mme Levivier, estivante parisienne, place une statue de Notre-Dame-de-Lourdes dans une grotte des Gôdeliens.

    En 1884, Aristide Urvoy, marin d'Etables, meurt en Islande à l'age de 39 ans (premier islandais enterré au cimetière).

    Le 20 août 1896, naufrage de la goélette la "Mouette" aux iles Sorlingues, où périssent le capitaine Balavoine et son fils.

    En 1900, l'industriel Legris de Versailles crée la station balnéaire d'Etables.

    En 1909, un photographe lance la série des cartes postales "Etables-Les-Grottes.

    Le 8 septembre 1917, premier pèlerinage annuel de l'Ave Maria à la grotte de la Vierge.

    Le 18 décembre1921, inauguration de la 2ème et actuelle mairie d'Etables dans le parc de la Belle-Issue, classé MH le 15 février 1922.

  • 20062210717NUCB : Plan par masse de cultures, 5 juin 1806 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/20, Numplan 1.

    20062210713NUCB : Tableau d'assemblage des plans cadastraux parcellaires de 1822 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/20, Numplan 1.

    20072207476NUCB : - Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1235 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : titres communs (1547-1763).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1236 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : afféagements (1553-1636).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1237 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : hommages (1580-1583).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1238 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : hommages (1583-1586).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1239 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1482-1545).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1240 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1546-1583).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1241 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1583).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1242 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1583).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1243 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1602-1624).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1244 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1624).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1245 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1624-1625).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1246 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1625-1646).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1247 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1646).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1248 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1647-1674).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1249 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1674).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1250 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1674-1682).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1251 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1690-1691).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1252 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : aveux (1692-1740).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1253 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes et baillées à domaine (1419-1727).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1254 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1728-1742).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1255 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1743-1751).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1256 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1752-1757).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1257 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1758-1762).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1258 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1763-1766).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1259 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : ventes (1767-1770).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1260 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : vente du manoir noble de La Ville-Barré (1771-1774).

  • AD Côtes-d'Armor : 1 E 1261 - Duché de Penthièvre, paroisse d'Etables : procédures (1419-1727).

  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 55/2, Etables-sur-Mer, bâtiments communaux (1821-1939).

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/20, plan par masse de cultures de 1806.

    Numplan 1, plan par masse de cultures. Document consultables sur le site Internet (http://archives.cotesdarmor.fr)
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/20, plans cadastraux parcellaires de 1822.

    Numplan 1, tableau d'assemblage. Documents consultables sur le site Internet (http://archives.cotesdarmor.fr)
  • AD Côtes-d'Armor : collection Henrard, 26 Fi 10, vue aérienne de l'église paroissiale et de son environnement immédiat, photographie noir et blanc, par Roger Henrard, photographe, 3ème quart du 20ème siècle.

Bibliographie
  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 123-124
  • FLOHIC EDITIONS. Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Charenton-le-Pont : Flohic éditions, 1998, .

    p. 313-315
  • HOLLEY, Marie-Françoise (dir.). Etables-sur-Mer au travers des siècles. Saint-Thonan : éditions Cloître, 2000.

  • JOLLIVET, Benjamin. Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 1.

    p. 91-94
  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 191-194
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 1.

    p. 271-272
  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 62-63