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Présentation de la commune d'Erquy

Dossier IA22003881 réalisé en 2004

Fiche

Œuvres contenues

Commune littorale du département des Côtes-d´Armor, Erquy est situé sur la Côte de Penthièvre à la pointe nord-est de la baie de Saint-Brieuc, ville dont elle est distante d´environ 40 kilomètres. D´une superficie totale de 2 686 hectares, le territoire communal est limitrophe des communes de Pléneuf-Val-André à l´ouest, de Saint-Alban au sud, de La Bouillie, Plurien et Fréhel à l´est [fig. 1 à 4].

1- Erquy : principaux repères chronologiques :

Le dolmen à cairn de la Ville-Hamon [fig. 5], l´éperon barré du cap d´Erquy, plus connu sous le nom de « Camp de César » (âge du fer), la villa du Pussouer (époque gallo-romaine) attestent l´ancienneté de l´implantation humaine sur cette partie du littoral costarmoricain.

C´est dans un endroit protégé par le cap d´Erquy, au fond de l´anse connue sous le nom de Rade d´Erquy, que s´est formé le bourg, succédant probablement selon Bernard Tanguy à un ancien vicus portuaire [fig. 4]. Toujours selon Bernard Tanguy, le nom de la commune est un appellatif vieux-breton dont les correspondants actuels sont le trégorrois argeenn, signifiant « haie » et le gallois argae, signifiant « barrage » (Erque, 1167 ; Arque 1237 ; Arqueium, 1245 ; Herqueium, 1278 ; Erqui, 1358 ; Erquy, 1458).

Démembrement de la paroisse bretonne primitive de Pléneuf, paroisse du diocèse de Saint-Brieuc et de l´archidiaconé du Penthièvre sous l´Ancien Régime, Erquy est mentionné pour la première fois avec le titre de paroisse en 1167 (« parrochia de Erque ») dans un acte confirmant la donation de la Ville-Aubry en faveur de l´abbaye cistercienne de Saint-Aubin-des-Bois située dans la paroisse de Plédéliac. Cette abbaye possédait alors les granges de Saint-Cano et de Saint-Quéreuc, plusieurs métairies à la Moinerie, des moulins et une pêcherie près de l´îlot Saint-Michel. Outre l´abbaye de Saint-Jacut, probablement possessionnée au lieu-dit l´Abbaye depuis au moins le 11ème siècle, les Templiers et les Hospitaliers possédaient plusieurs biens aux lieux-dits le Saint-Sépulcre, la Corderie, et probablement les Hôpitaux.

2- L'inventaire préliminaire à l'étude du patrimoine de la commune d'Erquy :

La présente enquête, réalisée à la fin de l´année 2004 et au cours de l'année 2005, a permis de repérer un total de 332 oeuvres, dont 275 relèvent de l´architecture domestique et agricole, 15 de l´architecture religieuse, commémorative et funéraire, 12 de l´architecture du génie civil, 10 de l'architecture des fontaines, lavoirs et puits, 7 de l'architecture militaire, 6 de l'architecture artisanale et industrielle, 4 de l´architecture des équipements publics et 3 de l´architecture commerciale . A noter, au sein de corpus, la présence de 3 notices extraites de l'enquête réalisée par Marina Gasnier en 2002 dans le cadre de l'étude du patrimoine industriel de l'arrondissement de Saint-Brieuc (établissement des eaux du Quélard, moulin à farine du Quélard, moulin à farine au Moine).

La chronologie des oeuvres repérées s´étend du 12ème siècle (église paroissiale) à la fin du 2ème quart du 20ème siècle, incluant une très forte proportion d´oeuvres datant de la fin du 19ème siècle et de la 1ère moitié du 20ème siècle, essentiellement localisées dans le secteur urbain. En dehors de l´architecture manoriale, les oeuvres antérieures à la Révolution sont peu nombreuses et ont fait l´objet de nombreux travaux de remaniements.

- Le patrimoine architectural (Patrick Pichouron)

Seul le château de Bienassis a reçu la mention « à signaler » [fig. 6]. Protégé au titre de la législation sur les Monuments Historiques depuis le 29 août 1945, cet ensemble architectural essentiellement daté du 15ème siècle et du 17ème siècle figure sans conteste parmi les oeuvres à forte valeur patrimoniale de la commune.

Bien qu´il n´ait pas fait l´objet d´un repérage - les oeuvres dont la datation s´avère antérieure au Haut Moyen Age relèvent du domaine de l´archéologie -, on n´omettra pas de signaler la présence du dolmen à cairn de la Ville-Hamon en raison de son inscription à l´inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 11 mars 1980 [fig. 5].

Au sein du corpus, 32 oeuvres ont reçu la mention « à étudier » en fonction de critères d´ancienneté, de qualité architecturale, d´unicité ou de rareté, voire de représentativité.

Au chapitre de l´architecture domestique et agricole, on notera la présence des manoirs des Landes, de la Vieuville, de Langourian et des Longueraies, d'un logis situé à la Ville-Bourse, de la ferme des Bignons, dont le corps de logis construit en 1775 a conservé un escalier en charpente d´origine et d´un ancien logis-étable au Vau-Bourdonnet datant de la 2ème moitié du 18ème siècle [fig. 7]. En dehors d´un logis repéré à l´Hôpital et proposé à l´étude en raison d´une typologie très répandue dans le paysage architectural d´Erquy [fig. 8], ce sont surtout des oeuvres d´architectes ou supposées comme telles, essentiellement localisées sur le front de mer en secteur urbain, dont la présence est de toute évidence à mettre en étroite relation avec l´essor de la villégiature balnéaire, qui ont fait l´objet d´une proposition de sélection en vue d´une étude ultérieure [fig. 9 à 25]. Du type ternaire d´inspiration classique de Noirmont conçu pour la villégiature et la réception [fig. 9] au type moderniste marqué par la sobriété des formes [fig. 25], en passant par une production architecturale tantôt d´inspiration provençale et romane [fig. 20], tantôt de style néo-basque [fig. 23], tantôt empreinte de régionalisme ou caractéristique de l'architecte Jean Fauny [fig. 19], ces oeuvres constitutives d´un paysage architectural à priori homogène et uniforme, témoignent d´une variété des styles et des partis adoptés.

En dehors de l´église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul [fig. 26] proposée à l´étude en raison de son ancienneté, on notera au sein de l´architecture religieuse, commémorative et funéraire la présence des chapelles Notre-Dame des Marins et Saint-Pabu [fig. 27, 28], d´une chapelle funéraire de style néogothique et de la croix du cimetière [fig. 30, 31].

Outre l´ancienne mairie comprenant autrefois l´école communale [fig. 31], on soulignera enfin la présence de plusieurs vestiges de l´ancienne voie ferrée Yffiniac-Matignon, et notamment du viaduc de Caroual [fig. 32], permettant de rattacher le nom de l´ingénieur en chef départemental des Ponts et Chaussées Louis Harel de la Noë à l´histoire architecturale d´Erquy.

- Le patrimoine littoral et maritime (Guy Prigent)

Le patrimoine maritime et littoral compte deux ensembles portuaires, un ensemble représentant les espaces littoraux remarquables (dont la pointe de la Heussaye), les anciennes carrières artisanales et industrielles, les sites archéologiques, les anciennes pêcheries et les fortifications littorales. La chronologie du corpus comprend une forte proportion d'oeuvres datant de la fin du 19ème siècle et de la 1ère moitié du 20ème siècle. A noter le repérage de l'épave d'un navire dans l'anse des Hôpitaux, découverte en 2002 et en cours de fouilles par la DRASM. Au sein du corpus, une vingtaine d'oeuvres ont reçu la mention "à étudier", en fonction des critères de qualité architecturale, d'unicité ou de rareté, voire de représentativité, à des fins de restauration, de protection et d'interprétation. Une partie de ces oeuvres du patrimoine rural et maritime est localisée sur le site portuaire d'Erquy, sur les espaces littoraux et dans le village de Tu Es Roc.

Nous avons relevé pour des études complémentaires et des mesures de protection, d'aménagement et de valorisation les oeuvres et ensembles suivants :

- le phare d'Erquy (1899) ;

- la maison des plaisanciers (1900) ;

- l'ancien abri du canot de sauvetage (1935) ;

- le four à boulets et le corps de garde des Trois Pierres (à restaurer) ;

- le corps de garde de Lanruen (1750, à restaurer) ;

- les fontaines et lavoirs (entretien, restauration) ;

- la forge des carrières (à restaurer et plan d'interprétation des carrières de grès) ;

- l'immeuble de la Haute-Folie ;

- le blockhaus de la Heussaye ;

- le chemin Moteux ;

- l'ensemble des sites des carrières (circuit d'interprétation) ;

- l'ensemble des espaces littoraux dont le site de la Heussaye) ;

- le front de port d'Erquy (à préserver) ;

- le port traditionnel d'Erquy (dont l'ancienne échaussée) ;

- les pêcheries en pierres levées de Saint-Michel ;

- l'ensemble urbain de Tu Es Roc (ZPPAUP ou autre mesure de protection).

Pour le patrimoine mobilier et ethnographique maritime, nous avons retenu 30 oeuvres, qui représentent autant de témoignages matériels de la maritimité de la commune d'Erquy qui s'est exercée dans une relation directe ou indirecte avec la présence de la mer et des ressources côtières : de la grande pêche au cabotage, en alternance avec le travail du grès des carriers, et la pêche côtière. La pêche côtière et au large participe aujourd'hui du développement du port d'Erquy (1er port de débarquement des Côtes d'Armor avec Saint-Quay-Portrieux).

Nous avons proposé la sélection des oeuvres suivantes pour des études complémentaires :

- le sloop borneur la "Sainte-Jeanne" [fig. 33] ;

- 1 drague à praires artisanale (la 1ère drague d'Erquy) ;

- 4 maquettes de bateaux de pêche côtière et de grande pêche ;

- 1 gabarit pour fabriquer des casiers ;

- 1 peinture du Trois mâts Maréchal Suchet ;

- 1 diorama représentant un bateau cap-Hornier ;

- 10 outils manuels de carrier ;

- 1 concasseur ;

- un document photo représentant un type de bateau de pêche disparu maquereautier "Aleth" ;

- Deux manuscrits : 1 rapport de mer et les conditions d'engagement à la grande pêche ;

- 7 oeuvres artistiques (peinture et gravure).

Ces oeuvres sont illustrées par des témoignages ethnographiques, mis en forme et synthétisés dans des textes libres accompagnant les notices correspondantes, avec un éclairage historique.

3- Erquy : une commune maritime :

La commune littorale d'Erquy est située à une trentaine de kilomètres du chef lieu du département Saint-Brieuc, à l'est de la baie, sur la partie rocheuse des falaises entre Pléneuf-Val André et le Cap Fréhel.

Le schéma socio-économique peut se diviser en trois dominantes : une population agricole de moindre importance ; une ceinture commerçante ; une activité pêche florissante (les marins-pêcheurs représentant un tiers de la population globale et l'originalité de l'activité portuaire consiste en une pêche spécifique, celle de la coquille Saint-Jacques).

Jusqu'aux années 1930, la commune d'Erquy se caractérisait sociologiquement par un mode d'exploitation familial artisanal et rural. Les voies de communication, peu nombreuses, nécessitaient l'écoulement de la production sur place (grès d'Erquy et produits de la pêche), avec une forte capacité d'autosubsistance, comme de nombres autres communes côtières. L'échange marchand né de l'exploitation des carrières, de l'exportation de la pomme de terre et du chanvre, avait créé une dynamique commerciale, qui diminua après les années 1930.

Si la pêche était source d'artisanat local, elle s'inscrivait plus dans la polyvalence d'un groupe socio-professionnel à part entière : les marins-pêcheurs, dont la reconnaissance était peu valorisée avant la seconde guerre mondiale. Les marins de commerce participaient d'un autre "groupe social localisé", qui va se développer dans les années 1950-1960. Cependant, les bouleversements liés à la seconde guerre mondiale, le développement des voies de communication, la mécanisation de la flottille de pêche, les nouvelles infrastructures portuaires, le tourisme naissant, vont conduire à une nouvelle valorisation du métier de marin et au renouvellement de la maritimité du port d'Erquy.

Aires d'études Communes littorales des Côtes-d'Armor
Adresse Commune : Erquy

Erquy : évolution démographique (1854-1999)  : Erquy en 1854, pop. 2 294 habitants (source : Jollivet). Erquy en 1898, pop. 2 906 habitants (source : AD 22). Erquy en 1946, pop. 3 002 habitants (source : Insee). Erquy en 1982, pop. 3 426 habitants (source : Insee). Erquy en 1990, pop. 3 568 habitants (source : Insee). Erquy en 1999, pop. 3 760 habitants (source : Insee).

Sites de proctection site classé

Annexes

  • La commune d'Erquy : (Guy Prigent)

    La commune d'Erquy se situe au Nord du pays de Penthièvre et à l'extrémité est de la baie de saint-Brieuc. Elle est au centre de sites remarquables qui constituent les pôles d'attraction touristiques majeurs du département : le cap Fréhel (site naturel), Fort-la-Lalatte, Saint-Malo et Dinan (cités historiques), Pléneuf-Val-André et Sables-d'Or-les-Pins (stations banéaires).

    Elle est bordée par la Manche des trois côtés avec un linéaire côtier de 15 km, des plages superbes (les plages du Portuais et du Guen), et des sites prestigieux comme la pointe de La Heussaye et le cap (site classé, le plus étendu du département). La rivière de l'Islet constitue la limite est d'Erquy. Celle-ci se jette dans la Manche par l'estuaire de "la Bouche", plus connue sous le nom des "Sables d'Or".

    Erquy affirme aujourd'hui trois vocations essentielles :

    - Au sud, un territoire voué à l'agriculture (61 % de sa superficie totale).

    - Au nord, une urbanisation pavillonnaire avec 50% de résidences secondaires, un nombre important de terrains de camping et le développement du caravaning sur des terrains isolés.

    - Le port de pêche, à l'abri des falaises du cap, représente le premier pôle économique d'Erquy. Son activité s'est orientée vers l'exploitation des ressources côtières, en particulier de la coquille Saint-Jacques en baie de Saint-Brieuc.

    Le territoire est traversé par les RD 786 et 34, qui permettent la désserte du littoral entre Saint-Brieuc et le cap Fréhel, et au-delà de la côte d'Emeraude.

    Des carrefours et/ou points d'arrêt stratégiques : les Jeannettes, entre Bellevue et La Couture, les belvédères de la Roche-jaune et du cap.

    Un réseau de chemins piétonniers communaux sillonne l'ensemble de la commune, en bord de mer et vers le sud et l'intérieur des terres.

  • Toponymie littorale et maritime d'après le cadastre du Penthièvre (1785) :

    Si on suit le chemin de la côte d'Erquy, d'ouest en est, on peut repérer sur l'ancien cadastre du Penthièvre de 1785 les sites littoraux suivants, dans leur appellation locale :

    - Au village de Caroual le lieu dit La Roche Jaune, les rochers de Caroual (les Fourganious)

    - Dans la rade d'Erquy, la rocher de la Heussais à l'est, avec l'écluse du Goulet (ancienne pêcherie de cette presqu'île), au sud, le port d'Erquy, nommé La Chaussée (amas de roches), la Naise (plus à l'ouest), port des bateaux de pêcheurs, sous le Noirmont, les cales de construction des chantiers de bois (les 4 magasins des familles de constructeurs Dobet, Reynault, parcelles n° 91 bis dites en friches). La ligne de basse mer est indiquée.

    - Maupas, le Rocher du Pendu, le Noirmont, le chemin de Tieuroc aux Hôpitaux

    - Au-dessus du port, le village de Tieuro, très étendu (parcelles en lanières, perpendiculaires à la ligne de rivage, les jardins de Tieuro), les parcelles n°600 et 601 afféagées, la Basse-Rue indiquée, qui mène au hameau de Tieuro.

    - La Garenne est indiquée en bordure de côte (les Petites Côtières), la Plaine Garenne (retranchement des Romains), le chemin de la Garenne au-dessus de Tieuro et le moulin de la Garenne. Les landes et rochers de la Garenne à l'est couvrent avec la Moinerie 800 journaux en totalité.

    - Devant le marais et la saline, le bourg d'Erquy, avec la Motte Verte à Louais de Lamballe, l'église, le cimetière, la Franchise, les Forges...

    - Sur la Pointe d'Erquy, on remarque "les Trois Pierres qui couvrent et découvrent à chaque marée", devant la pointe du Chaperon, au sud du petit port, les premières défenses côtières, le fort de la Pointe (parcelle 605), le corps de garde (parcelle 606) et le fort de la Chambre avec ses canons (parcelle 604).

    - Si on suit la côte vers l'est, on peut identifier la Marre de Catuélan (parcelle 607), le Pissot, la fontaine de Lourtué, la côte Frodoué, les Châteliers, l'ânesse (au nord de la pointe d'Erquy), les rochers de Brisacoz, le rocher de la Marre aux Doucher (s).

    6 La côte de Lanruen : le corps de garde de Lanruen, le rocher Martin (ouest), la pointe de Manoutel, le rocher Chevret (est), la côte du Rembles (la Fosse Eyrand aujourd'hui), la Couillé du Monperrou. A l'ouest du Rocher martin en mer : Robinot, les Crabières, Gouéhard, le Portuet (la côte du Pâques à l'ouest), la Petite et Grosse Germaine, le Préeau Corbière, la Marre au Ray...

    A l'est : les roches Prêchefer ou Prêcheresses, la Fontaine aux Ânes (parcelle 787), la fontaine de Lourmel (parcelle 796), les dunes de Vauréhez (parcelle 787).

    Au port de la Bouche d'Erquy : la Noë, la Roche Noire, gardé par le fort de la Bouche (parcelle 788) et la corps de garde (parcelle 789), dans la lande du Guette. On peut apercevoir sur l'autre rive la pointe des roseaux en Pléhérel (dune peu élevée par rapport à aujourd'hui), en face la lande Slanlard.

    - Le marais de la Bouche, étendue d'herbus, coupée par la rivière de la Bouche (roche du Marais et chemin de PLéhérel), propriété prétendue par le propriétaire de la Vallée Denis (parcelles 1513, 1511, 1512). La pointe des Moreaux en Pléhérel, dune et langue de sable (aujourd'hui Fréhel), en partie afféagée en 1775.

    Remarques complémentaires suite à enquête orale :

    - La grève devant les Hôpitaux : les Montiers

    - Le Marais correspond à la Bouche

    - La grève en face des Arcades (Sables d'Or) : "La Patouée"

    - Les roches Princesses, pêcheresses, où se trouvait l'ancienne fontaine aux ânes

    - La Roche des Trois Pierres, dite "des douaniers", où est situé l'ancien corps de garde des Trois Pierres

    - Le Gros Blanc : Rohinet

    - le Platier : le Pourrier

    - la Roche Nye : la Roche Noire devant le port de la Bouche

    - la fontaine aux Ânes : fontaine située devant les Roches Prêcheresses, utilisée par les pêcheurs à pied

    - les Roches prêcheresses : roche où devaient venir prier les moines de l'îlot Saint-Michel

    D'autres toponymes littoraux, situés en mer devant la côte d'Erquy (Pierre Le Guen) :

    les Terrettes (à l'ouest du Pourrier), le Renard, les Fourches, les Burlots (dans l'est du Gros Blanc), les Fenouillettes, le Petit Géant, le Grand Géant, les Violons (dans le suest du Gros Blanc, la Jaune, la Moulière (dans le sud, où on pêche les moules à la fourche), la Longue, la Carquois, la Hérissonnière (les oursins sont appelés les hérissons), Bonéto, le Pointu, la Canaque (au nord du Pourrier), la Vache, la Bêche.

  • Expressions en gallo recueillies à Erquy

    - Les "ventres jaunes" : noms donnés aux habitants des Hôpitaux (expressions utilisées aussi à Trébry et Cesson).

    - Les "nombrils bleus" : noms donnés aux marins d'Erquy, ceux du port de la Chaussée ("l'échaussée").

    - Les "sabots râpés" : noms donnés aux habitants du hameau de Tu Es Roc ou Turo, ceux qui roulent les "r" (le "c" ne se prononce pas en gallo). Les habitants d'Erquy étaient marins et/ou carriers et remontaient régulièrement avec leurs sabots non cloutés les coches (sentier qui mène du port à Noirmont), un chemin "graveleux". Les marins "à terre", allaient aux carrières "débosser", préparer les pierres.

    - "Les Binicais" : les "manjous de lard" : nom donné aux habitants de Binic par les marins d'Erquy.

    - Le chemin moteux, appelé "chemin du diable" : chemin utilisé par les charrettes pour passer des Hôpitaux à la vallée Denis, lorsque la route de la vallée n'existait pas.

    - Le chemin de la guérane : chemin de la garenne (rue des Moulins).

    - La "poellée du péchou" : la godaille du pêcheur

    - Les pierres de "chéraille" : les pierres d'entrée de champ, portées à l'épaulée, extraites souvent de la garenne (dites pierres de renard) : première extraction de la famille Doledec au 18ème siècle (première famille de carriers identifiée). On retrouve ces pierres (grès) comme pierre de perron, pierres levées à l'entrée des maisons.

    - Une coutelée de beurre : une petite quantité de beurre, au bout du couteau. Une motte ou une "moche" de beurre était sculptée avec une cuillère.

    - "Pigassée" : goule "poissonnée" : visage avec des taches de rousseur.

    - "C'est coeuru ! " : c'est fort, c'est costaud !

    - Une "appeille" : une aventure, une anecdote.

    - "Jouer aux billes, aux canettes, "à chenec". Les billes étaient en chêne ou en argile. Pendant la guerre, les enfants enlevaient les détonateurs pour récupérer les billes des mines.

    Les "Anglaises" : les pommes de terre nouvelles, embarquées par les marins Terre-Neuvas au mois de mars-avril. "Elles avaient les yeux rouges".

    - "Estionner" : goûter, partager une collation de l'"ersiée" (l'après-midi)

    - "Le temps est faniou" : le temps est décevant, pas franc

    - Une "derne" : une meule de foin

    - Une "mérienne" : une sieste.

    - "Vraocher" : le poisson qui se ballade dans un doris qui tangue

    - "Mar la hotte" : un pêcheur à pied qui porte une hotte

    - "Un couteau "ermencé" : dont la lame est émoussée, coupe mal

    - le bois "égori" : attendri, gorgé d'eau, spongieux

    - La "pouillouse", une voile de cap, située sur le mât d'artimon d'un trois mâts Terre-Neuvas. Le nom d'une rue de Tu Es Roc

    - L'eau qui "dérusse" : qui coule

    - Les clacks : les sabots fins, noirs que portaient les femmes autrefois

    - La "veuleux" : la pause

    - Les "barbies" : les moutons (les Monts Berdeux)

    - Les dunes à "dérubler" : à dévaler (jeu des enfants)

    - Une "derne" : une meule de paille

    - La tarare : le "vautoué" : grille pour calibrer le grain

    - La pile à pommes : le bac pour recevoir le jus de pomme

    - Les galettes : les "gaufes"

    - Les "tapenouères" : fusil en bois de sureau que confectionnaient les enfants

    - Le "sail" : la confiture de sureau. Les manches d'outil étaient confectionnés en "sail", plus flexible et doux au toucher.

    - Le temps comme une enclume : "brisou"

    - La pigasse : ancre rustique confectionnée avec du bois tord et une pierre (pour mouiller dans les cailloux).

  • Le Pilote de Thomassin, 1875 : Erquy

    Le groupe des Evettes ou plateau des Portes d'Erquy forme une chaîne de plus de 2/3 de mille de l'ouest à l'est, sur 2 encablures du nord au sud. Il y a une tourelle grise sur l'Evette, qu'il faut éviter à une bonne encablure 1/2 dans l'est à cause de la roche Isard, qui couvre à mi marée. Les trois têtes de l'ouest forment un groupe un peu séparé de la tourelle : le Four au nord, la roche Bazile au sud-est et celle de roche Bazile à l'extrémité ouest du plateau. La roche des Casiers (4 m) située au sud-est du Four découvre un peu avant l'Izard. Le feu du Cap vu par le feu d'Erquy en fait passer au sud. On passe au sud de ces roches en tenant l'extrémité du cap Fréhel par les roches qui sont en bas du cap d'Erquy, et qu'on appelle pointe de l'Anesse. On en passe dans le nord à 1 encablure en tenant la chapelle de l'îlot Saint-Michel, bien ouverte de la pointe de la Mare aux Rets, la pointe la plus près du cap d'Erquy dans l'est.

    Du Verdelet au cap d'Erquy, la côte forme une baie de 8 milles 1/2 de largeur où se trouvent la grande Grève de Nantois qui a plus de 2 milles d'étendue, la grève de Carouel et la grève d'Erquy.

    Le port d'Erquy :

    La Chaussée d'Erquy : échouage abrité des vents du nord-ouest au sud-ouest par une jetée de 55 mètres, dirigée nord et sud perpendiculairement à la côte ; pour les navires de 5 m dans les grandes marées et pour navires de 1 m dans les mortes-eaux ; situé dans la partie nord de l'anse d'Erquy sous les carrières et le sémaphore à 1 mille en dedans du cap. Abri inaccessible pendant les coups de vent de nord-ouest. Les navires s'affourchent à quelques mètres dans l'est du môle, le cap au sud-ouest, les deux ancres en barbe. Il ne vient à Erquy que quelques caboteurs charger des pavés pour paris ou des pierres de bordure de trottoirs pour Saint-Servan et Rennes ; ils prennent un peu de grains pour Saint-Malo ou la rivière de Dinan, et des pommes de terre pour les îles anglaises. L'importation consiste en charbon de Jersey, en ardoises de Châteaulin et en bois de Norvège, apportés par des navires français.

    L'anse d'Erquy : située au sud du sémaphore (construit sur le mamelon le plus élevé du cap), cette anse a environ 800 m de largeur du sud au nord, entre la pointe rocheuse de la Heussaye jusqu'à la partie sud du cap d'Erquy, et elle a 600 m de profondeur de l'ouest à l'est, depuis le méridien de la pinte de la Heussaye ; mais la laisse de basse mer s'étend à 300 m dans l'est-sud-est en dehors de cette pointe, et va en arrondissant rejoindre le pointe des Trois Pierres, qui se trouve à 300 m dans l'est-sud-est des roches des Trois Pierres (7, 1 m).

    Le bourg d'Erquy est dans la partie sud-est de l'anse et ne se voit guère que de l'ouest-nord-ouest. Le clocher, situé au milieu des maisons dans un terrain bas est neuf, carré et assez élevé ; au-dessus de lui à 300 m dans le sud se trouve le moulin turquet, que l'on distingue de beaucoup plus loin. La chapelle Notre-Dame, petite, blanche et sans clocher est à petite distance dans l'est de ce moulin et se voit de très loin.

    Dans la partie nord de l'anse se trouve le village appelé Turot, et à 2 km dans le sud-est, sont les deux moulins de la Garenne sur la hauteur et le moulin de Clairville, situé au sud de ceux-ci et à 2 km dans l'est d'Erquy. Du large, on peut aperçoit la grande église neuve de l'abbaye ou nouveau bourg de Pléhérel, au sud de quelques maisons, et à sa droite le presbytère ; plus au sud est le clocher à flèche de Plurien. Lorsqu'on se trouve dans le fond de la baie de Saint-Brieuc à quelques milles au nord de la pointe du Roselier, les moulins que l'on aperçoit à droite du sémaphore d'Erquy sont, à partir de celui-ci : les moulins de la Garenne, le moulin Turquet et le moulin du Travers. Les premiers sont à 1 km à l'ouest du village des Hôpitaux ; celui du milieu est à 300 m au sud d'Erquy et le 3ème à 2 km dans le sud du précédent.

  • 20042207522NUCB : Tableau d'assemblage du cadastre de 1811 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/10, Numplan 1.

    20042207523NUCB : Tableau d'assemblage du cadastre de 1846 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 4 num 1/20, Numplan 1.

    20042207649NUCB : Croquis, 1930 - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 60 J 226.

    20042208760NUCB : Carte - Dans : "Cartes des ingénieurs géographes militaires du Roi" / SHAT, Paris : 1771-1783 - SHAT Vincennes

    20042208370NUCB : Photographie - Fonds Henrard - Archives départementales des Côtes-d'Armor - 26 Fi, Fonds Henrard.

    20042208621NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042208620NUCB : Carte postale - Collection particulière

    20042208427NUCB : - Collection particulière

    20042208425NUCB : - Collection particulière

    20042208729NUCB : - Collection particulière

    20042208424NUCB : - Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/10, plans cadastraux parcellaires de 1811.

    Numplan 1, tableau d'assemblage
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/20, plans cadastraux parcellaires de 1846.

    Numplan 1, tableau d'assemblage
  • AD Côtes-d'Armor : Plan terrier du Penthièvre, 1785, 1 E 494.

    bâtiments communaux (1832-1939)
  • AD Côtes-d'Armor : 2 O 54/2.

    bâtiments communaux (1832-1939)
Bibliographie
  • AMIOT, Pierre. Histoire du Pays de Fréhel. Fréhel, 1993.

  • BROUARD, Noël. Mémoires en images : Erquy. Joué-les-Tours : éditions Alan Sutton, 1996.

  • BUFFET, Henri-François. En Haute-Bretagne. Paris : Librairie celtique, 1954.

  • COUFFON, René. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 1939.

    p. 121-122
  • GRAMMARE, MAX. Rapport sur l'étude sommaire du bâti ancien de la commune d'Erquy. Saint-Brieuc : CAUE des Côtes d'Armor, 1990.

  • JOLLIVET, Benjamin.Les Côtes-du-Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département. Guingamp : B. Jollivet, 1854, 1.

    p. 306-314
  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de.Vieux logis, vieux écrits du duché de Penthièvre. Le Mans : Imprimerie M.G.T., 1986.

    p. 177-191
  • LA MOTTE ROUGE, Daniel de. Châtellenie de Lamballe. Vieilles demeures et vieilles gens. Hénansal : Daniel de la Motte-Rouge, 1977.

    p. 149-171
  • LE GAL LA SALLE, Jean-Pierre. Histoire d'Erquy. Erquy sous l'Ancien Régime. Bannalec : Imprimerie Régionale, 1991, 1.

  • LE SAULNIER DE SAINT-JOUAN, Régis. Dictionnaire des communes du département des Côtes-d'Armor : éléments d'histoire et d'archéologie. Saint-Brieuc : Conseil Général des Côtes-d´Armor, 1990.

    p. 187-191
  • MEIRION-JONES, Gwyn, JONES, Michael, BRIDGE, Martin. Bienassis en Erquy. In : Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, actes du congrès de Lamballe, Bannalec : Imprimerie Régionale, 2003, 81.

    p. 596
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Rennes : Deniel, 1853, 1.

    p. 268-269
  • PRIGENT, Guy. Mers et marins en France d´autrefois. Paris : Archives et Culture, 2004.

  • RONDEL, E. Histoire d'Erquy, 19ème siècle, 20ème siècle. Fréhel : Edition Club, 1998.

  • RUELLAN, F. Erquy, son histoire, ses légendes, ses paysages. Dinan : Imprimerie Peigné, 1950.

  • TANGUY, Bernard. Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor : origine et signification. Douarnenez : Ar Men-Le Chasse Marée, 1992.

    p. 61-62