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Présentation de la commune d'Argol

Dossier IA29005026 réalisé en 2012

L'ENQUETE

L´inventaire topographique du patrimoine architectural de la commune d'Argol a été réalisé en 2012. L´opération s´inscrit dans le cadre du recensement du patrimoine architectural du Parc Naturel Régional d´Armorique, structure à laquelle adhère la commune. Cet inventaire a pour finalité d´identifier, de localiser et de documenter les éléments appartenant au patrimoine architectural et de présenter non seulement un état des lieux raisonné du patrimoine bâti mais de proposer aussi des volets de valorisation de ce patrimoine. Les limites chronologiques sont fixées entre l´an 400 après J. C., et le milieu du 20e siècle. Ce cadre exclut le domaine de la fouille archéologique mais n´écarte pas des formes d´architecture

en élévation exceptionnelles, comme, par exemple, les mégalithes ou les œuvres originales d´architectes contemporains.

Lors du recensement du patrimoine bâti de la commune (mars-avril 2012), 307 éléments ont été localisés et identifiés ; parmi eux, 19 ont par la suite été sélectionnés pour étude. Les dossiers qui suivent sont classés du général ou du thématique (dossiers collectifs), au particulier (dossiers individuels). Les édifices uniques ou au contraire représentatifs, à valeur patrimoniale intrinsèque et revêtant un intérêt à l'échelon communal, sont traités dans un dossier « étude ».

La restitution des données découle de la méthode d'analyse. A chaque élément étudié correspond une notice. Cependant, pour appréhender les familles d'édifices représentés en grand nombre (les maisons, croix ou moulins par exemple), il a été procédé à une sélection raisonnée d'unités à étudier, les caractères communs à chaque famille étant restitués dans les dossiers collectifs.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Adresse Commune : Argol

La topographie de la commune d'Argol, composée de vallons boisés et de collines en parties couvertes de landes et de pinèdes, est probablement à l'origine de son nom. Selon les sources, en breton : terres à l'abandon ou près du coudrier. L'occupation humaine sur le territoire est attestée depuis le Néolithique comme en témoignent les quelques vestiges de dolmens (Goarem an Abat, Kernevez), ainsi que des galets et des haches polies mis à jour lors des labours des terres agricoles. Parmi les traces témoignant d'une présence gallo-romaine, les vestiges d'un four à chaux dans l´anse de Ster-Vihan, au village de Treuseulom. A l'origine simple prieuré de Landévennec, la paroisse d' Argol citée comme telle dans le cartulaire de Landévennec en 1050, possédait un vaste territoire englobant Telgruc, Landévennec et Trégarvan, s'étendant de la rade de Brest à la baie de Douarnenez. Témoignage de cette ancienne puissance, Argol a conservé une enclave située en bordure de la rade de Brest appelé les Colonies. Jusqu'en 1842, la trêve de Trégarvan reste sous son autorité, tandis que celle de Telgruc, ne l'est plus dès le 10e siècle. Les vestiges d'une enceinte celtique formant un carré de 60 mètres de côtés et contenant une motte rectangulaire sont décrites à la fin du 19e siècle, à 400 mètres au nord-est de Goarem an Abad et à 200 mètres au sud du Merdy. Aujourd'hui, il n'existe plus de trace de la motte. Celle de Trovéoc, citée en 1926, est également détruite. Les montres de 1427 et de 1536, indiquent des lieux de manoirs (Lestremenez, Maros) mais aucun ne nous est parvenu.

L'architecture religieuse est représentée par l'église paroissiale Saint-Pierre et Saint-Paul, ou Sainte-Geneviève, l'édifice passant sous le vocable de la sainte en 1634. Les chapelles Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, dite Notre-Dame de Rochemadou à Trovéoc et de la Trinité à Coat-Carrec sont ruinées en 1804. Bien que reconstruite car figurée sur le cadastre de 1833, cette dernière n'existe plus aujourd'hui.

Une statue polychrome de vierge allaitante assise provenant de l'ancienne chapelle de Trovéoc, a été conservée. Réalisée en kersanton, elle remonte probablement au 15e siècle. Les représentations de vierge allaitante, qui plus lorsqu'elles sont assises, sont rares : seulement une dizaine dans le centre Cornouaillais. Sainte-Geneviève érigée au 18e siècle, est l'unique fontaine de dévotion qui subsiste sur le territoire. Sur les sept croix figurées sur le cadastre napoléonien, deux ont disparu : Tal ar Groas, au sud-ouest de Lézargol et Croaz Klaz, à l'ouest de Kermarzin. Trois autres croix modernes ont été inventoriées : une au Merdy, celles Kélérec et Kérivin sont des croix commémoratives érigées en 1945. Insérés dans les maçonnerie d'édifices, des vestiges de groupes sculptés très mutilés (Vierge de Piété, Crucifixion) provenant de croix érigées vers le 16e siècle, ont été observés aux villages de Roscoat et Kernéron. Il existe également à Caméros, une pierre portant les armoiries de Jean Brient (abbé de Landévennec entre 1608 et 1629). Celle-ci se trouve probablement à l'emplacement de l'ancien moulin de Caméros (détruit), que l'abbé fit revenir en 1611 dans le patrimoine de l'abbaye.

Argol a toujours vécu d'agriculture et non de pêche, hormis peut-être durant l'Antiquité. Les fermes sont agglomérées en hameaux plus ou moins importants, quelques exploitations sont cependant isolées (Le Neizic, Bodogoat). L'habitat est absent des forêts communales qui couvrent une partie du territoire (180 hectares). Avant le remembrement, le parcellaire était très irrégulier, allant de vastes champs pouvant atteindre plusieurs dizaines d'hectares, à de modestes bandes parallèles de quelques mètres de largeur.

Les témoins architecturaux antérieurs au 3e quart du 19e siècle sont peu nombreux. Pourtant des vestiges et quelques rares exemples remontant aux 17e siècle (Kerlivit ; Kerguélen) attestent de l'ancienneté de l'habitat rural. Le cadastre ancien présente un bâti dense au début du 19e siècle. Mais à partir du 3e quart du 19e siècle, la révolution agricole engendre un début de renouvellement de l'architecture rurale : les fermes sont reconstruites in situ ou s'agrandissent avec de nouvelles dépendances ou un nouveau logis construit en alignement de l'ancien. Dans la majorité des cas, les anciens édifices sont alors détruits pour faire place à la nouvelle ferme, en témoigne les rares remplois utilisés dans ces constructions. Le logis est surmonté d'un comble à surcroît plus ou moins développé qui atteint parfois l'ampleur d'un étage. Néanmoins, l'essor le plus significatif de l'architecture rurale a lieu entre 1900 et 1938, à la faveur des lois sur le logement social (lois Strauss, Ribot, Bonnevay, Loucheur). Les logis de fermes sont dans leur grande majorité reconstruits, ou construits dans la plupart des cas en alignement de l'ancien logis, suivant un modèle unique à étage et à trois travées symétriques. Cette période correspond également à l'évolution du bourg, aux constructions des écoles, mairie, maisons, commerces.

Les matériaux de construction sont les mêmes du 17e siècle au 2e quart du 20e siècle : la mise en oeuvre des murs est en moellon de grès avec encadrement de baies en pierre de taille de granite, parfois en microdiorite quartzique ou kersantite pour les maisons les plus anciennes. Au sud de la commune, près des gisements de schiste de la côte, quelques bâtiments ont des murs en moellons de schiste (Kerandroff, Caméros). A partir des années 1870, les enduits de façade se multiplient afin de mettre en valeur les encadrements de baies, les chaînages d'angle et les corniches en granite. Cette pratique devient systématique à partir de la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle. L'importance des dépendances témoignent d'une agriculture plutôt prospère : les étables sont relativement grandes et les granges à porte charretière sont nombreuses. Certaines d'entre elles particulièrement soignées sont à étages et de type ternaire. Elles révèlent une certaine fierté de la part des propriétaires qui vont jusqu'à appliquer les modèles de construction de leurs logis à leurs dépendances (Kélérec, Coat-Madiou). Beaucoup de fermes possédaient un poêle à crêpe, aménagé dans un coin de cellier, de laiterie, d'étable ou de logis désaffecté (Cornily, Kersprigent, Kervoualc'h). Apparentés à une cuisinière, ces éléments en maçonnerie, associés à une cheminée, sont une spécificité de Cornouaille centrale dont il reste très peu d'exemples. Des douze moulins figurés sur le cadastre napoléonien (un à mer, huit à eau et deux à vent) ne subsistent que le moulin à eau de Moulin Neuf (Colonies) et les vestiges de ceux du Roscoat (sud est) et du Moulin (nord du Bourg).

Argol est traversé d'est en ouest, au nord, par la route nationale reliant Le Faou à Crozon, qui traverse l'Aulne par le pont de Térénez. Entre les deux guerres, les premières colonies de vacances s'installent face à la plage de Caméros. La commune n'a pas été touchée par les bombardements de la seconde Guerre mondiale, contrairement aux communes voisines. Le remembrement réalisé en 1968 a entraîné la disparition de nombreux dolmens, lavoirs et fontaines.

La commune d'Argol est située à l'ouest de la presqu'île de Crozon. Elle et bordée au sud, sur une faible longueur, par la baie de Douarnenez, à l'est par l'estuaire de l'Aulne et au nord par la rade de Brest. Elle fait partie, avec Landévennec, Telgruc-sur-Mer, Lanvéoc, Roscanvel, Camaret sur Mer et Crozon, de la "communauté de communes de la presqu'île de Crozon". A dominante agricole (une trentaine d'exploitations en 2009), elle couvre une superficie de 3320 hectares et comptait 815 habitants au recensement de 2008.

La commune domine pour une grande part la rivière de l'Aulne, dont les affluents donnent naissance à de petits cours d'eau qui divisent le relief en petites vallées profondes et boisées, à l'est. Vers le sud, le territoire forme un étroit couloir composé de collines couvertes de landes et de pinèdes. Argol possède également une enclave au nord, entre les communes de Crozon, Telgruc, et Landévennec, lui assurant une façade sur la rade de Brest. L'ouest de la commune où s'élève le bourg à 72 m d'altitude, est largement cultivé et contraste avec la partie orientale. Au centre, à proximité des villages de Toul ar Stang et de Goarem an Abat, se trouvent des tourbières à sphaignes. Le sol est constitué d'est en ouest par une bande de grès et de schiste et le sud, dont les plis sont visibles dans les falaises de l'anse de Caméros.

Argol se distingue par la diversité de ses paysages : les plages de galets de la rade de Lomergat, les rives boisées de la vallée de l'Aulne ainsi que les plages de sable de Kerric et Caméros. La commune possède des éléments patrimoniaux dignes d'intérêts, notamment l'enclos paroissial : le calvaire et l'église du 16e siècle, l'arc monumental et l'ossuaire du 17e, mais aussi quelques croix anciennes qui jalonnent le territoire, le pont de Térénez ainsi que les fermes tardives mais homogènes qui forment des ensembles cohérents et témoignent d'un mouvement de reconstruction intense au début du 20e siècle. Argol est également dotée de deux musées : le musée vivants des vieux métiers et celui du cidre qui lui assure une certaine animation lors de la saison estivale.

Annexes

  • 20122905005NUCB : Cadastre 1833 - Archives départementales du Finistère - 3 P 4/1.

    20122905014NUCB : Cadastre 1833 - Archives départementales du Finistère - 3 P 4/1.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Finistère. Série 3 P 4/1. Tableau d´assemblage et cadastre parcellaire, 1833.

  • Archives départementales du Finistère. Série 2 O 25. Mairie-école : acquisition, construction et travaux (1843 - 1920).

  • Archives départementales du Finistère. Série 2 O 26. Presbytère : travaux.

  • Archives départementales du Finistère. Série 2 O 27. Monuments aux morts pour la patrie.

  • Archives départementales du Finistère. Série 2 O 29. Litige entre les dames Noury et la municipalité à propos d'une clôture créée autour de la fontaine Sainte-Geneviève.

Bibliographie
  • ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.

  • CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.

  • CHAURIS, Louis. Calcaires et fours à chaux des abords de la rade de Brest. Dans : Avel Gornog, N°7, juin 1999.

    p. 44-57
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988, p. 15.

  • GOASGUEN, D. Argol. Mairie d'Argol, 1995.

  • KERDREUX, Jean-Jacques. Aux origines de l'école dans la presqu'île. Dans : Avel Gornog, N°17, juillet 2009.

    p. 5-15
  • VIVIEZ, Gaëlle. Inventaire du patrimoine de la Presqu'île de Crozon, projet de candidature Pays d'art et d'Histoire. Crozon, juillet 2001. Vol.1 et 2.

    p. 28-64, 348 (vol.1).
  • Le Patrimoine des Communes, le Finistère. , Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France), vol. 1, p. 309-312.