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Présentation de la communauté de communes du Pays de Saint-Aubin-du-Cormier

Dossier IA35049142 réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

La communauté de communes du Pays de Saint-Aubin-du-Cormier, créée en 1994, regroupe les 11 communes suivantes :

- La Chapelle-Saint-Aubert

- Gosné

- Livré-sur-Changeon

- Mézières-sur-Couesnon

- Saint-Aubin-du-Cormier

- Saint-Christophe-de-Valains

- Saint-Georges-de-Chesné

- Saint-Jean-sur-Couesnon

- Saint-Marc-sur-Couesnon

- Saint-Ouen-des-Alleux

- Vendel

Le patrimoine de ce territoire est majoritairement composé de bâtiments traditionnels (fermes et maisons), toutefois, le tissu de petits manoirs, de demeures et de châteaux est assez dense. Dans le cas des fermes, les annexes agricoles les plus fréquentes sont l´étable, l´écurie, la grange et le fournil.

Les matériaux et leur mise en oeuvre

Le grès, le granite et le schiste

Les matériaux utilisés dans les constructions sont le reflet de la nature du sous-sol local. Ainsi, l´extraction locale permet d´éviter le coût important que peut représenter le transport du matériau ainsi que les contraintes techniques liées à ce transport.

Ce territoire est extrêmement riche en la matière car, la nature du sous-sol y est variée, ce qui a une incidence sur la diversité des matériaux de construction (grès à Saint-Aubin-du-Cormier, granite à Mezières-sur-Couesnon ou Saint-Christophe-de-Valains ou encore schiste à Saint-Jean-sur-Couesnon).

Plusieurs menhirs en grès se trouvent à proximité d´une bande de grès armoricain, sur le territoire des communes de Saint-Aubin-du-Cormier ou encore de Livré-sur-Changeon.

Le grès et le granite sont très présents sur ce territoire, que ce soit dans le paysage sous forme d´affleurements ou bien dans l´architecture sous la forme de moellons ou de pierres de taille. L´appareillage peut en effet différer en fonction de l´époque de construction ou bien du type de bâtiment et des moyens du commanditaire. Par ailleurs, la couleur du granite diffère également énormément en fonction de l´époque de construction des bâtiments et des modes d´extraction de ce matériau. Le granite marron-roux, le grison, utilisé dans la construction des bâtiments les plus anciens est le fruit d´extractions locales, de surface, alors que le granite gris-bleu, utilisé dans les constructions à partir de la fin du 19e siècle, est le fruit d´extractions en profondeur.

Même si la majorité des maçonneries est réalisée en moellon, le traitement de certaines parties de la construction comme les chaînages d´angle, les encadrements de baies ou les corniches est toujours plus soigné et réalisé en pierre de taille. Un type de chaînage d´angle est très particulier à ce territoire, il s´agit d´un chaînage d´angle composé de blocs de granite disposés en « damier ».

Bien que les volumes soient assez simples, les éléments de décor sont relativement fréquents en façade, ils se concentrent particulièrement sur les encadrements de baies. Toutefois, l´élément de l´architecture pour lequel le répertoire décoratif est le plus développé et créatif est sans aucun doute la cheminée.

Quelques autres matériaux

D´autres matériaux tels que le torchis ou encore la brique sont utilisés de manière anecdotique dans l´architecture de ce territoire. Le torchis est le plus souvent réservé à certaines dépendances de ferme alors que la brique est utilisée dans l´architecture de la fin du 19e et du début du 20e siècle. Certaines dépendances de ferme construites en bauge (levées de terre) se trouvent également sur le territoire.

Les toitures, baies et menuiseries

Les toitures

Les toitures de bâtiments présentent des formes variées. Elles diffèrent en fonction des époques de construction et des types de bâtiments. Les toits à longs pans sont les plus nombreux, il existe toutefois d´assez nombreuses toitures à croupes ou demi croupes.

Le matériau de couverture principal est l´ardoise, pourtant, il existe également quelques toitures en tuiles plates et de plus nombreuses toitures en tuiles mécaniques de la fin du 19e siècle.

Les percements de toitures sont de types variés, il s´agit plutôt de lucarnes sur les logis et de gerbières sur les dépendances. Les lucarnes prennent plusieurs formes : lucarnes à la capucine, lucarne-fronton, lucarne à fronton triangulaire ou semi-circulaire...

Les baies et les menuiseries

La disposition des baies en façade est le plus souvent aléatoire, ainsi, sont-elles percées pour permettre l´accès au bâtiment et pour l´éclairer sans réel souci de symétrie. La recherche de symétrie dans les percements n´intervient en effet qu´à partir du milieu 18e siècle.

Il est par ailleurs fréquent de trouver un décor particulier sur le linteau d´une porte ou d´une fenêtre, par exemple la date de construction et le nom des commanditaires du bâtiment ou encore un calice, une croix, un coeur, un écu lisse...

En fonction de l´époque de construction des bâtiments, les portes présentent des formes variées. Au 16e siècle et au tout début du 17e siècle, l´accolade qui surmonte l´arc en anse de panier des portes témoigne, avec un certain décalage par rapport aux grands modèles, de la transition entre l´architecture gothique et l´architecture de la Renaissance. A cette époque, les fenêtres sont généralement de tailles réduites, elles possèdent souvent un appui saillant, un encadrement chanfreiné, un linteau à accolade ainsi que, pour quelques unes d´entre elles, une grille.

Au cours du 17e siècle et jusqu´au début du 18e siècle, les portes en plein cintre sont nombreuses et quelques portes quadrangulaires dont l´encadrement est chanfreiné existent également. A l´image des fenêtres du 16e siècle, celles du 17e siècle sont également de taille réduite et à encadrement chanfreiné, même si le chanfrein a tendance à disparaître à partir du milieu du 17e siècle ; à cette époque, l´appui saillant a disparu.

Au 18e siècle, les baies sont de taille plus importantes qu´aux époques précédentes et possèdent toutes peu ou prou les mêmes dimensions. Les linteaux des baies de cette époque sont très souvent en arcs segmentaires, composés de plusieurs claveaux.

Au 19e et au début du 20e siècle, les percements deviennent complètement symétriques et les baies témoignent de la volonté d´améliorer le confort des logis puisqu´elles sont plus nombreuses et plus grandes qu´auparavant.

Le décor porté est relativement abondant dans ce territoire. Il se concentre toutefois en des endroits bien précis que sont les linteaux et appuis de baies ou encore la cheminée du logis.

L´intérieur des logis

Les cheminées

A l'intérieur des logis, la cheminée constitue souvent le seul élément du décor. La richesse et la variété de ce décor sont particulièrement remarquables dans ce territoire. Jusqu'au 17e siècle, les piédroits sont en général chanfreinés et amortis en têtes humaines, parfois sommairement sculptées qui représentent le maître et la maîtresse de maison. Le bas du piédroit peut également être décoré de simples formes géométriques, mais également de coquilles, de fleur de lys ou même d'un calice. Les piédroits peuvent également être à colonnes. Ce type correspond généralement aux cheminées d'étage, mais dans quelques cas on en trouve au rez-de-chaussée. Les linteaux sont monolithes et sont parfois ornés d´un décor : le plus souvent il s'agit d'un écu aux armes d'une famille, d'un calice, d'une inscription avec date, mais parfois il peut y avoir une véritable scène (saint Michel terrassant le dragon). Les corbelets ont également un décor variable mais ils sont le plus souvent soient à multiples ressauts ou en forme de prisme orné d'un cordon.

A la fin du 17e siècle et surtout au 18e siècle, on trouve de petites cheminées recouvertes de boiseries.

Au cours des siècles, la cheminée va globalement évoluer d'une forme très élaborée, voire luxueuse, héritée des manoirs, à une forme beaucoup plus discrète. L'apparition au 20e siècle de la cuisinière en fonte va faire évoluer le rôle et la forme des cheminées. On trouve alors des cheminées plus petites qui ne servent plus qu'au chauffage.

Les escaliers

Les escaliers les plus remarquables qui existent encore sur ce territoire relèvent de deux types : l´escalier en vis en pierre ou en bois, logé dans un angle de la pièce ou bien dans une tour hors oeuvre ou bien l´escalier droit en bois ou en granite. Le premier type relève plutôt du 16e siècle et du début du 17e siècle. Il se retrouve dans d´anciens manoirs mais également dans des bâtiments plus modestes. Le second type se trouve plutôt dans des châteaux ou manoirs importants remontant au début du 17e siècle.

Un type particulier d´escalier a été découvert à Saint-Christophe-de-Valains, il s´agit de l´escalier droit en pierre, extérieur et parallèle à la façade. Ce type d´escalier est lié à un type de bâtiment précis, il s´agit des maisons possédant un rez-de-chaussée servant de dépendance (étable ou cellier) ou de pièce de travail et un premier étage à usage d´habitation. Dans ces cas, l´accès à la pièce à feu de l´étage se faisait par cet escalier droit extérieur.

Les équipements de confort : fenêtres à coussièges, latrines...

Certains équipements de confort, relativement rares, existent dans des bâtiments modestes. Il s´agit par exemple de vaisseliers, parfois complétés d´éviers, destinés au rangement de la vaisselle. Certaines baies sont également équipées de coussièges, bancs en pierre ménagés dans l´ébrasement d´une fenêtre, destinés à l´observation vers l´extérieur du bâtiment (à la Goizière à Saint-Christophe-de-Valains par exemple).

Enfin, certains bâtiments possèdent encore des latrines, le plus souvent logées dans une tour carrée en saillie par rapport à la façade ou encore en encorbellement.

Quelques conseils en matière de conservation du patrimoine :

Avant d´engager des travaux, il est nécessaire de se renseigner sur l´histoire et les caractéristiques architecturales du bâtiment, ceci est possible grâce à l´étude d´inventaire conduite sur le territoire par le service de l´inventaire du patrimoine culturel du Conseil Régional.

Par ailleurs, il existe des organismes susceptibles de vous conseiller et de vous accompagner dans votre réflexion :

- Architectes conseillers du département d´Ille-et-Vilaine

- Services Départementaux de l´Architecture et du Patrimoine

- Conseil Architecture Urbanisme et Environnement

- Union Pour une Charte Qualité du Patrimoine Architectural Breton

- Confédération de l´Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment

- Association Tiez Breiz

- Fondation du patrimoine

- Association des communes du patrimoine rural de Bretagne...

Les toitures :

Conserver la volumétrie et la pente de toiture d´origine ainsi que les matériaux traditionnels.

Préserver les éléments caractéristiques à l´architecture du bâtiment : coyaux, faîtages, épis de faîtage, lignolets, corniches...

Les façades :

Conserver le matériau et l´appareillage d´origine en cas de reprise de la maçonnerie.

Éviter l´emploi des enduits ciment et privilégier les enduits à la chaux.

Les ouvertures :

Le premier principe est d´éviter de modifier l´organisation de la façade principale.

Conserver, dans la mesure du possible, les ouvertures d´origine. Lors de la création de nouvelles ouvertures, utiliser les mêmes matériaux d´encadrement que pour les baies d´origine et éviter de les réaliser en façade principale.

Maintenir les éléments d´origine tels que les grilles, les hussets...

Remplacer les menuiseries par des éléments réalisés en essence locale. Sur les bâtiments qui ne possédaient pas de volets extérieurs, préférer les volets intérieurs.

Les équipements intérieurs :

La conservation de ces éléments, particulièrement riches et nombreux dans ce territoire, permet de mieux comprendre la disposition intérieure et la distribution des bâtiments anciens (escaliers, cheminées, vaisseliers, latrines...). Ces éléments participent à la définition de l´identité du bâtiment et plus largement à celle du territoire.

Aires d'études Pays de Fougères

Références documentaires

Bibliographie
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  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

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    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
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