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Présentation de la Communauté de communes de Caulnes (3 communes). Ces 3 communes font partie depuis le 1er janvier 2017 de Dinan Agglomération

Dossier IA22015291 réalisé en 2009

3 communes sont concernées par le périmètre d´étude

Méthodologie

Sur l´ensemble de ces trois communes 382 édifices ont été recensés, 43 ont fait l´objet d´une sélection particulière. Si le recensement concerne l´ensemble des édifices antérieurs à 1950, la sélection porte sur un choix raisonné d’œuvres concernant les éléments représentatifs ou remarquables du patrimoine des communes.

la richesse du substrat géologique.

Le granite de couleur brune ou rouille est majoritairement utilisé pour les édifices les plus anciens. Il est utilisé sous forme de moellons équarris irréguliers de dimensions très variables. Dans le secteur de Guenroc sa dureté et son absence de grains expliquent la face externe esquilleuse. Il n´est jamais mis en oeuvre en pierre de taille. Les encadrements des baies sont pratiquement toujours réalisés en granite importé de Languédias, les chaînages d´angle sont quant à eux, en granite local pour les édifices antérieurs au 19e siècle. Les qualités exceptionnelles du granite de Languédia dont le grain fin se prête à une taille parfaite ont entraîné son emploi dès les époques les plus anciennes. L´église de Guenroc est reconstruite en 1465 dans ce matériau. Presque toutes les cheminées à l´intérieur des maisons rurales anciennes de même que toutes les grandes armoires murales formant vaisselier sont construites dans ce matériau. Les contraintes et le coût liés à l´importation de ce matériau expliquent probablement lors de la reconstruction des maisons au 19e siècle, le maintien de ces anciennes structures.

Le quartz employé de façon minoritaire est toujours associé au granite, il se rencontre exclusivement sur les édifices de Guenroc, site du gisement géologique et sur ceux de Saint-Maden. Son extrême dureté qui le rend impropre à la taille a entraîné sa mise en oeuvre sous forme de blocs importants à peine équarris ou bien de pierrailles de surface ramassées à même le sol.

Le calcaire coquillier des faluns utilisé à Guenroc et Guitté presque uniquement de façon ponctuelle pour les corniches, les lucarnes et les souches de cheminées. Il est par contre employé en gros oeuvre sur toute la moitié orientale du territoire de Saint-Maden situé sur le gisement, comme l´illustrent par exemple l´ancienne maison de la Bigotais, et l´ancien manoir de la Motte. Une particularité de mise en oeuvre de ce matériau a été observé, on le retrouve parfois employé en partie haute d´un mur en terre pour asseoir une corniche moulurée, comme le montre l´exemple de la maison de la Sècherie à Saint-Maden.

La terre employée partiellement en façade principale, en pignon ou en façade postérieure sur les édifices les plus anciens n´est jamais utilisé comme unique matériau de construction avant le 19e siècle. Les maisons du bas du bourg de Guenroc, plusieurs fermes au sud du territoire de Guitté, construites au 19e siècle sont entièrement en terre. Le coût peu élevé de ce mode de construction et les qualités du matériau peuvent expliquer l´importation de ce modèle importé du bassin de Rennes.

L'ancienneté de l'occupation des lieux

Plusieurs sites, sur le territoire des trois communes, attestent de l´ancienneté de leur occupation. Le bourg de Guenroc est mentionné dans un texte d´archives du tout début du 16e siècle qui atteste de l´ancienneté de son existence comme petite agglomération et centre paroissial comme le confirme aussi la référence à un logis avec chambre haute dès cette époque...

A Guitté, le château de Beaumont est un bel exemple de cette permanence : son site d´éperon barré est sans doute déjà occupé bien avant le Moyen Age. La mention des seigneurs de Guitté, dans des chartes du 12e siècle avec le titre de baron, confirme l´ancienneté du site et l´importance qu´il a représenté durant toute la période médiévale. A l´ouest du logis actuel, dominant la rencontre d´un vallon descendant du bourg et de la Rance, le cadastre ancien figure une parcelle grossièrement circulaire qui pourrait correspondre à l´emplacement d´un donjon primitif.

Dans la plupart des manoirs, sièges de seigneuries anciennes de rang inférieur, les logis sont successivement reconstruits à proximité immédiate de vestiges plus anciens comme celui de la Motte à Saint-Maden, dont le nom a conservé le souvenir de l´ancienne motte castrale installée sur un îlot de la Rance. A Guenroc, les anciens manoirs de la Giguais et de la Roche, le premier remontant au 15e siècle et restauré au 18e siècle et le second entièrement reconstruit vers 1830, sont établis sur des sites d´éperon ou de bas-fond, certainement occupés depuis l´aube du Moyen-Âge.

Enfin de nombreuses maisons rurales remontant au 17e siècle témoignent de l´importance et l´ancienneté de l´occupation du territoire rural.

D´autres, dont les façades ont été fortement remaniées voire entièrement remontées au 19e siècle, conservent souvent à l´intérieur des éléments beaucoup plus anciens, en général, la cheminée principale en granite de l´ancienne salle et son mur de refend et dans le mur faisant face, l´ancien vaisselier en plein cintre parfois accosté d´une porte de communication, éléments pouvant remonter au 17e voire au 16e siècle.

Les maisons rurales

Décrire la typologie des maisons rurales de ce secteur n´est pas chose aisée en raison de la multitude des formes d´organisation rencontrées, toutefois comme dans les autres pays de Bretagne la quasi-totalité des maisons rurales anciennes sont des logis mixtes qui associent sous le même toit des pièces d´habitation et des pièces à usage d´exploitation ou de stockage. Le rez-de-chaussée est dans la plupart des cas composé de deux pièces qui correspondent soit à une salle et un cellier, soit à une salle et une étable, plus rarement de trois pièces et exceptionnellement de quatre pièces faisant alternées pièces à feu et sans feu. Ces pièces sans cheminées dites aussi pièces froides pouvaient servir indifféremment d´étable, d´écurie, de cellier, voire d´atelier. L´étage en haut surcroît est occupé par un ou plusieurs greniers à foin et à grain auxquels on accède soit par un escalier intérieur depuis l´angle de la salle opposé à la porte d´entrée ou soit par une ou deux portes hautes dans la façade principale. Certains logis, parmi les plus riches, possèdent une chambre à l´étage qui se distingue toujours en façade par une fenêtre sensiblement plus large qu´un simple jour d´aération et parfois à l´intérieur par une cheminée. (Voir informations complémentaires dans le dossier de présentation de l'architecture domestique).

Des accents de style particuliers

Le maintien tardif du répertoire décoratif de la Renaissance

Dans la partie sud la prospérité due à l´importante activité du tissage entre le 16e et le 18e siècle, ainsi que les qualités remarquables du calcaire des Faluns, ont favorisé la construction de maisons rurales dont les corniches à modillons et les lucarnes à frontons sculptés, transposent le répertoire de la Renaissance, emprunté aux manoirs contemporains.

Le style des ingénieurs du roi

Sous l´Ancien régime, les communes de Guitté, Guenroc et Saint-Maden dépendaient du diocèse de Saint-Malo, d'où la marque prégnante du style des ingénieurs de Vauban, transmise par les grands chantiers urbains de Saint-Malo et de Dinan. Ce style austère s´impose progressivement à la fin du 18e siècle, bien au-delà de leur arrière-pays, pour caractériser la plupart des maisons nobles et des maisons rurales édifiées sur l´ensemble du territoire au 19e siècle. L´organisation des façades en compositions symétriques, le traitement «urbain» des gerbières en granite, leur linteau en arc rehaussé d´une corniche moulurée définissent une mode locale qui perdure jusqu´à l´aube du 20e siècle.

Louis Richelot

L´influence de Louis Richelot qui travaille à Dinan à la construction d´hôtels particuliers se devine au château de la Roche à Guenroc. Ce château néoclassique bâti en 1833 reprend tous les accents de style particuliers à cet architecte.

Un modèle importé

Un autre accent de style se perçoit également dans la seconde moitié du 19e siècle. Il se caractérise par l´emploi d´un fronton triangulaire percé d´une gerbière dont le modèle emprunté aux fermes du sud de la Manche aurait été importé par des maçons normands. La ferme de la Frulais à Saint-Maden datée de 1878 en est un exemple particulièrement significatif.

Le barrage de Rophemel

Le barrage de Rophemel, installé dans les années 1930, à noyer les anciens moulins à eau sur la Rance. Ces derniers représentés sur les cadastres anciens de 1833 et 1836 illustrent les activités anciennes liées au foulage du lin et du chanvre cultivés sur le territoire jusqu'au début du 19e siècle et qui en avaient fait la richesse. Le barrage constitue cependant une oeuvre monumentale d'avant-garde dont la structure un mur rideau formé de seize demi cylindres préfigure la technique employée pour l'usine marémotrice de la Rance construite entre 1963 et 1966.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude

Annexes

  • Communes concernées et dates d'enquête

    3 communes sont concernées par le périmètre d´étude

    Guitté, nouvelle conduite de l´inventaire, 2009-2010 (uniquement les dossiers d´étude)

    Guenroc, nouvelle conduite de l´inventaire, 2009-2010 (uniquement les dossiers d´étude)

    Saint-Maden, nouvelle conduite de l´inventaire, 2009-2010 (uniquement les dossiers d´étude).

Références documentaires

Bibliographie
  • CHAIGNEAU-NORMAND Maogan. La Rance industrieuse. Espace et archéologie d'un fleuve côtier.. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2002.

  • COUFFON, R. Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc : Les Presses Bretonnes, 5 vol., 1939-1941.

  • Le patrimoine des communes des Côtes-d´Armor . Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

  • JACOMET Humbert : Una aproximacion a la iconografia de Santiago en la Galicia de los siglo XIV y XV . in Os Capitulos da Irmandade, peregrinacion y conflicto social en la Galicia del siglo XV, Xunta de Galicia, octobre 2006.

  • PANNIER DE ROISSAY, Guy le. Le Réveil de Guenroc Rophemel. Organt, 2002.

  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1843, 1853.

  • ROUDIER, Jean.Iconographie de Saint Jacques en Bretagne. Rennes : Association Bretonne des Amis de Saint Jacques, 20.

  • ROUDIER, Jean. Saint-Jacques en Bretagne. Culte et patrimoine.. Ploudalmezeau : Editions Label LN, 2005.

  • LOUESSARD, Michel. Caulnes Pays de Rance et son canton. Guingamp : Editions de la Plomée, 2000.

  • MONIER, M.E. Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan. Mayenne : Joseph Floch, 1975 (nouvelle édition revue et augmentée).

  • LEMARCHAND, A. Le problème du lin en Bretagne. Bretagne industrielle commerciale agricole, octobre 1952, n°14.

  • DORANGE-POUPINEL, Caroline. Dans le calme et les tempêtes.. Saint-Suliac : Yellow Concept, 2007.