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Port : Havre de Pordic, appelé le 'Petite-Havre' (Pordic)

Dossier IA22013059 réalisé en 2008

Fiche

AppellationsLe Petit-Havre
Parties constituantes non étudiéesdigue
Dénominationsport
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Plérin-sur-Mer
AdresseCommune : Pordic
Lieu-dit : le Petit-Havre
Cadastre : Domaine Public Maritime

Selon le rapport de l'ingénieur des Ponts-et-Chaussées, Hélary, rédigé en 1931, il existait au port de l'Hermot ou Havre de Pordic (Petit-Havre), avant 1864, un petit môle en enrochements, de 1 mètre environ de hauteur, à l'abri duquel venaient s'échouer 4 canots, jaugeant ensemble 10 tonneaux. Cet enrochement nous semble avoir été réalisé à l'origine, pour servir de pêcherie et ensuite de digue abri. En effet, le plan daté de 1897 et la vue n° 9, montrent une ancienne ouverture dans les enrochements, ayant pu servir de pertuis. En 1863-64, un projet de port-refuge fut réalisée selon les plans de l'ingénieur De La Tribonnière, avec la construction d'une jetée-abri, prolongée par un musoir. Cette digue subit régulièrement des avaries à cause de son exposition aux vents de Nord à Nord-Est. Elle fut en partie détruite vers 1880 : musoir affaissé et brise mer rompu sur 19 mètres. Un nouveau projet réclama l'exhaussement du môle en 1897 à la cote de 7, 50 mètres pour une hauteur de 2 mètres, avec des blocs de 1000 kg. A cette époque, 6 canots fréquentaient le petit port. Ce projet fut ajourné jusqu'en 1912. La digue fut enfin réparée en 1922, mais sans travaux d'exhaussement supplémentaire. Les cartes postales anciennes datées du 1er quart du 20ème siècle montrent le Petit-Havre fréquenté par moins d'un dizaine de bateaux de pêche, avec parfois un amarrage sur des pieux en bois. Aujourd'hui, le Petit-Havre n'est plus fréquenté par des bateaux, en raison de la concurrence des ports de Binic et de Saint-Quay-Portrieux. La qualité submersible de la digue, son manque d'aménagement et son ensablement continu, ont participé à la déshérence de ce havre portuaire, fréquenté uniquement aujourd'hui par les pêcheurs à pied et les baigneurs.

Période(s)Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle

La digue ou brise mer du Petit-Havre (encore appelé 'Port de l'Armor' en 1881) a une longueur de 58 mètres, pour une hauteur variable de 1, 50 mètres à 2 mètres à l'intérieur et de 6 mètres en revers, à l'extérieur (avec un fruit de 10%), et une largeur de 5 mètres. Les gros blocs à peine équarris, ont la forme d'un parallélépipède. Ils sont posés à champ sans mortier, mais ont un solide ancrage au sol (ensablement) et au niveau du sillon naturel des 'Roches Blanches' (27 m de long), à l'Est, sous la falaise. La digue se prolonge par un crochet terminal (ancien musoir). Un deuxième enrochement naturel, situé à l'Ouest de l'anse, appelé autrefois 'l'Ancrogène', long d'une soixantaine de mètres, forme une sorte de brise mer. Par une marée de 87 cm 1/2, il y a 4 mètres d'eau au pied et à l'intérieur de la digue. Le havre est accessible à partir de la mi-marée en morte eau. Cependant, la digue submersible est immergée à marée haute. Autrefois, le 'quai' du petit Havre était équipé d'organeaux. Les bateaux étaient ramenés à terre, 'saillés' pour l'hivernage et remisés dans des cabanons, situés le long du chemin qui conduit au Petit Havre.

États conservationsbon état
Techniquesmaçonnerie

La digue du Petit-Havre mérite d'être signalée pour son ancienneté et sa double fonction originelle : pêcherie ? Port refuge ?

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • En 1726, L'enquête de Le Masson du Parc, dans l'amirauté de Saint-Brieuc, permet de relever 17 pêcheurs dans la paroisse de Pordic et 33 à Plérin (plus grand nombre) sur un total de 216 pêcheurs ou dénommés comme tels (sources Arch. nat.C520).

    Pour Plérin, partie des dénommés cy dessus sont des petits pescheurs avec bateaux classés, et partie sont non classés pescheurs de pied et tendeurs de basse-eau sont ausy pour la plupart occupés à la culture des terres. Pour Pordic, la plupart des pescheurs de cette paroisse ainsy que des précédentes et des suivantes s'adonnent au moins et plus au labourage et à la culture des terres qu'à la pesche qu'ils quittent pour la moisson et faire les semences, il y a aussy peu de pescheurs de pied parce que la côte se trouve escarpée et impraticable.

  • Témoignage sur les pêches côtières et d'estran de Gérard Danio, pordicais, né en 1938

    Synthèse.

    La pêche côtière à Pordic a été pratiquée jusqu'aux années 1950-60, avant l'apparition des chalutiers motorisés et des coquilliers dans la baie de Saint-Brieuc. Les petits bateaux de pêche du havre de Lermot, étaient gréés en sloop et non motorisés, ou alors motorisés avec des petits moteurs à essence. Les pêches 'douces' étaient les plus courantes : lignes de fond et filet de pose ou 'rêts'. L'absence de chalutage juste après la seconde guerre mondiale avait permis de préserver les fonds ; cependant des dérogations ont été accordées aux marins pêcheurs pour pêcher la margatte dans la zone des 3 milles. Les pêches étaient abondantes, en particulier autour des îles Saint-Quay. La dernière corderie de Pordic fournissait le chanvre et le coton pour les lignes et les filets. Les lignes de fond ou cordes sont mouillées en bateau et plus rarement à pied. En bateau, la ligne est mouillée avec une seule bouée comme flotteur et un orin. A terre, les lignes sont posées sur le sable et fixées avec du goémon. Elles sont bouëttées avec un gros ver de vase, appelé la 'Burlotte' ramassée à Martin-Plage), que les femmes allaient chercher avec une bêche. En bateau, les poissons pêchés étaient le plus souvent des roussettes, des congres et des turbots.

    Les rêts sont des filets pointés, d'une longueur de 100 mètres, parfois raboutés ou 'mariés' ensemble 'on en faisait des 'mariages'). Ils forment un barrage. Ils sont équipés de deux 'bras', d'une longueur de 30 mètres, afin de rabattre le filet vers la terre. Le filet est tendu à mi marée montante (lorsque la mer rapporte, 8 jours à suivre) avec une ralingue flottante (avec des flotteurs tous les 50 cm) et une ralingue lestée avec des cailloux amarrés à un bout de 20 cm (appelés 'péreures'), gréés sur des bouts et enfoncés dans le sable. Le filet est haubané tous les 10-15 mètres, avec des bouts plus longs, fixés dans le sable, pour que le filet puisse relever. Le filet ne peut pas dépocher. L'ensemble prend le nom 'd'étalière'. Les filets étaient posés à Tournemine (appelé autrefois 'Caméret') et au Port Géhan jusqu'à la rivière de Binic. La nuit, pour les retrouver, on plantait une branche de genêt dans le sable, ou alors on utilisait un fanal avec une bougie à l'intérieur. Les poissons (soles, raies, carrelets, bars) étaient transportés à l'aide des ânes pour être vendus ensuite à Saint-Brieuc (2 heures de marche). C'était le rôle des femmes. Et le poisson non vendu était enterré dans le jardin.

    Après avoir été lavées à l'eau douce, dans un ruiseau, les raies étaient mis à sécher, étalées sur les champs.

    Quelques termes de vocabulaire du bestiaire maritime en gallo :

    - Les araignées, pêchées à la gaffe, étaient appelés les 'chouans' pour les mâles et les 'chouettes' pour les femelles.

    - Les tourteaux : les 'poinclos'

    - les pieuvres : les 'minards' ou les 'terpieds'

    - Les petites dorades : les 'pironaux'

    - les petits bars ou 'barsets' : les 'pitchous', parce qu'ils piquent

    - les congres : les 'congarioux'

    - Les petits congres : les 'fouets'

    - Les 'prêtres' : les 'chinchards'

    - Les ormeaux : les 'ormées'

    - Les orphies : les 'aigules'

    - le bouquet : 'les boutsd'chèvre'

    - Les éperlans : les 'gradots' (dans 'la mare aux Gradots').

  • Le Petit Havre

    D'après les recherches de Yves Lamour.

    Au commencement du 18ème siècle, on forma à l'aide d'une jetée, au Nord de la Pointe du Petit Havre, où relâchaient jusque vers 1793, une douzaine de bateaux de pêche. Chacun avait une grande voile carrée et faisait de 7 à 12 tonneaux. La jetée, faite de pierres sèches, est enfoncée dans le sable et protège une petite anse, des vents de Nord-est. Avec un nombre de bateaux oscillant autour de 10 unités, le petit port du petit havre n'a jamais connu un développement considérable. Au cours des dernières années, seule la pêche côtière était pratiquée.

    Le père de Jean Briand fut le dernier marin pêcheur du Petit havre. Ce n'est qu'en 1949 ou en 1950 qu'il devait cesser son activité. Il possédait un canot de 3, 50 m et se rendait le plus souvent vers les îles Saint-Quay. Sa femme vendait ensuite le poisson à Pordic et à saint-Brieuc. Certains allaient poser des filets jusqu'à Etables ou Tournemine. Les filets étaient aussi posés sur la plage. Chaque famille de marin pêcheur disposait d'un âne (appelé bardot) pour transporter sa pêche. La Ville Rouault représente le quartier des marins pêcheurs, dont les petites maisons basses possèdent un appentis pour l'âne. Après la guerre 1939-45, période où les canots furent mis à Binic, l'activité reprit en partie. La pêche représentant un des seuls moyens pour subsister, en particulier pour les retraités qui complétaient leurs ressources avec le poisson. Depuis, ce sont les plaisanciers qui ont repris la place des anciens marins pêcheurs.

  • 20082211924NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Numplan 1.

    20082211986NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211987NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211988NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211991NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211990NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211989NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 176.

    20082211942NUCB : Collection particulière

    20082211931NUCB : Collection particulière

    20082211943NUCB : Collection particulière

    20082211939NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi.

    20082211944NUCB : Collection particulière

    20082211940NUCB : Collection particulière

    20082212098NUCB : Collection particulière

    20082212099NUCB : Collection particulière

    20082211941NUCB : Collection particulière

    20082211983NUCA : Collection particulière

    20082211982NUCA : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor. S Suppl. 176. Havre de l'Hermot, études pour la création d'un port de refuge dans la pointe de Pordic, construction d'une digue, construction et exhaussement d'une jetée-abri (1863-1912-1931).

Documents audio
  • DANIO, Gérard. Témoignage oral sur les pêches côtières. Pordic, 28 mai 2009.

    Témoignage oral.