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Piscine et bains publics Saint-Georges

Dossier IA35022392 inclus dans Ancienne rue Charles-X, puis rue Louis-Philippe et rue de la République, actuellement rue Victor-Hugo réalisé en 1998

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • fontaine
    • bains douches
    • jardin

Dossiers de synthèse

Introduction :

Au lendemain de la première guerre, les municipalités soucieuses de se doter d´équipements sportifs et sanitaires, prirent conscience du retard pris par la France en regard de ses voisins étrangers et du faible nombre de piscines jusqu´alors construites sur le territoire. On ne comptait en effet, en 1921, que 16 piscines chauffées en France, alors que la Belgique en comptait 19, l´Angleterre 467 et l´Allemagne 591. Paris et les différentes capitales régionales ne tardèrent pas à réagir, Rennes faisant alors preuve de son dynamisme, grâce à l´influence et la volonté de son maire, M. Janvier.

Les avant-projets :

Le premier projet de construction d´une grande piscine de natation fut lancé en 1921, répondant à un désir exprimé dès 1913 par M. Janvier et repris en 1917 par les sociétés sportives de la ville. Adopté sur le principe par le conseil municipal en octobre 1921, il obéit à un objectif clairement défini : « faire de Rennes une ville bien moderne et des plus hygiénique ». Malgré les efforts déployés par la municipalité Janvier en matière sociale et hygiénique (construction de crèches, dispensaires, écoles, etc), le nombre d´établissement de bains froids était insuffisant, leur installation « rudimentaire » et leur eau était « celle souvent douteuse de la rivière de Vilaine et du canal d´Ille-et Rance ». Le terrain choisi pour construire la piscine et les nouveaux bains-douches était situé rue Alphonse Guérin, dans la partie ouest de l´ancien vélodrome, non loin « du faubourg populeux de Saint-Hélier ». Il était alors proposé d´aménager un stade d´entraînement sur les terrains entourant le nouvel édifice. La proximité de la Vilaine permettait la captation de ses eaux près de l´emplacement des anciens bains froids dit du Cabinet vert pour l´alimentation de l´établissement en été (après filtrage), l´eau de source étant préférée le reste de l´année. La préparation du projet donna lieu à un voyage d´étude ainsi qu´à une correspondance sous forme de questionnaire à différentes municipalités et portant sur le fonctionnement et les dispositions de leur établissement, en particulier Nançy, Lyon et Strasbourg. Par ailleurs, l´architecte de la ville en charge du projet, Emmanuel Le Ray, ami de l´architecte nançéen Lucien Weissemburger, demanda personnellement à ce dernier, des renseignements sur les piscines allemandes. Il semble probable, aux vues des archives conservées, que les établissements thermaux strasbourgeois (1906-1911) et nancéen (1910-1912) aient pu servir de modèle à Le Ray. Le premier, réalisé pendant l´occupation de l´Alsace, fut conçu sur le modèle allemand dont les principes hygiénistes généraux, repris à Nançy-Thermal, retinrent l´attention de Le Ray dès le début du projet.

Pressé par M. Janvier qui souhaitait présenter le projet en septembre et le déposer pour une demande de subvention auprès de la commission des Jeux au ministère de l´Intérieur, Emmanuel Le Ray élabora en hâte le premier projet pendant ses congés estivaux de 1921, reportant à plus tard l´étude des problèmes techniques. Cet avant-projet présente le bâtiment de la piscine proprement dite, grande halle rectangulaire, encadré, en avant d´une cour d´entrée, de deux ailes en retour d´équerre abritant le logement du régisseur à gauche et l´établissement de bains-douches, accessible depuis le vestibule du bâtiment principal à droite, un petit bâtiment renfermant buanderie et chaufferie étant encore annexé de ce même côté. Au delà d´un couloir de distribution transversale, l´entrée dans le bâtiment principal se fait par un vestibule encadré symétriquement de deux pièces et de services et donnant accès à un espace fermé du côté du bassin par une grille, débouchant sur un couloir de circulation réservé aux personnes chaussées, et faisant le tour complet du bâtiment. Ce couloir dessert deux séries de cabines et, en tête de la piscine, des pédiluves et des douches en commun. La double ouverture des cabines, munie d´un ingénieux système de fermeture (un petit banc rabattable condamnant la porte d´entrée), côté couloir et côté bassin, permet de compléter le système de couloirs indépendants : déshabillés, les baigneurs sortent du côté couloir pour se rendre aux douches obligatoires avant de pénétrer dans l´eau ; ils peuvent par contre remonter directement à leur cabine (côté bassin) après leur bain. Le bassin (14 sur 30 m) est séparé en deux par une corde délimitant le petit bain du grand, l´augmentation progressive de la profondeur du bassin, permettant le passage de 0,85 à 3 m au niveau des plongeoirs. Prévues pour recevoir des manifestations sportives, des tribunes garnies de bancs et desservies par 4 escaliers d´angle, sont installées à l´étage sur le pourtour du bassin. En sous-sol, un couloir de circulation autour des parois du bassin en facilitait la surveillance.

La difficulté du projet était finalement liée à l´emplacement du terrain choisi, les fondations devant être particulièrement bien étudiées en raison de la présence d´une nappe d´eau correspondant au niveau des basses eaux du bief inférieur de la Vilaine ; il fut choisi de construire une semelle basse en béton armé. Ce matériau serait également employé pour les linteaux, les planchers, les points d´appuis des tribunes de tête et enfin pour la cuve du grand bassin. Le projet prévoyait des combles avec charpente en fer et plafond isolant courbe.

Pour l´élévation, Le Ray choisit un parti économique, rationnel et pittoresque ; il précisa dans son premier descriptif : « Les constructions prévues seront traitées comme beaucoup de celles de nous avons déjà élevées à Rennes » (moellons violets de Pont Réan, rehaussés par des bandeaux en briques rouges) ; un effort de traitement fut concentré sur la façade principale avec la « recherche de silhouette heureuse, l´emploi de quelques cabochons de grès, de brique émaillée, les rampants de poutres en terre cuite ». Les corps de bâtiments se détachent les uns des autres en offrant un étagement ludique des toitures agrémentées d´épis de faîtage, couvertes de lanternons, de cheminées ou de lucarnes suivant leur destination, le bâtiment principal venant couronner le corps d´entrée et ses pavillons dont le traitement peut être rapproché de celui des bâtiments scolaires. A l´intérieur, l´emploi de faïence serait généralisé, l´impression de propreté et de clarté devant être soulignée. Le décor, sobre, se limitait à une frise géométrique courant au dessus du niveau des tribunes.

Dès le début de l´année 1922, le projet rencontra la farouche désapprobation d´une partie des Rennais, dont l´opposition à la municipalité et à son projet passa par le biais de la presse locale, le journal « Ouest Eclair » organisant même un référendum « pour ou contre la piscine » à destination de ses lecteurs ; on parlera alors de « campagne anti-sportive ». Le principal grief retenu était l´importante dépense à faire par la municipalité malgré l´aide de l´état, auquel fut demandé une seconde subvention.

La dépense totale s´élevait à 2.160.000 francs ; elle fut en partie couverte par des subventions allouées en octobre 1921 (435.000 francs pour les bains-douches), puis en 1922 (475.000 fr. pour la piscine).

Dans le même temps, et suite à l´acquisition par la ville des bâtiments de la caserne Saint-Georges incendiée en août 1921, les modalités du projet se trouvèrent modifiées puisqu´il fut alors décidé d´implanter la nouvelle piscine sur une partie du terrain rendu disponible et situé au nord de l´ancien couvent. Le projet se déplaçait alors à proximité du centre ville tandis que les difficultés liées au terrain partiellement inondable de la rue A. Guérin se trouvaient éliminées. Le 24 décembre 1922, Emmanuel Le Ray présenta une nouvelle série de plans pour un projet d´ensemble comprenant la restauration et l´aménagement de Saint-Georges, l´installation de bâtiments destinés aux pompiers ainsi qu´un nouveau projet pour la piscine. Ce dernier fut approuvé en février 1923 par les services administratifs parisiens.

Si le principe du parti initial lié au fonctionnement du bâtiment fut conservé, la disposition générale des bâtiments et surtout les élévations furent totalement révisées dans ce second projet. Les ailes en retour disparurent au profit de petits corps de bâtiment de plan centré placés aux extrémités longitudinales de l´édifice et abritant, côté rue Gambetta, le vestibule d´entrée, et à l´arrière, les bains-douches avec leur entrée indépendante. Ce changement entraîna le déplacement des bâtiments de service (salles des machines devant servir à l´alimentation en eau chaude des deux établissements) à l´arrière des salles de douches communes. L´organisation fonctionnelle imitée des piscines allemandes, les escaliers desservant les tribunes furent conservés. Il est probable que date de cette époque la mise aux normes du bassin dont la longueur fut amenée à 33.33 m (sous-multiple de 100) tandis que l´arrondi du petit bain fut rectifié au profit d´un angle droit. Ces deux mesures furent provoquées par la demande de la société française de natation. Plusieurs modifications furent apportées du point de vue constructif : la charpente métallique fut abandonnée au profit de fermes en ciment armé, ce matériau étant également utilisé pour le plafond. L´éclairage de la nef était assuré par un voûtain continu de briques de verre et d´une série de baies longitudinales reposant sur des arcs. Les transformations les plus notables furent dictées par la nouvelle implantation du bâtiment qui nécessitait « d´apporter plus de soin à l´aspect décoratif des façades » (lettre de M. Janvier au ministère de l´Intérieur, datée du 12/02/1923). Ainsi, le caractère pittoresque et rationaliste du projet suburbain fut-il remplacé par une recherche de monumentalité héritée du style Beaux-Arts du tournant du siècle. Le pignon principal du bâtiment, ouvert par un arc surbaissé (dont le profil n´est pas sans rappeler la halle conçue par Dutert et Contamin pour l'exposition universelle de 1889), est encadré de deux pylônes ornés de médaillons et sommés d´amortissements un peu à la manière des grande halles ferroviaires de la fin du 19e siècle. En avant de ce front monumental, le pavillon centré de l´entrée imite, à une échelle plus accueillante, la composition générale et présente un surprenant dispositif avec une porte rectangulaire inscrite dans une baie thermale.

La réalisation :

Le lancement effectif des travaux fit suite à une délibération du conseil municipal du 27/07/1923 et donna lieu à un ensemble de 13 adjudications ; il fut décidé que tous les travaux de maçonnerie (restauration du palais Saint-Georges, piscine et bains) seraient réunis en un seul lot afin de pouvoir bénéficier de rabais importants ; ceux-ci furent adjugés à l´entreprise Alfred Chouard de Bihorel-les-Rouen. En février 1924, les maçonneries des bains-douches et du vestibule étaient partiellement montées tandis que les fondations en béton armé de la piscine étaient commencées dans la partie Est. Huit mois plus tard, en novembre, la charpente des bains-douches était posée, les bas-côtés de la piscine achevés, la piscine étant construite jusqu´à hauteur des galeries. Les travaux de maçonnerie et de béton armé ainsi que la couverture du bâtiment Est furent achevés en avril 1925. Deux séries d´adjudications furent lancées en juin 1924 (travaux de couverture, de plâtrerie et de serrurerie) puis en mars 1925 (travaux de ferronnerie, de plomberie et sanitaires, de peinture et vitrerie), tandis que trois marchés furent passés de gré à gré, sans appel à la concurrence, avec des entreprises spécialisées. Il s´agit des entreprises de décoration, Odorico pour la céramique, Gentil et Bourdet de Billancourt pour les décor de grès flammé, ainsi que de l´entreprise chargée des installations nécessaires à la production d´eau chaude, ventilation, stérilisation des eaux et chauffage. Le Ray se réserva le choix du constructeur et fit appel à la société Grouvelle et Arquembourg, responsable des installations du stade nautique de Paris et de la piscine de la Butte-aux-Cailles, alors tout juste achevée. L´architecte s´y était rendu plusieurs fois depuis ses premières études et décida, en regard de cette installation, de compléter la sienne par des systèmes plus appropriés et plus modernes. Il fut donc prévu un traitement continu de l´eau par filtre puis par stérilisation par l´ozone (procédé utilisé depuis 1923 à Brest pour l´alimentation de la ville en eau potable), ceci permettant une vidange mensuelle du bassin.

Le projet définitif, daté du 10/07/1923, reprend les dispositions générales du second projet pour en affiner quelques détails (passage du vestibule à la piscine par exemple) et pour modifier certains points de la distribution, en particulier dans la partie Est de l´édifice (jonction des deux établissements, disposition des salles de douches et des bâtiments de service, création d´un séchoir à usage des pompiers au sud).

L´établissement de bains, accessible depuis la piscine, se compose donc d´un vestibule disposant d´une entrée indépendante sur la rue Victor Hugo lequel donne accès, sur la gauche, à une longue salle renfermant 24 cabines de douches et baignoires, puis encore à l´Est à des toilettes et pièces de service (lingerie, buanderie, réserves).

Les modifications concernant la piscine elle même n´affectent véritablement que le mode de couvrement de la grande nef, son éclairage et la composition de la façade principale, le parti de distribution général restant inchangé depuis le projet initial. Ainsi, Emmanuel Le Ray choisit-il finalement de couvrir le bassin central d´une voûte continue à pénétrations en arc segmentaire et d´offrir à la nef de nombreuses sources de lumières (verrières des pignons, fenêtres hautes au dessus des tribunes et lucarnes de la voûte). Ce parti semble s´inspirer à la fois de ses deux grands précurseurs, Strasbourg et Nançy, desquels il présente un habile compromis. De Strasbourg, il retient la silhouette générale déterminée par le profil de l´arc et le voûtement à pénétrations, de Nançy principalement les fenêtres hautes percées dans les murs gouttereaux au dessus des tribunes. L´originalité de Le Ray peut être trouvée dans l´étagement progressif des volumes et le système de contrebutement de la voûte maîtresse par des arcs diaphragmes dont les piles avancent au centre des tribunes. L´ossature en béton armé, composée de 10 poteaux en fondation correspondant à huit fermes de charpente pour la grande nef, s´affirme ainsi à l´intérieur de l´édifice.

Les élévations extérieures jouent sur la diversité et sur la polychromie des matériaux : au dessus d´un soubassement de granite appareillé en pierre de taille, le parement de briques jaunes de Hollande est animé par des bandeaux de brique rouge, des éléments de tuffeau, de ciment ou des frises de grès ; il est interrompu, sur les façades latérales, par les claustra d´aération en bois peint. Les baies cintrées sont soulignées par des arcs de briques rouges ou des décors de grès. La recherche de pittoresque et d´animation est également sensible au niveau de la couverture réalisée en tuiles de Marseille avec la multiplication des formes et l´étagement des niveaux des toits.

La composition des façades sur rues, également révisée par rapport au second projet, accentue en particulier la monumentalité des pylônes encadrant l´arche centrale et voit la création d´un petit porche en avant de l´entrée principale ; ces nouvelles dispositions ont peut-être permis une meilleure mise en valeur de l´étonnant décor de style Art Déco qui vient désormais se concentrer sur cette partie de l´édifice. Chaque élément fut étudié avec soin, les grilles et portes dessinées par l´architecte lui même, les modèles de sculpture fournis par Albert Bourget, professeur à l´Ecole des Beaux-Arts de Rennes. Le thème de l´eau est développé sur l´ensemble du décor : une tête de Neptune couronne l´arc du porche, des têtes de femmes (Méduse ?) coiffées de coquilles surmontent les hautes fenêtres des tours d´escaliers, des chutes d´eau ruissellent sur la façade depuis les acrotères du pavillon d´entrée et les parties hautes des pylônes, tandis que des volutes, des vaguelettes, des sources jaillissantes et des amphores viennent orner les ferronneries et les frises du bâtiment.

Le décor de grès flammé fut réalisée par les céramistes Gentil et Bourdet ; Le Ray choisit cette entreprise spécialisée avec laquelle il put élaborer et fournir les modèles de sculptures. Le marché passé en 1925 comprend tous les motifs, frises plates et cintrées, cabochons, clefs d´arc, chutes, mascarons, consoles, plinthes, le carrelage et les inscriptions « Piscine Municipale » et « Bains-Douches » qui ornent les différentes parties du bâtiment.

L´édifice cherche, comme le fait justement remarqué Françoise Hervouin-Lebret, à se démarquer de son contexte urbain tout en affirmant un caractère prestigieux. Il est significatif de remarquer que le béton, utilisé avec plus de franchise dans la partie orientale des bâtiments, est partiellement dissimulé par l´emploi de ciment pierre en façade.

Les travaux de mosaïque firent l´objet d´un cahier des charges très détaillé laissant peu de liberté à l´entreprise Odorico. L´emploi exclusif de la mosaïque, matériau lavable à grande eau et imputrescible, comme revêtement de surface traduit le soucis hygiéniste de la conception : tous les revêtements (sols, murs, pédiluves, cabines de douches, bassin, etc) sont en mosaïque de grès cérame rehaussée de pointe d´émail ; les cloisons de séparation des cabines et les bains-douches sont revêtus de granito (mosaïque polie) tandis que les zones les moins nobles le sont de mosaïque brouillée. Les indications de motifs (bordures) et de changement de couleur furent données par l´architecte ; de la même manière, le plus grand soin dût être apporté à la réalisation de bordures arrondies pour les petits bacs de bains de pieds et les douches.

La seule intervention expressive du célèbre céramiste se trouve dans la frise de vaguelettes et de volutes qui orne le pourtour du bassin. Réalisée dans des nuances de bleus et de verts avivées par des tonalités jaunes et brunes, elle semble accompagner le mouvement et les clapotis de l´eau.

L´édifice, achevé au mois de juin 1926, fut inauguré en grande pompe le 4 juillet suivant. A la dépense engagée, plus de 2000000 de francs au total, répond le rapide succès de l´établissement qui comptait quelques 60000 visiteurs annuels en 1933.

Plusieurs transformations marquent encore l´histoire de la piscine Saint-Georges avec, en mai 1937, l´installation d´un plongeoir, puis, pour les périodes contemporaines, la démolition des 16 cabines de douches de la piscine, remplacées par deux salles de douches en commun, et surtout l´installation d´un plafond suspendu destiné à améliorer l´acoustique du bâtiment sous la grande voûte de béton. On pourra encore noter l´enlèvement des gradins des tribunes et l´installation de vestiaires collectifs à ce niveau. Seule la machinerie et le système de purification de l´eau furent totalement modernisés ; la chaufferie, composée à l´origine de 3 chaudières au charbon et de deux réservoirs à serpentin (une partie de cette installation servant également pour le palais Saint Georges), fut rénovée en 1951 (remplacement du système par 4 chaudières au charbon), en 1968 (installation de 2 chaudières à fuel) et finalement en 1986 avec la réfection globale du système (mise en place de 6 chaudières en cascade à gaz avec surélévation du plancher de la salle des machines). La purification de l´eau est maintenant assurée par un traitement au chlore liquide et un ensemble de 12 filtres permettant le renouvellement des 1000 m3 du bassin en 2h 30 min.

Conclusion :

Témoin d´une politique sociale héritée du courant hygiéniste de la fin du 19e siècle, la piscine Saint-Georges est également le fruit d´une volonté et d´une collaboration artistique entre maîtres et élève dont le souci de faire vivre l´idée de réunion entre les arts trouve ici un accomplissement. Révélatrice de ce que pût être l´Art Déco provincial, de ses efforts mais aussi de ses limites, elle compte parmi les monuments modernes de la ville au même titre que la halle centrale dont elle présente de nombreuses analogies et qui fut réalisée de façon contemporaine par le même architecte.

Parties constituantes non étudiées fontaine, bains douches, jardin
Dénominations piscine, bains publics
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : rue Gambetta
Cadastre : 1980 BP 599

Après la présentation de projets non réalisés en 1921 et 1922, le programme de la piscine s'inscrit dans un lot de travaux lié à la restauration du palais Saint-Georges. La piscine fut construite entre 1923 et 1926 à l'emplacement de l'ancienne église Saint Georges, sur les plans de l'architecte de la ville Emmanuel Le Ray. Alain Bourget dessine les décors en relief de la façade réalisés par les céramistes Gentil et Bourdet. Ces derniers sont les auteurs des décors de grès flammé des façades et du vestibule. Odorico réalise la mosaïque du bassin.

A l'intérieur la voute de béton armé à pénétration est désormais masquée.

Édifice de style Art Déco très peu modifié qui a conservé une grande partie de ses aménagements.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : Le Ray Emmanuel, architecte communal, attribution par source
Auteur : Bourget Alain, sculpteur, attribution par source
Auteur : Odorico Isidore, mosaïste, attribution par source
Auteur : Gentil et Bourdet, céramiste, attribution par source

Édifice de plan longitudinal comprenant, au-delà d'un vestibule d'entrée, un bassin entouré d'une série de cabines et de tribunes supérieures. La partie postérieure du bâtiment abrite les bains-douches qui disposent d'une entrée indépendante. La façade, marquée par deux pylônes monumentaux encadrant la halle, se distingue par la richesse et l'originalité de son décor de mosaïque et de grès flammé.

Les élévations du pavillon d'entrée jouent sur la diversité des matériaux: arcs et bandeaux de brique rouges, éléments de tuffeau, de ciment et frises de grès venant souligner l'architecture sur un parement de briques jaunes.

La grille et le portail d'entrée sont dotés d'une ferronnerie à deux vantaux dessinée par Le Ray.

A l'intérieur, une voûte de béton armé à pénétration, aujourd'hui masquée, couvre un bassin de 33 mètres de longueur. Les parois de la piscine, les cabines, les couloirs et les douches sont pavés de mosaïque de grès cérame dans des tonalités de bleus.

Murs brique
Toit tuile

Données complémentaire architecture Rennes

IAUT unicum
ICHR typicum
IESP unicum région ou pays
ICONTX structurant
ITOPO site de jonction
PINTE Constituant le programme le plus novateur de la municipalité Janvier et l'un des plus grands chantiers rennais de l'entre-deux-guerres, l'édifice, qui répond à des impératifs d'hygiène extrêmement rigoureux à l'époque, est également un manifeste des options architecturales de son auteur. Emmanuel Le Ray fait ici la démonstration de son talent et de sa conception de l'architecture publique (qu'il partage avec Jean Janvier), comme aux halles centrales construites au même moment. Remarquable par la qualité de son décor, à l'extérieur comme à l'intérieur, l'édifice garde la plupart de ses dispositions d'origine malgré quelques transformations.
POS 3
SEL sélectionné
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série M ; M.282 à M.289 bis.

  • A.C. Rennes : Album photographique de la piscine Saint-Georges.

  • Archives privées de la Société des architectes diplômés par le gouvernement (Paris), avant 1900.

Documents figurés
  • La piscine Saint-Georges, vue intérieure des cabines, photographie par Le Couturier, début 20e siècle, (AD Ille-etVilaine : 8 Fi 934).

  • La piscine Saint-Georges, vue intérieure des douches, photographie par Le Couturier, début 20e siècle, (AD Ille-etVilaine : 8 Fi 936).

  • La piscine Saint-Georges, vue intérieure de la salle des machines, photographie par Le Couturier, début 20e siècle, (AD Ille-etVilaine : 8 Fi 937).

  • [1923]. Piscine. Plan du rez-de-chaussée. Dessin, par E. Le Ray, 1923. (A. C. Rennes ; 2 Fi 2258).

  • [1923]. Grande piscine et bains-douches. Ossature en béton armé. Coupes. Dessin, par E. Le Ray, 1923. (A. C. Rennes ; 2 Fi 2263).

  • [1923]. Grande piscine et bains-douches. Façade sur la rue Victor-Hugo. Dessin, par E. Le Ray, 1923. (A. C. Rennes ; 2 Fi 2270).

  • [1923]. Grande piscine et bains-douches. Plan du rez-de-chaussée. Dessin, par E. Le Ray, 1923. (A. C. Rennes ; 2 Fi 2602).

  • [1923]. Grande piscine et bains-douches. Plan du sous-sol. Dessin, par E. Le Ray, 1923. (A. C. Rennes ; 2 Fi 2603).

Bibliographie
  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p. 510
  • GUENE, Hélène, in Rennes, embellir la ville. La mise en valeur d'un quartier résidentiel à la limite du centre ancien : Sévigné, étude réalisée avec le concours du ministère de la Culture et la Ville de Rennes, Paris : L'Art en province, 1987.

    p. 129-132
  • GUENE, Hélène. Odorico mosaïste ; la production d´un atelier italien en Bretagne et Anjou, 1882-1978. Doctorat de troisième cycle en histoire et études des arts. Rennes : Université de Haute-Bretagne, 1983.

  • GUENE, Hélène. Odorico, mosaïste Art Déco. Bruxelles : Archives d´architecture moderne, 1991.

    p.114-118
  • HERVOUIN-LEBRET, Françoise. Emmanuel Le Ray (1859-1936), architecte de la ville de Rennes. Mém. Maîtrise : histoire de l´art. Rennes : Université de Haute Bretagne, 1981.

    p.103-105
  • MARREY, Bernard. Louis Bonnier (1856-1946) . Liège : IFA, Mardaga, 1988.

  • FRANCE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Région Ile-de-France. Architectures du sport : 1870-1940 : Val-de-Marne, Haut-de-Seine. Réd. Antoine Le Bas ; photogr. Christian Décamps. Paris : Ed. Connivences : Association pour le patrimoine d'Ile-de-France ; [Paris] : Inventaire général, 1991.

  • LOYER, François, GUENE, Hélène. L'Eglise, l'Etat et les architectes, Rennes 1870-1940, éditions Norma, 1995.

    p.233-237-239
  • LAURENT, Catherine (sous la direction de). Emmanuel Le Ray, architecte de la Ville de Rennes de 1985 à 1932, Rennes, 2000.

    p. 33-45 ; 96-99
  • LAURENCEAU, Elise. "Piscine Saint-Georges". In Bretagne XXe, un siècle d'architectures, sous la direction de P. Dieudonné), ed. Terre de Brume - AMAB, 2001.

    p. 66-67