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Phare : fanal de Portrieux (Saint-Quay-Portrieux)

Dossier IA22009117 réalisé en 2007

Fiche

Dénominations phare
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Adresse Commune : Saint-Quay-Portrieux
Lieu-dit : le Portrieux

Un premier rapport datant du 30 octobre1847, rédigé par un officier de la Marine, réclamait l'établissement d'un fanal sur le musoir de la jetée de Portrieux, afin de faciliter l'entrée du port de nuit. Ce rapport fut relayé en 1849 par celui de l'ingénieur du service des phares, suite aux plaintes des marins-pêcheurs et armateurs de la région. En effet, de nombreux navires subissaient des avaries du fait du manque d'éclairage du musoir. A l'origine, ce fut une simple lanterne : un "rieu" allumé à la "Priauté" de façon irrégulière, puis un foyer ouvert fonctionnant au bois et au charbon. Le 10 mars 1850, la Commission des Phares approuva l'établissement d'un petit fanal rouge à l'extrémité de la jetée de Portrieux. Il consistait en un appareil sidéral enfermé dans une petite lanterne vitrée en verre rouge hissée chaque soir en haut d'une potence en charpente. Au pied de la potence, on établit une petite cabane en planche afin que l'allumage du feu puisse se faire à couvert. Ce petit feu de port fut allumé le 25 juin 1853. En 1867, le Service des Phares décida de remplacer l'ancien fanal de Portrieux dont la portée était devenue insuffisante par une tourelle en tôle présentée à l'Exposition Universelle. Ce fanal devait être placé au centre du musoir de la jetée de Portrieux. La tourelle fut transportée en même temps et par la même voie que l'ancien phare des Roches Douvres pour cette manifestation. Le feu de port de Portrieux, réclamé depuis longtemps par la marine locale, fut édifié en 1867 et allumé le 10 juin 1868. Le feu resta identique à l'ancien, avec toutefois une intensité accrue.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle
Dates 1852, daté par travaux historiques
1857, daté par travaux historiques

Elévation et distribution intérieure par niveau La tourelle cylindrique (octogonale) en fer et en fonte, dont les plaques verticales sont boulonnées sur des tiges en T aux arêtes, repose sur un socle en pierres de taille. Le fût est surmontée d'une plateforme en encorbellement entourée d'un garde-corps en fer. L'intérieur de la tourelle contient un vide cylindrique occupé par un escalier circulaire à noyau plein en fonte permettant d'accéder directement à la lanterne. (en bronze et cuivre à six montants et vitrée de glaces planes) Circulations et ouvertures : on accède à l'édifice par une porte située face à la terre débouchant directement au pied de l'escalier circulaire intérieur. L'intérieur de l'édifice est éclairé par de petites lucarnes placées à mi-hauteur sur le fût de la tourelle et disposées sur chaque montant vertical composant l'enveloppe du fanal. La tourelle a été entièrement réalisée en tôle. L'enveloppe extérieure pèse 4500 kg sans l'escalier en fonte. Seul le socle, où est scellée la tourelle, est réalisé en pierres de taille. Le garde-corps entourant la plateforme supérieure est en fer travaillé et offre un très joli aspect décoratif. La plateforme en tôle surmontée de la lanterne est coiffée d'une coupole en bronze. Le fanal de Saint-Quay est situé au centre du musoir de la jetée du port d'échouage de Portrieux. La tourelle est placée sur la jetée située du côté nord de l'entrée du port, en arrière du nouveau port de plaisance construit en eau profonde, à l'ouest. Caractéristiques pour la navigation : amer : tourelle blanche. Parties inférieures et supérieures de couleur verte. Inscriptions en blanc sur panneau vert : "Saint-Quay-Portrieux". Feu : sur la tourelle. Lanterne à entretien extérieur. Alimentation : accumulateurs 12 V alimentés par générateur solaire photovoltaïque.

Murs fonte
acier
bronze
Énergies énergie solaire
États conservations bon état, inégal suivant les parties
Techniques ferronnerie
fonderie
Mesures h : 1195.0
la : 200.0

Le fanal de Portrieux est un édifice à signaler car il représente un unicum dans le département des Côtes d'Armor. C'est le seul fanal de cette nature, construit en métal. Il fut présenté à l'Exposition Universelle de Paris en 1867, en même temps que le phare des Roches-Douvres (en métal), aujourd'hui détruit. Il offre une grande originalité de conception.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Exécution des travaux du fanal (synthèse d'après les recherches effectuées auprès des archives de la DDE).

    La tour métallique composant la fanal fut exécutée à Paris dans les ateliers de Mr Rigolet d'après le projet et sous la direction de Mr. Reynaud, Directeur du Service des Phares et Balises, et de Mr. Allard, ingénieur en chef du service central.

    Tout d'abord, cette tour métallique fut montée en 1866 sur le Champ de Mars à Paris et figura à l'Exposition Universelle de 1867. Puis, dès le mois de janvier 1868, les diverses pièces de la construction furent démontées, emballées et transportées à Portrieux. L'état des objets à expédier de Paris à Portrieux faisait apparaître 71 colis, pesant 14 210 kilogrammes. Il est à signaler que figuraient dans le même envoi 1 319 colis pesant 365 958 kilogrammes destinés à la construction du phare des Roches Douvres. Le transport de Paris jusqu'au port de Portrieux s'effectua par voie d'eau. Le fanal fut débarqué à Portrieux le 29 avril 1868.

    Les travaux pour la construction du fanal furent exécutés en régie. Pour l'établissement de la base en maçonnerie, il fallut dans un premier temps, pratiquer une fouille de 1, 10 mètre de profondeur en moyenne dans la jetée. Ensuite on maçonna avec du mortier du ciment tout le fond de manière à combler tous les vides. Puis, sur cette plateforme on traça un cercle de 3, 60 mètres de diamètre, et sur la circonférence on éleva un mur en pierres sèches pour combler l'intervalle entre le béton et les parois très irrégulières de la fouille. Sur ce socle, on scella le revêtement en fonte de la base de la tourelle au moyen de goujons.

    Transformations architecturales

    La tourelle métallique fut donc montée au centre du musoir sur un massif en maçonnerie de ciment de 1, 10 mètre d'épaisseur et de 3,60 mètres de diamètre. Quelques années plus tard, en 1879, la jetée, où était établi le fanal, fut prolongée de 198 mètres. Le Service des Phares et Balises décida de déplacer la tourelle pour l'amener à l'extrémité de la jetée prolongée. Pour cela on enleva d'abord la lanterne, le garde corps et le soubassement. On coupa ensuite les goujons de scellement pour pouvoir enlever le fût de la tourelle au moyen d'une bigue et de palans. Ensuite le fût fut avancé dans une position horizontale jusqu'à son nouvel emplacement au moyen de rouleaux, opération qui exigea un temps assez long. Enfin le fût fut redressé par le même procédé que pour l'abattage. La tourelle fut scellée avec de nouveaux goujons. Rien ne fut dégradé durant cette opération. Le déplacement de la tourelle eut lieu en octobre 1879 et le feu réallumé le ler novembre 1879.

    Modification d'éclairage du feu

    En 1948, le feu, fonctionnant au pétrole fut électrifié. On en profita pour modifier son caractère en feu vert isophase avec secteur blanc.

  • Parmi les éléments architecturaux importants, il faut citer la tourelle de Saint-Quay-Portrieux. Elle a été présentée à l´exposition universelle de 1867, en même temps que le premier phare des Roches Douvres. Elle est la première du genre à avoir été utilisée par le service des phares. Les éléments métalliques et standardisés, par leur facilité d´usage, leur faible coût de fabrication et leur légèreté, permettaient une installation rapide sur les jetées ou les quais (F. Dreyer, Inventaire des phares 2000).

  • 20072207594NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 588.

    20072207593NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S Suppl. 588.

    20072207595NUCB : Collection particulière)

    20072208075NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, Fonds Joel Jouas Poutrel, Barat.

    20072207599NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, Fonds Barat.

    20072208101NUCB : Collection particulière)

    20072207597NUCB : Collection particulière)

    20072207881NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S Art. 550.

    20072207596NUCB : Collection particulière)

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série Supplément 588. Plan : phare de l'Île Harbour (1897) et fanal de Portrieux (1846-1851).

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Barat : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920 par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855.

Bibliographie
  • AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.

  • PELAUD, M. Ports maritimes de la France. Notices sur les ports des baies de Saint-Brieuc et du Guildo et des parages voisins. Ministère des Travaux Publics : Imprimerie nationale, 1878.

  • REYNAUD, Léonce. Mémoire sur l'éclairage et le balisage des côtes de France. Paris, 1864.