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Phare du Grand Léjon

Dossier IA22009125 réalisé en 2007

Fiche

Dénominations phare
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Adresse Commune : Saint-Quay-Portrieux
Cadastre : Domaine Public Maritime

Le phare du Grand Léjon est situé au nord et à l'entrée de la baie de Saint-Brieuc. L'édifice, construit sur la roche du Grand Léjon, est entouré de nombreux écueils recouverts à marée haute. Le premier projet de construction d'une tourelle en maçonnerie sur la roche dite du Grand Léjon, date de 1855. Les travaux de construction du phare débutèrent en 1859 et s'achevèrent en 1862. Dés cette époque la tour-balise fut conçue pour être par la suite exhaussée dans le but de recevoir un feu. En 1877, un lieutenant de vaisseau proposa d'apporter des modifications à l'éclairage de la baie de Saint-Brieuc. Après une étude menée en 1877, attestant de la solidité de la tourelle, il fut décidé de l'exhausser pour y établir un feu gardé de 4ème ordre, blanc scintillant. Le premier allumage eut lieu en 1882. Les travaux de construction de la tourelle primitive en maçonnerie présentaient de nombreuses difficultés en raison du débarquement possible uniquement à marée haute et par temps calme. On choisit de construire l'édifice avec des moellons plutôt qu'avec des pierres de taille plus difficiles à transporter sur la roche. En 1954 la Commission des Phares décida de transformer le phare du Grand Léjon en feu à gaz, non gardé.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1862, daté par travaux historiques
1882, daté par travaux historiques

Le phare est constitué d'une tour cylindrique de forme tronconique surmontée d'une plate-forme supportant l'appareil d'éclairage composé d'une lanterne. Hauteur de la tour au-dessus du niveau du rocher : 24, 80 m. Forme du toit : Plate forme en pierre de taille, surmontée de la lanterne en ardoise et métal. Hauteur au niveau des plus hautes mers : 18, 20 m L'ouvrage a été réalisé en moellons ordinaires de nature granitique. La pierre de taille provenant des carrières de Saint-Brieuc a été employée pour le cordon, les encadrements des ouvertures, la corniche, le parapet et le dallage de la terrasse supérieure.

Murs granite
moellon
États conservations bon état
Techniques maçonnerie

Cet édifice maritime mérite d'être signalé comme arcitecture remarquable du patrimoine maritime.

Statut de la propriété propriété de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • L'origine de la construction (synthèse d'après les recherches de Guy Prigent) :

    Le premier projet de construction d'une tourelle en maçonnerie sur la roche dite le Grand Léjon date de 1855. Le projet fut approuvé par une décision ministérielle le 19 avril 1856. Ce rocher, situé au nord de la baie de Saint Brieuc, était réputé comme le plus dangereux des écueils se trouvant dans les environs. Les travaux de construction 'débutèrent en 1859 et s'achevèrent en 1862.

    En 1877, un lieutenant de vaisseau proposa des modifications à apporter à l'éclairage de la baie de Saint Brieuc. En effet pour compléter l'éclairage de la partie de côte comprise entre le Cap Fréhel et 1'lle de Bréhat et pour permettre, en même temps, la navigation de nuit dans la baie de Saint Brieuc, il était indispensable d'établir un feu à secteur sur le Grand Léjon. Cet aménagement fut facilité par la tourelle qui indiquait déjà cet écueil de jour. Après une étude sérieuse menée en 1877, attestant de la solidité de la tourelle, il fut décidé de l'exhausser pour y établir un feu gardé de 4ème ordre, blanc et scintillant. Le projet de construction fut accepté par une décision ministérielle en date du 6 août 1878. Le premier allumage eut lieu en 1882. L'objet de ce phare était de signaler à la grande navigation tout danger éloigné des côtes et d'éclairer dans la baie de Saint Brieuc, une passe menant au port de Saint Brieuc. Le nouvel édifice devait, de plus, satisfaire à certaines conditions : servir de logement à deux gardiens et contenir l'appareil d'éclairage.

    L'exécution des travaux :

    Les travaux de construction de la tourelle primitive en maçonnerie débutèrent en février 1857 par des études de reconnaissance d'abordage de la roche. Le chantier ne pouvaient s'effectuer que pendant l'été, par beau temps.

    La tourelle fut établie au sud est du rocher. Elle se composait d'un socle de forme cylindrique de 0,30 mètre de hauteur sur 4,90 mètres de diamètre, complètement noyé dans le rocher, d'un fût cylindrique de 9,40 mètres de hauteur sur 6,60 mètres de diamètre et d'un pointement conique ayant la même base que le fût et 0,20 mètre de hauteur. Il fut ménagé dans le parement de la tourelle, vers le sud est, une feuillure de 0,25 mètre de profondeur pour l'aménagement d'une échelle de sauvetage. La tourelle fut réalisée en moellons maçonnés de granit provenant des carrières de Saint Brieuc. Pour l'exécution de la tourelle, le rocher fut dérasé et dressé horizontalement à 0,30 mètre en contrebas du niveau moyen du plateau. Les travaux furent réalisés à l'entreprise pour la fourniture des matériaux mais exécutés en régie (des ponts et Chaussées) pour la construction de la tourelle.

    La tourelle balise du Grand Léjon fut construite au moyen d'un chantier campé sur un bugalet stationnaire de 80 tonneaux appartenant à la Marine. Pendant trois années consécutives, le navire, armé par un équipage de 12 marins de la division de Cherbourg, de son patron habituel et commandé par un maître au cabotage pratiquant la baie de Saint Brieuc, mouilla aux abords de la roche.

    Lors de l'exhaussement de la tour qui commença en 1879 et s'acheva en 1881, un chantier identique fut mis en place. L'année suivante on préféra remplacer le bugalet par un navire de commerce. Les travaux furent réalisés à l'entreprise pour la fourniture des matériaux et en régie pour les travaux de maçonnerie, les enduits, le dallage et la menuiserie. A la fin de la campagne de 1880, le gros oeuvre était achevé et il ne restait plus que l'escalier en fonte de l'intérieur de la tour, l'échelle en bronze pour y accéder, les planchers, les menuiseries, le dallage et les enduits à réaliser.

    Pour encastrer les maçonneries nouvelles dans les anciennes, on démolit les trois assises supérieures de la tourelle correspondant à une hauteur d'environ 0,75 mètre. On posa ensuite un cordon de 0,50 mètre de hauteur en saillie de 0,10 mètre sur les anciennes maçonneries formant la délimitation entre les deux parties. Puis on commença les travaux d'édification.

    Les transformations architecturales

    Le rocher du Grand Léjon fut d'abord signalé par une tour en maçonnerie, commencée en 1859 et terminée en 1862.

    Cependant, il semble que déjà à cette époque, des craintes quant à la solidité de la tourelle, du fait qu'elle vibrait par l'effet des grosses lames de nord ouest, sont apparues. Les rochers de la plate forme qui l'environnaient, provoquaient un effet d'entonnoir qui concentraient sur le soubassement certaines de ces lames. En 1877 une étude sérieuse a été réalisée pour déterminer le degré de solidité de la tourelle pour son exhaussement afin d'établir un feu gardé. Cette solidité s'averra suffisante pour l'établissement d'un feu.

    La tourelle construite à l'origine sur la roche du Grand Léjon avait un diamètre à sa base inférieure de 8,50 mètres et à sa base supérieure de 7,40 mètres. Son sommet était édifié à environ 5,50 mètres au dessus des plus hautes marées d'équinoxe. On surmonta donc le massif plein d'une tour creuse, de forme ronde possédant une pièce à chacun de ses 4 niveaux et surmontée d'une lanterne. Pour éviter la surcharge de poids sur le massif plein, on limita la hauteur et le diamètre de la tour. Cet espace de vie réduit se révèla très contraignant pour les habitants du phare.

    En effet, l'espace intérieur était trop exigu pour vivre à plusieurs, isolés pendant des semaines. En effet, une seule chambre avait été prévue pour les trois gardiens. De plus, par gros temps, de fortes vibrations se faisaient sentir dans la salle de veille. D'ailleurs, plus tard, en 1938, un projet de rehaussement du phare fut établi en vue de l'aménagement d'une sirène de brume. A cette occasion il fut prévu l'installation d'une pièce supplémentaire pour améliorer les conditions d'habitat. Ce projet ne fut jamais réalisé, ni celui d'ailleurs de 1948, pour lequel il fut conclu que la maçonnerie de la tourelle n'offrait pas assez de bonnes garanties pour surcharger la tête du phare.

    Modification d'éclairage du feu :

    L'éclairage primitif était fourni par une lampe à deux mèches. La lanterne d'origine avait 2 mètres de diamètre. C'était un feu équipé avec un appareil lenticulaire de 4ème ordre, alternativement fixe et scintillant pendant des intervalles de 30 secondes. On employait l'huile minérale comme combustible.

    En 1905, on renforça la luminance du phare en substituant au brûleur à mèches, un brûleur à incandescence par la vapeur de pétrole sous pression.

    En 1930, on modifia le caractère du phare en remplaçant l'ancien appareil par un appareil de feu éclair de 3ème ordre avec éclats groupés par 5 toutes les 20 secondes.

    En 1954, un projet de suppression du gardiennage du feu fut proposé en raison de l'impossibilité de réaménager le phare pour offrir un logement correct aux gardiens. Par décision ministérielle du 18 mars 1954, on décida de transformer le phare du Grand Léjon en feu à gaz non gardé. Le 17 juin 1963, le Directeur du Service des Phares et Balises prit en considération la transformation du feu à pétrole du Grand Léjon en feu automatique à gaz à éclats tournants. Les travaux de transformation furent réalisés en 1967.

  • Elévation et distribution intérieure par niveau :

    La tour est composée de deux parties distinctes, d'un massif plein ayant servi initialement d'amer et d'une tour creuse contenant des pièces de service habitables. Le massif plein possède un diamètre à sa base inférieure de 8,50 mètres et de 7,40 mètres à sa base supérieure. Au dessus est édifiée la tour creuse séparée du massif plein par un cordon formant une galerie extérieure entourée d'une balustrade. Du dessus de ce cordon jusqu'au dessous de la corniche, le fût a une hauteur de 10,75 mètres et un diamètre variant de 6,14 mètres à 7 mètres. La corniche possède une hauteur de 0,65 mètre et forme une saillie de 0,45 mètre. Au dessus de la corniche s'élève un parapet haut de 0,90 mètre. Une plate forme sur laquelle repose la lanterne couronne la tour.

    Au tiers de sa hauteur, l'édifice a un renflement désagréable, très accentué dans le nord ouest. C'est un vice de construction, connu et attribué à la malveillance d'un maçon.

    Le phare comprend 4 niveaux correspondant chacun à une pièce qui avait une fonction précise avant l'automatisation du phare. Au rez de chaussée se trouve une pièce ayant servi de magasin à eau douce et à pétrole. Ce magasin est séparé par un couloir qui le partage en deux petites pièces. La porte d'entrée débouche sur ce couloir. Au premier étage, il y a une cuisine et au deuxième niveau, se trouve une chambre de gardien. Au dessus, au dernier niveau se trouve la salle de service qui donne accès à la lanterne. Toutes ces pièces font environ 2.80 mètres sur 3 mètres.

    Circulations :

    On monte du pied de la tour jusqu'au niveau de la porte d'entrée par une échelle posée en saillie sur la maçonnerie. Cette échelle est placée dans l'axe de la porte d'entrée. Au niveau du cordon séparant le massif plein de la tour creuse est établie une galerie métallique à claire voie. Elle fait le tour de l'édifice à la hauteur du rez de chaussée. Cette galerie permettait aux gardiens de se rendre à l'extérieur du phare. Les différentes pièces sont mises en communication par un escalier tournant en fonte de 42 marches. On accède de la chambre de service à l'appareil par un autre escalier tournant en fonte de 13 marches.

    Les ouvertures extérieures sont au nombre de huit. Au rez de chaussée, au niveau du dessus du cordon se trouve la porte d'entrée, située au sud est et débouchant dans le couloir séparant le magasin. Celui ci est éclairé par deux lucarnes. Une fenêtre a été percée à chaque étage pour éclairer la cuisine, la chambre à coucher et la chambre de service. Elles sont placées au dessus de la porte d'entrée. Trois autres fenêtres, plus petites, ont été percées pour éclairer l'escalier dans la face opposée.

  • 20072207878NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S 579.

    20072207879NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S 579.

    20072207998NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 561.

    20072207999NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S. Suppl. 561.

    20072207614NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, Fonds Barat.

    20072207615NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, Fonds Barat.

    20072207880NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, S Art. 550.

    20072207997NUCB : DDE 22, Services des Phares et balises

    20072207996NUCB : DDE 22, Services des Phares et balises

    20072207995NUCB : DDE 22, Services des Phares et balises

    20072207994NUCB : DDE 22, Services des Phares et balises

    20072207654NUCB : DDE 22, Services des Phares et balises

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série S art. 550. Photographies des phares et feux des Côtes du Nord, non daté (archives DDE, Phares et Balises).

  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série S 579, S 580, S 581. Construction du phare du Grand Léjon, plan général (1849-1862) ; exhaussement de la tourelle (1877-1882) ; amélioration des conditions d'accostage, modification de l'appareil.

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Barat : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920 par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855.

Bibliographie
  • AMICEL, Corinne. Inventaire des phares et fanaux des Côtes d'Armor. Rennes 2 : Université de Haute Bretagne, maîtrise d'histoire, sous la direction de Jean-Yves Andrieux, 1995.

  • FICHOU, Jean-Christophe, LE HENAFF, Noël, MEVEL, Xavier. Phares, histoire du balisage et de l´éclairage des côtes de France. Douarnenez : Editions Le Chasse-Marée/Armen, 1999.

  • REYNAUD, Léonce. Mémoire sur l'éclairage et le balisage des côtes de France. Paris, 1864.

  • PRIGENT, Guy. Phares et Balises. Rennes : Editions Apogée, 2002.

Documents audio
  • PRIGENT, Guy. Témoignage oral de Gérard Milon, gardien de phare. Lézardrieux : 2002.

    Témoignage oral