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Papeterie de Caradec (Guégon)

Dossier IA56008405 réalisé en 2015

Fiche

Dénominations usine à papier
Aire d'étude et canton Bretagne - Morbihan
Hydrographies L'Oust
Adresse Commune : Guégon

Cette fabrique de papier, modeste à son démarrage, est située sur l’Oust, à Guégon, à l'ouest de Josselin. Elle est devenue une importante usine de fabrication de carton, gérée par une société de dimension internationale. Elle est fondée, vers 1850, par un ingénieur civil demeurant à Josselin, Charles Dronne, qui est le directeur de la Compagnie Minière du Morbihan. Il demande, en 1856, concession d'un chute d'eau de l'écluse du canal. Un dossier retraçant les étapes de l'évolution industrielle du site est consultable aux Archives Départementales du Morbihan. Le 25 novembre 1854, il acquiert, à Josselin, par vente faite par le Service des Domaines, une parcelle de 29 ares située an amont du pont de Caradec, à côté du versoir. Il présente, en 1856, à l'administration des Ponts et Chaussées, une concession pour une chute d'eau de l'écluse du canal avec l'autorisation d'utiliser un volume d'un mètre cube d'eau par seconde. Cette chute d'eau doit servir à mettre en mouvement les appareils d'une usine qui sera soit une minoterie, une scierie mécanique ou une papeterie. L'opportunité de l'énergie hydraulique pour développer des activités industrielles rentables, permet également d'envisager de réunir deux de ces types d'établissements.

Les premiers essais de fabrication de carton, à partir de genêt comme matière première, ne sont pas concluants. Le 15 octobre 1859, une nouvelle demande de concession de chute d'eau est présentée par le mandataire de M. Cabasson, Charles Théodore Theulère, propriétaire d'un terrain situé près de l'usine de Caradec. Il argumente sa requête par le fait qu'il n'y a pas d'autre usine à proximité, en amont, ni sur la rive droite de l'Oust. En aval, à une assez grande distance, se trouve le moulin de Beaufort. Des précisions nous sont données : la chute d'eau doit servir à faire fonctionner une usine destinée à extraire mécaniquement, par la mouture et la trituration, et accidentellement par la macération, des fibres végétales plus ou moins filamenteuses (tels qu'ajoncs, fougères...). Le projet de règlement indique qu'il s'agit de confectionner, avec ces fibres, du papier, du carton ou autres produits du même genre.

En 1860, François Dominique Cabasson, représentant la Compagnie Minière du Morbihan, qui s'est substitué à Monsieur Dronne, modifie l’outillage et fabrique du papier d’emballage avec de la paille de seigle récoltée aux alentours. M. Baudais prend, en 1876, la suite de M. Cabasson et de la Compagnie Minière. L'outil de travail semble fonctionner dans des conditions satisfaisantes, les statistiques industrielles effectuées par la Préfecture du Morbihan nous informent qu'au premier trimestre 1877, trente ouvriers y sont actifs. A la fin de la même année, y travaillent 20 hommes, 8 femmes, 4 filles mineures et 5 enfants. Mais, l'état du deuxième trimestre 1878 nous apprend que, dès janvier, l'usine est au chômage et que le propriétaire est en faillite depuis six semaines.

En 1883, un nouvel acquéreur est aux commandes de la fabrique, M. Le Déliou. Il est "expert, ancien notaire, escompte et recouvrements, assureur de la Compagnie du Soleil, fabrique de papier, usine à vapeur et hydraulique". L'établissement est inscrit sur l'état statistique établi le 23 mai 1883. Son rôle est bref car, dès 1885, l'usine a un nouveau dirigeant.

Paul Droniou, qui vient de Landerneau, fait alors connaître à l’entreprise une ère de prospérité. Il équipe l’usine de cinq turbines, sept paires de meules et deux machines à papier. Une centrale hydroélectrique, située au Rouvray, fournit le courant électrique. 70 ouvriers y sont employés par la fabrique qui se spécialise dans la production de papier jaune ondulé pour l’emballage des produits alimentaires. Après la Première Guerre Mondiale, la production atteint 4 tonnes par jour. A cette période d’euphorie, succède la crise économique des années 1920-1930. Le propriétaire de cette époque, M. Lejeune, décide alors de développer la production de carton ondulé pour écouler plus facilement le papier fabriqué. Mais il fait faillite et l’usine doit fermer en 1934.

Une partie du site est transformée en usine hydroélectrique, actuellement fermée. Le site est plusieurs fois modernisé au cours du XXème siècle. M. Léon Clergeau la remet en marche et redémarre la production de carton ondulé à base de paille, chiffons et papiers usagés. Après la Seconde Guerre Mondiale, en 1946, de gros investissements sont réalisés pour améliorer les prix de revient et la qualité du papier. Les meules et les fosses à macération sont supprimées, la production de la pâte s’effectue en continu. Mais la production de papier n’est plus compétitive, elle est arrêtée définitivement en 1965. L’usine se concentre alors sur la fabrication de carton ondulé.

En 1989, l’établissement emploie 145 personnes et produit 30 000 tonnes d’emballages en carton, principalement destinés à la clientèle bretonne. Depuis 2013, l'entreprise est la propriété d'Europac, société espagnole implantée en France depuis 2008.

Période(s) Principale : milieu 19e siècle

La papeterie a été plusieurs fois modernisée au cours du XXème siècle. Les bâtiments actuels correspondent à une usine moderne qui fabrique du carton ondulé. Le seul vestige de l'ancienne papeterie est un bâtiment qui abritait la chaudière.

Murs enduit
brique
États conservations vestiges

Références documentaires

Bibliographie
  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1