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Outil de pêche : casier à langoustes et à homards

Dossier IM22005811 réalisé en 2008

Fiche

Dénominations outil de pêche
Aire d'étude et canton Bretagne - Paimpol
Adresse Commune : Ploubazlanec
Lieu-dit : Loguivy-de-la-Mer
Emplacement dans l'édifice église de Saint-Ivy

Le casier sélectionné est daté du 2ème quart du 20ème siècle. Il a été offert à l'église de Saint-Ivy par un marin pêcheur de Loguivy. L'église de Saint-Ivy a pris le vocable de saint Ivy, diacre de saint Guthbert, moine évêque venu de Landisfarne au Nord de la Grande-Bretagne sur laes côtes bretonnes vers 685. Il aurait fondé un monastère auquel ses disciples auraient donné son nom 'Loc-Ivy'. Il est probable qu'un hameau de pêcheurs existait dans cette anse abritée au moment de l'arrivée des premiers moines. Les casiers ronds en bois ont d'abord été remplacés par les casiers cylindriques, inspirés des casiers en bois des Camarétois, avant d'être remplacés à la fin du 20ème siècle par des casiers en plastique ou en fer, de forme ronde.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle

Le casier loguivien a la forme d'une nasse, de forme circulaire, avec un fond plat, tressé en osier ou en lattes de chataignier, d'un diamètre d'environ 61 cmet d'une hauteur de 45 cm. Un goulot forme l'ouverture supérieure du casier.Le 2ème casier dit 'casier camarétois' mesure 76 cm de longueur et 59 cm de diamètre.

Catégories patrimoine maritime
Matériaux bois
osier
Précision dimensions

d = 61 ; h = 45

Précision état de conservation

Bon état.

Statut de la propriété propriété d'une association diocésaine

Annexes

  • Les casiers à langoustes et à homards. La pratique du casier et son évolution

    Les premiers engins de pêche aux grands crustacés décrits par Le Masson du Parc en 1727 sont des petites nasses à corlazos, utilisés par les pêcheurs du Morbihan. Ses rapports de pêche ne mentionnent pas d'autres techniques sur le littoral vannetais. Il faut remonter en Bretagne Nord, en pays Léonard et en Trégor, pour que celui-ci évoque "paniers, nasses, berres ou cages pour la capture du homard et crabes" à bord de petites embarcations. La pêche à pied dans les rochers pendant les grandes marées semble davantage être privilégiée par les populations littorales à l'aide de guidons et de crocs. I'inspecteur des pêches constate le peu de commerce fait de ces 'poissons à croûte', conservés dans des claies, ancêtres du vivier en bois.

    Les casiers employés communément par les Loguiviens à la fin du 19ème siècle sont fabriqués sur moules en osier tressé, avec des formes rondes, sur un fond plat et circulaire, le "bourrelet" (1 mètre de diamètre), qui empêche le casier de dérader ; le goulot ('brok' en breton) est située sur la partie supérieure du casier qui se lève verticalement. Ils sont plus pêchants que les casiers dits modernes, mais s'avèrent très encombrants à bord des bateaux creux ou même pontés. Un canot de 20 pieds pouvait néanmoins transporter une quinzaine de casiers à la fois, mais devait lever régulièrement ses nasses de façon individuelle.

    Le casier traditionnel camarétois possède une forme cylindrique longue d'un mètre environ avec un diamètre de 70 cm. C'est le plus répandu pour pêcher la langouste. Deux entonnoirs latéraux en bois dur, de 20 cm de diamètre pour la langouste (plus petits pour le homard), recouverts d'un filet en chanvre, piège le poisson, retenu dans cette nasse confectionnée avec des lattes (feuillards) de châtaignier cerclées et des barrots transversaux. L'ensemble est ensuite ovalisé en force pour éviter que le casier ne roule sur lui même. Les casiers gréés en couple sont remontés à l'horizontale à l'aide des pattes d'oie d'extrémité. Sur les fonds de la chaussée de Sein, l'usage, à l'imitation des Audiernais, est de gréer un 3ème casier, lesté d'une seule pierre.

    C'est le type "paner 'hir', qui va se répandre sur toute la côte, en améliorant la technique : l'innovation va consister à raccourcir la longueur du casier pour gagner en encombrement et à remplacer les goulots latéraux par une ouverture centrale et verticale. Moins pêchant que son prédécesseur, ce nouveau casier conserve cependant mieux ses prises et n'est pas noyé par le goémon. La technique de pêche mise en oeuvre permet dans ces conditions de mouiller les engins à la tombée de la nuit, après les avoir boëtter avec du grondin salé ou du chinchard, et de les laisser travailler plus longtemps, soit de regrouper les casiers en plusieurs filières et de les relever au fur et à mesure. Le rythme de travail en est amélioré avec des rotations mieux adaptées. De plus, les bateaux avec viviers peuvent stocker et ranger ces casiers) plus aisément en pontée, à plat, en augmentant leur franc bord et leur sécurité.