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Oratoire Notre-Dame-de-la-Garde, Dahouët (Pléneuf-Val-André)

Dossier IA22002127 inclus dans Ancien écart dit port de Dahouët, actuellement quartier et port de Dahouët (Pléneuf-Val-André) réalisé en 2003

Fiche

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VocablesNotre-Dame-de-la-Garde
Dénominationsoratoire
Aire d'étude et cantonCommunes littorales des Côtes-d'Armor - Pléneuf-Val-André
AdresseCommune : Pléneuf-Val-André
Lieu-dit : Dahouët
Cadastre : 1811 , E 870 ; 2003 , H 381

Coulée en fonte, à Nevers, la première statue de Notre-Dame, placée sur un socle de granite rose d'Erquy, fut bénie le 16 mars 1864 par Monseigneur David, évêque de Saint-Brieuc, au moment où était érigé le sanctuaire de Notre-Dame de la Garde à Marseille. A l'origine, placée sur le quai, au pignon de la maison Dagorne, elle fut transportée un an plus tard à son emplacement actuel, sur un promontoire rocheux dominant la passe principale est de Dahouët. Elle dut être restaurée une première fois en 1894, à cause des tempêtes, par les soins de l'abbé Jaffrain, alors recteur de Pléneuf, et reçut une deuxième bénédiction trente ans jour pour jour après sa première installation. Son socle fut alors protégé par un dôme soutenu par quatre colonnes de granite. Il se couvrit peu à peu d'ex-votos symbolisant la reconnaissance des marins et des équipages entiers qu'elle avait protégés. Une troisième date est à retenir dans l'histoire de cette statue, celle du 11 juillet 1950, date à laquelle Notre-Dame-de-la-Garde de Marseille vint rendre visite à sa soeur jumelle de Dahouët. Battue par les vents et le sel marin, la statue s'effondra un siècle plus tard, pendant la tempête de juin 1965. En 1966, elle fut remplacée par une autre statut de la Vierge, sculptée dans le granit par le maître Auguste Bourdais de Boquen. Depuis bientôt cent vingt années, Notre Dame-de-la-Garde poursuit sa veille protectrice à l'entrée du vieux port de Dahouët (témoignage oral de Michel Grimaud). Les cérémonies de la bénédiction de la statue et le traditionnel Pardon de la mer se déroulèrent le 15 août, selon les grandes lignes suivantes : A 16 h 30 : grande messe devant la chapelle de Dahouët, chantée par l'abbé Garnier de Saint-Brieuc. Pendant la messe l'homélie fut récitée par le père Bernard, prieuré de l'abbaye de Boquen A 17 h 30 : procession de la chapelle à l'oratoire et allocution du père Bernard, en présence de l'abbé Clément, curé de Pléneuf-Val-André. Cette cérémonie du Pardon s'inscrit dans une longue tradition liée au riche passé maritime du port de Dahouët, que ce soit pour l'Islande et Terre-Neuve, la pêche côtière, le cabotage ou la marine au long cours. Au fil des ans, tous ces marins ont parfois payé un lourd tribut à la mer et ils se sont depuis longtemps placés sous la protection de la Vierge Marie. Le Pardon est donc une cérémonie à la mémoire des marins péris en mer, qui associe la chapelle Notre Dame de la Garde construite en 1925-1926 et l'oratoire du même nom. De 1864 à 1920, la fête de la bénédiction des navires avait lieu en février-mars, avant leur départ pour la Grande Pêche. A partir de 1920, la pêche à Islande s'étant arrêtée, la fête fut reportée fin août début septembre. Théodore Botrel commentait cette cérémonie en ces termes : Debout devant la mer traîtresse Humble Vierge de Dahouët Combien de bateaux en détresse As-tu béni et sauvé déjà ? Extrait du "Journal de Lamballe", le 14 février 1892 : Février 1892 : le 2e dimanche, avait lieu à Dahouët la bénédiction de la flottille islandaise au nombre de dix goélettes : le Prosper, la Jeanne, l'Abeille, l'Elisabeth, l'Arthur, la Glaneuse, armateur Maison Carfantan ; l'Andrée, la marie Berthe, l'Elia Jean, armateur M. Hamonet ; le Saint-Marc, armateur Boscher Delangle : la Rachelle, armateur M. de Boutvillain de Grand Pré ; et enfin le René, armateur M. Jobert. Les bateaux étaient pavoisés. La procession avec à sa tête le recteur de Pléneuf et la population maritime des environs. Aussitôt les clochettes des navires se font entendre. Arrivé au sommet du rocher où est érigée une magnifique statue de la Vierge, le chœur des jeunes filles entonna le cantique : Notre Dame de la Garde Ramène les matelots Sains et saufs à notre port Malgré la fureur des flots. Remarque : pour les services des Ponts et Chaussées, l'oratoire à l'entrée du port de Dahouët n'est pas classée comme amer.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle
Dates1864, daté par source

L'oratoire abrite la statue de Notre-Dame-de-la-Garde et occupe une surface au sol de 4 m sur 4 m, pour une hauteur totale de l'édifice de 6-7 mètres. Les marches d'accès et le mur de soutènement en grès permettent de contenir la foule les jours de pardon. L'oratoire est constitué de 4 colonnes de granite, taillées par Jean Auffray tailleur de pierres en 1893 (en monolithes de l'Ile Grande), d'une hauteur de 3,50 m de haut, soutenant une charpente en bois peint, surmontée d'un dôme en zinc (André Barbedienne, ferblantier), avec une flèche. A l'intérieur de l'oratoire, un tabernacle en granite rose supporte une statue en granite (granite de Plougastel-Daoulas), représentant une Vierge à l'Enfant, haute de 1,50 m et pesant 400 kg. Deux plaques de marbre boulonnées les deux côtés du tabernacle portent les inscriptions suivantes : A nos marins péris en mer.

Mursgranite
bois
Toitzinc en couverture
Plansplan régulier
Couvrementscoupole
États conservationsrestauré
Mesuresh : 700.0

Cet oratoire devrait être étudié et pris en compte dans le cadre d'un plan d'interprétation du patrimoine maritime du port de Dahouët. Ce modeste monument commémoratif fait partie de l'architecture littorale religieuse de la commune et représente tout un symbole des épopées maritimes de Dahouët. D'autre-part, c'est le premier ouvrage qui attire le regard du promeneur vers le port de Dahouët (en venant de la route de Lamballe) et lui offre un but de visite.

Statut de la propriétépropriété de la commune
Intérêt de l'œuvreà étudier

Annexes

  • 20032204949NUCB : Collection particulière

    20032204946NUCB : Collection particulière

    20032204945NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032204947NUCB : Collection particulière

    20032204950NUCB : Collection particulière

    20032205824NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032204944NUCB : Collection particulière

    20032205041NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

    20032205453NUCB : Collection particulière (Michel Grimaud)

Références documentaires

Bibliographie
  • GRIMAUD, Michel. Pléneuf-Val-André et Dahouët au temps du train Renard, des goëlettes et des processions. Saint-Brieuc : Imprimerie briochine, 1982.

  • GUIGOT, André. Dahouët, port de Bretagne. Tome 2. Saint-Brieuc : Breizh-Compo, 1990.

    p. 73