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Moulins, la Sourde (Saint-Christophe-de-Valains)

Dossier IA00007005 réalisé en 1986

Fiche

Les moulins à papier de la Sourde

Au moins quatre anciens moulins à papier sont situés en aval du moulin des Forges, sur la commune de Saint-Christophe-de-Valains, sur la rivière la Minette. Dans cette vallée encaissée, de nombreux moulins à papier ont existé ; on en trouve deux autres sur la rive droite de la rivière, au lieu-dit Brimblin, sur la commune de Saint-Georges-en-Chauvigné. Certains de ces moulins ne portent pas de nom propre. Les informations fournies par les matrices cadastrales et la généalogie permettent d'en retracer partiellement l'histoire. À l'époque de leur fonctionnement, la propriété de ces moulins est souvent partagée entre de nombreux copropriétaires, n'exploitant pas directement le moulin mais percevant un revenu de la production de papier, confiée à l'un des membres de la famille.

Moulin de Seigneur

Ce moulin (parcelle n°100 bis du cadastre napoléonien de 1833) n'a pas reçu de nom spécifique. Il est récent et n’a fonctionné qu’une cinquantaine d’années. Il est identifié sous le nom de son créateur. René Seigneur, papetier au Moulin d’Ardenne, à Tremblay, est venu travailler dans l'un des moulins de la Sourde, probablement au Moulin du Roc, dont il est déclaré copropriétaire en 1834. Il décide de faire construire son propre moulin. Comme il est nécessaire d’obtenir un droit d’attache de la chaussée du moulin à la rive droite de la Minette, il l’obtient de René Pichot Champfleury par acte de vente, en 1822. René Seigneur fait fonctionner son moulin jusqu’en 1847, date où il le cède à Zacharie Prenveille qui y fabrique son papier jusqu’à sa démolition en 1877.Il reste quelques traces de ce moulin au bord de la Minette.

Moulin de la Sourde, dit aussi « de Gérard », « aux Guépins »

Le moulin (parcelle 99 du cadastre de 1833), appelé « moulin de la Sourde » ou « de Gérard », dit aussi « aux Guépins », est décrit dans un partage en sept lots en 1726, des défunts Michel Guépin et Julienne Gérard, sa femme. Le moulin, qui représente cinq de ces lots, possède quatre piles à maillets ferrés et une pile à affiner. Les cinq bénéficiaires de ces cinq lots ont chacun cinq pieds d'emplacement de long pour mettre l'ouvrage battu à la queue des maillets. La batterie avait donc une longueur minimum de vingt pieds, sans compter la place pour la pile à affiner. Au début du XVIIIe siècle,le subdélégué d'Antrain indique une production annuelle de 60 rames.En 1834, le moulin devient la propriété, pour les trois quarts, de Jean Morel et pour le quart restant, de Julien Chobé . Il tourne au moins jusqu'en 1882. Sur place, les pans de murs ont été stabilisés et les têtes de murs ont été chemisées à une date assez récente.

Moulins à papier du Roc

La première date attestée pour ce moulin correspond à la fin de XVIIème siècle : afféagement par Charles de la Belinaye.Suivant le subdélégué d'Antrain, ce moulin fonctionne en 1729.Par un acte de 1755, le descriptif du moulin et l'identification des propriétaires donne la preuve que le moulin était double à cette époque. Il est à remarquer qu'aucun des propriétaires ne réside au moulin, mais y travaillent, comme la transaction du 10 août 1781, suite à l'incendie survenu au moulin, en témoigne. Les moulins sont indiqués en ruines en 1855, sauf la partie cédée par René Seigneur à Zacharie Prinveille, qui fonctionne jusqu'à sa démolition en 1867.

Moulin du Goutil

Le moulin (parcelle 97 du cadastre de 1833) est mentionné sons le nom de moulin de Goutil dans un contrat du 20 septembre 1718. Il s'agit de l'achat d'une pile, par Guillaume de Rennes, à Christophe Gérard et sa femme Catherine Prioul, vendeurs. Ceux-ci la détenaient de Perrine Couard, veuve de Michel Prioul à la suite d'une transaction sur procès du 14 mars 1716. Le moulin fonctionne déjà au début du XVIIIe siècle, mais les autres propriétaires ne sont pas connus. En 1729, le subdélégué d'Antrain indique qu'il produit 40 rames de papier, ce qui est très faible. En 1753, Anne Gérard, femme séparée de biens de Pierre Durocher, vend à François Ruaux « une mazure servente autrefois à moulin à papier située sur la rivière la Minette relevant roturièrement de la Belinaye » , au prix de 63 livres. En 1776, ce dernier rachète également une partie ruinée du même moulin et une pile aux enfants de Noël Brouas et Anne de Rennes, puis en 1785, la partie restant propriété d'Anne Gérard. La vente n'est pas suivie d'effet, Julien Gérard, cartonnier à Rennes, ayant exercé son droit de retrait. Cinq ans plus tard, François Ruaux et son fils remettent en état le moulin et le revendent le 4 messidor an X à Mathurin Prenveille et son épouse. Les matrices cadastrales indiquent qu'ils en en sont toujours propriétaires en 1833 et ils y sont recensés en 1836. En 1841, ils ne sont plus recensés sur Saint-Christophe-de-Valains.Il n'y a pas d'indication sur la date exacte de fin de l'activité papetière.

Moulin « des Forges »

La première mention du moulin à papier des Forges (parcelles 93 à 95 de 1833) se trouve dans une déclaration d'aveu au Roi par Arnaud de la Belinaye, fils aîné de Charles de la Belinaye, décédé le 4 janvier 1740. Le moulin des Forges est exploité partiellement par plusieurs membres de la famille Chevrel. Le registre du vingtième de 1747 nous indique que Noël Chevrel et son épouse ont acquis une pile de François et Marguerite Briand de Sens qui l'on reçu en héritage mais qui ne l'exploite pas. La propriété du moulin est éclatée en une multitude de petits propriétaires qui pour la plupart ne doivent pas exploiter eux-mêmes, mais simplement recevoir quelques revenus du membre de la famille qui fabrique et commercialise le papier. En l'an VI (1797-1798), Jean Morel et son épouse achètent le moulin des Forges après avoir acquis celui de Brimblin, situé en face sur l'autre rive de la Minette. En 1807, le moulin des Forges est toujours moulin à papier. La fille de Jean, Guyonne Morel et son époux, Pierre Fleury, papetier prennent la succession: ils sont fabricants de papier au moulin de Brimblin, dès 1814. En 1824, ils viennent habiter au Moulin des Forges. L'affectation du moulin est ensuite modifiée car les matrices cadastrales le déclarent en 1834, moulin à fouler.

Moulins indéterminés

Un acte de partage de biens du 2 octobre 1661 de la succession de défunts Pierre Baudouin et Renée Durocher situés au village de la Bruslais et environs, en la paroisse de Chauvigné, indique que le premier lot échoit à Briande Baudouin, femme de Jacques Lendormy et comprend « sous les seigneuries de la Louayrye et de la Blinnais la quatrième partie d'un moulin à papier de cinq pieds et demi de long en costières basti de pierre et couvert d'essanves avec la pille proche celles de Noël Moslé et droit de communier à la pille à affiner et à la cuve ». Un second lot, identique, échoit à Georgine Baudouin. Selon ce descriptif sommaire, il pourrait s'agir du moulin de la Sourde ou Gérard, en Saint-Christophe.D'autres actes plus tardifs (1676) sont aussi peu explicites et indiquent la localisation d'un deuxième moulin qui n'est pas identifié : celui de Guillaume Monnier et Julienne Bréchard, sa femme, « qui font trafic de papier, vendent des biens immobiliers pour rembourser leurs dettes. Ils doivent 202 livres et 10 sols à Julien Tanier pour marchandises et il doit la somme de quinze livres, pour la jouissance qu'il a faite aussi d'une pille du moulin ».

Destinationsdemeure
Parties constituantes non étudiéesfour à pain
Dénominationsmoulin, moulin à papier, moulin à foulon
Aire d'étude et cantonSaint-Aubin-du-Cormier - Saint-Aubin-du-Cormier
AdresseCommune : Saint-Christophe-de-Valains
Lieu-dit : la Sourde
Cadastre : 1935 AI 211

Histoire du moulin à papier dit "des forges"

La première mention du moulin à papier des Forges se trouve dans une déclaration d'aveu au Roi par Arnaud de la Belinaye, fils aîné de Charles de la Belinaye, décédé le 4 janvier 1740. Le moulin des Forges est exploité partiellement par plusieurs membres de la famille Chevrel. Le registre du vingtième de 1747 nous indique que Noël Chevrel et son épouse ont acquis une pile de François et Marguerite Briand de Sens qui l'on reçu en héritage mais qui ne l'exploite pas. La propriété du moulin est éclatée en une multitude de petits propriétaires qui pour la plupart ne doivent pas exploiter eux-mêmes, mais simplement recevoir quelques revenus du membre de la famille qui fabrique et commercialise le papier. En l'an VI (1797-1798), Jean Morel et son épouse achètent le moulin des Forges après avoir acquis celui de Brimblin, situé en face sur l'autre rive de la Minette. En 1807, le moulin des Forges est toujours moulin à papier. La fille de Jean, Guyonne Morel et son époux, Pierre Fleury, papetier prennent la succession : ils sont fabricants de papier au moulin de Brimblin, dès 1814. En 1824, ils viennent habiter au Moulin des Forges. L'affectation du moulin est ensuite modifiée car les matrices cadastrales le déclarent en 1834, moulin à fouler.

Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle

Sur le lieu-dit de la "Sourde", sur la rive gauche de la minette, sur la commune de Saint-Christophe-de-Valais, ont existé cinq moulins à papier.

Quatre d'entre eux sont en ruines. Seul, le plus en amont, aujourd'hui appelé "Moulin de la Sourde" et que l'on retrouve sous la dénomination "Moulin des Forges" dans des documents de la fin du XVIIIème siècle, est en bon état. Peu modifié, c'est aujourd'hui une maison d'habitation.

Mursgranite
bois
terre
appareil mixte
pan de bois
Toitardoise
Étagessous-sol, en rez-de-chaussée
Couverturestoit à longs pans
pignon couvert
Escaliersescalier de distribution extérieur : escalier droit
Typologiesmoulin à papier dont le mécanisme est détruit
Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • DUVAL, Jacques. Les moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle - les papetiers et leurs filigranes en Pays de Fougères. L'harmattan. Paris, 2006. 314p.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1