Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Moulin Saint-Michel, le Tertre-Saint-Michel (Saint-Quay-Portrieux)

Dossier IA22009112 réalisé en 2007

Fiche

Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Adresse Commune : Saint-Quay-Portrieux
Lieu-dit : le Tertre-Saint-Michel
Cadastre : 1822 B 317

Au 19ème siècle, la commune de Saint-Quay-Portrieux comptait plusieurs moulins à eau et à vent, dont le moulin de "Malgré-Tout" à Kertugal (en lieu place du château d'eau actuel de Kertugal), le moulin des Fontaines et le moulin Saint Michel (1875). Ce dernier fût édifié en 1822, puis reconstruit en 1875 par le meunier Yves Mathurin Le Gagne et fonctionna jusqu'en 1890 environ. Il était bâti à gauche du chemin de la Bourgade à Ruello, en face du lieu occupé par la chapelle St-Michel en 1858. Cette chapelle fut détruite en 1805. Le moulin St-Michel était autrefois le complément du moulin à eau Rolland dans la vallée de Gâcon. On y montait alors le grain sur la colline en charrette. Il fut vendu en 1900 à Monsieur André Herrenschmidt, qui le transforma en résidence secondaire, en ouvrant de nouvelles fenêtres et en restaurant les ailes. Devenu propriété de la commune en 1967, le moulin St-Michel fut restauré grâce à une association locale, avec le concours de l'amoulangeur Jean Peillet. Afin d'en maintenir l'authenticité, une partie de l'appareillage du moulin de Kertugal fut récupéré, ce qui permit de remettre le moulin Saint-Michel en état, tel qu'à l'origine. L'amoulangeur Jean Peillet a remplacé l'extrémité de l'axe (en très mauvais état) par un cylindre d'acier relié au mécanisme par des lames boulonnées. Le frein usé a été remplacé ainsi que différents pièces du mécanisme général, dont la queue (en sapin). Le chemin circulaire affaissé a été réaménagé avec ses 8 bornes où le meunier attachait son treuil pour faire tourner le toit du moulin. Une 2ème tranche de travaux fut réalisée en 2003 par l'artisan amoulangeur Gilles Morio de Plerneuf afin d'opérer une restauration complète (charpente et son châssis mobile, réfection du couronnement, nouvelles ailes) ; cependant les planchers du 2ème étage sont à refaire pour recevoir l'empoutrellement et le mécanisme. Le moulin St-Michel est géré par l'association "Amicale des moulins, fontaines et lavoirs" qui organise régulièrement les visites du moulin et assure son entretien.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle

Le moulin St-Michel est un moulin à vent, de plan centré, qui comprend deux étages carrés et un étage de comble, avec 4 ouvertures, dont 3 petites fenêtres pour éclairer les étages de travail (2 fenêtres non d'origine) et deux portes d'entrée (au nord et au sud). Les meules sont situées au 1er étage. Au 2ème étage, le grenier avec un plancher en sapin reçoit le mécanisme primaire. La charpente transversale, appelée "le portefée" est composée de 2 poutres reliées avec le cintre du châssis mobile, qui glisse sur le chemin fixe. Les 3 poutres porte-joug sont appelées "fillettes" et l'arbre est appelé "marbre" en Bretagne (spécificité régionale). Le moulin est construit en moellons de gabbro et de granite (pour l'encadrement des ouvertures). La couverture en bois est recouverte de bardeaux, essentes en châtaignier, appelées communément douvelles ou encore "orseules" en Côtes d'Armor. Les ailes sont attachées sur la barre haute et on peut réduire la toile (en textile synthétique ou en lin) en la roulant sur la bôme à rouleau (système inventé par Jean Peillet et adapté des huniers des goélettes), avec deux drisses grâce à une manivelle située à terre. L'envergure des ailes orientables à 360° grâce à une queue (mât en chêne), est de 16 mètres. Quand on veut libérer les voiles, on soulève le mât du frein et on l'accroche à un anneau fixé sur le mur du moulin. La queue du moulin, en chêne, est manoeuvrée avec une chèvre et une poulie attachée aux bornes, afin de faire tourner la toiture et d'orineter les ailes. Autrefois, on utilisait un treuil et un cabestan.

Murs granite
schiste
moellon
Toit bardeau
Étages 2 étages carrés, étage de comble
Couvertures toit conique
Énergies énergie éolienne
États conservations restauré, bon état
Techniques maçonnerie

Le moulin St-Michel mérite d'être signalé et protégé pour la qualité de sa restauration.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Histoire du moulin Saint-Michel et des meuniers (texte proposé par Guy Prigent d'après les recherches de Chris Gibbings)

    Les entrées du cadastre dans les matrices conservées aux AD 22, indiquent le relevé des noms des différents meuniers du moulin Saint-Michel ainsi que les données suivantes :

    - En 1830-1836 environ : construction du moulin du tertre St-Michel, classé en pâture.

    - Le 17 janvier 1841 : Jean-Louis Gouézou, veuf d'Anne-Marie Vincent est noté meunier.

    - Le 27 septembre 1841 : le meunier payait une patente à Plourhan où il résidait au moulin de Rolland.

    - En 1848, la statistique sur tous les moulins du département nous apprend, en date du 12 juillet 1848, que le meunier était Jean-Marie Gouézou. Son père Jean-Louis Gouézou avait en 1841 faite le partage de ses biens et avait attribué le moulin à vent St-Michel à Jean-Marie et le moulin à eau de Rolland à Louis Laurent, son deuxième fils.

    - Le 12 juillet 1848, on retrouve Louis Laurent au moulin à vent "Malgré Tout" à Kertugal.

    - Le 20 avril 1850, Jean-Marie Gouézou est aussi meunier à Gacon (moulin à eau), dont le propriétaire est Auguste Fichet. Il broyait du froment, de l'orge et du blé noir. La statistique indique un seul meunier, sans ouvrier.

    - En 1850, Jean-Marie Gouézou, meunier à Gacon, afferme le moulin à vente St-Michel à Guillaume Le Roy, meunier à Trémuzon, du 12 septembre 1850 au 29 septembre 1852.

    - Le 5 avril 1851, Jean-Marie Gouézou, ancien meunier demeurant à Ponto (Etables), a vendu à François Marie Gouézou et à Marie Françoise Le Clec, son épouse demeurant au moulin à eau de la Grève (Etables), le moulin à vent St-Michel.

    - De 1864 à 1853, le meunier de St-Michel est François Gouézou, marié et résidant à Gacon avec ses enfants, selon la note en marge sur le cadastre.

    - De 1873 à 1875 : reconstruction et modernisation du moulin pour Le Gagne Yves Mathurin, nouveau meunier.

    - En 1876, le cadastre indique "addition de construction achevée" ; il précise que le meunier jusqu'en 1882 est Le Gagne Yves Mathurin, marié à Louise Marie Jamet. Mathurin Louis Le Gagne a pris la suite de son père comme meunier (le père étant toujours propréiétaire).

    Yves Le gagne est né à Pludual, marié le 14 floréal an VIII avec Anne Robert, fille du meunier du "Moulin au Chien" à la Méaugon. Ils ont eu un fils Laurent qui devint meunier à Rolland, marié à Mathurine Saintilan, dont il a eu un fils Yves Mathurin Marié à Louise Jamet, qui devint meunier à son tour à St-Michel puis au moulin Beaumont entre Binic et Etables. Ils eurent 17 enfants et habitèrent au moulin Rolland. Yves Mathurin Le Gagne, meunier au moulin Rolland a contracté en 1885 une obligation sur le moulin de Rolland de 3000 francs avec garantie du moulin de Rolland et du moulin St-Michel.

    - De 1882 à 1896, date probable de la mort de Yves Mathurin Le Gagne, son fils Mathurin Louis est le meunier.

    La suite des écrits n'est pas claire et explicite, cependant, en 1896, Jean Gouézou réapparaît - aurait-il racheté le moulin pour récupérer le mécanisme relativement neuf et récent pour l'adapter à son moulin de Gacon ? - C'est possible - Ce qui est certain, c'est que Monsieur Herrenschmidt André, médecin à paris, en devint le propriétaire officiel en 1900 et le transforme en résidence d'été. Il ouvre 4 fenêtres nouvelles (imposables) ; la porte sud est remplacée par une fenêtre ; à l'est une ouverture au premier étage et une autre au deuxième, une quatrième dans la charpente. Il supprime la queue d'orientation, bloque la toiture mobile par des maçonneries de moellons, installe de nouveaux planchers et un escalier hélicoïdal, remplace les bardeaux de châtaigner de la couverture (dont on a retrouvé la trace) par des ardoises. Mais il conserve l'arbre et les ailes en place pour garder la silhouette de moulin, figurant sur les cartes marines comme amer pour la navigation, toutes transformations que l'amoulangeur Jean Peillet a découvert lors de la première restauration en 1971.

    - En 1896, la sucession de Yves Mathurin donna lieu à un partage entre les 17 enfants. Les parents firent un tirage au sort qui ne favorisa pas Mathurin Louis. Les trois moulins échouèrent aux marins qui s'empressèrent de les vendre. Mathurin Louis loua ses services de meunier. On le retrouve à la Ville Chevalier à Plouagat, à Vitré, à Lannebert, à St-Plancher dans la Manche et enfin au moulin de Dinan où il mourut le 24 juin 1929, veuf de Augustine Le Floc. Jean Peillet a reçu un témoignage de Madame Michaut, née Le Basque, âgée de 90 ans en 1971. Elle relate qu'elle a apporté son sac de grain à Mathurin Louis sur sa brouette à la fin du 19ème siècle et est repartie avec sa mouture.

    Remarque : en 1771, un certain Gouézou était déjà meunier au moulin à vent dit "de Plourhan". En 1792, François Gouézou était meunier au moulin à mer et au moulin à vente de Bréhat.

  • 20072207790NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/28, Numplan.

    20072207789NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/28, Numplan.

    20072207801NUCB : Collection particulière

    20072207800NUCB : Collection particulière

    20072207679NUCB : Collection particulière

    20072207690NUCB : Collection particulière

    20072207682NUCB : Collection particulière

    20072207689NUCB : Collection particulière

    20072207680NUCB : Collection particulière

    20072207681NUCB : Collection particulière

    20072207684NUCB : Collection particulière

    20072207683NUCB : Collection particulière

    20072207686NUCB : Collection particulière

    20072207685NUCB : Collection particulière

    20072207687NUCB : Collection particulière

    20072207691NUCB : Archives départemantales des Côtes-d'Armor, Fond Joël Jouas Poutrel.

    20072207688NUCB : Collection particulière

    20072207700NUCB : Collection particulière

    20072207699NUCB : Collection particulière

    20072207698NUCB : Collection particulière

    20072207696NUCB : Collection particulière

    20072207697NUCB : Collection particulière

    20072207692NUCB : Collection particulière

    20072207693NUCB : Collection particulière

    20072207695NUCB : Collection particulière

    20072207694NUCB : Collection particulière

    20072207706NUCB : Collection particulière

    20072207707NUCB : Collection particulière

    20072207708NUCB : Collection particulière

    20072207709NUCB : Collection particulière

    20072207704NUCB : Collection particulière

    20072207710NUCB : Collection particulière

    20072207705NUCB : Collection particulière

    20072207703NUCB : Collection particulière

    20072207702NUCB : Collection particulière

    20072207735NUCB : Collection particulière

    20072207701NUCB : Collection particulière

    20072207734NUCB : Collection particulière

    20072207727NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/28. Plans cadastraux parcellaires de 1822.

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Joël Jouas Poutrel : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920, par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855 et pour les années 1950-60-70, par le photographe Joël Jouas Poutrel (1920-2006).

  • AD Côtes-d'Armor : Fi, non coté, fonds Barat : collection de vues du Portrieux, photographies noir et blanc, datées de la fin du 19ème siècle à 1920 par Jean-Baptiste Barat, photographe, né en 1855.

Bibliographie
  • BRUGGEMEN, Jean. Moulins, maîtres des eaux, maîtres des vents. Paris : Desclée de Brower, 2000.

  • CHASSIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Editions Keltia Graphic.

Documents audio
  • PRIGENT, Guy. Témoignage de Jean Peillet. Saint-Quay-Portrieux : 5 avril 2007.

    Témoignage oral