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Moulin de Goaranvec (Saint Hernin)

Dossier IA29132215 réalisé en 2018

Fiche

Genre de meunier
Précision dénomination moulin à eau
Destinations édifice artisanal
Dénominations moulin
Aire d'étude et canton Communes riveraines du canal de Nantes à Brest - Carhaix-Plouguer
Adresse Commune : Saint-Hernin
Lieu-dit : Goaranvec
Précisions

Le moulin appartenait aux propriétaires du manoir de Goaranvec, situé non loin de là. A la révolution, le moulin fut vendu à un meunier du nom de Lozac’h.

En 1896, c’est la fille du meunier qui va reprendre le moulin car son frère qui en avait la charge alors quitte le moulin. Elle se marie à un Lohéac et aura sept enfants, dont Joseph Lohéac en 1914 à qui elle a appris le métier dès l'âge de 14 ans et qui fut le dernier meunier du moulin de Goaranvec.

Le moulin servait à moudre le blé, le seigle pour la farine mais aussi l’orge et l’avoine, qui sont des céréales destinées à l’alimentation des porcs.

Les nouveaux propriétaires du moulin exploitent aussi des terres aux alentours, ont des vaches, cochons, poulets et s’occupent d’un bistrot ouvert dans la nouvelle maison d’habitation construite en 1910.

Durant la deuxième guerre mondiale Joseph ne sera pas fait prisonnier et continue à moudre le blé aidé par un commis qui lui, s’occupe de moudre le jour, des céréales pour les animaux, la farine complète appelée « boued morc’h » et Joseph s'occupe de la mouture de nuit pour la farine blanche. Il pouvait ainsi moudre jusqu’à 2, 5 tonnes de blé pendant la nuit.

Extrait d’un entretien réalisé en 2003 par Pascaline Talec et Ronan Tremel : « Un beau jour, les gendarmes de Carhaix le préviennent qu’il va faire l’objet d’un contrôle de police allemande vers 23h30. Job, sur ses gardes continuent à moudre la farine pour animaux et à 2 heures du matin, la police n’est toujours pas passée. Il est sur le point de moudre de la farine blanche mais la police allemande arrive et entreprennent une inspection. Ils ne trouveront rien car tout est soigneusement caché. Pour éviter de se faire connaître, les particuliers déposaient le blé, le soir, à la tombée de la nuit et revenaient prendre leur farine avant le levé du jour…. Il n’y avait pas le droit de manger du pain blanc mais en fait tout le monde se débrouillait. Chacun s’arrangeait pour faire moudre son blé en fraude. On le faisait cuire souvent dans une « chidourn » ou dans le four du boulanger avec sa complicité. »

En 1937 il succède à sa mère et Joseph Lohéac devient propriétaire du moulin.

Les paysans et les particuliers laissaient leurs céréales en sac de 50 à 100 kg en bas dans la cour et elles étaient montées à l’étage de l’ancienne maison d’habitation puis acheminées par le tunnel dans le moulin. Lorsque la mouture étaient terminée, les gens venaient chercher leur farine par l’entrée sud, le haut du moulin. Le moulin a fait tourner jusqu’à quatre meules et disposait d’un trieur et d'une bluterie (tamis).

Le moulin a arrêté de moudre du grain en 1991. La dernière roue à augets a été changée en 1993. Elle est construite en fonction du débit de la rivière pouvant remplir les augets, ces compartiments recevant l'eau et qui font tourner la roue. Si la roue ne tourne pas elle se dégrade car des mousses peuvent y pousser.

La plupart du matériel et des outils sont encore dans le moulin et plusieurs visites ont déjà eut lieu, menées par Joseph Lohéac, à l'occasion des journées du patrimoine.

L’entretien du bief faisait également parti du travail de meunier. Nettoyer le bief et savoir ouvrir et fermer les vannes pour ajuster le débit et faire tourner la roue à bonne vitesse.

Période(s) Principale : 19e siècle

Moulin à eau situé au lieu dit de Goaranvec, près de la chapelle St Sauveur. Construit le long d'une prise d'eau de la rivière le Goaranvec qui se déverse dans le canal de Nantes à Brest, le moulin de Goaranvec constitue un ensemble de bâtiments construit en pierre de schiste. La roue à eau est fixée sur le pignon est du bâtiment central. Celle-ci alimentée par un déversoir, aujourd'hui percé, tourne sous l'écoulement de l'eau. Le débit était régulé par des vannes et par un bras adjacent d'où sortait le trop plein d'eau. L'ensemble des bâtiments représentent la bâtisse du moulin en lui-même près du quel se trouvent l'étable et la cave. De l'autre côté et relié par une tunnel construit à l'étage, la première maison d'habitation stockait dans son grenier les céréales apportées par les clients avant d'être acheminées par le tunnel aux meules du moulin. Une seconde maison d'habitation plus grande a été construite le long de la route vers 1910.

Murs schiste maçonnerie
Toit ardoise
Énergies énergie hydraulique
Typologies à déversoir et vannage
États conservations menacé
Techniques

Précision représentations

Moulin à eau

Les bâtiments forment un ensemble cohérent et constituent le moulin tel qu'il était à sa création. L'outillage conservé à l'intérieur en fait un ensemble remarquable. L'entretien de l'ensemble du bâti est assuré mais aurait besoin de certains travaux de soutien (toiture de la cave). Le domaine et les terrains autours sont bien entretenus.

Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à étudier
Éléments remarquables moulin à blé
Protections

Annexes

  • Technologie et terminologie du moulin à eau en Bretagne. L. Durand-Vaugaron, , Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest / Année 1969 / pp. 285-353

Références documentaires

Bibliographie
  • Moulins en Bretagne, Gilles Pouliquen, édition Coop Breizh, 2005

    Archives départementales du Finistère
Périodiques
  • Technologie et terminologie du moulin à eau en Bretagne, L. Durand-Vaugaron, Annales de Bretagne et des Pays de l'Ouest/ Année 1969/pp285-353

    Archives départementales du Finistère