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Moulin à papier, Kérinou (Lambézellec)

Dossier IA29010104 réalisé en 2015

Fiche

Dénominations moulin à papier
Aire d'étude et canton Bretagne
Adresse Commune : Brest
Lieu-dit : Lambézellec
Adresse : ,

Antoine Aimé Rideau du Sal, ancien directeur de la manufacture royale des toiles à voiles de Brest, crée en 1789, à Kerinou, sur la paroisse de Lambézellec, un établissement industriel qui fabrique de l’acide muriatique oxygéné, destiné au blanchissement des toiles et des fils. Il traite aussi de l’argile blanche et du feldspath destinés à la fabrication de la porcelaine. En 1793, il construit un moulin à papier. Lors du rapport d’enquête du sous-préfet de Brest sur l’état des papeteries de son arrondissement, établi en 1811, la papeterie compte 8 employés, dont deux gouverneurs qui font tourner le moulin. Ce document nous permet d’obtenir de nombreuses précisions : « 3 sont employés à la fabrication du papier, sous la dénomination d’ouvriers leveurs et coucheurs, 3 femmes à étirer le chiffon, coller, tirer et épurer le papier après le collage ; la plus instruite est chargée du perfectionnement des papiers. Dans cette usine 5 hommes sont payés 40 F par mois, la maîtresse papetière 50 F, et les deux autres femmes 30 et 35 F chaque ». De 40 à 50 000 tonnes de chiffons, achetés de 6 à 15 centimes la livre, sont utilisés par an. Les hôpitaux civils et militaires de l’arrondissement en fournissent une partie importante. Les autres chiffons fournis par les agriculteurs sont en général grossiers. 36 maillets et pilons sont utilisés pour défibrer le chiffon, le triturer et en faire de la pâte. Il est produit 1 500 à 1 600 rames de papier soit 5 à 6 rames par jour. A la production de papier s’ajoutent celle de 10 à 12 000 livres de carton par an pour la reliure et la fabrication de registres. Les papiers fins sont vendus aux administrations françaises, les papiers plus ordinaires aux épiceries et chandeliers. On y fabrique aussi un spécial, pesant jusqu’à 30 kg la rame, qui est utilisé pour confectionner des gargousses, charges de poudre d’une bouche à feu de canon, pour les bateaux de guerre. En 1828, 45 milliers (soit 22,5 tonnes) de chiffons sont traités par 7 hommes et 5 femmes. Il est produit pour l’année, 750 rames de papier blanc, 600 de gris, 300 de papier de doublage et 600 kg de carton. Les méthodes restent anciennes et les machines nouvelles y sont inconnues. Le sous-préfet de Brest dans une lettre du 28 mai 1829 au préfet du Finistère nous indique que la papeterie de Kérinou fonctionne par les méthodes anciennes sans addition d'aucun mécanisme moderne. La fermeture de cette manufacture intervient dans les années 1830. Les recensements de Lambézellec en 1836 et 1841 n'indiquent plus de papetiers.

Période(s) Principale : limite 18e siècle 19e siècle
Principale : (détruit)
Auteur(s) Auteur : Rideau du Sal Antoine Aimé
États conservations détruit

Références documentaires

Bibliographie
  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1

Périodiques
  • Les Cahiers de l'Iroise (N°153), La Société d'Études de Brest et du Léon, 1992