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Moulin à marée, puis minoterie du Pont de Cieux (Pleudihen-sur-Rance)

Dossier IA22001355 réalisé en 2002

Fiche

  • Façade est
    Façade est
  • Impression
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  • Parties constituantes

    • atelier de fabrication
    • bâtiment d'eau
    • bief de dérivation
    • digue
    • bassin de retenue
    • transformateur
    • écurie
    • logement patronal

Dossiers de synthèse

Le moulin à eau de Pont de Cieux se situe sur la rive droite de la Rance. Son étang en partie remblayé est alimenté par le ruisseau de Coëtquen. Son fonctionnement autrefois mixte constitue une particularité. Un contrat de vente de1803 précise que le bâtiment abrite, a cette date, sous le même toit deux moulins, l'un à eau douce, l'autre à eau de mer. Construit dans le fond d'une anse, il fonctionnait avec la mer lors des moyennes et grandes marées. Le ruisseau de Coëtquen dont le débit était suffisant permettait de moudre en période de mortes-eaux.

La chaussée fut aménagée progressivement en route départementale Rennes-Saint-Malo.

En 1909, devenu propriétaire du moulin, le meunier décida de le moderniser afin d'augmenter sa puissance de travail ; d'abord avec un moteur à gaz pauvre puis à l'électricité à partir de 1929 quand la commune fut électrifiée. Ensuite la roue a aubes fut remplacée par une turbine horizontale augmentant la puissance de la machinerie, puis les meules furent changées par des cylindres en acier. Devenue minoterie, il fonctionnait grâce à trois sources d'énergie.

En 1944, les allemands détruisent à la dynamite l'arche des voûtes de décharges de l'étang. Réparées provisoirement par une murette fixe installée par les Ponts et Chaussés, le moulin put reprendre son activité jusqu’en 1964.

Précision dénomination moulin à marée
Appellations moulin à marée, puis minoterie du Pont de Cieux
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, bâtiment d'eau, bief de dérivation, digue, bassin de retenue, transformateur, écurie, logement patronal
Dénominations moulin, minoterie
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Hydrographies Rance la); Coëtquen
Adresse Commune : Pleudihen-sur-Rance
Lieu-dit : Pont de Cieux (le)
Cadastre : 1844 A1 184 ; 1998 M1 164, 841
Précisions

Mentionné dès 1557 puis en 1628, le moulin du Pont-des-Cieux appartient à la Révolution au marquis Baude de la Vieuville, comme les autres moulins à marée de la commune, ceux de la Tourniole et de Mordreuc. Mme Talhouet-Bonamour, fille du marquis Baude de la Vieuville le vend en 1803 avec son étang à M. de la Moussaye dont la fille Pauline épouse en 1828 le Comte de Laubespin, demeurant au château de Gouillon en Miniac-Morvan. Cette famille reste propriétaire du moulin jusqu'en 1909 où il fut acquis par le meunier François Lenormand. Ce dernier meurt à la guerre et sa veuve se remarie avec M. Goron qui sera le dernier meunier propriétaire du Pont-de-Cieux.

Le moulin est reconstruit sur des fondations anciennes puis agrandit et modernisé tout au long du 20e siècle. En 1912, le nouveau propriétaire, François Lemarchand, entame une première campagne d'agrandissement au pignon sud du moulin. Cette extension avait été refusée en 1865 à M. de Laubespin car la parcelle servait de dépôt d'engrais marins, la marnière se situant juste derrière le moulin.

En 1936, le moulin du Pont de Cieux cumule l'énergie hydraulique avec une turbine et thermique avec un moteur à gaz pauvre, développant 30 à 35 chevaux. A cette date, le matériel de mouture se compose de quatre broyeurs, deux convertisseurs, une bluterie hexagonale et un plansichter. La capacité d'écrasement journalier est de 70 quintaux.

En 1939, le moulin du Pont de Cieux emploie trois salariés.

Le 14 avril 1956, un arrêté préfectoral réglemente les retenues du ruisseau de Coëtquen.

Le moulin cessera son activité en 1964.

Actuellement,

les bâtiments sont désaffectés. Deux coursiers attestent de

l'existence passée de deux roues hydrauliques verticales à aubes.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 3e quart 20e siècle
Dates 1912, daté par source
1952, daté par travaux historiques

La marée remontait autrefois sur environ trois kilomètres le cours du ruisseau de la Chesnay et de Coetquen. Ruisseau et marée ont creusé une vallée large de 150m ce qui permit d'y former une retenue d'eau destinée à actionner le moulin construit sur la rive sud. Celui-ci était actionné par deux roues à aubes.

Une longue digue formant une partie de la D29 délimite le bassin de retenue. Un système de portes automatiques permet l'entrée de la marée, ces portes se refermant d'elles-mêmes à marée descendante. Un vannage, spécialement aménagé pour l'évacuation des crues, et détruit par les bombardements de 1944, est rétabli en 1952. L'écoulement des eaux est par ailleurs assuré par trois vannes d'une hauteur d'1, 20 m au-dessus du seuil du vannage. A cette date, la minoterie à cylindres est dirigée par Mr Goron-Lebret.

Le moulin du Pont de Cieux, édifié en moellons de granite, se compose de deux corps de bâtiment accolés, dont l'écurie. Le corps de bâtiment du moulin proprement dit compte un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés couverts d'un toit à longs pans en ardoises. Sa façade antérieure est rythmée par deux travées de baies rectangulaires encadrées de pierres de taille en granite. Sa façade postérieure, quant à elle, présente de fortes similitudes avec celle du moulin à marée de Falaise, situé à Saint-Hélen (22) ; elle est percée de deux coursiers à arcs en plein cintre surmontés d'une porte à mer. En face de l'usine, de l'autre côté de la chaussée, se situe l'ancien logement du meunier, bâtiment exigu à un étage carré et un étage en surcroît couvert d'un toit à longs pans en ardoises.

Murs granite
moellon
Toit ardoise
Plans plan rectangulaire régulier
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie hydraulique
énergie thermique
énergie électrique
produite sur place
produite sur place
produite sur place
Typologies minoterie dite à l'américaine, de plan allongé, comptant au moins deux étages carrés et trois travées (type D4)
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20022216668NUCB : Mairie de Pleudihen-sur-Rance, Non coté.

    20022216667NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 10 S 5 (8) II.

    20022216666NUCB : Archives départementales des Côtes d'Armor, 10 S 5 (8) II.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 835. Administration générale et économie (an VIII-1940). Statistiques : enquête sur les moulins en vue de préparer leur contingentement, 1936.

    enquête sur les moulins, 1936
  • AD Côtes d'Armor. Série M ; sous-série 6 M 838. Administration générale et économie (an VIII-1940). Statistiques : état des moulins et minoteries, 1939.

    état des moulins et minoteries, 1939
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 10 S 5 (8) II. Ponts et chaussées : voies navigables, intérieures et maritimes. Canal d'Ille-et-Rance et Rance maritime. Pleudihen, aliénations, an IX-1912.

    Canal d'Ille-et-Rance et Rance maritime. Pleudihen, aliénations, an IX-1912.
  • AD Côtes d'Armor. Série S ; sous-série 84 S : 84 S 25. Service hydraulique, versant de la Manche. Bassin de la Rance, affluents de la rive droite de la Rance, en amont du ruisseau du Hac, 1901-1966.

    affluents de la rive droite de la Rance, en amont du ruisseau du Hac, 1901-1966.
Bibliographie
  • RAULT, Didier. Un moulin à marée Le Prat : la Vicomté-sur-Rance. Le Babillard : Bulletin de l'association le moulin du Prat, 1995.

    p. 6-11
  • RAULT, Didier. Les moulins à marée sur les bords de Rance. Le Babillard : Bulletin de l'association le moulin du Prat, août 1995, n°1.

    p. 6-11
  • Vieux Moulins du pays de Dinan. Cahiers de l'Université du Temps Libre, mai 1987, n° 2.

    p. 18 ; 35
  • Bruneau-Chotard. Les moulins à marée de la Rance. Annales de la société d'histoire et d'archéologie de l’arrondissement de Saint-Malo, année 1982. Fougères Impression, 1983.