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Moulin à marée de la Tourniole (Pleudihen-sur-Rance)

Dossier IA22133159 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

Le moulin de la Tourniole est situé sur la rive droite de la Rance, à cheval sur deux communes, Pleudihen et la Ville-es-Nonnais et deux départements les Côtes-d'Armor et l'Ille-et-Vilaine. Il a brûlé en 1907 et ne subsistent aujourd'hui que ses soubassements, des piles de maçonnerie entre lesquelles s’intercalaient les roues. Comme pour la plupart des anciens moulins à marée de la Rance maritime, comme celui de Montmarin, sa superstructure était constitué d'un bardage à clins de bois abritant les meules. En 1808, le meunier Claude Méhouas sollicite la Préfecture pour la construction d'un moulin supplémentaire dans l'anse proche de la Grande Planche.

Dénominations moulin à farine
Aire d'étude et canton Projet de Parc Vallée de la Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Pleudihen-sur-Rance
Lieu-dit : Chapelle Saint-Magloire

La seigneurie de la Tourniole est mentionnée dès le 14e siècle. Le manoir a disparu, il était entouré de douves encore dessinées sur le cadastre de 1844. Une chapelle dédiée à Saint Etienne y fut bénite le 21 janvier 1711. Le moulin à marée de la Tourniole situé à proximité dans l'anse du même nom était en très mauvais état au début du 18e siècle, sa chaussée dut être refaite en 1740 puis les meules changée en 1755. il a brûlé en 1907.

Période(s) Principale : Moyen Age, 18e siècle , (détruit)

Annexes

  • Pétition par CH Mauger pour construire un moulin à marée , a côté de celui de la Tourniole, dans l'anse de la grande Planche, 1807

    A.D.22 : 1Q1/19 [1807]

    Plan et exposé d'une partie du fond de la plaine de Mordeuc contenant les anses de la Tourniole et de la Grande Planche relatif à la pétition présentée par le sieur Claude Méhouars en l'an onze tendant à l'obtention d'une concession dans l'anse de la Grande Planche pour y construire un moulin à marée. Plan du 25 mai 1807. CH Mauger.

    Par une pétition faite en l'an onze, le sieur Claude Mehouas, meunier, demeurant au village de la chapelle Saint Magloire (...) demande a être autorisé à construire un moulin à eau dans une anse nommée de la Grande Planche, située près le lieu dit village de St Magloire, et que la mer couvre lorsque par son flux remontant la rivière de Rance elle inonde la plaine de Mordreuc au fond de laquelle est l'anse susdite. Le pétitionnaire appuie sa demande des conditions suivantes : l'anse de la Grande Planche ne dépend d'aucun domaine particulier. Elle n'est propre que pour l'établissement d'un moulin à marée. Ce moulin serait d'une grande utilité pour les habitants de la commune de Pleudihen et pour ceux des communes environnantes surtout dans les grandes sécheresses où plusieurs moulins de la commune manquant d'eau, leurs habitants sont obligés d'avoir recours aux moulins de marées déjà établis et dont le nombre se souvent n'être pas suffisant pour réduire en farine la quantité de grains que les habitants y apportent (…).

    Deux anses

    Celle qui reçoit le ruisseau de Panlivar, limite des deux départements d'Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord se nomme de la Tourniole. Celle qui reçoit les deux ruisseaux de Carquin ou de Quin et de la Motte Pilandel se nomme la Grande Planche. La première de ces deux anses est depuis longtemps utilisée comme le montre le plan, par un moulin et une retenue de même nom qu'elle, appartenant à M. Baude de la Vieuville et affermés au Sr Mehouas, pétitionnaire (…).

    On nous a assuré que les mouvances de la mer sont peu violentes dans le deux anses de la Tourniole et de la Grande Planche et nous avons reconnu la vérité de cette assertion par l'inspection des rives des deux anses où nous avons remarqué aux points désignés au plan ci-joint, des murs de soutènements construits en pierres sèches d'un petit volume et presque sans talus quoiqu'atteints par presque toutes les hautes mers résistent avec succès à la poussée des terres qu'ils parementent pour les garantir du batillage des eaux.

    Après la retraite des eaux de la mer le sol des grèves de l'anse de la planche, quoique très solide (comme le prouve l'établissement de la chaussée de la tourniole) reste gras, qu'on y marche qu'avec difficultés (…).

    Dépôts de bois de construction et autres

    Quelques bois de construction, de corde et des fagots se déposent maintenant dans l'anse de la Planche par un monticule dont la place est indiquée au plan ci-joint par la lettre V pour attendre l'embarquement qui doit les transporter vers Saint-Malo par la rivière de Rance aux hautes mers (…).

    Avis

    Nous susdit ingénieur des Ponts et Chaussées d'après la visite des lieux et description des questions ci-dessus examinées, considérant 1° que l'anse de la Grande Planche est propre à l'établissement d'un moulin de marée. 2° que le sol de cette anse n'ayant aucune valeur pour l'agriculture(..) 3° que l'établissement d'un moulin ne peut préjudicier en rien aux propriétés riveraines (..).4° que la pêche du goesmon ne peut être contrariée par cet établissement (…).

    Estimons que l'anse de la Grande Planche peut-être concédée au sieur Mehouas, pétitionnaire pour y établir un moulin et une chaussée sous les conditions suivantes : 1° qu'il établira l'un et l'autre aux points désignés ci-dessus 2° qu'il tiendra sa chaussée plus basse de quatre vingt centimètres que la chaussée de la retenue de la Tourniole (...). 3° que la chaussée joindra la chaussée de la retenue de la Tourniole (...). 4° qu'il établira dans la chaussée de son moulin une écluse de largeur au moins de celle qu'on voit actuellement dans la chaussée de la Tourniole (…). 5° qu'il ne pourra pas refuser aux propriétaires du moulin de la Tourniole l'ouverture de cette écluse pour l'introduction des eaux de la mer dans l'intérieur de l'anse de la Grande Planche (…). 6° que le sr Mehouas livrera passage par dessus le chaussée à tous ceux qui par n'importe quel motif préféreront aller moudre au moulin de la Tourniole (…). 7° Enfin, que le moulin que bâtira le Sr Mehouas et la chaussée qu’il y joindra soient solidement établis.

    Fait à Lamballe, le 25 mai 1807. Ch;Mauger.

  • L'affaire du moulin de la Grande Planche, le point de vue du maire et des habitants, 1808

    A.D.22 : 1Q1/19

    [lettre du maire de la commune et des habitants au préfet demandant de concilier l'intérêt général avec l’intérêt particulier, ordonner que l'établissement du moulin et de la chaussée se fit de manière à laisser un canal suffisant pour le passage des bateaux et des bois de construction soit dans le canal actuellement existant soit ailleurs]. (...)Les exposants croient devoir vous représenter, Monsieur le Préfet que l'établissement de ce moulin avec une chaussée pratiquée comme le propose le sieur Méhouas en l'appuyant du côté de midi aux terres voisines, et du côté du nord à la chaussée du moulin de la Tourniolle, nuit essentiellement au commerce et à l'agriculture du Pays (…).

    1° La commune de Pleudihen doit son commerce à sa situation sur la Rance. Placée à trois lieues de St Malo, elle sert d'entrepôt de tous les bois à feu qui approvisionnent cette ville et celle de St Servan et de la majeure partie des bois qui sont employés aux constructions maritimes pour le gouvernement et pour le commerce. De tous les havres ou dépôts de bois qui existent dans cette commune, celui établi pour les bois de construction au fond de l'anse de la Planche st sans contredit le plus commode pour sa proximité avec la grande route et la facilité d'y arriver dans toutes les saisons de l'année. De temps immémorial, mais notamment dans le cours de la guerre les agents de la marine et les particuliers ont été dans l'usage d'y déporter des bois que des bateaux viennent enlever lorsque la marée le permet.(...).

    Il existe encore dans la même anse un autre havre près le village de la Chapelle Saint Magloire où plusieurs habitants du village déposent les bois à feu qu'ils vont vendre et porter à St Malo. Outre la proximité de leurs habitations, ces marchands trouvent trouvent encore sur ce point la de la côte l'avantage de pouvoir y arriver et d'en sortir avec leurs bateaux dans toutes marées. Le chemin qui part de la Grande route en suivant le côté nord de l'anse vient aboutir à ce havre, et rend les charrois des bois et des denrées que l'on transporte par mer à st Malo faciles et peu dispendieux.(...)

    Mais, si le sieur Mehouas est autorisé à construire sa chaussée suivant le plan qu'il a adopté, il en résulter que les deux havres dont on vient de parler, si nécessaires au commerce du pays, se trouveront renfermés dans son étang, qu'il interceptera conséquemment le passage des bateaux et des bois de construction.

    2° Il est également important sous le rapport de l'agriculture que l'anse dont il s'agit soit conservée au public indépendamment de la facilité qu'on a aujourd'hui d'en extraire de la marne et que l'on aura plus lorsque l'eau y séjournera. Cette anse est un arrivage nécessaire pour les batteaux qui viennent apporter les goémons et autres engrais qu'on est dans ce pays plus que dans tout autre dans l'usage de tirer de la mer (...).

    Les exposants (...) concluent avec confiance à ce qu'il vous plaise d'ordonner, que dans le cas où vous jugeriez convenable d'autoriser Caude Méhouas à construire son moulin, il serait astreint à établir sa chaussée de manière que le canal dans l'anse de la Planche qui sert d'arrivage pour les bateaux, restât libre pour le transport des bois de construction, des bois à feu, engrais et autres objets dont les riverains font le commerce (…).

    Pleudihen, 7 juin 1808.

  • vente d'un terrain vague pour l'établissement d'un mouin à marée, 1808

    A.D.22 : 1Q1/19 [Vente des biens nationaux, 16 septembre 1808, terrain vague nommé l'anse de la Grande Panche à Claude Méhouas].

  • La Tourniole

    Résumé d'un article de Daniel Brandily, le Babillard, décembre 1996

    En 1740, le meunier de la Tourniole, Joseph Legaignoux lors du changement de propriétaire du Marquis de Beringhem à Etienne Auguste Baude de la Vieuxville fait dresser un procès verbal de la chaussée de son moulin qui a été mal entretenue. Un maître maçon Michel Noret, demeurant au village de la Chesnais, paroisse de Pleudihen est désigné pour un constat d'état. Le procureur fiscal, François Landelle déclare posséder les pouvoirs pour faire réparer les portiers et la chaussée. Un acte du 11 juillet 1755 mentionne à nouveau des travaux d'entretien et notamment le changement des meules.

    Mention de familles de meuniers à la Tourniole : Famille Lorre au début du 18e siècle, puis famille Legaignoux, Leguen, Mehouas, Cornillet, Michet et Cherot. Joseph Cherot sera le dernier meunier de la Tourniole, le moulin ayant brûlé en 1907.

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan de la partie du fond de la plaine de Mordreuc contenant les anses de la Tourniole et de la Grande Planche relatif à la pétition présentée par le Sr Claude Mehouas en l'an onze tendant à l'obtention d'une concession de l'anse de la Grande Planche pour y construire un moulin à marée. Le dit plan levé par nous soussigné ingénieur ordinaire de 1ère classe du cors impérial des Ponts et Chaussés, et joint à notre rapport sur la dite demande en date du 25 mai 1807. Lamballe le 25 mai 1807. Ch. Mauger (A.D.22 : 1Q1/19)

    Archives départementales des Côtes-d'Armor : 1Q1/19
Bibliographie
  • RAULT, Didier. Les moulins à marée sur les bords de Rance. Le Babillard : Bulletin de l'association le moulin du Prat, août 1995, n°1.

  • Le Babillard, n°4 - Décembre 1996.