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Manoir, Tenuel (Guénin)

Dossier IA56001876 réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiéesenclos, cour, communs, four à pain, moulin, pigeonnier
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonBaud - Baud
AdresseCommune : Guénin
Lieu-dit : Tenuel
Cadastre : 1829 H1 62, 59, 61, 63 ; 1987 ZP 65, 84, 52, 78

Le manoir de Thenuel est attesté comme lieu noble dans l'enquête sur les exempts du fouage en 1448, appartenant à Allain de Thenuel. Celui-ci avec 300 livres de revenu noble en 1464, et son successeur Jean, avec 400 livres en 1477 révèlent que Ténuel est non seulement la plus grosse seigneurie de Guénin, mais également de tout le canton, seul Quinipily en Baud étant plus importante. C'est probablement après son mariage avec Jeanne de Rosmadec que Jean de Thenuel fait édifier le grand logis dont subiste la tour en hors-oeuvre ainsi qu'une partie du rez-de-chaussée (cuisine et porte d'entrée) et le pignon sud, en partie repris. Le seigneurie échoit au milieu du 16e siècle à la famille de Martel par le mariage de Jacques de Martel avec Marguerite de Thenuel. En 1720, date portée sur une lucarne de la façade antérieure, l'élévation antérieure est reconstruite, le logis est élargi : en témoignent les poutres allongées par assemblage en queue de jupiter. La salle desservie directement par la porte extérieure est isolée de l'entrée par l'adjonction d'une cloison de pierre. C'est peut-être à cette époque qu'est ajouté l'appentis figurant sur le plan cadastral de 1829 et sur les plans de règlement d'eau des moulins en 1860. A la fin du 20e siècle, le manoir subit une complète restauration : l'élévation postérieure est percée de fenêtres en travées dans l'esprit du 18e siècle et des lucarnes en remploi du 18e siècle sont disposées au niveau du comble. Les boiseries intérieures, dont celles des cheminées, qui dataient de l'aménagement de 1720, sont supprimées. Certaines des cheminées sont remontées dans l'esprit des cheminées d'origine (15e siècle) en granite gris. Enfin le comble est aménagé. Les communs au sud de la cour ont été édifiés en 1744. Le mur sud (postérieur), sans doute initialement aveugle, est entièrement remonté et percé de nouvelles ouvertures lors de la restauration de la fin du 20e siècle.

Période(s)Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle
Dates1720, porte la date
1744, porte la date

Le logis est en pierre de taille de granite pour la tour et la travée d'entrée, en moellon de schiste et granite pour le reste du bâtiment. Sa structure est celle d'un grand manoir de plan allongé à trois pièces par niveau, avec cuisine, salle et pièce d'usage inconnu (chambre ?) au rez-de-chaussée, salle haute et deux chambres à l'étage. Il existe un décalage de niveau entre la partie surmontant la cuisine, plus basse et la partie sud, probablement créé par les marches de l'escalier. Ce dernier en vis et en pierre de taille est logé dans une tourelle polygonale hors-oeuvre et surmonté d'une pièce haute avec cheminée. Le comble était un simple grenier au 18e siècle, mais on ne sait s'il était habitable à l'origine (salle haute ?). L'ensemble est couvert en ardoise d'un toit à pignon découvert au nord, pignon couvert au sud, la tour étant couverte d'un toit polygonal. Les communs sont en pierre de taille de granite, couverts en ardoise à toiture à pignon découvert. Ils sont en rez-de-chaussée à double étage de grenier. Les ouvertures du rez-de-chaussée consistent en trois portes et deux oculus. Un escalier extérieur refait dessert la porte haute.

Mursgranite
schiste
pierre de taille
moellon
Toitardoise
Étagescomble à surcroît, 1 étage carré
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
toit polygonal
pignon couvert
pignon découvert
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie

Malgré les modifications importantes intervenues au cours du 18e siècle, le manoir reste un témoin important de l'architecture manoriale de qualité du milieu du 15e siècle en Bretagne. Le plan du logis se rapproche de celui des grands manoirs du Plessis Josso à Theix ou de Kermainguy en Grand-Champ. Des trous disposés régulièrement sous la toiture de la tour pourraient avoir servi de nichoirs et perchoirs à des oiseaux de chasse.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler

Annexes

  • AD Morbihan. S 1062. Cours d'eau.

    Transcription d´un aveu de 1751.

    D´un acte d´aveu et minu de la terre de tenuel en Guénin, passé devant Mtres Le Portz et Henrio, notaires de la juridiction de Baud, les 16, 17, 18 et 19 août 1751et contrôlé à Baud le 20 août 1751 ; reçu sous : (signé) de Montaigne, est extrait ce qui suit.

    Aveu minu et déclaration que fait et fournit devant nous notaires de la juridiction de Baud, Keraudran, le Téllénez, et dépendances, haut et puissant seigneur messire Charles Auguste comte de Martel, chevalier seigneur de Ténuel Pomelliac Vaurozay la Ville Geffroy, Contance et autres lieux, officier au régiment des gardes-Françaises, demeurant ordinairement à Paris et actuellement en ce bourg de Baud pour la direction des affaires, héritier principal et noble de messire François Charles de Martel chevalier seigneur comte dudit lieu et dame Thérèse Modeste Lézot de Vaurozay ses père et mère assisté et autorisé de Mre Thomas Le Vieil sieur de la Barre curateur faisant tant pour luy que pour messire Alexis et demoizelles Anne, Thérèse Modeste et Renée Jeanne de Martel, ses frères et sœurs puînés, authorizé attendu sa minorité de noble maître Sébastien Joseph Duval, procureur à la cour demeurant à Rennes son curateur, à très haut et très puissant seigneur Hyancinthe Gaétan comte de Lannion, baron de Malestroit, de Vitré, au siège de la vicomté de Rennes, marquis d´Epinay audit lieu, seigneur de Baud […], gouverneur des châteaux de Vannes et Auray et pair de Bretagne, maréchal des camps et arméesarmées du Roy et dudit seigneur tenir et posséder à cause de sa dite terre et seigneurie de Baud, les châteaux, maisons, cour, fuye, fours et puits, bois de haute futaye, bois taillis, rabines, terres chaudes et froides, prés, prairies, landes, noës et garennes, moulins et étangs et tenues à domaine et à héritages relevant prochement dudit seigneur comte de Martel qui seront cy-après décrites à titre d´hommage, foy et rachapt le cas échéant comme ensuit

    Et premier

    Le manoir noble de Ténuel situé en la paroisse de Guénin ouvrant au couchant, consistant en un grand corps de logis, deux salles basses, un grand appartement avis des dittes salles dans lequel il y a actuellement un pressoir, grande entrée et avis et derrière de la ditte entrée et première salle, une cuisine et office, chambres au-dessus du tout ; une grande tour pour l´escalier à conduire dans les dittes chambres et greniers dans le haut de laquelle il y a une chambre, grande écurie proche de la ditte maison, le tout construit de pierre de taille, cour close, porte cochère dans la quelle cour close sont un four et un puy, prairies, jardins au derrière et à côté fuye, moulins à grains avec leur destroits et mouteaux, étangs et un pré y attaché, ancien bois de haute futaye, bois taillis et rabines, dont jouit actuellement en partie Claude Letoux aux fins de ferme verbale, pour quoi il paye actuellement la somme de cinq cents livres lequel manoir et dépendances et demeures que les héritages cy-après describés est échu et donné au seigneur de Martel et ses frère et sœur par le décès dudit feu seigneur compte (sic) de Martel leur père etc. etc. etc.

    Nous, maire de la commune de Guénin, sous-signé, certifions que le présent extrait est conforme au titre qui nous a été représenté par le mandataire des comtes de Genouillac, propriétaire actuel de la terre de Ténuel en Guénin.

    En mairie de Guénin, le 3 décembre 1856.

  • Extrait de : Inventaire général des Monuments et des Richesses artistiques de la France. Région Bretagne. Vallée du Blavet. Le canton de Baud.2003.

    Manoir de Ténuel, plan cadastral 1829.

    A la fin de la période médiévale, Ténuel est la plus grande seigneurie de Guénin, la seconde du canton en terme de revenus nobles après Quinipily en Baud. Jean de Thénouel fait partie des hommes d´armes du duché de Bretagne. C´est peut-être son mariage avec Jeanne de Rosmadec, peu après 1450 qui lui apporte la fortune nécessaire à la construction d´un grand logis dont subsistent des vestiges.

    Le plan cadastral de 1829 révèle l´environnement intact du manoir : la cour avec son enclos dans lequel s´insère le four à pain. Au fond de la cour s´articulent le logis à tour antérieure, visible sur le plan, et les communs construits en 1744, période à laquelle le manoir médiéval fut profondément transformé par la famille Martel, alors propriétaire de la seigneurie.

    A proximité immédiate du manoir, deux moulins sont signalés. Situé sur l´Evel, le déversoir du premier sert de pont. Les piles à bec de ce pont, aujourd´hui remplacé par un simple déversoir, indiquent une ancienneté certaine, peut-être le XVIIe siècle.. Le second moulin plus petit, ruiné, se situait sur la chaussée d´un étang déjà partiellement comblé en 1829.

    Tour antérieure

    De plan allongé, le grand corps de logis du XVe siècle possède une structure comparable à celle du Plessis-Josso à Theix ou Kermenguy à Grand-Champ, construits par des proches du duc de Bretagne au milieu du XVe siècle. Les trois pièces de chaque niveau étaient desservies par une tour antérieure polygonale en grand appareil en pierre de taille, l´unique vestige du manoir.

    De dimensions imposantes, elle est surmontée d´une pièce haute avec cheminée et fenêtre à coussiège. La pièce haute au sommet de la tour fut adoptée dans maints manoirs bretons jusqu´à la fin du XVIIe siècle. Aujourd´hui refuge « squattés» des oiseaux de nuit, les trous percés au sommet des murs, trop grands pour des pigeons, pourraient avoir abrité des oiseaux de chasse, épervier ou faucon, les corbelets sous la fenêtre supportant une tablette servant à les nourrir.

  • 20025603904NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P.

Références documentaires

Bibliographie
  • Inventaire général des Monuments et des Richesses artistiques de la France. Région Bretagne. Vallée du Blavet. Le canton de Baud.2003 (Images du Patrimoine ; 235).

    p. 52-53.
  • POTIER DE COURCY, Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, Mayenne : J. Floch, 1970.

    p. 241-242
  • LAIGUE, Cte R. de. La noblesse bretonne aux XIVe et Ve siècles. Evêché de Vannes. Rennes, 1902. Rééd. 2001.

    p. 236-237