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Manoir puis ferme, le Levay (Saint-Juvat)

Dossier IA22017233 réalisé en 2010

Fiche

  • Vue générale
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  • Parties constituantes

    • cour
    • jardin
    • logement

Ce logis reconstruit à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle se détache du corpus des maisons rurales par ses proportions importantes, notamment le volume de la salle qui évoque davantage un logis manorial. L'usage et la distribution des parties utilitaires ne sont pas encore clairement identifiés. L’existence de plusieurs routoirs, au nord du ruisseau de Guinefort, près de la Roussais indique en ce lieu une économie rurale tournée vers la culture et le traitement du lin et du chanvre comme le rappellent l'appelation déformée des parcelles 38 et 39 du cadastre ancien : le pré du HIN.Ces notables ruraux dont la richesse provient du négoce des toiles sont qualifiés dans les sources de sieurs. Cette pratique courante au 18e siècle, où la dénomination de sieur s’appliquait indifféremment à toute personne noble ou roturier en possession de fief, semble être en usage dès la fin du 15e siècle sur ce territoire. Les maisons que ces notables ruraux font construire témoignent de leur aisance et traduisent une histoire économique florissante.

Parties constituantes non étudiées cour, jardin, logement
Dénominations manoir, ferme
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-Juvat
Lieu-dit : le Levay
Cadastre : 1983 B1 17

En Bretagne sous l´Ancien Régime, le fouage est un impôt provincial exigé pour chaque feu sur les biens roturiers. Pour faire la chasse aux fraudeurs, le duc de Bretagne organisait périodiquement des réformations qui donnaient lieu à l´établissement par évêchés de rôles sur lesquels étaient inventoriés d´une part les nobles exempts de fouages, d´autre part les roturiers qui eux les payaient. Ces listes sont précieuses pour identifier les familles nobles et les sites de manoirs. Le registre de réformations pour l´année 1483 de l´évêché de Saint-Malo, mentionne le Levay, comme appartenant aux enfants du défunt Jehan Blanchart de Dinan, lesquels sont de « bas estat », alors que le lieu est mentionné noble, y habite Johan Gautier métayer, franc de fouage. Le document précise qu´une enquête est en cours. En effet, dans la liste des tenants de fiefs nobles demeurant en la paroisse de Saint-Sauveur de Dinan un Guillaume Blanchard apparaît quelques années plus tôt en 1472 puis un Jehan Blanchart, sieur de « lefroy » est mentionné dans une autre liste de 1480, il est dit défaillant, c'est-à-dire qu´il ne s´est pas présenté. Ce dernier possède 40 livres de revenu, ce qui est peu important et pourrait expliquer pour sa descendance une noblesse en dormition le temps de refaire fortune. Peu de vestiges remontent à cette période historique, le logis ayant été reconstruit à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle. Des nouvelles transformations du début du 19e siècle se signalent également en façade comme l´agrandissement des fenêtres de l´étage et la création d´une lucarne de comble. Une deuxième fenêtre a été récemment ouverte pour éclairer la salle. Le logis secondaire situé au sud est de la cour est daté de 1691 par une inscription qui nous transmet également le nom de son commanditaire : M (aitr) e ou M (essir) e OL (ivier) MOUCET. Ce dernier né le 22 juillet 1641 à Tréfumel, meurt à Saint-Juvat le 5 juin 1720, il est qualifié dans les registres de catholicité d´honorable homme, sieur des Portes (en Tréfumel). Il s´est marié avec Guyonne Fleury avec laquelle il a eu 6 enfants dont un Jan Moucet, né vers 1676, dit sieur de Herbetay.

Période(s) Principale : limite 16e siècle 17e siècle
Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 15e siècle
Dates 1691, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Blanchard Guillaume
Personnalité : Moucet Olivier

Le logis implanté au sud du ruisseau de Guinefort est orienté au sud est. Il est construit en moellons de granite et en calcaire des Faluns. Il regroupe sous une même toiture des parties habitables et des parties d´exploitation. La partie habitation à gauche se signale par une grande porte en plein cintre et un volume important réservé à la salle qui est surmontée de chambres, tandis que la partie droite à usage utilitaire ne comporte pas de fenêtres mais une porte haute qui donnait sur un vaste grenier de stockage. Le volume important de la salle dont les proportions sont inhabituelles pour une maison rurale évoque un ancien logis noble. Une console extérieure, à gauche de la porte, indique un appendice probable en bois qui pourrait être un vestige d'un auvent protégeant l'entrée. A l'arrière de la chambre haute une extension en encorbellement, construite en pans de bois, était visible lors de l'enquête photographique de 1986. Le logis secondaire est à deux pièces au sol dont une est à feu. L'étage est également partagé : chambre et grenier. Pignon reconstruit . Fenêtre porte la date de 1691 et une inscription. Corniche en faluns avec trous de boulins.

Murs granite
falun
pan de bois
Toit ardoise
Étages 1 étage carré
Couvertures toit à longs pans
pignon découvert
Typologies logis à fonctions multiples, haut surcroît, porte haute, armoire murale
États conservations bon état, restauré
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20102211903NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor

Références documentaires

Documents d'archives
  • Site généalogique en ligne : http://www.genealorand.fr.

  • A.D Saint-Brieuc : registre des Réformations. (voir site en ligne : http://www.infobretagne.com/dinan.htm).

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