Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Manoir, Le Châtel (Landéan)

Dossier IA35130976 réalisé en 2013

Fiche

Á rapprocher de

Selon Paul Banéat l’édifice était aux Vieuville en 1513, aux Courtays seigneurs de Saint-Germain en 1602 et 1641, aux Sérisié en 1665, aux Denoual en 1680, et aux le Tanneur sieurs des Vilettes en 1789. Les lieux nommés Le Châtel tirent généralement leur origine d'une ancienne fortification de l'époque gallo-romaine ou de celle du Moyen-Age.

Le manoir du Châtel est ponctué d'une riche histoire. Les matériaux employés pour la construction du manoir proviennent, selon certains dires, des ruines du château de la Forêterie, ancienne propriété des barons de Fougères, implantée sur le site même du Châtel. Vers 1932, des éléments de l’ancien édifice furent retrouvés aux environs immédiats de la propriété actuelle, à savoir des chapiteaux et des fûts de colonnes.

Julien Le Tanneur des Villettes, compagnon de la Fayette, réalise l'ensemble, après son retour de la guerre d'Indépendance américaine. Il était aussi pendant la Révolution française l'un des lieutenants du Marquis de la Rouerie. Le Châtel est alors constitué d'un corps de bâtiment central en granite et, du côté nord, d'un ensemble comportant écurie, étable, cellier, réaménagés par la suite. La maison d’habitation comprenait au rez-de-chaussée deux pièces séparées par un couloir et au premier étage deux pièces et un cabinet de travail. L’ensemble à cette époque avait une superficie de 80 ares environ. Jusqu’en 1787, la forêt domaniale s’étendait jusqu’à la propriété.

Julien le Tanneur des Vilettes ne disposera pas longtemps de son œuvre puisque élu maire de Landéan, son attachement à la cause royale le conduisit devant le tribunal révolutionnaire. Condamné à mort, il fut guillotiné à Fougères en 1793 et sa tête ornera le clocher de l'église de Landéan. Le Châtel fut par la suite confisqué par la convention et déclaré « bien national » de 1793 à 1805. Il fut alors abandonné. La famille du bâtisseur récupérera la propriété en 1805. Les Le Tanneur se séparèrent de l'édifice en 1829 qui connut alors de nombreux propriétaires successifs.

Après la période révolutionnaire, les propriétaires construisirent une pièce supplémentaire appelée « la petite orangerie ». Dans le fond du jardin fut établit un petit bois de tilleuls à proximité de l’oratoire dédié à la vierge en bois de hêtre et en torchis. Au début du 20e siècle, le pavage en granite de la cour d’entrée fut entrepris. On y découvrit d’ailleurs des pierres sculptées dont l’une en forme de chapiteau surmonté d’une colonne orne toujours actuellement la cour.

La chapelle dédiée à la vierge, est édifiée en 1940 par Joseph Poirier, propriétaire des lieux, à la place d'un ancien oratoire, situé au fond du jardin. Les matériaux de construction proviennent des pierres trouvées sur le terrain. La fenêtre nord provient de la ferme de la Cervelière, la porte romane d’entrée provient quant à elle d’une maison de Saint-Marc sur-Couesnon. Les armes du blason sont celles des Batards D’Orléans, la couronne de ces armes ayant été martelée lors de la Révolution.

Il est à noter que le propriétaire a enfoui une boite métallique contenant un document écrit, daté et paraphé par le lui-même, dans les fondations du mur.

A l'intérieur, les murs sont dépourvus d'enduit, ce qui laisse apparaître la maçonnerie. Le chœur est revêtu de boiseries, et de nombreuses statues complètent le mobilier. Pendant plusieurs années, les paroissiens s'y rendaient en procession pour les rogations.

Les deux vitraux sont ornés d’une figure peinte à l’ancienne présentant l’une la Vierge et l’autre l’enfant Jésus.

Le chœur accueille les statues de saint Roch, saint Joseph, saint Antoine, et sainte Cécile ainsi qu’un haut-relief représentant saint Michel, offert par les fils du bâtisseur à l’occasion de ses 65 ans, dont l’original se trouve à la cathédrale d’Autun. Dans la nef on peut lire les inscriptions suivantes : « Aedem sub invocatione Baetae Mariae Josephus Poirier posuit Anno Dominici MCMXL ».

En 1950, la petite orangerie fut surélevée pour y créer une chambre, un cabinet de toilette et une terrasse qui fut d’abord à ciel ouvert.

En 1954, la salle à manger à été réaménagée. Le plafond fut alors supprimé pour laisser apparaitre les poutres. La pièce fut dotée de boiseries. La cheminée en granite de la salle à manger provient de la ferme des « Alleux », à Louvigné du Désert.

A l’extérieur fut installé un tour de pile provenant de la ferme de la « Forgerie » à Torigni sur Vire et St Louet sur Vire. La cheminée dans le jardin, près du puits, provient de la ferme de l’Artoire à Landéan. Dans les communs du « Châtel », une pièce à usage de bureau fut créée. Elle est agrémentée d’une cheminée en bois provenant du château de la Chesnardière à Fougères.

En 1960-1961 fut créée, à la place du cellier, une chambre. La remise actuelle fut aussi dotée d’une porte provenant de la propriété de la « Dorangerie » située boulevard Jean Jaurès à Fougères.

Les pierres sculptées dans le jardin proviennent du Manoir de la Forêtrerie mais aussi de l’abbaye de Savigny et du moulin de Malagra à Bazouge du Désert. En 1974, la

pose des pilastres d’entrée, provenant du presbytère de Parigné, fut entreprise.

Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Fougères Nord
Adresse Commune : Landéan
Lieu-dit : Le Châtel

La maison est datée de 1787, cette date ne peut que confirmer le style même de la maison. A noter qu'il s'agit de l'époque de construction la moins représentée en campagne.

Des éléments anciens (portes, fenêtres...), datant des 15e et 16e siècles, se trouvent sur les bâtiments annexes ; il s'agit d'éléments rapportés.

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle

La maison a deux façades, celle à l'ouest est précédée d'une cour encadrée de jolies bâtisses faîtes d'éléments anciens rapportés et fermée par une grille, tandis que la façade est donne sur le jardin. Les façades sont percées régulièrement et de façon symétrique.

Le granite est le matériau principal, tant en grand qu'en petit appareil.

Le rez-de-chaussée de la maison comporte deux pièces séparées par un vestibule où donne un escalier desservant les étages. A l'étage il y a aussi deux pièces.

Murs granite moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage en surcroît
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

    tome II ; p.247
  • PAUTREL, Emile. Notions d'histoire et d'archéologie pour la région de Fougères, 1927.

    p.468
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Collection Le Patrimoine des communes de France).

    tome 1 ; p.612