Logo ={0} - Retour à l'accueil

Manoir, Launay-Bertrand (Plouasne)

Dossier IA22017300 réalisé en 2010

Fiche

Malgré les modifications le manoir de Launay-Bertrand se rattache à la famille des logis seigneuriaux les plus anciens conservés en Bretagne, appelés « logis à salle basse sous charpente ». On peut le comparer à celui de la Grande Touche à Pacé qui conserve des cheminées semblables et une charpente datée par dendrochronologie des années 1390. La tradition mentionne l’existence d’un porche surmonté d’une pièce haute, aujourd’hui disparu, probablement semblable à celui de l’ancien manoir de la Ville Geloir à Saint-Pern.

Parties constituantes non étudiéesdépendance
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonProjet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
AdresseCommune : Plouasne
Lieu-dit : Launay Bertrand
Cadastre : 1979 G1 319

La seigneurie de Launay appartient au 14e siècle à Bertrand de Saint-Pern, premier du nom, chevalier, seigneur de Ligouyer, parrain de Bertrand du Guesclin, vers 1320. La terre passe au 15e siècle à une branche cadette de la puissante famille Bertrand, des barons de Briquebecq en Normandie qui possède également le lieu proche de Haut Aulnay et qui donne son nom à la terre de Launay : Guillaume Bertran de Haut-Aulnay est mentionné en 1480 dans la liste des feudataires des évêchés de Saint-Malo avec 100 livres de revenus. Françoise Bertrand, dame de Launay-Bertrand, transmet la seigneurie en 1575 à Jacques Le Voyer son époux. Les de Saint-Gilles le possède au 17e siècle puis la famille de La Reignerais au 18e siècle. Il passe en 1806 par le mariage de Louise Thomas de la Reignerais dans la famille de Lorgeril d´où descendent les propriétaires actuels. L´architecture du logis seigneurial fait écho à l´histoire généalogique. Le logis du manoir remonte pour sa période la plus ancienne au 14e siècle, la charpente qui recouvre la partie centrale conserve en partie sa structure d´origine. De la fin du 14e siècle ou du début du 15e siècle est attribuable également la grande cheminée de granite de la pièce a l´extrémité nord du logis. Le manoir a été réaménagé à plusieurs reprises : la grande salle du rez-de-chaussée a été plafonnée et divisée en deux parties par une cloison en pan de bois à chevrons pouvant remonter à la fin du 16e siècle ou au début 17e siècle qui enferme la cage d´un escalier de charpente. D´importants travaux sont réalisés au 18e siècle, comme le souligne la date de 1726 inscrite sur une souche de cheminée, la corniche, les lucarnes, les linteaux de fenêtre, la modification de la charpente et la partie sud du logis recouverte d´une croupe sont de cette période ainsi que l´aménagement de la salle à manger avec ses hauts lambris et sa cheminée de menuiserie. Les bâtiments d´exploitation qui ferment la cour ont été réaménagés au 19e siècle. La chapelle qui était accolée au nord du logis a été détruite vers 1910 ainsi que le porche d´entrée. Le cadastre de 1834 mentionne également le clos du colombier à l´est de la cour.

Période(s)Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 2e quart 18e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Dates1726, porte la date
Auteur(s)Personnalité : Saint-Pern Bertrand
Personnalité : Bertrand
Personnalité : Saint Gilles de
Personnalité : La Reignerais de
Personnalité : Lorgeril de

L´organisation des bâtiments autour d´une cour quadrangulaire telle que nous l´apercevons sur le cadastre de 1834 a été maintenue jusqu'à nos jours. La cour était cependant fermée à cette période par un porche en pan de bois et une partie des douves étaient encore en place. Le cadastre ancien représente également sur le côté nord de la cour un second logis, actuellement détruit, perpendiculaire au corps de logis principal avec une tour d´escalier hors oeuvre. Orienté à l´est, le manoir présente une façade particulière qui témoigne des transformations de ce logis. La porte principale désaxée, ornée de colonnettes menait à la grande salle basse sous charpente. Hormis l´extension du sud, le rez-de-chaussée était composé de trois pièces au sol, avec une grande salle sous charpente au centre. Celle-ci a été fractionnée et plafonnée lors de l´installation de l´escalier rampe sur rampe, dont les balustres en forme de quilles font partie des exemples les plus anciens répertoriés sur ce territoire. La cloison nord de la salle en pan de bois à décor de chevrons est également remarquable car elle est rarement conservée en l´état. Cette pièce est aujourd´hui chauffée par une cheminée de granite qui provient d´une maison de Miniac-sous-Bécherel. Son linteau porte une marque de marchand reconnaissable à son 4 de chiffre. Cette salle centrale, communique avec la salle à manger au sud, entièrement lambrissée avec une cheminée de bois dans l´esprit du début du 18e siècle, et au nord avec une autre pièce a feu, sans doute une chambre basse qui conserve une cheminée monumentale de granite dont les jambages sont sculptés de colonnettes, les chapiteaux sont ornés de feuilles de chêne, motif que l´on retrouve sur le portail de l´église des Iffs. L´aile arrière conserve une cheminée engagée en pierre de taille de granite avec corniche en calcaire des faluns. La charpente qui surmonte l´ancienne salle a conservé ses quatre fermes d´origine sur lesquels des liens courbes joignant les arbalétriers au faux entrait déterminent une forme en arc brisé. Le contreventement longitudinal est assuré par de grandes écharpes qui joignent la panne faîtière et les poinçons. Ce modèle est caractéristique de la fin du 14e siècle ou du début du 15e siècle. Cette charpente a été modifiée probablement au début du 18e siècle par la suppression des entraits d´origine et l´amputation de la partie inférieure des arbalétriers. De nouveaux entraits ont été alors installés plus hauts sur un surcroît ajouté au sommet des murs gouttereaux et de nouveaux arbalétriers sont venus doubler ceux d´origine. Les lucarnes à frontons triangulaires en calcaire des Faluns purement ornementales qui scandent les travées ont été installées lors de ces modifications.

Mursgranite
falun
moellon
pierre de taille
Toitardoise
Étages1 étage carré, en rez-de-chaussée
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
croupe
pignon couvert
Techniquessculpture
Précision représentations

Armoiries d´alliance effacées et armes en parties effacées avec croix .

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Bertrand (orig. de Normandie), sr de Launay et du Breuil-Heully, par. de Plouasne,

    de Beaucroys, par. de Saint-Pern, de la Riolais, par. de Bréteil.

    Réf. et montres de 1427 à 1513, dites par., év. de Saint-Malo.

    D'or au lion de sinople, comme Saint-Memin.

    Guillaume, sr de la Riolais vivait en 1427 ; Mathieu, prieur de Lamballe, puis abbé de Saint-Melaine de Rennes en 1422, f 1448 ; Guillaume, épouse en 1457 Gufllemette de Québriac ; Françoise, dame de Launay épouse, vers 1550 Jacques Le Voyer, baron de Trégomar ; Jeanne, leur fille porta le Launay en mariage en 1580 à Pierre de Boisbaudry, et cette terre appartenait au dernier siècle aux Thomas do la Reigneraye.

    Cette famille parait issue on ramage de la maison du même nom en Normandie, qui a possédé la baronnie de Bricquebec, la vicomté do Roncheville, les seigneuries de Fontenay-le-Marmion et de Magneville et qui a produit Robert, maréchal de France en 1327 ; Guillaume, successivement évêque de Noyon, de Baveux et de Beauvais, pair de France, f 1356 ; et autre Guillaume, tué au combat de Mauron, en Bretagne en 1351.

  • Extrait des matrices cadastrales, 1834

    G 76 : Clos du Colombier

    G77 : Maison

    G 78 : Clos Mauny

    G79 : La métairie

    G 80 : Petit clos des masures

    G 81 : Les patures de devant

    G 82 : Le courtil aux lapins

    G 83 : La laverie

    G 84 : Le jardin

    G 85 : Les douves

    G 86 : Le vivier.

Références documentaires

Bibliographie
  • POTIER de COURCY P. Armorial et nobiliaire de Bretagne. Nantes : Vincent Forest et Emile Legrand, 1862, Paris : Aguste Aubry, 1862.

  • POTIER de COURCY, P. Armorial et nobiliaire de Bretagne, rééd., Mayenne, 1986.

    .