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Manoir, Kergatorn (Merlevenez)

Dossier IA56007497 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Malgré quelques remaniements intervenus à la fin du 20e siècle, le manoir de Kergatorn conserve d'importants vestiges du 15e siècle qui montre la qualité de l'édifice lors de sa construction.

L'intérêt du manoir de Kergatorn réside en plusieurs points : le contraste entre ses façades et l'intérieur, les campagnes successives et rapprochées qui expliquent des changements de parti, la survivance au 17e siècle d'un parti abandonné dès le 16e siècle.

Le premier manoir est probablement construit au 15e siècle pour la famille de la Haye : on peut émettre l'hypothèse qu'il sagissait dun plan en T dont le retour Est aurait aujourd'hui disparu, constitué de deux salles superposées et de chambres dans le corps transversal (cuisine au rez-de-chaussée) ; la distribution aurait été assurée par un escalier (dans tourelle d'angle ?) dont le départ oblique est visble à gauche de la porte d'entrée. Les portes bouchées dans le pignon nord menait à une chambre (basse et haute), mais cette partie, signalée par les pierres d'attente, n'a peut-être jamais été réalisée. Des pierres d'assise de rampants sculptées d'un lion et d'un chien courant ont été démontées et replacées dans une maison moderne sur le bord de la rivière d'Etel.

Dès le 16e siècle cependant, ce parti est mis en brèche avec la création d'un nouvel escalier en vis en bois dans une tour d'escalier postérieure hors-oeuvre carrée, une forme qui n'existe pas au 15e siècle. La difficulté est de savoir si l'escalier en façade et le retour sont alors supprimés : il paraît surprenant que ce corps et l'escalier aient pu être dès le 16e siècle en mauvais état.

Dans la 2e moitié du 17e siècle, une nouvelle campagne aboutit à une transformation radicale de l'élévation antérieure avec régularisation des baies en élévation ordonnancée. Il reste cependant que la porte haute créée au-dessus de celle du rez-de-chaussée n'est pas sans poser question : il s'agirait d'un accès différencié à la chambre haute, ayant conservé son statut de salle d'apparat en raison de la qualité de sa cheminée. Peut-être un perron et un escalier divergeant à deux volées droite en permettaient-ils l'accès, la tour en façade ayant depuis longtemps disparu.

Nous sommes donc en présence de trois campagnes de travaux, mais avec la persistance d'une partie des baies, de toutes les cheminées d'origine, et de la salle haute, un usage qui avait disparu des manoirs probablement dès le 16e siècle.

Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonRia d'Etel - Port-Louis
AdresseCommune : Merlevenez
Lieu-dit : Kergatorn
Cadastre : 1837 B2 703,704

Le manoir remonte probablement à la 2e moitié du 15e siècle d'après le décor des éléments architecturaux conservés à l'intérieur, en particulier les cheminées, et pourrait être l'oeuvre de la famille de la Haye, possesseur de la seigneurie au 15e siècle et encore en 1486 d'après les montres et réformations ; le portail semble contemporain, bien qu'y figurent sur la porte piétonne les armes de la famille du Boterff, seigneurs du Rongouët en Nostang, en possession de la seigneurie de Kergatorn en 1536 selon la réformation intervenue à cette date. L'écu féminin en losange qui accompagne l'écu des Boterff est peut-être celui de la famille de la Haye, mais les armes ne sont plus aujourd'hui identifiables. Les Boterff sont probablement à l'origine de la construction de la tour d'escalier qui pourrait avoir remplacé une distribution disparue côté est dont le départ est visble à proximité de la porte d'entrée. Sans doute à l'occasion d'un nouveau changement de propriétaire, sans doute la famille Boutouillic, le 17e siècle voit un autre remaniement du manoir qui lui donne sa physionomie actuelle, avec régularisation de la façade et création d'un couloir d'entrée dans la salle. On ne connaît pas la date à laquelle le manoir est déclassé en ferme. Une première campagne de restauration à la fin du 20e siècle voit le percement d'une grande baie sur la façade sud, la suppression d'une cheminée à l'étage ainsi que celle des huisseries du 17e siècle remplacées par des huisseries en métal. Lors d'une seconde campagne, les lucarnes en granite remplaçant probablement des lucarnes en bois sont ajoutées et les communs au nord et au sud percés de nouvelles baies.

Période(s)Principale : 2e moitié 15e siècle
Principale : 2e moitié 16e siècle
Principale : 2e moitié 17e siècle
Secondaire : 2e moitié 20e siècle

Le manoir se développe autour d'une cour probablement close à l'origine (des pierres d'attente au pignon nord prouvent soit que la cour était close, soit que le corps de logis était prévu plus long). L'entrée se fait à l'est dans un mur de clôture en pierre de taille par une double porte charretière et piétonne, celle-ci portant un écu sculpté d'un chevron surmonté de trois coquilles (famille du Boterff), accompagné d'un second écu en creux en losange (féminin) aujourd'hui buché. A l'ouest de la cour, le corps de logis principal orienté à l'est est doté d'une aile en faible retour au sud et d'une tour d'escalier postérieure, avec trous de boulins dans la partie supérieure. Il se compose au rez-de-chaussée d'une salle et d'une cuisine avec passe-plat dans le mur de refend. Un couloir d'entrée aménagé postérieurement mène à la tour d'escalier qui possédait un escalier en bois en vis sans jour aujourd'hui remplacé. La porte d'accès à la tour est en anse de panier. Dans la salle, la cheminée au pignon nord est acotée à droite d'une porte bouchée menant à une chambre basse peut-être jamlais réalisée. La cheminée de la cuisine est engagée au mur pignon ouest. A l'étage, une porte en plein cintre chanfreinée donne accès à la salle haute dont la cheminée adossée montre piédroits à colonnettes avec chapiteaux et bases prismatiques ; des tablettes obliques encadrent la hotte. Comme au rez-de-chaussée, une porte bouchée est visible à l'est de la cheminée. La cheminée de la chambre sud, anciennement située au pignon ouest, était plus simple, à piédroits saillants et chapiteaux droits sans mouluration ; elle possédait aussi des tablettes latérales. Une fenêtre à deux coussièges est ouverte dans le mur sud. Au nord et au sud de la cour, deux corps de communs en moellon ne comportent qu'un rez-de-chaussée ; le commun sud masque en partie le corps principal.

Mursgranite
enduit
pierre de taille
Toitardoise
Couverturestoit à longs pans
toit en bâtière
pignon découvert
pignon couvert
noue
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en charpente
Techniquessculpture
Précision représentations

Les armoiries de la famille du Boterff, propriétaires au début du 16e siècle, figurent sur la porte piétonne de l'entrée.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • AD Morbihan. Galles. Dictionnaire des terres nobles.

    KERGATOUARN

    1426 : Jean de la Haye

    1481 : Guillaume de la Haye

    1503 : Guillaume de Botderu

    père de 1536 : Jean de Botderu

    1666 : N Boutouillic

    1672-1686-1701 : Georges Boutouillic épouse ne 1671 Françoise Pitouays

    (père de François, plus bas)

    1710-1720-1758 : Jean-Baptiste Boutouillic

    1726 : François Boutouillic

    René Fiacre de Saliou + Marie Anne Oriot de Coatamon, veuve en 1772.

  • 20095606010NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 P 177.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan, 2J 1-6. Fonds Galles, Louis. Dictionnaire des terres nobles du Morbihan.

  • A. D. Morbihan. Série P. Cadastre. Merlevenez. 3P 177. 1837. Plan d'assemblage. Plan cadastral par feuilles.

  • A. D. Morbihan. Fonds Galles. 2J43 : Tableau par paroisses des terres nobles du diocèse de Vannes d´après la réformation de 1666.

Bibliographie
  • LAIGUE, Comte René de. La noblesse bretonne au XIVe et XVe siècles. Réformations et montres. Evêché de Vannes. Rennes : Plihon, 1902. Rééd. 2001.

    p. 369-373