Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Manoir de La Haye (Plouaret)

Dossier IA22017134 réalisé en 2011

Fiche

Destinations ensemble agricole
Parties constituantes non étudiées cour, étable
Dénominations manoir
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Plouaret
Adresse Commune : Plouaret
Lieu-dit : La Haye

Cet ensemble bâti ancien, à la fois résidence seigneuriale et exploitation agricole, est situé à 2000 mètres au nord-ouest du bourg de Plouaret et à 127 mètres d´altitude. Il se trouve à 500 mètres à l´est d´un petit affluent du Roscoat. Le manoir est isolé dans la campagne ; on y accède uniquement par la route de Plouaret à Keraudy puis par une allée courant vers l´ouest. Le toponyme est orthographié "La Haie" sur le cadastre de 1835. A cette époque, trois ménages se partagent le manoir. Les parcelles qui le cernent sont d´assez grandes dimensions comparées au parcellaire paysan. Elles traduisent une action de concentration des terres autour du domaine manorial. "La Haye" ou "La haie" remonte probablement au haut Moyen Age. "Kae", "An Hae", est issu du vieux breton "Cai" et signifie retranchement. Le cadastre semble également figurer un fossé au nord du manoir.

Le manoir de La Haye (également écrit "La Haie" dans les archives) a été fondé par la famille de La Haye (ramage de Plumaugat), sieur de la Haye et de Guernarc´han, sieur de Coëtfer dont les armoiries sont "D´argent à trois bandes d´azur, qui est Plumaugat, au franc-canton aussi d´azur". A la montre de Tréguier en 1481, on note la présence de Jehan, Morice et Tanguy de La Haye, tous "porteur[s] d´une brigandine", qui comparaissent "en archer". La famille s´éteint ensuite dans les de Rougé puis de Perrien. La seigneurie de La Haye a été réunie un temps à celle de Keramborgne. Le manoir appartient aujourd´hui à la famille Le Bourdonnec qui élèvent des porcs.

Le manoir de La Haye est datable du 15e siècle ; des éléments architecturaux intérieurs (notamment la porte du mur de refend ornée d´une accolade) sont également datables de la fin du 15e siècle voire du début du 16e siècle. L´escalier en vis hors œuvre sur l'élévation antérieure remonte à la 1ère moitié du 15e siècle ; la tour de forme octogonale dispose d´une pièce haute dotée d'un quadrilobe (vers l'est) et d'une fenêtre à meneaux (vers le nord). L'entrée dans le manoir se faisait directement dans la salle basse via deux portes géminées que les transformations de la fin du 19e siècle ont fait disparaître. La salle basse est dotée d'un accès à la cuisine (faux plan double en profondeur) et d'un passe-plat ainsi que d'un accès à la pièce directement situé au nord, pièce dans laquelle on pouvait directement accéder par la seconde porte géminée.

Si l´on se réfère au croquis d´Henri Frotier de la Messelière, le manoir de La Haye a été modifié entre 1880 et 1935 :

- un logis de type ternaire a été construit au sud, perpendiculairement au corps principal et en lieu et place d´une dépendance dotée d´une porte charretière ;

- le toit conique à égout retroussé de la tour (ou en poivrière) a été arasé et remplacé par un voile de béton ;

- le corps de logis a été agrandi vers le nord : le pignon a été entièrement remonté et doté d'un toit à croupe. La façade postérieure trahit le remontage important de maçonnerie. Les anciennes crossettes sculptées sont réutilisées aux angles nord-est et nord-ouest. De nombreuses ouvertures ont été modifiées en façade antérieure entraînant une modification de la distribution.

Au rez-de-chaussée :

- au sud, près de la tour, une des deux portes géminées est remplacée par une fenêtre rectangulaire (qui sera encore agrandie dans la 2e moitié du 20e siècle ; la seconde porte est aujourd’hui masquée par un sas / auvent) ;

- au centre, la fenêtre rectangulaire originelle a été transformée en porte ;

- au nord, la porte en plein cintre a été remplacée par une fenêtre et une porte rectangulaire.

A l´étage carré :

- au nord, la porte haute en plein cintre a été transformée en fenêtre rectangulaire.

Les moulurations en cavet des piédroits et linteaux, ainsi que les ancrages des grilles (disparues) nous renseignent sur les ouvertures originelles : les deux fenêtres situées les plus au sud. Elles ont cependant perdu leurs traverses en granite.

Le comble surcroît :

- si les deux fenêtres les plus septentrionales ne sont pas d´origine ; les deux autres semblent anciennes (piédroits et linteaux moulurés).

L´étable avec ouvertures en pignon est datable du 17e siècle ; elle a été remaniée par la suite. La construction du fournil est postérieure à 1835.

Période(s) Principale : 1ère moitié 15e siècle
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
Secondaire : 19e siècle
Typologies manoir à tour d'escalier hors-oeuvre sur l'élévation antérieure. Manoir orienté à l'est
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • Archives départementales des Côtes-d´Armor

    SEIGNEURIE DE GUERNANCHAM

    E. 1827. "1450-1790. - Seigneurie de La Haye.

    - Titres généraux : contrats de vente de la terre de La Haye par Pierre de Perrien à Suzanne Rouxel, pour la somme de 27 000 livres tournois ; par Louis-Ignace de Tournemine à René-Georges Saget, pour 26 000 livres ; - minus fournis à la seigneurie de Grandbois par Morice de La Haye, fils d'Alain ; par Yvon de La Haye ; - rentier et comptes, celui de 1789 présentant, en recettes, la somme de 2 839 livres 11 sous 5 deniers, et, en dépenses, celle de 535 livres 2 sous 6 deniers.

    - Domaine. Paroisse de Plouaret : déclarations fournies pour les convenants Guilquin, La Haye, Keranqueré-Bian, Kerbest-Bras et Penangué, tous situés dans la fratrie de Toul-on-Haye.

    La terre de La Haye, située dans la paroisse de Plouaret, relevait des seigneuries de Grandbois, de Guingamp et du Vieux-Marché, d'après les titres indiqués ci-dessus. Cette terre ne paraît avoir été annexée que peu de temps à Keramborgne, bien que cette dernière ait gardé le nom de La Haye-Keramborgne jusqu'à la Révolution.

    - Seigneurs de La Haye : au 15e siècle, Gauven, Alain et Morice de La Haye ; au 16e siècle, Yvon, Allain et Pierre de La Haye ; Charles de Perrien ; au 17e siècle, le précédent, Morice, Pierre de Perrien ; Suzanne Rouxel, veuve de Thomas Thierry ; au 18e siècle, Louis-Ignace Tournemine, René-Georges Saget, Bernard-Jean de Goyon et Adélaide-Balhilde Colin de La Biochaye, sa femme.)".

  • Iconographie

    20122205732NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, H2.

    20122205733NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, H2.

    19802201346ZMI : Archives départementales des Côtes-d'Armor