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Manoir de Botcouarc'h (Vannes)

Dossier IA56002966 réalisé en 1999

Fiche

Dossiers de synthèse

Le mesurage et prisage réalisé en 1684 à la demande du seigneur Julien Gibon du Grisso nous éclaire sur la physionomie d´origine du manoir. Celui-ci était composé de deux parties de hauteurs différentes, bien que ni l´une ni l´autre n´ait d´étage. Ces deux parties n´étaient sans doute pas contemporaines.

La première se compose de deux pièces en rez-de-chaussée, sans doute la salle et la cuisine, séparées par une cloison en terrasse tandis que dans le comble habitable il n´y a qu´une cheminée à l´est, sans doute dans la chambre. La tour d´escalier en pierre de taille encore en place dessert cette partie : les deux cheminées conservées aujourd´hui correspondent à celles du pignon oriental, pourtant il est douteux que la hauteur actuelle des deux niveaux soit le même que celle mesurée en 1684.

De la seconde partie, il ne reste pas grand-chose d´identifiable, sinon la structure de deux salles superposées, alors carrelées de terre cuite : lucarne à croisée et cheminées ont disparu ou sont masquées sous le décor du début du 19e siècle. De même le pavillon de latrines avec pigeonnier et la galerie qui joignait ce pavillon à la tour d´escalier ont été remplacé par l´appentis. C´est cependant l´emplacement en hors-oeuvre du pavillon des latrines qui peut expliquer le 'débordement' vers l´est de l´appentis actuel dans lequel la salle de bains remplace les latrines.

Ecuries et boulangerie (c´est-à-dire le fournil) occupent l´emplacement des communs actuels et séparent la cour du verger qui est noté parcelle 249 sur le plan cadastral de 1809

Malgré les transformations intervenues au cours du 19e siècle, la structure ancienne du manoir est en partie sensible avec la conservation de la tour d´escalier desservant le premier logis et les deux cheminées en place sur le pignon est devenu refends. L´importance donnée à la tour d´escalier qui surplombe le premier logis, de même que les deux cheminées en pierre superposées différencie cet habitat du simple logis paysan. Cette structure est à rapprocher du manoir du Petit Rulliac à Saint-Ave et de la maison rurale du grand Moustoir à Plescop, mais peut-être aussi du manoir de Kerbourbon à Vannes : les uns comme les autres associent deux parties de hauteur différentes, bien qu´à Botcouarc´h aucune ne possède d´étage. C´est justement cette particularité de logis sans étage et cependant avec deux niveaux habitables qui fait de Botcouarc´h un manoir particulier dont la famille reste à identifier.

On peut regretter l´absence de témoin de la galerie de circulation postérieure mentionnée, remplacée par un appentis qui masque les portes d´accès dans le mur nord. Les galeries sont un élément architectural de distribution très fréquent dans l´architecture manoriale bretonne du 15e siècle.

Appellationsde Botcouarc'h
Parties constituantes non étudiéesenclos, jardin, puits, ferme, dépendance
Dénominationsmanoir
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Lieu-dit : Bot-Couarc'h
Cadastre : 1809 H1 241, 242, 244;1844 I1;1980 DN 404, 405, 403, 87, 67 à 68, 89, 324, 326

Une première mention du manoir apparaît dans la réformation de 1513, où il est déclaré dans les manoirs, métairies et tenues annoblis depuis 60 ans. Le manoir et métairie de Botcourc'h appartient alors à Jean de Kerboutier, puissante famille de l'entourage ducal. De la 2e moitié du 15e siècle, il subsiste la structure générale du logis, à deux pièces en rez-de-chaussée (ou 3) avec tour d'escalier postérieure distribuant l'étage à partir de la salle. En 1826, date portée sur la façade postérieure, le manoir est considérablement modifié : la façade est régularisée en travées, enduite, la toiture est brisée pour créer un étage de comble : c'est peut-être à cette date que la surélévation d'un étage se fait, si l'on en croit le texte de 1684. L'appentis postérieur au nord de la tour, qui remploie une porte de la fin du 15e siècle, est ajouté (absent sur le plan cadastral de 1809, il apparaît sur le plan de 1844) ; d'après le prisage de 1684, il prendrait la place de la galerie qui reliait la tour au corps de latrines d'angle avec pigeonnier, déjà disparus en 1809. Le puits et une partie des communs datent également de cette époque. A la fin du 19e siècle, à la faveur d'un changement de propriété (vente du manoir au négociant Renaudin en 1867), on ajoute un appentis à l'extrémité nord et la pièce médiane du rez-de-chaussée est reprise, la cheminée adoptant un décor néo-gothique. La ferme est construite entre 1809 et 1844, probablement en 1820, date portée deux fois sur la porte sud et sur la lucarne médiane.

Période(s)Principale : 2e moitié 15e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1826, porte la date
1820, porte la date

Le manoir occupe le fond d'une cour enclose avec piliers à laquelle on accède par une rabine bordée d'arbres, au sud de laquelle est édifiée la ferme. Les communs sont construits au nord de la cour. Plus au nord est un enclos qui abritait le vivier : on voit sur le plan cadastral de 1844 un double passage d'eau, dont subsiste le cours central en partie maçonné avec trace de vannes. Le logis de plan allongé est constitué de trois niveaux distribués par un escalier en vis en granite dans une tourelle postérieure. Le rez-de-chaussée et l'étage se composent de trois pièces principales dont les deux pièces médianes (une dans la salle au rez-de-chaussée, une dans une chambre à l'étage) ont conservé leur cheminée du 15e siècle. Le décor des autres pièces date pour l'essentiel du début du 19e siècle. La ferme en moellon de plan allongé sans étage possède une double façade, vers le sud et vers la rabine au nord.

Mursgranite
enduit
Toitardoise
Étagessous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couverturestoit à longs pans brisés
toit polygonal
appentis
ruellée
noue
Escaliersescalier hors-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie
Typologiesplan allongé, tour postérieure

La comparaison du logis actuel avec son aspect décrit dans le prisage de 1684 fait apparaître des différences notoires. On peut admerttre que le texte de 1684 montre le logis proche de son état d'origine. Il est alors composé de deux parties distinctes. La première au sud comporte salle et cuisine au rez-de-chaussée, et une seule pièce chauffée dans le comble, une chambre, l'autre partie étant sans doute un grenier. La partie nord, sans doute postérieure, se compose de deux pièces superposées, la chambre logée dans un comble éclairée par une lucarne. La tour d'escalier qui s'articule sur le logis sud domine largement ce logis au contraire d'aujourd'hui. Ce schéma de manoir sans étage ne manque pas d'étonner : il est peu fréquent en Bretagne, mais à Vannes, plusieurs autres manoirs, moins anciens, le montrent : la Santière (détruit), Kerino ou encore Tohannic. Il ne faut donc pas exclure que des modifications intervenues après la construction masquent souvent comme à Botcouarh l'aspect ancien de ces manoirs.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • A. D. Morbihan.1 J 587. 20 avril 1684 : mesurage et prisage de la maison noble de Botcouarc'h.

    (Folio 1) : mesurage et prisage de la maison noble de Botcouarth en la paroisse de Sainct Patern et des escuries cour audevant jardin et bois de hault de futtaie faict a requeste de messire Julien Gibon seigneur du Grisso et descuier Claude Mesmin demandeur vers escuier Julien Aubin sieur de Botcouarct deffandeur (..)

    (Folio 2) : la maison principalle en deux estres, le premier estre contient de long a deux longères de massonage trente et huict pieds, laisse par le dedans à un pignon vers oriant vingt et un pieds, hauteur des dites longères quatorze pieds. Le tout réduict au devant de la dite maison une porte et deux fenêtres grillée de grilles de faire (sic) pendante, le tout de taille, et une lucarne aussi de taille, au dedans deux chambres séparées par une cloison de

    (verso 2) terrasse, dans celle vers occident une cheminée de taille au hault une poutre avec ses soliveaux, plasse et terrasses et celle vers orient une cheminée aussi de taille au courant trois poutres avec leur solliveaux sans terrasse ni planché, au dessus des dites deux chambres un grenier, dans le dit grenier au pignon d´orriant une cheminée de taille, en la couverture deux fermes alliages avec leur faicte et triple fillières (pannes) et couverture d´ardoises.

    (folio 3) Le second estre contient de long à deux longères de massonage vingt trois pieds laisse par le dedans à deux pignons vingt et un pieds, hauteur des dites longères vingt et quatre pieds et demy ; dans la longère de devant vers la porte pour le service de la cour deux fenestres sur lune desquelles il ya une grille et au hault une lucarne a croizé le tout de taille, dans la cave deux poultres garnies de leurs solliveaux plasse et terrasse/

    (verso 3) La salle basse est carrelée de tuile au pignon dorriant une cheminée de taille au courant deux poutres garnies de leurs solliveaux plasse et terrasse, la chambre au-dessus de la ditte salle basse est aussi carrelé de tuiles et audit pignon dorriant une cheminée de taille au courant deux poutres garnies de leurs solliveaux terrasse, au-dessus de la ditte chambre une grenier avec deux fermes de boisalliage avec leur faistres et double fillières.

    (folio 4) aujoignant lesdits pignons une petite porte pour entrer à un dict pigeonnier qui est au-dessus des latrines. Un pavillon au joignant la longère de derrière du premier estredans laquelle est une montée de pierre servant audits logements lequel contient circonférence vingt et trois pieds et de hauteur vingt et cinq pieds dans laquelle il y a trois fenestres (..) de fond au-dessus une retraicte (..) pignons (..)

    (verso 4) Entre ledit jardin et le pavillon où sont les latrines il y a une galerie qui contient de long à une longère de massonage dix-neuf pieds laisse par le dedans cinq pieds hauteur quinze pieds, ai-dessus de la ditte gallerie il y a des solliveaux plasses et terrasses et au dessus la couverture composée de chevrons et lattages et couverture d´ardoizes.

    Aubout au joignant le pignon d´orriant du second estre il y a un pavillon en caré où sont les latrinnes et pigeonnier/

    (folio 5) au dessus qui contient de laisse par le dedans sept pieds et deux tiers et de hauteur vingt et un pieds (..) / 50 livres

    Les escuries et boullangeries d´une tenante couverte d´ardoises dans lesquels contient de long à deux longères de massonnage soixante et trois pieds laisse par le dedans à deux pignons en deux ras (?) dix-huit pieds, haulteur des dittes longères dix pieds réduits dans/

    (verso 5) la longère de devant trois portes une de taille et deux a carré de boys deux lucarnes aussi a carré de boys et deux fenestres au courant des dittes escuries et boullangeries six poutres garnies et leurs solliveaux plasse et terrasse et la couverture six fermes avec leurs faistres et double fillières (..)

    La porte de cocher qui est au boult de la boullangerie qui sert pour entrer dans/

    (folio 6) un verger qui est au derrière des dittes escuries / 15 livres

    Fonds soubs la cour et aire à battre y estant dix neuff cordes prizés esgard au fonds soubs lesdits logements et a la porte d´entrée de la ditte cour et a la porte qui est aux pignons de la ditte maison du premier estre le tout prizé à rente avecq le puits au-derrière / 20 livres

    Le jardin de la ditte maison cerné de fossés / 20 livres

    (verso 6) le bois de hautte futtaies cerné de murs / 5 livres 10 sols.

  • 19975601170X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    20015604393NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    20055604715NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3 Fi 262/770.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan.1 J 587. 20 avril 1684 : mesurage et prisage de la maison noble de Botcouarc'h.

Documents figurés
  • A. M. Vannes. 21 Fi. Plan cadastral 1807-1809. Tableau d'assemblage de la commune et plan par sections. Delavau (ingénieur) ; Dreuslin (géomètre). Plan aquarellé, 99,5 x 67,41 cm.

    Archives municipales de Vannes : 21 FI
  • A. D. Morbihan 3P593. Plan cadastral 1844 : plan d'assemblage et plan des sections.Graff (géomètre) ; Herviant (géomètre) ; Tanguy (géomètre).

    Archives départementales du Morbihan : 3P593
Bibliographie
  • LAIGUE, Cte R. de. La noblesse bretonne aux XIVe et XVe siècles. Evêché de Vannes. Rennes, 1902. Rééd. 2001., p. 558-562.

    p. 841, 843, 846
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 111-112