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Maisons, fermes et hameaux sur la commune de Commana

Dossier IA00005727 réalisé en 2006

Fiche

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CONDITIONS DE L´ENQUETE .

Ce dossier collectif vise deux objectifs : appréhender une « famille » d'édifices représentés en grand nombre et dégager les caractères architecturaux communs ou spécifiques à cette famille. Reflétant une sélection raisonnée sous forme d´échantillonnage, certains éléments, jugés représentatifs et pas (ou peu) dénaturés, ont été étudiés en dossiers individuels.

Environ 150 édifices sur un total de 417 immeubles (chiffres INSEE 1999), soit environ 36% du bâti, ont été repérés. Parmi ceux-ci figurent les 35 édifices ou ensembles d'édifices sélectionnées pour étude ; chaque élément repéré est illustré, soit dans un dossier individuel, soit dans le dossier collectif. Au sein de certains hameaux, entités spatiales et historiques cohérentes et significatives, plusieurs édifices ou ensembles d´édifices (entre 2 et 13), ont pu être retenus. Les maisons situées au chef-lieu de commune, en raison de leur caractère tardif ou répétitif, n'ont pas été traitées ici mais le dossier « bourg ».

La synthèse qui suit concerne uniquement l'habitat rural proprement dit, c'est-à-dire les maisons et fermes isolées ou situées en écart ainsi que des hameaux entiers lorsque aucun élément ne méritait, en raison de remaniements successifs, un traitement spécifique.

CONTEXTE HISTORIQUE .

Peu de documents permettent de connaître l´espace rural avant la seconde moitié du 18e siècle. La topographie apparaît d´une manière succinte sur la carte de Cassini (vers 1770) et surtout sur les premiers plans cadastraux de 1812 qui reflètent encore largement le parcellaire et le bâti antérieur à la Révolution.

Le réseau des voies de communication et les structures des hameaux, tels qu´ils apparaissent en 1812, perdurent au-delà des modifications intervenues depuis la seconde moitié du 19e siècle.

Dans ses « Recherches statistiques sur le département du Finistère » publiées en 1837, Armand Duchâtellier note, pour le canton de Sizun, que les « édifications nouvelles y sont rares bien que leur distribution actuelle appelle hautement à la réforme la plus positive ».

En 1843, d´après Ogée, sur un total de 4000 hectares, 1635 sont des terres labourables, 390 des prés et des pâturages, 85 des bois, 46 des vergers et des jardins ; 1625 hectares, soit environ 40% du territoire communal, sont couverts de landes qui, en grande partie exploitées, faisaient alors intégralement partie de l´économie rurale. Au 18e siècle et sans doute plus tard, certains bâtiments ruraux (crèches, étables), étaient couverts de matériaux végétaux (genêts).

Même si un grand nombre de constructions a été remplacé in situ, la densité d´éléments bâtis anciens est élevée. Peu de lieux-dits ne conservent pas un ou plusieurs éléments bâtis intéressants. A l´époque de l´activité agricole la plus importante - la seconde moitié du 19e siècle - entre quatre et douze exploitations agricoles étaient ainsi regroupées. Ce nombre est en constante diminution depuis les années 1960.

La carte de localisation montre des densités différentes suivant les secteurs : les récurrences sont assez fortes dans la frange médiane de la commune qui va de Kerfornédic et Linguinou à l´ouest jusqu´à Kerguélen et Restancaroff à l´est.

Les densités sont plus faibles sur les flancs nord des monts d´Arrée où toute la partie sud de la commune est dépourvue d´habitat.

Des résultats observés, et plus particulièrement des chronogrammes relevés sur le bâti, se dégagent plusieurs tendances situant le corpus des maisons rurales dans une chronologie allant du milieu du 17e siècle aux années 1930.

Occurrences observées : 2e moitié 17e siècle (11) ; 1ère moitié 18e siècle (2) ; 2e moitié 18e siècle (7) ; 1ère moitié 19e siècle (12) ; 2e moitié 19e siècle (30) ; 1900-1934 (22).

Sauf à Quillidiec, Kerouat et Kernaman, on constate l´absence de témoins conservés antérieurs au 17e siècle. Une vingtaine de maisons, fermes ou parties de hameaux, soit environ 13 % du total pris en compte, datent des 17e et 18e siècles ; ceci s´explique, en partie, par une conjoncture économique favorable liée au traitement du lin et au commerce des toiles, relayée, dès, le 18e siècle, par l´élevage et le commerce des chevaux.

Les faibles taux observés pour le 18e siècle correspondent à un déclin de l´économie rurale bretonne en général et à un recul des activités locales traditionnelles en particulier. Le 19e siècle - il se prolonge jusqu´en 1918 - est caractérisé, comme ailleurs en Bretagne, par le renouveau, tout modéré toutefois, des constructions rurales. Deux cas de figures dominent : la disparition de l´habitat ancien remplacé, in situ, par un nouveau logis ou la conservation des logis anciens alors déclassés en parties agricoles. 148 immeubles seraient, suivant les données de l´INSEE, antérieurs à 1915. Les constructions ou reconstructions de logis ruraux entre 1920 et la Seconde Guerre mondiale ne sont pas nombreuses mais existent, entre autres, à Bothuan, Botlan ou encore Roscoat.

Une partie du bâti ancien a connu, suite à la déprise agricole, un délaissement progressif suivi de réhabilitations ponctuelles. La comparaison entre quelques éléments recueillis en 1974 et leur état en 2006 montre une proportion assez élevée de réhabilitations (habitat non agricole, résidences principales ou secondaires).

LES COMMANDITAIRES .

Travaux historiques et inscriptions figurant sur les bâtiments les plus représentatifs révèlent, parfois, quelques noms de bâtisseurs : Cam à Runtan, Yves René Fagot à Kerouat, Prouf et Le Maguet à Restancaroff, Baron, Picart et Martin à Ponclet Izella, Martin et Prouf à Pengoaziou, Pouliquen et Iolus à Pentreff. Les familles commanditaires, souvent apparentées entre elles, appartenaient aux classes rurales dirigeantes, exploitants de domaines ruraux ou, parfois, marchands de toiles. En 1799, la présence de paysans-marchands de toiles est attestée dans 17 hameaux de Commana.

Des pierres de remploi figurant des calices ont été localisées à L´Angle (1668), Kervelly (1657), Kerouat et sur une maison au Penquer (actuellement bourg) qui porte la date de 1670 ou 1679 ; dans certains cas, il pourrait s´agir d´anciens logements de prêtres dont la présence en secteur rural n´était pas négligeable. En ce qui concerne l´habitat le plus modeste, il est sans aucun doute sous-représenté puisque peu de témoins sont parvenus jusqu´à nous.

COMPOSITION D´ENSEMBLE .

L'implantation isolée est rare et semble relativement tardive, selon toute vraisemblance postérieure à 1800. La majorité des édifices se situe au sein de villages de structures plus ou moins éclatées et, à l'origine, composés de plusieurs exploitations agricoles disposant chacune de dépendances et donnant sur des espaces ouverts ou des voies de passage. Trois, six, voire plus de fermes, avec leurs logis exposés indifféremment au sud, à l´ouest ou même au nord, forment des unités disposées d'une manière spontanée et dense (Brézéhant, Mougau, Kervéroux, Ponclet Izella, Quillidiec, Restancaroff). Cette organisation spatiale de l'habitat ancien aggloméré, présente sur la totalité du territoire communal, est corroborée par des densités démographiques remarquables : en 1936 encore, les villages de Mougau et de Quillidiec comptaient respectivement 129 et 115 habitants, Roscoat 52 et Kerradennec 47.

Les parties agricoles sont en règle générale dissociées du logis et se situent autour d'une cour (Roscoat, Brézéhant, Botlan, Linguinou, Kerfornédic). Le faible nombre d´étables et de granges - exemples conservés Rozonoual (1653), Kerfornédic, Runtan, Ponclet Izella (1838), ainsi que l´absence de cohabitation entre hommes et animaux sous le même toit sont dues au fait qu'anciennement, ce secteur n´était pas, à cause des caractéristiques du sol, orienté vers l´élevage mais vers l´industrie rurale de la toile. Subsistent néanmoins des étables et écuries, toutes bâties au 19e siècle, qui conservent leurs aménagements intérieurs d´origine : sols pavés ou couverts de dalles de schiste et stalles délimitées par des palis en schiste tenus par une structure en bois (moulin de Restancaroff, Kerspernen, Kervéroux, Créac'h Goarniel).

La présence de trous d'attache pour le bétail s´observe aussi bien sur la façade principale du logis qu´à l´extérieur ou à l´intérieur des anciennes étables ou écuries : de petites niches réservées dans la maçonnerie servaient, à l´aide d'une ardoise centrale évidée, à passer une corde pour attacher le bétail ; ce dispositif existe, parfois, sur la partie supérieure de la façade, en dessous de la corniche, servant alors à la fixation d´une échelle pour intervenir sur les toitures.

Des traces architecturales de l´activité toilière subsistent encore sur le territoire communal. Parmi les 58 buanderies dites « kandis » (petits édifices équipés pour le traitement et le blanchiment du lin) connues par les archives et les travaux historiques, la quasi-totalité n'est parvenue qu'à l'état de vestiges. Lors de cette enquête, non exhaustive pour ce type d´édifices, des installations ont été localisées à Créac´h Goarniel et Restancaroff.

Le nombre de puits conservés et localisés, seize, n´est pas très élevé. Construits en moellon de schiste et de granite, sans décor, ils se caractérisent par leur plan semi-circulaire ou carré et leurs couvertures en grandes dalles de schiste posées sur les montants. Les exemplaires les plus représentatifs existent à La Garenne, Keravan, Kerdrein Bras, Kervénolou, Kervelly, Pentreff, Runtan, Roscoat et Stamoisac´h. Jadis éléments constitutifs de chaque hameau, les fours à pain sont rares (Kerouat, Restancaroff).

MATERIAUX ET MISE EN OEUVRE .

Pour le gros œuvre et les toitures, l´emploi de deux roches, le granite d´extraction locale appelé « granite de Commana » et le schiste dit « pierre bleue », est majoritaire. La diffusion des matériaux utilisés montre que les constructions rurales de la commune sont majoritairement en moellon de granite, parfois associé au schiste, les grandes dalles issues des anciennes carrières des monts d´Arrée étant réservées aux sols, aux cloisonnements des étables, aux toitures, ou encore, fixées sur des corbelets encastrés dans la façade des logis à avancée, aux auvents protégeant la porte d´entrée (La Garenne, Roscoat). Elles servaient également à délimiter les lavoirs et les bassins des buanderies et à en couvrir les sols.

Des mises en œuvre en pierre de taille ou en moellon équarri de granite particulièrement soignées ont été observées à la métairie du manoir du Bois de la Roche, La Garenne, L´Angle, Kerfornédic, Ponclet Huella et Quillidiec. Des assises en lits alternés de schiste et de granite existent, entre autres, à Brézéhant, Mendy Didreux, Mougau, Keruélen, Kerradennec et Rozonoual. Les appareils mixtes en moellon de schiste et de granite sont toutefois largement majoritaires ; certaines façades, mais pas toutes, étaient, dès l´origine, couvertes d´un enduit (Mendy Didreux, Brézéhant, Kerouat), alors que pour les logis plus tardifs (19e - 20e siècle), l´habitude d´enduire les élévations était largement répandue.

Les encadrements des baies sont majoritairement en granite. Le recours au bois pour les linteaux reste marginal et s'observe soit sur les anciennes dépendances agricoles (Kerguélen, Keravan), soit sur des logis remaniés (Kerfornédic).

L´emploi d´un granite en provenance du Huelgoat a été observé dans un logis du 16e siècle (Quillidiec) et pour toute une série de logis construits entre le milieu du 19e siècle et les années 1930. Le recours à la kersantite pour l´encadrement des baies, comme à Kerfornédic (1887) et Kervelly est exceptionnel, tout comme la présence de la microdiorite observée à Kervelly (éléments remployés).

STRUCTURE ET ELEVATIONS .

Dans ce secteur ou la cohabitation avec le bétail est rare, les logis ruraux répertoriés peuvent être classés en deux catégories principales : la maison à avancée et la maison de type ternaire .

Avec plusieurs variantes, la « maison à avancée » est caractéristique de l'architecture vernaculaire de Commana comme d´une grande partie des campagnes du Léon et de la Cornouaille.

La maison à avancée est un logis de plan rectangulaire avec un avant-corps de profondeur variable ; la partie portée en avant de l'alignement, généralement sur la façade principale, se nomme avancée ou avant-corps. Dans le secteur étudié, le terme de « apoteiz » désigne cette particularité architecturale. En 1794, on mentionne (lieu-dit non précisé), un « cache-table en appentis au nord ».

Ces logis partagent certaines caractéristiques architecturales : les fenêtres de l'avant-corps ne sont pas placées au centre mais, en raison de l'aménagement intérieur (place réservée à la table, aux bancs et lits clos), à proximité du pignon abritant le foyer.

Au sein de cette catégorie, on peut distinguer deux types, la maison en rez-de-chaussée (ou, rarement, à comble à surcroît), et la maison à étage. Ils se déclinent, à leur tour, en deux et trois variantes qui confèrent aux édifices des morphologies particulières, encore accentuées par des formes de toitures différentes (toit rampant, toit à bâtière).

Le recensement révèle l'existence d´environ 63 maisons à avancée, soit 42 % de la totalité des maisons rurales repérées. Selon l´analyse stylistique et les chronogrammes extrêmes relevées, elles ont été bâties entre 1654 (L´Angle) et 1887 (Kerfornédic). Les avancées sont majoritairement placées sur l´élévation principale ; si elles se situent sur l´élévation postérieure, il s´agit soit d´une modification plus tardive (rajout d´une avancée sur un bâti plus ancien), soit de constructions annonçant la fin du type (Pentreff en 1851, Kerfornédic en 1887).

Maisons à avancée en rez-de-chaussée .

Neuf édifices ont été recensés dont six à avancées et toits en bâtière et trois à avancées et toits rampants. Relativement marginale, cette variante tend à disparaître avant le milieu du 19e siècle. Peu de témoins semblent être antérieurs à 1800. Deux constructions datées subsistent, notamment au Mougau (1670) et à Pengoaziou (1839), cette dernière se distinguant par deux avancées situées respectivement sur l´une et l´autre des élévations. Bien que modeste, le petit logis de Traon Didu est représentatif de cette variante dont peu de spécimens subsistent.

Maison à avancée à étage .

55 édifices ont été recensés, dont 40 à une avancée, 14 à deux avancées, 7 avec un escalier extérieur couvert, 2 avec deux escaliers extérieurs couverts ; 35 ont des toits en bâtière, 10 des toits rampants. La maison à avancée à étage est donc largement majoritaire puisqu´elle représente plus de 80 % du corpus identifié. Parmi les multiples variantes et associations de variantes, trois sont particulièrement significatives : la variante à une avancée (sans escalier extérieur), la variante à un ou deux escaliers extérieurs et la variante à deux avancées (escalier d´un côté, habitat de l´autre).

La variante à une avancée (sans escalier extérieur couvert) a été observée pour une période allant de la seconde moitié du 17e siècle à la fin du 19e siècle : Mendy Didreux (1676), Mougau (1710), Runtan (1792), Kerspernen (1845), Kerfornédic (1887). Quant à la forme du toit de l´avancée (en bâtière ou rampant), une chronologie fine n´est pas aisée à établir ; le toit rampant est, de toute manière, moins fréquent et généralement associé à la variante avec escalier extérieur (Brézéhant, Quillidiec, Kerdrein Bras).

La variante à un ou deux escaliers couverts est minoritaire mais complexe. Elle indique parfois, comme à Brézéhant et Quillidiec, des logis jumelés. La conception de tels logis doubles serait la conséquence de structures familiales regroupant, sous le même toit, les habitations de plusieurs générations ou familles apparentées et de leurs outils de travail. L´association escalier extérieur couvert/avancée (Brézéhant, Kerdrein Bras, Quillidiec) est peu répandue. Elle pose, comme pour la totalité du corpus, le problème de l´évolution du bâti au cours du temps ; en effet, certains édifices ne sont pas homogènes mais le fruit de modifications successives pas toujours aisées à identifier. La présence d´un ou de plusieurs escaliers extérieurs couverts donnant accès aux combles non habitables (absence de cheminées) serait, liée à des fonctions précises et peut-être en rapport avec la manufacture de toiles : d´un accès aisé, les combles pouvaient abriter, comme le confirment des inventaires après décès dans des communes voisines, des fils et des armoires dites « presses à lin », alors que le rez-de-chaussée était entièrement réservé à l´habitation. Quant aux métiers à tisser, leur emplacement soit dans les combles, soit au rez-de-chaussée, n´est pas démontré avec certitude ; le tissage nécessitait des pièces plutôt sombres et humides et était, en tant qu´artisanat rural, vraisemblablement effectué dans des communs ou des bâtiments annexes.

La maison à étage de type ternaire .

Une cinquantaine de logis ruraux, soit environ 30 % du total repéré, présente des façades ordonnancées, majoritairement à trois travées. Ils remontent, pour l´essentiel, à la période allant de 1840 à 1900. La concomitance d´une façade ordonnancée et d´une avancée en façade postérieure a été observée, entre autres, à Kerouat, Kerret et Kerfornédic. La normalisation de l´habitat intervient avec le renouveau amorcé depuis le milieu du 19e siècle et le recours au modèle en vogue dans les bourgs et en ville. Le type perdure au-delà de la guerre 1914-1918 (Bothuan, 1929, Roscoat, 1930).

Cas particuliers .

Deux bâtiments situés respectivement aux villages de Créac´h Goarniel et Ponclet Izella présentent des particularités architecturales dont la signification n´a pas pu être formellement identifiée. Dans les deux cas, il s´agit d´édifices datant d´au moins du 18e siècle, de plan rectangulaire abritant une étable (ou écurie) au rez-de-chaussée et une grande pièce à feu à l´étage accessible soit par un escalier extérieur comme à Créac´h Goarniel, soit, en profitant du dénivellement du terrain, par une porte comme à Ponclet Izella. L´usage d´un espace réservé aux bêtes ne fait aucun doute. Aucune communication interne n´existait, à l´origine, entre le rez-de-chaussée et la salle de l´étage dont les fenêtres sont de dimensions réduites et la hauteur sous plafond faible. A Ponclet Izella subsiste une fenêtre à coussièges. Dans ce secteur où l´activité toilière était très présente, l´hypothèse qu´il pourrait s´agir d´un espace en rapport avec le négoce de la toile n´est pas à exclure.

Trois logis du 17e siècle conservent des tours d´escaliers hors-œuvre. A Roscoat, elle est associée à une avancée sans doute plus tardive. Au village de Kervéroux deux logis conservent des tours enfermant des escaliers en vis en pierre ; dans un cas, la tour domine la façade principale, dans l´autre cas, elle forme l´angle de deux corps de bâtiments en équerre.

Enfin, le retournement de façades ou une double orientation, liés à l´évolution des manières d´habiter et aux remaniements successifs, sont assez fréquents et s´observent notamment à Brézéhant, Kerouat, Botlan, Keravan et Kerfornédic.

COUVERTURES ET DECOR .

Les maisons rurales de la commune sont généralement coiffées de toits à deux pans, à l'exception des maisons à avancée à étage et à toit en bâtière ; dans ce cas, les deux versants de l'avancée sont liés à la charpente principale par une noue.

Durant plusieurs siècles et jusqu´à une période récente, les schistes ardoisiers ont été localement exploités, notamment sur les flancs des monts d´Arrée, livrant la fameuse ardoise (ou « pierre bleue ») qui a fait la renommée de Commana. L´emploi le plus visible demeure, aujourd´hui, celui des couvertures, même s´il a tendance à diminuer. Ces belles toitures se distinguent par une mise en œuvre particulière : ces épaisses ardoises sont, à cause de leurs poids, posées à pureau décroissant, c´est-à-dire que leur dimension diminue entre la partie inférieure du versant du toit et le faîtage, les pièces les plus grandes étant réservées à la partie basse. Certaines toitures conservent leurs lignolets, faîtages constitués d´ardoises découpées et ajourées qui affichent parfois des chronogrammes ; portant la date de 1835, le lignolet d´un logis à Lingouinou semble être le plus ancien conservé. La tradition de coiffer les faîtages des toits de lignolets figuratifs (ornementations, animaux, symboles) perdure, dans le cadre de la réfection des toitures, jusqu´à aujourd´hui, même si le recours à l´ardoise d´extraction locale est en net recul. Les éléments sculptés ou gravés sont rares. Mis à part les calices (cf. supra), seuls les faîtages des toits en lignolets découpés atténuent une certaine austérité propre à cette architecture, tout en soulignant la beauté de l´ensemble des toitures. Trois édifices (Quillidiec, Kerouat, Kernaman) conservent des baies avec linteaux à double accolade, témoins de leur ancienneté et de leur qualité.

DISTRIBUTION INTERIEURE .

Malgré de nombreux remaniements, certaines constantes et particularités en ce qui concerne les distributions et les aménagements intérieurs des logis traditionnels demeurent encore identifiables.

Dans les maisons à avancée, les deux tiers de la surface du rez-de-chaussée étaient réservés à l'habitation (salle), l'avancée abritant toujours table et bancs ; l'autre tiers servait en général de cellier ou de resserre. Les saloirs en pierre encastrés dans l´épaisseur du mur et surmontés d´armoires murales sont nombreux (Créach´Goarniel, Kervéroux, Restancaroff). Aménagées entre la cheminée et la fenêtre de l'avancée, des niches peu profondes servaient de bancs semi-encastrés (Créach Goarniel, Rosvern, Brézéhant, moulins de Kerouat) ; elles étaient parfois associées à une armoire murale qui était fermée par des vantaux en bois. Les sols en terre battue étaient traditionnellement couverts de très grandes dalles de schiste disparues lors des réhabilitations récentes. Les linteaux et corbelets des cheminées sont, à quelques exceptions près, en bois ; le linteau de Restancaroff porte la date de la construction du logis (1760). Quelques rares cheminées en granite ont été repérées (métairie du manoir du Bois de la Roche, Créac´h Goarniel, Ponclet Izella, Quillidiec).

CONCLUSION .

Suite à l´évolution des manières d´habiter, les maisons rurales de la commune de Commana ont, pour la plupart, connu des remaniements importants. Toutefois, le nombre élevé de maisons à avancée bâties entre 1650 et 1850 constitue un corpus architectural intéressant et varié, témoin d´une « mode » architecturale adoptée par le même groupe social que celui qui initie aussi des travaux dans le domaine de l´architecture religieuse dont l´enclos paroissial (1600-1750). A partir du milieu du 19e siècle, la transformation du bâti existant et la reconstruction de nouveaux logis d´allure urbaine n´éclipsent pourtant pas entièrement le bâti ancien de qualité.

Il convient de mettre partiellement en doute la thèse suivant laquelle toute maison à avancée correspondrait exclusivement à l´habitat d´artisans tisserands ou de marchand de toiles. L´artisanat du lin était, certes, largement répandu dans cette zone, mais cette activité domestique ne définissait pas nécessairement une forme particulière d´habitat. Le type est répandu au-delà des zones de transformation et de tissage du lin et l´avancée n´était pas forcément réservée à l´emplacement d´un métier à tisser. La forme architecturale du logis correspond plutôt à une manière de faire localement enracinée, à une « mode » adoptée par tous ceux vivant à la campagne à un moment donné.

Les hameaux de L´Angle, Brézéhant, Kerfornédic, Kervéroux, Mougau, Pengoaziou, Ponclet Izella, Quillidiec et Roscoat conservent des édifices représentatifs du bâti vernaculaire de la commune.

Aires d'étudesParc Naturel Régional d'Armorique
Dénominationsmaison, ferme
AdresseCommune : Commana

Chronogrammes relevés : 1653 ; 1654 ; 1657 ; 1668 (4 fois) ; 1669 ; 1670 ; 1676 (2 fois) ; 1737 ; 1739 ; 1760 ; 1762 ; 1763 ; 1781 (2 fois) ; 1782 ; 1792 ; 1811 ; 1815 ; 1827 ; 1828 ; 1835 ; 1837 ; 1838 (2 fois) ; 1839 ; 1842 ; 1845 (2 fois) ; 1848 ; 1851 ; 1852 (4 fois) ; 1856 ; 1863 ; 1867 ; 1869 ; 1870 ; 1871 ; 1873 ; 1874 ; 1875 (3 fois) ; 1875 ; 1876 ; 1877 ; 1879 (3 fois) ; 1885 (2 fois) ; 1887 (2 fois) ; 1888 ; 1893 ; 1898 (2 fois) ; 1902 ; 1903 (2 fois) ; 1904 (3 fois) ; 1905 (3 fois) ; 1909 ; 1910 (2 fois) ; 1913 ; 1914 (2 fois) ; 1924 (2 fois) ; 1926 ; 1929 ; 1930 ; 1934.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Typologiesmaison à avancée. Maison de type ternaire
Décompte des œuvres bâti INSEE 417
repérés 150
étudiés 35

Annexes

  • SITES ET IMPLANTATIONS DU BÂTI .

    La commune de Commana doit la qualité de ces paysages à un milieu naturel riche et une pratique agricole laissant la part belle à la nature, le bocage. Non remembrée et sous une apparente homogénéité, Commana possède divers paysages reconnus et faisant l´objet, depuis 1988 d´un classement en zone de protection du patrimoine architectural et urbain (ZPPAU).

    MILIEU PHYSIQUE .

    Situé à la limite nord du massif des Monts d´Arrée, le territoire communal de Commana s´étend sur 4000 ha de plateau bocager borné au sud-est par « la montagne », les premières crêtes de l´Arrée. Cette zone de contact implique une diversité de sous-sols, de sols, de reliefs, d´activités, d´occupation des sols et de paysages associés.

    Relief .

    Le relief actuel est le résultat de la longue érosion d´une ancienne chaîne de montagne très élevée durant de l´Ere Primaire, le Massif Armoricain. Il n´en reste aujourd´hui qu´une vaste zone de plateau, aux vallées plus ou moins encaissées, de faible altitude (150 à 250 m) et incliné sud-est nord-ouest. Ce plateau est interrompu au sud-est par des crêtes schisteuses (300 m et plus).

    Géologie .

    Le sous-sol de la commune de Commana est d´origine primaire. Il se décompose principalement en trois parties.

    1. Dans la partie sud et sud-est on retrouve une alternance de bandes de schiste et de quartzite.

    2. Des couches d´alluvions et de colluvions arrachées à « la montagne » au Quaternaire occupent les fonds des vallées des rivières de l´Elorn, de la Penzé, et des ruisseaux du Mougau, de Bothuan, et du Stain.

    3. Sur tout le reste de commune le sous-sol est granitique.

    L´acidité des roches, associée aux rudes conditions climatiques (fraîcheur, humidité constante) et à l´abondant réseau hydrographique a pour conséquence le développement de sols spécifiques à ces milieux.

    Pédologie .

    Quelle que soit la nature du sous-sol, granitique ou schisteux, les sols sont acides, pauvres et plus propice à l´élevage qu´à la culture. Suivant la topographie, l´épaisseur du sol varie avec un développement plus important en bas des pentes. Sur le substrat schisteux aux pentes prononcées, les sols vont être très fins tandis que sur le granite aux vallons plus adoucis, ils s´épaississent. Dans les fonds de vallée, surtout sur la partie granitique, la plupart des sols, développés sur alluvions et colluvions, présentent un profil d´engorgement d´eau. Ils sont « hydromorphes », c´est-à-dire en permanence ou périodiquement saturés d´eau.

    UN PAYSAGE DOMINANT : LE BOCAGE .

    Un paysage façonné par l´homme .

    Jadis recouverte de forêt, la commune de Commana a été progressivement défrichée depuis l´Antiquité, sous forme d´aires de défrichement éparses, des clairières. Mais ce n´est qu´à partir du 12e siècle que s´organise réellement un défrichement systématique profitant d´un contexte politique, démographique et technique fort. En effet, à cette époque deux ordres religieux s´installent dans la région, l´abbaye cistercienne du Relec et la commanderie de la Feuillée dépendant de l´ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem ; la population augmente fortement et les outils deviennent performants. Les cisterciens comme les hospitaliers, grands propriétaires terriens, vont mettre en place deux modes de faire-valoir leur permettant d´attirer puis de fixer des populations agricoles sur leurs domaines : la « quévaise » et plus tard le « domaine congéable ». La base de la structuration agricole du territoire se crée peu à peu, avec un habitat dispersé composé d´unités agricoles entourées de terres cultivées. Aussi, c´est pour empêcher la divagation du bétail et assurer la protection des cultures que sont édifiés des talus de terres et/ou de pierre délimitant les parcelles. Ces talus marqueront par la suite la propriété privée. Le bois commençant à manquer au 17e siècle, le talus devient alors un espace de production et d´exploitation, planté de tous types d´arbres et d'arbustes. L´ajonc et le genêt sont également semés sur certains talus servant d´une part de fourrage et d´autre part de combustible.

    Un paysage à protéger .

    Alternant polyculture et élevage, le mode d´exploitation des terres va peu à peu se transformer avec la mécanisation, l´électrification des campagnes et la mise en place d´une économie de marché après la seconde guerre mondiale. L´intensification des productions et l´expansion de l´élevage hors sol ont pour conséquence l´arasement de nombreux talus, le morcellement du maillage bocager et la pollution au nitrate des eaux superficielles.

    Depuis les années 1960, le nombre d´exploitants agricoles a considérablement diminué. Certaines terres sont donc laissées à l´abandon et s´enfrichent. C´est la déprise agricole qui aboutit à la fermeture des paysages. D´autres parcelles, plantées de résineux pour la rapidité de production, viennent également perturber la lisibilité des paysages.

    LES UNITES PAYSAGERES .

    Le terme d´unité paysagère désigne une portion de territoire homogène dont les caractéristiques physiques et humaines (topographie, géologie, relief, activités, occupation du sol) apparaissent de manière constante. Une typologie de ces unités de paysage peut être ainsi définie pour Commana :

    LES ZONES HUMIDES.

    Les vallées  : A l´exception de la vallée de l´Elorn, très encaissée, inaccessible et gardant un caractère sauvage, les quatre autres principales vallées et vallons offrent des paysages plus doux et plus variés, donnant souvent l´impression de fouillis végétal qui limite les perspectives visuelles. Quelques sentiers, essentiellement sur le Stain et le ruisseau du Mougau, permettent une progression en fond de vallée, offrant des ambiances verdoyantes le long des cours d´eau.

    Développée sur sol hydromorphe, la végétation, principalement composée de joncs, de carex et d´orchidées est un refuge pour bon nombre d´espèces animales comme la bécassine des marais, la couleuvre à collier et bien d´autres.

    Le lac du Drennec  : Il s´agit d´un lac artificiel d´une superficie de 100 ha et qui s´étend sur les communes de Commana (au sud-ouest) et de Sizun. Le barrage a été construit en 1982 sur le cours d´eau supérieur de l´Elorn qui marque la limite communale sud de Commana, dans le but de régulariser le cours de la rivière, afin d´en soutenir les étiages et d´assurer l´alimentation en eau de la région de Brest. Le volume de la retenue est de 8,7 millions de m 3.

    Le lac, de taille moyenne, s´est bien intégré dans la cuvette du Drennec. La diversité des abords développe des paysages variés, des boisements au sud aux bocages plus ou moins fermés au nord et à l´est. Les contours sinueux ne permettent malheureusement pas d´appréhender le lac dans son intégralité. Mais la découverte visuelle depuis la promenade aménagée autour du barrage est remarquable et d´une grande variété particulièrement.

    LE BOCAGE.

    Cette unité paysagère regroupe deux fonctions : la production (espaces d´activités agricoles) et l´habitation (lieux d´implantation du bâti).

    On distingue deux types de bocage :

    1. Le bocage « fermé » : il correspond à un maillage serré sur relief mouvementé. Le paysage y est fermé, y compris à partir des voies de circulation, le développement des friches contribuant à cette fermeture. Les talus sont plus hauts, jouant parfois un rôle de mur de soutènement, et plus boisés, avec une strate arborescente généralement présente.

    Ce type de bocage reste en contact étroit avec les zones humides des vallées. Il est principalement utilisé pour le pâturage.

    2. le bocage « ouvert » : on le retrouve sur les secteurs au relief plus doux, le plus souvent situé en haut des versants et de ce fait très en vue. Les talus sont beaucoup plus bas et découverts, laissant apparaître la trame distendue du bocage. Les grandes cultures intensives dominent ces secteurs exposés aux vents forts.

    LES BOISEMENTS.

    Les surfaces boisées, peu nombreuses et éparses, se situent principalement au sud, à l´est et au nord-est du territoire communal. On distingue les boisements traditionnels de feuillus aux forêts de confères essentiellement situé sur les versants nord de l´Arrée, dans la partie sud-est de la commune. Au nord-est, quelques bois de feuillus subsistent comme par exemple le domaine du Bois de la Roche dans un secteur au relief particulièrement marqué.

    D´une manière générale, l´impact des boisements de conifères sur le paysage est fort. Exotique, persistant et de couleur sombre, les conifères perturbent l´équilibre classique des paysages avec leurs parcelles et leurs cheminements rectilignes qui contribuent à leur aspect artificiel.

    Les boisements de feuillus, anciennement exploités en taillis pour le bois de chauffage, sont, dans l´ensemble, laissés à l´abandon du fait de la déprise agricole.

    LES LANDES ET CRETES.

    Situé au sud-est de la commune, les crêtes des Monts d´Arrée constituent de par leur position dominante, une véritable ligne de force dans le paysage. Points de repère, leurs sommets offrent également des vues lointaines sur les autres unités paysagères environnantes. Développée sur sols acides et pauvres, la végétation se compose essentiellement d´ajoncs et de bruyères, donnant un aspect sauvage à ce milieu. Cet aspect est renforcé par une couleur d´ensemble ocre clair, variant selon les saisons et nuancée selon les endroits et les espèces.

    Ces lieux, inhospitaliers du fait des rudes conditions climatiques (vent, basses températures), étaient exploités en de multiples carrières d´ardoises aujourd´hui fermées. Ces ardoises rustiques de montagne se retrouvent encore de nos jours dans le bâti traditionnel.

    En limite avec le bocage, dans le secteur du Mougau, quelques petites tourbières occupent les creux et font l´objet d´un sentier de randonnée. Ces tourbières acides sont des milieux naturels gorgés d´eau où s´accumule la matière organique sans pouvoir se décomposer. Une faune et une flore spécifiques peuplent ces zones telles que la sphaigne, la narthécie des marais et le drosera (plante carnivore) pour les végétaux, et la locustelle tachetée (oiseau) et le lézard vivipare pour les animaux. Au 19e siècle la tourbe était exploitée comme combustible pour fournir du chauffage aux habitants.

    L´IMPLANTATION DU BÂTI DANS LE PAYSAGE .

    L´eau et le relief sont deux éléments déterminants pour comprendre l´installation des hommes dans le secteur de Commana. Dans ce territoire rural, les constructions, le plus souvent regroupées en hameaux, se trouvent dispersées. Jamais très loin d´une rivière ou d´un ruisseau, le lien entretenu avec l´eau est différent suivant la situation des constructions : en fond de vallée, à mi-hauteur sur versant et sur les hauteurs d´une colline. Pour les besoins de l´étude, ont été pris en compte les regroupements sélectionnés faisant l´objet de l´inventaire du patrimoine bâti réalisé en 2006.

    La population de Commana se répartit dans différents types de regroupements de bâti : le bourg qui concentre une bonne partie de la population, quelques gros hameaux (Quillidiec ou le Mougau), beaucoup de petits hameaux (Ponclet Huella ou Roscoat), et peu de bâti isolé (Pontigou).

    L´habitat est très dispersé sur l´ensemble du territoire communal, à l´exception de la frange sud-est correspondant aux crêtes des Monts d´Arrée et de quelques vides dans la partie ouest nord-ouest. Dans ce secteur de plateau de faibles altitudes et de pentes douces, le bâti doit plus ou moins s´adapter au relief.

    Les regroupements se sont développés le plus souvent de manière concentrique, plus rarement le long d´un axe. On remarque que dans les secteurs plats ou en pente faible, le bâti est assez lâche (Rosvern), tandis qu´en secteurs plus pentus, le bâti est concentré voir même parfois imbriqué (Brézéhant).

    Développés le long d´anciennes routes principales, certains hameaux, les plus importants, suivent une organisation particulière : composés de plusieurs noyaux séparés par des espaces collectifs nommés « ar viler » (Bothuan, Kerradennec, Kerspernen, Mougau, Quillidiec, Restancaroff).

    LES MODES D'IMPLANTATION DU BATI.

    Le bâti s´implante principalement de trois manières différentes.

    1. En fond de vallées et de vallons  : Ce sont les lieux d´implantation privilégiés des moulins, parfois à l´origine du développement du hameau. Ce type d´implantation est incontournable mais faiblement représenté sur la commune du fait de l´engorgement en eau des terres et la possibilité de l´implanter plus en hauteur (pentes douces). Ex : Le moulin Bas du Bois de la Roche, le moulin de Restancaroff, Kérouat.

    2. A mi-hauteur sur versant  : la plupart des regroupements, essentiellement des hameaux, s´implante de cette manière. On peut néanmoins déterminer deux sous-ensembles :

    2.1. Profitant d´un replat : le bâti s´organise de façon plus ou moins concentrée sur une surface plane ou peu pentue. (Kerradennec, Mougau Bras, Pentreff).

    2.2. A même la pente : le bâti s´organise de manière concentrée, formant généralement un noyau. (Kervéroux, Mougau Bihan, Pengoaziou).

    3. Sur les hauteurs d´une colline  : les points culminants font parfois office de lieu d´implantation. Ce type, très minoritaire à Commana, offre assez souvent des vues dégagées sur le paysage lorsque le maillage bocager a disparu, mais est très exposé aux intempéries. (Bothuan, le bourg, Penandaouent, Runtan).

Références documentaires

Bibliographie
  • Commune de Commana. ZPPAU (zone de protection du patrimoine architectural et urbain). Présentation, prescriptions, recommandations. 1988.

  • DOUARD, Christel, LE BRIS DU REST, Erwan, DELMOTTE, Pascale. Bretagne. Habitat rural et société. Fiches et cédérom. Itinéraires pédagogiques n°2, Fiche 14 : les maisons à avancée. CRDP, Rennes, 2000.

  • LAURENT, Jeanne. Un monde rural en Bretagne au 15e siècle. La quévaise. Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris, 1972.

  • MORVAN, Claire. Les buanderies des paroisses de Plounéour-Ménez, Commana et Sizun au 18e siècle. Mémoire de maîtrise d´histoire. Université de Bretagne occidentale. Centre de recherche bretonne et celtique, Brest, 1994.

  • OLIER, Ernest et Yvonne. La maison de tisserand à porche extérieur surélevé dans le Haut-Léon au XVIIe siècle. Dans : Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, t. CIX, 1981, p. 289-309.

  • Ouest-Aménagement. Bassin versant du Drennec. Etude agro-pédologique. Parc naturel régional d'Armorique, 1992.

  • Ouest-Aménagement. Etude paysagère. Bassin versant du Drennec. Parc naturel régional d'Armorique, 1993.

  • Ouvrage collectif. Le bocage des Monts d'Arrée. Paysage de bocage. Gestion des espaces naturels, agricoles et forestiers. Fédération des Parcs naturels régionaux / Parc naturel régional d'Armorique / Ministère de l'agriculture et de la pêche, Paris, 2000.

  • TANGUY, Jean. Quand la toile va. Industrie toilière bretonne du 16e au 18e siècle. Editions Apogée, Rennes, 1994.