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Maisons en alignement, Maison Rouge (Saint-Juvat)

Dossier IA22017244 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

L’apparente homogénéité de cet alignement de trois grands logis masque une histoire complexe dont témoignent différentes campagnes de construction. Les dates portées de 1790, 1828 et 1838 indiquent des campagnes importantes de transformations de logis plus anciens qui sont mis au goût du jour sans pour autant obéir strictement aux normes de la symétrie et de la composition en travées.Il semble à la comparaison du cadastre ancien et des élévations actuelles que la partition fonctionnelle des espaces au début du 19e siècle ne correspondait pas avec la partition architecturale. Ainsi la partie occidentale de la cour était alors fermée par une clôture établie non au niveau du raccord entre les deux logis mais entre les deux portes jumelées du logis médian. Le rez-de-chaussée de ce logis était très probablement partagé entre une salle à l’ouest réservée au propriétaire intégrant l’escalier d’accès à l’étage et une autre pièce à l’est affectée au logement d’un fermier ou d’un métayer qui disposait du reste des bâtiment à l’est de l’alignement. Cette différenciation des espaces était matérialisée par deux piliers diminués en hauteur et légèrement déplacés vers l’est Le traitement différencié des façades postérieures, en pierre pour les deux logis ouest, en terre pour le logis est, traduit une nette différence de fonction qui reprend peut être en 1838, une hiérarchie préexistante L’alignement de la Maison Rouge constitue sur la commune un ensemble architectural remarquable par sa qualité et son authenticité ainsi qu’un exemple intéressant d’évolution d’un site et de l’organisation de l’espace. Il témoigne également de savoirs faire locaux alliant l’usage mixte de la pierre calcaire du Quiou et de la terre. Les dépendances étaient également traitées avec soin, comme en témoigne contre le pignon est une petite soue à corniche de pierre de taille couverte d’une toiture à croupe. La partie centrale, actuellement murée était ouverte et formait passage vers le jardin clos de murs.

Dénominations maison
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-Juvat
Lieu-dit : la Maison Rouge

Cet ensemble est situé au nord ouest de l´église, à la sortie du bourg, sur le côté gauche de la route qui mène à Dinan. L´appellation de «Maison rouge », non mentionnée sur le cadastre de 1833 est vraisemblablement due à la teinte rougeâtre de la terre employée dans le pignon et le mur arrière du logis situé à l´est de l´alignement, bâti en 1838. Le cadastre de 1833 présente l´organisation de l´ensemble avec face à l´alignement des logis, au sud, un alignement de dépendances séparant l´espace des cours de celui des jardins. Cette disposition est en grande partie conservée aujourd´hui, la division de la cour en deux parties distinctes représentée sur le cadastre de 1833 témoignerait d´une occupation des lieux différente de celle visible de nos jours. Les piliers carrés aujourd´hui isolés étaient reliés alors à un enclos qui séparait vraisemblablement un logis de maître de sa métairie. Les deux logis situés à l´ouest de l´alignement conservent plusieurs éléments du 17e siècle, linteau de fenêtre à accolade, cheminée et vaisselier mural en plein cintre ainsi que de nombreux remplois de pierre de taille dans les baies. Le logis central a été reconstruit en 1790 (date portée sur souche de cheminée). Celui de l´ouest en 1828 par une famille Piquais (inscription et date sur souche de cheminée). Celui de l´est enfin à été entièrement rebâti en 1838 (date sur lucarne).

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1ère moitié 19e siècle
Dates 1790, porte la date
1828, porte la date
1838, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Picquais

La lecture actuelle de cet ensemble dénote une partition en trois unités d´habitation. Le premier logis à l´ouest comprend trois pièces au rez-de-chaussée. La pièce centrale, la salle, conserve une disposition ancienne remontant au 17e siècle avec cheminée de pierre et armoire murale à degrés lui faisant face. Cette pièce est encadrée de deux pièces sans feu, celle de l´est ayant servi d´écurie, une porte arrière permet son accès du chemin communal. L´étage était à usage mixte de chambre et de grenier comme l´atteste dans la partie droite de la façade une porte haute à usage de gerbière. L´élévation à trois travées de ce logis est ponctuée par des lucarnes de comble empruntées aux modèles urbains. Le deuxième logis, au centre de l´alignement, était composé de deux pièces à feu en rez-de-chaussée. La distribution de l´étage, modifiée, ne permet pas une analyse plus poussée. Son élévation adopte un parti différent de celui du logis ouest et ne comporte ni symétrie ni travées. Au lieu des quatre lucarnes attendues au dessus des fenêtres de l´étage, il n´en présente que trois et affiche en façade le décalage de niveaux des planchers de l´étage. Le dernier et troisième logis, situé à l´est de l´alignement, plus remanié, comprenait trois pièces au rez-de-chaussée : la première, à l´ouest sans feu, suivie de deux pièces d´inégales longueurs servant d´habitation. L´étage semble avoir été uniquement constitué de greniers. Cette façade est composée en travées et les deux lucarnes sont établies au droit des fenêtres des pièces d´habitation du rez-de-chaussée.

Murs falun
terre
moellon
pierre de taille
appareil mixte
Toit ardoise
Étages 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Escaliers escalier intérieur : escalier droit, en charpente
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • 20102211584NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor