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Maison de villégiature, Grandville, 16 rue Georges Palante (Hillion)

Dossier IA22001662 réalisé en 2003

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • cour
    • mur de clôture
Parties constituantes non étudiées cour, mur de clôture
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Langueux
Adresse Commune : Hillion
Lieu-dit : la Grandville
Adresse : 16 rue Georges Palante
Cadastre : 1959 B1 6, 7

Maison construite en 1907 par le philosophe Georges Palante [Annexe 1] dont le souvenir a été immortalisé sous les traits de Cripure par l'écrivain Louis Guilloux dans son roman Le Sang Noir [Annexe 2].

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Auteur(s) Personnalité : Palante Georges, propriétaire, attribution par source

Maison de plan massé sur soubassement construite en granite pour le gros-oeuvre. Encadrement des ouvertures et chaînes d'angle appareillés de moellons de brique.

Murs granite
brique
moellon
Toit tuile mécanique
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Typologies maison à deux pièces par étage

Propriété du philosophe Georges Palante, ami de Louis Guilloux. L'étude s'avère souhaitable.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à étudier

Annexes

  • PALANTE GEORGES TOUSSAINT LEON (1862-1925)  :

    Philosophe né à Blangy-les-Arras (Saint-Laurent-Blangy dans le Pas-de-Calais) et mort à Hillion (20 novembre 1862 - 5 août 1925). Fils d'Emile Palante, fondeur, marchand de vin et d'eau de vie, comptable puis constructeur de semoirs et de machines agricoles, et de Thérèse Tricot, tous deux natifs de Liège en Belgique. Après le décès de son grand frère survenu le 29 novembre 1862, Georges restera le seul enfant du couple.

    Immortalisé dans Le Sang Noir (1935) par Louis Guilloux sous les traits d'un professeur de philosophie aux allures de monstre dénommé Cripure - Palante souffrait d´une malformation congénitale -, il fut au début du 20e siècle le philosophe de la révolte individuelle non-violente, aussi bien contre le groupe que l'Etat, et tout autant contre la morale solidariste que "bourgeoise". Il proposa la première formule du nietzschéisme de gauche en France inaugurant un courant pour lequel il demeure une référence.

    1879 : Georges Palante remporte le second accessit des élèves de rhétorique en histoire. Pensionnaire au collège d'Arras, il excelle en latin et reçoit plusieurs prix.

    1880 : il quitte le collège d'Arras et entre au lycée où ses résultats sont toujours très satisfaisants. Il obtient même le premier prix d'instruction religieuse.

    1881 : élève au lycée Louis-le-Grand à Paris, il décroche son baccalauréat. Au départ de Louis-le-Grand, il est convoqué par le conseil de révision qui le déclare inapte au service militaire.

    1883 : Palante avait prioritairement prévu d'entrer à l'Ecole Normale Supérieure, mais il avait raté le concours. Il devient boursier d'agrégation à l'université de Douai de1883 à 1885 où il obtient sa licence de philosophie (novembre 1883).

    1885 : il obtient son premier poste à Aurillac comme professeur de philosophie. A l'occasion de la distribution des prix, il prononce un discours intitulé éloge du style.

    1886 : il est chargé de cours de philosophie au lycée de Châteauroux où il restera jusqu'en 1888.

    1887 : le 27 août, Palante se marie avec Louise Genty. Née le 10 novembre 1865, elle était la fille de Jean-Baptiste Genty, professeur de rhétorique et principal du collège d'Aurillac où Palante fut en poste d'octobre 1885 à juillet 1886.

    1888 : Palante est reçu à l'agrégation de philosophie (7e sur 16 candidats).

    1890 : naissance de sa fille Germaine à Châteauroux le 18 février. Elle enseignera plus tard le violon. Par décision du tribunal de Châteauroux, Palante obtient une séparation de corps d'avec Louise qui conserve la garde de leur fille. Il est nommé professeur de philosophie au lycée de Saint-Brieuc.

    1893 : Palante est nommé au lycée de Valenciennes.

    1894 : Palante est nommé au lycée de La Rochelle.

    1896 : Palante est nommé au lycée de Niort.

    1897 : le 22 juillet, le tribunal de Bergerac prononce le divorce d'avec Louise Genty.

    1898 : Palante est de retour au lycée de Saint-Brieuc où il restera en poste jusqu'en 1925.

    1899 : premier article de Palante dans la Revue Philosophique.

    1901 : parution du Précis de sociologie (éditions Alcan). Il est nommé cette même année Officier d'Académie et reçoit les Palmes Académiques.

    1903 : parution de la traduction du livre de Ziegler La question sociale est une question morale (éditions Alcan).

    1904 : parution du Combat pour l'individu (éditions Alcan).

    1905 : Palante subit une ablation des orteils. Il prononce le discours de distribution des prix au lycée de Saint-Brieuc

    1907 : Palante s'inscrit en Sorbonne pour une thèse d'Etat en philosophie. La même année, il se fait construire une petite maison à Hillion, au village de la Grandville en bord de mer. Il s'y rendra chaque année pendant les vacances scolaires. Le départ pour Hillion était toujours une véritable expédition. Il fallait d'abord prendre le petit train de Saint-Brieuc et descendre au lieu-dit Les Aubiers : "là, un voisin l'attendait avec son âne et une carriole". Louis Guilloux décrit l'arrivée spectaculaire de Palante à Hillion dans ses Souvenirs sur Georges Palante.

    1908 : Palante est candidat aux élections municipales de Saint-Brieuc. Il n'est pas élu.

    1909 : il est nommé Officier de l'Instruction publique. Parution de la Sensibilité individualiste aux éditions Alcan.

    1911 : Palante remplace Jules de Gaultier à la Revue du Mercure de France. Il s'occupe des comptes rendus des nouveaux livres. La soutenance de sa thèse est refusée.

    1912 : Palante qui n'a pas accepté le refus de la soutenance de sa thèse fait paraître un article intitulé Autour d'une thèse refusée en Sorbonne dans la Revue du Mercure de France. La même année, il fait paraître le texte de sa thèse sous le titre Antinomies entre l'individu et la société (éditions Alcan). Parution également d'une brochure intitulée La philosophie du bovarysme. Jules de Gaultier au Mercure de France.

    1914 : parution de sa thèse complémentaire sous le titre Pessimisme et individualisme (éditions Alcan).

    1916 : début des relations avec Louis Guilloux.

    1919 : nouvelle candidature aux élections de Saint-Brieuc. Nouvel échec.

    1923 : brouille avec Jules de Gaultier. Palante démissionne du Mercure de France. Il épouse Louise Pierre, sa concubine depuis de longues années.

    1924 : parution de Une polémique interrompue ou le bovarysme : un bluff philosophique (Imprimerie moderne, Saint-Brieuc).

    5 août 1925 : Palante se suicide d'une balle dans la tempe face à un miroir dans sa maison d'Hillion.

    7 août 1925 : il est inhumé dans le cimetière d'Hillion.

  • GUILLOUX LOUIS FRANCOIS MARIE (1899-1980)  :

    "... j'admire et j'aime l'oeuvre de Louis Guilloux qui ne flatte ni ne méprise le peuple dont il parle et qui lui restitue la seule grandeur qu'on ne puisse lui arracher, celle de la vérité" (Albert Camus, préface de La Maison du Peuple, 1947).

    Ecrivain, traducteur, éditeur et préfacier né et mort à Saint-Brieuc (15 janvier 1899 - 14 octobre 1980). Fils de Louis-Marie Guilloux, cordonnier, et de Philomène Anne-Marie Marmier. Marié le 2 août 1924 à Renée Juliette Catherine Tricoire avec laquelle il aura une fille prénommée Yvonne.

    D'origine modeste, Louis Guilloux fut élevé dans un milieu de militants. Son père, dont la figure est évoquée dans La Maison du Peuple (1927), fut un des fondateurs et secrétaire de la section socialiste de Saint-Brieuc de 1911 à 1914.

    De santé fragile, il eut dans sa prime enfance une tuberculose des os. Après le Certificat d'études primaires, il obtint une bourse pour le lycée en 1912 et devint en 1916 l'élève de Georges Palante, professeur de philosophie, avec lequel il se lia d'amitié et établit de véritables relations intellectuelles. Georges Palante, qui se suicida en 1925, inspira à Louis Guilloux le personnage de Cripure dans son roman Le Sang Noir. Lecteur de Romain Rolland et de Jules Vallès, il se lia également d'amitié avec Jean Grenier qu'il rencontra à la bibliothèque municipale en 1917.

    Après avoir décidé d'abandonner ses études, Louis Guilloux partit en 1918 pour Paris où il vécut de petits métiers, puis entra dans le journalisme. Traducteur de journaux anglais au service étranger de L'Intransigeant à partir de 1921, il décida en 1924 de se consacrer à la littérature et publia contes et nouvelles dans Le Peuple, Ce Soir, L'Intransigeant... Il rencontra Daniel Halévy et se lia d'amitié avec Max Jacob, André Chamson et Jean Guéhenno. Ce fut à Daniel Halévy que Guilloux envoya son premier livre, La Maison du Peuple, paru en 1927 aux éditions Grasset dans la collection " Les écrits " dirigée par Jean Guéhenno. Cet ouvrage lui valut une bourse Blumenthal en 1928. L'année 1931 fut marquée par la parution de Compagnons, ouvrage relatant la mort d'un ouvrier. Par ces deux livres, Guilloux signifia son appartenance au monde du prolétariat et des défavorisés.

    Profondément engagé, il initia ses activités politiques et sociales à partir des années 1930. De retour à Saint-Brieuc en 1932, il prit part en 1933-1934 aux luttes bretonnes contre les ventes-saisies des fermes et participa à des actions de soutien en faveur des chômeurs. Secrétaire du Congrès international des écrivains pour la défense de la culture qui se réunit à Paris du 21 au 25 juin 1935, il prit nettement place dans le mouvement antifasciste et devint un compagnon de route du PCF. Responsable du Secours rouge international puis du Secours populaire de France à Saint-Brieuc de 1935 à 1940, il organisa activement l´accueil des réfugiés espagnols à Saint-Brieuc et dans le département des Côtes-du-Nord. L'année 1935 fut également marquée par la parution de son chef-d'oeuvre Le Sang Noir.

    En 1936, il accompagna André Gide en URSS en compagnie d'Eugène Dabit, de Jef Last et de Jacques Schiffrin et fut de ceux auxquels André Gide lut son Retour de l'URSS avant de le publier. A partir de janvier 1937, il assura à la demande d'Aragon la responsabilité de la page littéraire de Ce Soir. Refusant de prendre position contre les écrits d'André Gide, il fut remplacé en août 1937.

    De retour à Saint-Brieuc, il noua des contacts avec les responsables de la Résistance des Côtes-du-Nord dès 1941, notamment avec Yves Flouriot, l'abbé Chéruel, l'abbé Vallée et le pasteur Crespin. En 1942, il obtint le prix populiste pour Le Pain des rêves. En 1943, il joua un rôle actif dans l'unification de la Résistance communiste et non communiste et adhéra au Front national à la libération. En 1944, il fut désigné par le Comité départemental de Libération comme interprète auprès de l'armée américaine.

    Les années d'après-guerre furent marquées par la rencontre d'Albert Camus en 1945, l'obtention du prix Renaudot pour Le Jeu de Patience en 1949, son action pour le Haut Commissariat international aux Réfugiés en 1961 (enquête sur les camps des "personnes déplacées"), l'obtention du Grand Prix national des Lettres en 1967 et son action en faveur de l'instauration des Maisons de la Culture en 1968. Il fut également lauréat du Grand Prix de littérature de l'Académie française en 1973.

    Contact : Société des Amis de Louis Guilloux, Maison Louis Guilloux, 13, rue Lavoisier - 22000 Saint-Brieuc.

  • 20032203519NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fonds Salaün : 95 J 86.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes d'Armor : 95 J 86.

    Fonds Salaün