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Maison de prêtre, la Marotais (Léhon fusionnée en Dinan en 2018)

Dossier IA22132125 inclus dans Ecart, La Marotais (Léhon fusionnée en Dinan en 2018) réalisé en 2013

Fiche

Cette belle maison de prêtre construite en deux principales campagnes dans la première moitié du 16e siècle fait partie des plus anciens logis de la commune. Hormis l’escalier en vis qui devait se situer dans l’angle sud est de la salle, l’agencement intérieur du 16e siècle a été conservé. La cheminée de la chambre haute est sculptée des emblèmes de la

prêtrise ; un calice et une hostie présentés dans un écu et entourés d’un quadrilobe d’esprit gothique à redents. Les piédroits de la cheminée à colonnettes figurent, en guise de chapiteaux, des têtes de chevaux harnachés. De même l’extension arrière avec sa fenêtre très ornée indique un travail soigné de qualité. Il est probable que cette fenêtre à grilles ornée d’une accolade à fleuron éclairait un oratoire privé, situé à proximité de la chambre.

L’agrandissement de la fin du 18e siècle reprend « les canons » désormais à a mode : linteaux en arc segmentaire, lucarne de comble dépourvue d’ornementation.

L’ environnement, chemins, jardins et clos ajoutent de l’intérêt et du charme à ce lieu historique.

Genre de prêtre
Parties constituantes non étudiées fournil
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Dinan
Lieu-dit : Marotais (La)
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Léhon

Pour reprendre la définition du dictionnaire, une chapellenie est un bénéfice procuré à un chapelain, par un acte de fondation. Celle de la Marotais est fondée, selon l’abbé Fouéré-Macé, au 15e siècle par les frères Thomas et Pierre le Poussé, d’où son appellation de « Chapellenie

des Le Poussé », puis de « l’Epousée ». Les logis en place ont été construits en plusieurs campagnes. La première vers 1500 correspond à un logis de plan massé avec deux pièces superposées, la salle en rez-de-chaussée et une chambre à l’étage.

Une deuxième campagne de travaux peut correspondre à l’extension de la petite aile arrière vers les années 1520 1530. La date de 1717 gravée sur le claveau de la porte de la chambre doit correspondre à une période de réaménagement de la pièce haute dans l’aile en retour d’équerre.

Enfin, à la fin du 18e siècle on aménage dans le prolongement du premier logis, une seconde habitation et dans le prolongement de l’aile arrière de nouvelles dépendances avec trous de boulins pour les pigeons. Des ouvertures en arc segmentaires sont également réalisées sur le premier logis.

Période(s) Principale : limite 15e siècle 16e siècle
Principale : 1er quart 16e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle
Dates 1717, porte la date

Maison de prêtre composée de deux logis de niveaux décalés construits à des périodes différentes. Les façades donnant sur le chemin de la Marotais sont orientées à l’ouest. Actuellement l’ensemble présente un plan en T au sol. Il est possible d’y déceler trois principales grandes étapes de travaux.

- Un premier logis, de plan massé, devait comporter initialement deux pièces à feu superposées dont les cheminées sont encore en place. La pièce de l’étage à usage privatif est aménagée avec confort, cheminée, vaisselier mural, fenêtre à coussièges. La cheminée très travaillée présente des piédroits à colonnettes dont les chapiteaux figurent des têtes de chevaux harnachés. Le linteau du manteau de cette cheminée de l’étage est sculpté d’ans un quadrilobe à redents, d’un écu portant les emblèmes de la prêtrise, un calice et une hostie. A côté, sur le mur de refend nord, se situe une niche murale intégrée dans une accolade gothique et un petit jour. Parmi les autres éléments de confort une fenêtre à coussièges, à l’est, et un vaisselier mural.

- L’aile arrière correspond à une extension probable afin d’aménager à l’étage un oratoire privé. Celui-ci étant éclairé par une fenêtre très ornée à grilles . La porte qui accède à cette pièce arrière est gravée d’une date 1717 ou 1777 ? Cette date peut correspondre à une campagne de transformation de la petite pièce haute (oratoire).

- Un logis secondaire est accolé à ce premier logis dans un troisième temps avec également la construction de dépendances dans le prolongement de l’aile arrière ( fournil, grenier, pigeonnier).

Lors de la restauration récente, déplacement d’un escalier à balustres datable de la fin du 18e siècle.

Murs granite moellon
Toit ardoise
Étages 1 étage carré

Annexes

  • La chapellenie de la Marotais

    Extrait de : FOUERE-MACE, abbé. Prieuré Royal de Saint-Magloire de Léhon.

    La chapellenie ou prestimonie de la Marotais fut fondée, à la fin du XVe siècle, par deux frères prêtes, messieurs Thomas et Pierre le Poussé. Elle était desservie par un chapelain nommé par l’évêque de Saint-Malo, à la présentation des héritiers des deux prêtres fondateurs. Nous voyons plusieurs fois, le chapelain de la Marotais faire des baptêmes et des mariages, au nom du recteur de Léhon, dans les chapelles du Saint-Esprit et de Clermont, mais jamais dans la chapelle même de la Marotais, qui ne devait être qu’un simple oratoire privé. Aux terrains qui dépendaient de la chapellenie, Messsire Jean des Granges, recteur de Saint-Domineuc [1625-1629], ajouta plus tard, une pièce de terre appelée le petit moulin à chevaux. La chapellenie relevait du prieuré, et devait lui payer chaque année, une redevance de 2 godets de froment. En 1695, après le décès du titulaire, M. CH Jouin, une contestation sérieuse s’éleva entre le recteu de Léhon, M. Vincent Cocquelin, et le nouveau chapelain de la Marotais, M. Guillaume Guérin. Ce dernier prétendait acquitter dans l’église paroissiale, les six messes annuelles qu’il devait dire pour les fondateurs et les bienfaiteurs de la chapellenie. Le recteur lui ayant refusé plusieurs fois des ornements et du luminaire pour célébrer la messe, le chapelain humilié, assigna le recteur. L’affaire traîna en longueur et finit par être portée devant le tribunal des causes bénéficiales de Rennes. (…). Nous publions aux Pièces justificatives, la lettre de nomination [en latin] par l’évêque de Saint-Malo, de M. Thomas Thérèse Lucas, à la chapellenie de la Marotais, en 1748 (…). Les biens dépendant de cette chapellenie et consistant en plusieurs maisons, courtils, jardins et pièces de terre, dont la vente avait été ordonnée par le district de Dinan, furent mis aux enchères et vendus en deux fois, le 14 mai, et le 26 décembre 1794.

    La chapellenie de La Marotais fut dans le principe, désignée

    du nom de ses fondateurs, sous le titre de Chapellenie des Le Poussé ; vers le milieu du XVIIe siècle, des actes l’appellent la chapellenie des Poussé ; puis enfin dans les dernières années du siècle suivant, on la nommait la chapellenie de l’Epousée.

Références documentaires

Bibliographie
  • FOUERE-MACE Mathurin, Le Prieuré Royal de Saint-Magloire de Léhon, H. Caillière, Rennes, 1892, p.290-299.