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Les moulins de la commune de Tremblay (fusionnée en Val-Couesnon en 2019)

Dossier IA35049492 réalisé en 2011

D’après Jean-Baptiste Ogée dans son ouvrage Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, au milieu du 19e siècle, il existait 12 moulins à eau sur le territoire de la commune de Tremblay. Il s’agissait des moulins du Pontavice, de Bonne Fontaine, de la Helandière, des Ardennes (un à grains et un à papier), de la Chattière (à foulons), de Briand, de Maleute, Neuf, de la Roche Quibruc (un à grains et un à papier).

Ce nombre important de moulins dans la commune s’explique par la présence de nombreux cours d’eau et rivières, particulièrement le Couesnon ou la Loisance qui forme la limite nord de la commune avec celle de Saint-Ouen-la-Rouërie.

Ces moulins étaient donc des moulins qui utilisaient l’énergie hydraulique pour fonctionner. Leurs activités étaient variées puisque certains étaient des moulins destinés à moudre le grain et le transformer en farine, d’autres étaient des moulins destinés à la fabrication du papier (à partir d’étoffes broyées).

Lors du recensement du patrimoine de 2011, 6 anciens moulins existaient encore.

Les moulins à papier de la commune de Tremblay

(Enquête thématique régionale : les moulins à papier et papeteries industrielles de Bretagne 2014-2015)

Trois moulins à papier ont existé sur la commune de Tremblay. Il s'agit du moulin de la Hellandière, du moulin d'Ardennes et du moulin de la Roche-qui-Bruit (ou Roche Quibruc). Dans chacun de ces sites, les moulins à papier ont coexisté avec un moulin dont la destination était différente.

Moulin de la Hellandière

Le moulin à papier de la Hellandière était probablement situé en amont du moulin à foulon du même nom, selon un document datant du 15 février 1710. Il s'agit d'un document relatant le partage des héritages provenant des successions de Guillaume Marc et de Georgine de la Hellandière, sieur et demoiselle des Muretz. Le quatrième et dernier lot de ce partage comprend, entre autres biens, « une maison de vingt-sept pieds de costière servant à moulin à fouleur (…) avec les piles, pilons et autres ustensiles dudit moulin ; la vallée du moulin à papier au bout oriental de laquelle sont les mazières et emplacement d'un moulin à papier, pastourail et jaunet joignant le bois normand, les biez, eschaussées et portage dudit moulin ». Les minutes notariales de l'étude de Jacques Anger mentionnent en 1655 la signature de deux contrats concernant le moulin à papier. Le premier est signé le 7 février entre Gabriel Ganné, exploitant du moulin, et Vincent Ruault, marchand, demeurant à Antrain qui décède trois mois plus tard, pour la vente de papier. Un deuxième contrat entre Gabriel Ganné et Raoul Lemonnier, également marchand à Antrain, est signé le 30 mai. Ces contrats permettent d'estimer la production de papier à 1280 rames par an, production très importante à cette époque. Le propriétaire du moulin à ces dates est René de la Hellandière.Les minutes mentionnent ensuite le moulin à deux reprises, en 1663 où les fermiers exploitants sont Jacques Le Prince et Gabriel Davy, et en 1676 où Jean Macheffert y est marchand- papetier. Aucun acte de ferme ni de procès verbal postérieur n'ont été trouvés à ce jour sur ce moulin. Le document de 1710 laisse penser que le moulin à papier de la Hellandière aurait cessé son activité à la fin du XVIIe siècle. Ce document laissent supposer qu'il se situait sur la rive gauche de la Loisance, au niveau des parcelles cadastrées 9 ou 12 sur le plan cadastral de 1824, soit largement en amont du moulin à foulon. Pour autant, les plans cadastraux n'en portent pas trace. Il ne reste à ce jour, aucune trace visible de l'ancien moulin à papier.

Moulin d'Ardennes

Le moulin à papier d'Ardennes, situé en aval du moulin à eau du même nom, figure sur le cadastre de 1824, section A1 de la Beucherie, parcelles 109 à 112. La première trace écrite de ce moulin à papier est la convention établie en 1642 entre Claude Morin, sieur de la Pierre, et Marguerin Durand, papetier. En 1711 on y trouve Robert Chatel, sieur des Vallées, priseur dans un acte de succession. Il demeure au moulin d'Ardennes avec sa femme Gilette Houitte jusqu'en 1717. Leur bail est repris par Jean-Louis Roussin, sieur de la Croix et Marguerite Avril son épouse. Une estimation du moulin est établie à cette occasion par Alexandre Boulmer, papetier au moulin de la Galenais, et Denis Chatel du village de la Hommais en Saint-Ouen de la Rouerie. En 1725, Alexandre Boulmer est le fermier entrant avec Jeanne Levazeux, sa belle-fille. Dans son contrat le propriétaire Louis François de la Cornillière précise que les preneurs devront « faire et perfectionner le papier ». Un an après le décès d'Alexandre Boulmer en 1749, sa belle-fille est qualifiée dans un acte de maîtresse-papetière. Elle meurt en 1766 et lui succède Pierre Roussin, sieur du Val. L'état de 1772, transcrit dans le récapitulatif de 1776, indique qu'il y produit 900 rames de papier e, 1772 et 1000 rames en 1776, pour l'écriture et l'emballage, avec une cuve et cinq piles à maillets. Ce papier est commercialisé sur les marchés de Rennes et de Nantes. Au décès de Pierre Roussin, le descriptif de sa succession, très précis, mentionne la valeur des 3280 livres de chiffes entreposées au moulin. En comparant avec le descriptif de la Roche-qui-Bruit, le coût de la matière première semble avoir considérablement augmenté en une dizaine d'années. Les stocks sont également plus importants. Le moulin continue d'être exploité par la veuve de Pierre Roussin, puis son gendre et sa fille, puis par le fils de ces derniers, François Hus. Au début du XIXe siècle, celui-ci rénove et modernise le moulin. Le bâtiment est allongé et il y fait placer sept piles en pierre dont 6 à maillets ferrés. Il fait également construire une maison. L'inventaire dressé à la suite de son décès accidentel les 6,7 et 9 novembre 1833, est impressionnant. L'ensemble des ustensiles du moulin s'élève à près de trois mille francs, sans compter le papier. Le moulin continue à fonctionner pendant quelques années mais son activité diminue. En 1852, les matrices cadastrales indiquent une réduction d'impôts. En 1858, une destruction est indiquée, puis une transformation en moulin à tan. Des vestiges de bâtiments sont visibles sur la parcelle correspondant. Selon la propriétaire, ces vestiges seraient ceux d'un ancien concasseur de pierres dépendant d'une mine située au-dessus de la rivière.

Moulin de la Roche-qui-Bruit

Le moulin de la Roche-qui-Bruit fait l'objet d'un dossier individuel portant le n° d'immatriculation IA35049489.

Références d'archives :

Moulin de la Hellandière :

Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine

Série E; 4E archives notariales :

- 6512. Minutes notariales. ANGER Jacques, 1655.

- 6514. Minutes notariales. ANGER Jacques, 1663.

- 6519. Minutes notariales. TASLE Julien, 1676.

- 6490. Minutes notariales. LOUGE Louis, 1710.

Moulin d'Ardennes :

Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine

Série E; 4E archives notariales :

- 6511. Minutes notariales. ANGER Jacques, 1642.

- 6514. Minutes notariales. ANGER Jacques, 1666.

- 6529. Minutes notariales. TASLE Nicolas, 1717-1718.

- 6531. Minutes notariales. TASLE Nicolas, 1729.

- 6494. Minutes notariales. HERBERT J.-M., 1725.

- 6429. Minutes notariales. BOIVENT Jean, 1743.

- 6529. Minutes notariales. TASLE Nicolas, 1717-1718.

- 6442. Minutes notariales. MEZANDRE (de) Julien, 1750.

- 6587. Minutes notariales. JUGAN Julien, 1783.

- 9954. Minutes notariales. CAILLERE Armand, 1787.

- 6666, 6674, 6692. Minutes notariales. FAUCHEUX M.-F., 1814-1833.

Série B; 4B juridictions seigneuriales :

- 5509-5521, juridiction de Saint-Brice. Scellés après décès, 21/05/1711.

Aires d'études Pays de Fougères
Dénominations moulin
Adresse Commune : Tremblay
Lieu-dit :

Au début du 20e siècle, une centaine de moulins étaient actionnés par le Couesnon et ses affluents. En 1908, François Burgot était meunier au moulin Briand qu'il avait remis à neuf. A la même époque, le moulin de la Chattière appartenait au cousin de François Burgot.

Période(s) Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Toits ardoise
Murs granite pierre de taille
schiste moellon
granite moellon
terre pan de bois
Décompte des œuvres repérés 6
étudiés 0

Références documentaires

Bibliographie
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

  • DUVAL, Jacques. Les moulins à papier de Bretagne du XVIe au XIXe siècle - les papetiers et leurs filigranes en Pays de Fougères. L'harmattan. Paris, 2006. 314p.

  • BOURDE DE LA ROGERIE, Henri. Contribution à l'histoire de la papeterie en France. [8], les Papeteries de la région de Morlaix depuis le XVIe siècle jusqu'au commencement du XIXe siècle. Editions de l'Industrie Papetière. Grenoble, 1941. 61p.; 23cm.

  • CHASSAIN, Maurice. Moulins de Bretagne. Keltia Graphics. Spézet, 1993.

  • KEMENER, Yann-Ber. Moulins à papier de Bretagne. Skol Vreizh. Morlaix, 1989. 84p. ISBN 2.903313-22-9

  • CAROFF Jean. Moulins à papier et familles papetières de Bretagne du XVè siècle à nos jours. Les éditions du CGF et du Queffleuth. Saint-Thonan, 2015. 364 p. ISBN 978-2-9552574-0-1

Périodiques
  • CUCARULL, Jérôme. CUCARULL, Jérôme. Réflexions sur l'industrialisation du milieu rural. L'exemple du pays de Fougères dans la seconde moitié du XIXe siècle. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 101, numéro 4, 1994. pp. 85-110. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 101, numéro 4, 1994. pp. 85-110.