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Les moulins à marée du Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude

Dossier IA35131019 réalisé en 2013

Fiche

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L'exceptionnel marnage – l'un des plus importants d'Europe - explique la concentration d'une chaîne de moulins à marée sur la Rance et dans les anses abritées alentour, d'autant que la topographie dentelée de la côte facilite leur implantation. Un moulin à marée utilise l'énergie de l'eau contenue dans un bassin de rétention aménagé derrière une digue, « grenier à eau » qui se remplit à marée haute et se vide lorsque celle-ci descend. Le mécanisme du moulin fonctionne à chaque marée, et offre l'avantage de sa régularité tout au long de l'année à la différence des autres moulins soumis aux caprices du temps : crues ou étiages des rivières pour les moulins à eau, absence de vent ou tempête pour les moulins à vent... Outre le marnage, leur implantation dans de petits vallons permet également de bénéficier de l'apport des cours d'eaux qui y coulent, permettant de gagner une à deux heures de mouture par jour. Les moulins de la Rance bénéficient aussi de la facilité du transport par bateau de la farine sur l'importante voie de communication fluviale qu'est la Rance avant l'arrivée du chemin de fer à Saint-Malo en 1864.

Le plus souvent, les moulins sont entièrement bâtis en pierre, peu développés en hauteur et d'une surface modeste : c'est le cas du moulin du Prat à la Vicomté-sur-Rance récemment restauré et dont les fondations remontent au 15e siècle. A côté de cette forme habituelle antérieure à la mécanisation, on rencontre, sur la Rance, une typologie particulière : Le moulin «à cage de bois » est posé sur deux ou trois piles de maçonnerie entre lesquelles sont fixées les roues. L'énergie était transmise aux meules situées à l'étage.

Leur implantation est ancienne : le moulin du Lupin à Saint-Coulomb est attesté dès 1181, celui de la Tourniole à Pleudihen-sur-Rance remonte au Moyen âge, ceux de Pleurtuit, le Moulin neuf date de la fin du 17e siècle et Montmarin de 1811. A Plouër-sur-Rance, on devine encore l'ancien ancrage à piles du moulin de la cale, transformé à plusieurs reprises.

Dans la seconde moitié du 19e siècle, nombre d'entre eux sont modernisés ou reconstruits en minoteries industrielles. Une machine à vapeur, et par la suite des moteurs diésel remplacent l'énergie de la marée. La physionomie des bâtiments évolue alors de façon marquée : en 1853, le moulin de la cale à Plouer passe de trois à vingt ouvertures imposables. A partir de 1888, les 47 mètres de longueur et quatre bâtiments de celui de Quinard à Saint-Jouan-des-Guérets marquent fortement le paysage de l’estuaire.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude

Pour le territoire comprenant la Rance et une partie de la Côte d'Emeraude (de Pléneuf-Val-André à Saint-Coulomb), on compte compte 20 moulins à marée, dont 13 encore en élévation, 5 à l’état de vestiges, 1 dont l’existence est incertaine (le moulin de la Souhaitier) et 1 qui a disparu (le moulin de la Garde).

Références documentaires

Bibliographie
  • BOITHIAS, J.-L., VERNHE, A. De la. Les moulins à mer et les anciens meuniers du littoral : mouleurs, piqueurs et moulageurs. Nonette : éditions Créer, 1989.

  • CHAIGNEAU-NORMAND, Maogan. La Rance industrieuse. Espace et archéologie d'un fleuve côtier. Laval : Presses Universitaires de France, 2002.-270 p. ISBN 2-86847-694-5.

  • DURAND-VAUGARON, Technologie et terminologie du moulin à eau en Bretagne, Annales de Bretagne. Tome 76, numéro 2-3, 1969. pp. 285-353.

  • RIVALS Claude, Le moulin histoire d'un patrimoine, Fédération française des Amis des moulins, Paris 2000 - Comprends quatre Livres : Le moulin à vent, le moulin à eau, le moulin à marée, le moulin à nef.

Périodiques
  • BRUNEAU-CHOTARD, Archéologie industrielle en France, article, société archéologique de Saint-Malo, 1982.

  • GUILLET Jacques, Meunier et moulins à marée du Morbihan, le Chasse-marée n°5, 4e trimestre, 1992, p.42-57.

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