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Les maisons, immeubles et presbytère sur la commune de Cancale

Dossier IA35003624 réalisé en 1999

Fiche

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Le repérage des maisons de Cancale a déjà permis de déterminer quelques grandes familles typologiques d'édifices. La première, la plus importante en nombre, est composée d'une maison de type immeuble (plusieurs unités de vie sous un même toit) et correspond à un habitat modeste, le plus souvent de pêcheurs. La deuxième famille se rapproche de la malouinière par son volume et son élévation ordonnancée. Elle est habitée par une population plus aisée de notables ou de riches armateurs. Un type intermédiaire, souvent identifié à Cancale comme la maison de capitaine, apparaît massivement aux alentours de 1900 avec de nombreuses variantes. Enfin, une dernière catégorie d'édifices se développe également entre 1890 et 1900 avec l'arrivée de la mode des bains de mer. Cette architecture de villégiature n'est pas caractéristique de l'architecture cancalaise et s'intègre aux différents mouvements stylistiques en vogue durant cette période.

Un habitat partagé

Les maisons qui s'échelonnent le long de la rue du Vau-Baudet (actuelle rue du Port) et le long de la falaise, dans le quartier de la Houle, sont particulières de l'architecture cancalaise. Ces maisons mitoyennes, construites sur une parcelle très étroite, sont la conséquence d'une forte démographie du 19e siècle et de l'exiguïté de la bande littorale. Elles présentent pour la plupart, entre autres caractéristiques, d'être habitées par plusieurs familles. Cette distribution multiple est signalée en façade par deux portes d'entrée. L'une accède au logement du rez-de-chaussée, l'autre, d'un gabarit légèrement inférieur, donne sur un couloir avec escalier qui permet d'atteindre le logement supérieur. Des études faites sur cet habitat, dont l'article de Pascal Laloy sur Cancale et ses maisons, dénotent le caractère modeste et rustique de ce mode d'habitation, la famille étant souvent regroupée dans une unique pièce avec cheminée. La distribution double, très majoritaire dans le type d'habitat partagé, n'est pas toujours apparente en façade antérieure. Installées sur un terrain escarpé, les premières maisons du front de mer de la Houle possèdent une entrée en façade antérieure qui permet l'accès au logement du rez-de-chaussée et une entrée en façade postérieure, accessible par deux ou trois marches, permettant de distribuer le logement de l'étage. Ce type particulier de distribution permet à chaque famille de posséder une cour antérieure indépendante. Le jardin contre la falaise semble, quant à lui, être partagé. Des variantes supérieures à deux unités d'habitation ont été également signalées dans nos fiches descriptives comme étant des immeubles à logements.

En ce qui concerne le traitement de la façade, il semble que les maisons les plus anciennes de ce type, majoritairement des 18e et 19e siècles, soient en appareil mixte de moellons de schiste et de granite. Quelques-unes d'entre elles sont recouvertes d'un enduit clair et caractérisées également par la présence d'une niche à Vierge. La lucarne, avec son fronton courbe ou triangulaire et son crochet de monte-charge pour entreposer le matériel de pêche au grenier, est également un des éléments notables et récurrents de cet habitat de marins.

D'autres éléments seraient également à signaler, comme les caves en sous-sol, parfois accessibles de la rue.

L'influence de la malouinière

Quelques maisons de notables, de grande dimension, sont également visibles dans la commune et forment un corpus d'édifices remarquables des 18e et 19e siècles. Parmi ces maisons, il convient de signaler l'ancienne demeure de la famille Hamon Vaujoyeux, l'Hôtel de Bricourt, et la maison située au 10 rue Kitchener dans le quartier de la Houle. Ces différentes demeures présentent des volumes simples, majoritairement rectangulaires, recouverts par une haute toiture d'ardoises. Leur parcellaire, plus aéré, comprend un jardin ou un parc pour les plus prestigieuses d'entre elles. L'élévation des façades est ordonnancée, les règles de la symétrie convenant parfaitement à cette classe plus aisée. Le style de la malouinière du 18e siècle a influencé très nettement ces habitations qui se signalent généralement par leur toiture d'ardoises à 4 pans avec des souches de cheminées à épaulement et des lucarnes en pierre à frontons courbes. Quelques-unes d'entre elles, de dimensions plus réduites, conservent ces éléments distinctifs tout en ajoutant à la lucarne, le crochet de monte-charge qui devient par la même l'emblème de la maison de pêcheurs ou de capitaine.

A partir des années 1890-1900, les élévations de ces maisons évoluent quelque peu au contact des maisons de villégiature récemment implantées dans la commune. Le rez-de-chaussée est surélevé et accessible par un escalier de distribution extérieure. Un balcon à l'étage signale parfois la travée centrale. Ce type régulier à trois travées est repris aussi dans des habitations plus modestes. Une variante sans étage semble faire son apparition aux alentours de 1900 et se rencontre dans les quartiers urbains de la ville haute. Cette habitation, quelquefois identifiée comme étant une maison de capitaine, conserve une cour ou un jardin antérieur. Le rez-de-chaussée, très surélevé, permet de trouver en sous-sol un espace de stockage non négligeable et plus accessible. Néanmoins, la lucarne avec son crochet demeure comme signe distinctif de l'architecture vernaculaire.

Le développement du tourisme et de l'architecture de villégiature

Une concentration de villas se situe dans deux quartiers de la "ville haute", à la pointe du Hock et à la pointe des Crolles. Cette situation privilégiée sur un terrain escarpé en hauteur et en front de mer est une des caractéristiques de l'architecture de villégiature en communication avec le paysage environnant. Cet attrait des grands espaces et du littoral dénote une architecture plus savante aux volumes souvent désarticulés à la recherche de la lumière et du point de vue. Une famille d'architecte, les Laloy, construira quelques demeures parmi les plus significatives. Le style des maisons de Jean-Marie Laloy est très reconnaissable à Cancale par leurs façades formant un pignon à toiture débordante dans le style "chalet" influencé par la mode anglo-saxonne du cottage. Les pièces hautes sont largement ouvertes comme celles situées rue Robert Surcouf et permettent une vue de mer pour ces maisons implantées légèrement en retrait du littoral. Son fils, Pierre Laloy, introduit le style régionaliste dans ces maisons de villégiature dont la villa Le Clos est l'un des premiers exemples à Cancale. Le mouvement régionaliste apparaît, sur cette partie de la côte d'Emeraude, autour des années 1920 et prendra le pas sur la "normandisation" de l'architecture balnéaire. La reconstruction d'après-guerre de la pointe des Crolles et du quai de l'administrateur en chef Thomas s'effectuera dans ce style néo-breton devenu quasiment officiel.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, immeuble, presbytère
AdresseCommune : Cancale
Période(s)Principale : 17e siècle , (?)
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Toitsardoise
Mursgranite
moellon
Décompte des œuvres repérées 380
étudiées 0

Annexes

  • Liste des chronogrammes

    Dates portées

    1716 : Saint-Jouan (24 rue du Verger)

    1821 : 8 rue Esprit Bailly

    1829 : la Houle (16 rue de l'Amiral Bouvet)

    1832 : Basse Cancale (rue de la Basse Cancale)

    1845 : la Broustière (rue des Rimains)

    1855 : 13 rue de Port-Briac

    Daté par source

    1878, 1916 : la Broustière (rue des Rimains)

    Daté par travaux historiques

    1884 : la Houle (2 rue des Parcs)

    1927 : 15 rue Robert Surcouf

    1929 : 17 rue Robert Surcouf

    Daté par tradition orale

    1884 : 29 boulevard Thiers

    1905 : 19 boulevard Thiers

    1911 : la Haute Ville Gueurie

    1924 : 16 rue de Saint-Malo

    1930 : 4 rue Théodore Botrel

    1939 : 31 boulevard Thiers

    1950 : la Pointe des Crolles, la Houle (3, 4, 5, 6, 7 rue des Parcs).

Références documentaires

Documents figurés
  • Coupe d'une des maisons de la rue Carnot. Croquis, par François Coutel, 1973. In : [Exposition. Cancale, Mairie. 1973]. Patrimoine architectural cancalais : exposition présentée à Cancale, mairie de Cancale, du 24 juil. au 15 sept. 1973.

  • La Ville-es-Gris. Photographie. In : FENARD, Suzanne. Maisons régionales bretonnes "blanches". Maisons paysannes de France, n° 2, 1975.

    p. 21
Bibliographie
  • [Exposition. Cancale, Mairie. 1973]. Patrimoine architectural cancalais : exposition présentée à Cancale, mairie de Cancale, du 24 juil. au 15 sept. 1973. Réd. François Coutel. Rennes : Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France.

Périodiques
  • MAILLARD, Bertrand. Vieilles demeures Cancalaises. Les Cahiers de la vie à Cancale, 1981, n° 5.

    p. 25-30
  • HUCK, Thierry, MINDEAU, Guy. A la fin de l'ancien Régime et de 1789 à 1804. Les Cahiers de la vie à Cancale, 1989, n° 13.

  • LALOY, Pascal. Cancale et ses maisons. Les Cahiers de la vie à cancale, 1983, n° 7.

    p. 35-42
  • RAOULT, Henri. Réflexions sur l'exposition habitat cancalais. Les Cahiers de la vie à Cancale, 1998, n° 22.

    p. 55-56