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Les maisons, fermes et écarts sur la commune d'Hôpital-Camfrout

Dossier IA29005543 réalisé en 2012

Fiche

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La synthèse qui suit concerne uniquement l'habitat rural proprement dit, c'est à dire les maisons et fermes isolées ou situées en écart ainsi que des hameaux entiers lorsque aucun élément ne méritait, en raison des remaniements successifs, un traitement spécifique ou que le hameau se confond avec l'édifice à étudier (Guernevez). Les moulins et le bourg ont été traités à part.

Le bâti actuel, même s’il conserve ses volumes et le plus souvent ses façades, a changé de fonction. Ainsi, les dépendances souvent n’existent plus, ou ont subi tellement de modification qu’il n’est plus possible d’en définir leur fonction initiale. Ces modifications sont certes dû au fait que la commune de L’Hôpital-Camfrout soit une commune rurbaine, mais la confrontation entre le cadastre de 1825 et les datations du bâti dans certains hameaux montre que les modifications d’implantation ont commencé dès le début du 20e siècle (Goasquelliou).

Le recensement exhaustif du bâti de la commune a eu lieu en septembre et octobre 2012. 206 bâtis ont été recensés datés entre le 16e siècle (Keraliou et Keroulé) et le milieu du 20e siècle. Le 17e siècle représente 3% du bâti recensé, le 18e siècle 12%, le 19e siècle 23% et le 20e siècle 17%. Le bâti construit en limite 19e-20e siècle représente 10%. Ces pourcentages corroborent les dates portées relevées.

Composition d’ensemble :

Mis à part les écarts de Traon et Kerascoët, on ne retrouve pas de hameaux en rangée. Le plus souvent, l’habitat semble implanté de façon anarchique (Kerbiaouen). En étudiant le cadastre ancien on se rend compte que beaucoup de dépendances ont disparu, ce qui rend difficile la compréhension de l’espace et de l’implantation actuelle (Pen ar hoat). A Mezouguen, c’est autour d’une cour que la maison d’habitation et les dépendances se sont implantées. Le bâti peut s’être développé de part et d’autre de la voie d'accès (Goasquellou). L'implantation est rarement isolée (Lescoat).

Plusieurs ruines tout de même : Kerdréolet (pignon et cheminée à linteau de bois visible), Keranot (pignon, fournil) et Le Lannec (dépendance).

Les dépendances:

Les dépendances sont parfois situées en alignement du logis (Kerbrat ; Kerbiaouen Denez ; Kerzespes) ou sont parallèles au logis (Kerbiaouen braz ; Goasquelliou). Souvent leur implantation s’articule autour d’une cour ou d’un espace commun (Hélléouët ; Mezouguen). A Stang ar voguer, les dépendances se situent au nord de la maison d’habitation. Plusieurs dépendances (étables ?) construites, au cours de la seconde moitié du 19e siècle, sur le même modèle, ont été recensées (Hélléouet, Mezouguen, Lescoat). Plusieurs granges ou remises à porte charretière ont été recensées : Kerbrat, Stang ar voguer, Guervéguen, Kerascoët. Celle du Lannec, dont le mise en oeuvre est soignée, est ruinée. Des trous d’attache ont été répertoriés à Mezouguen.

Les puits : En raison de nombreux cours d'eau, il y avait beaucoup de puits à l’Hôpital-Camfrout. Certains ont vu leur source se tarir suite à la construction de la RN 165, comme à Kerzespes. Parfois de simple construction maçonnée en moellon de granite ou de grès, de forme semi-circulaire, parfois couvert (Stang ar voguer, Mezouguen, Kerbiaouen Denez ou Kerzespes), ils peuvent présenter, pour les plus anciens, des pierres de taille, à corniche moulurée (Guernevez). Ces derniers, particulièrement soignés, portent des dates : Pen ar Hoat (1782), Kersalguen (1659). Disparu, mais d’une implantation originale, le puits de Traon qui, jusqu’aux années 1950, se trouvait intégré au mur gouttereau d’une maison (4 rue du puits). En raison de l'emplacement de ces puits dans les propriétés privées, leur inventaire n'a pas été exhaustif.

Les fours et fournil : Le fournil, véritable maison du four, est une construction indépendante, parfois éloignée du logis. Il s'agit d'un espace couvert sous charpente qui permet de stocker les réserves de bois et de fagots. L'entrée du four à pain, de plan arrondi ou carré en saillie, est aménagée dans le pignon. Un fournil est visible à Keranot. Le four à pain, de forme semi-circulaire ou rectangulaire, se situe souvent à proximité du logis (Kerbiaouen).

Eléments isolés : Un pressoir est conservé dans une remise à Douargall. Les pommiers, associés au lieu-dit, sont encore en place. Au Lannec, dans une dépendance en ruine, se trouve aussi un pressoir. Un certain nombre d'auges, même déplacées, témoignent de l'activité rurale traditionnelle ; taillées essentiellement dans la kersantite, elles servaient à piler la lande destinée à la nourriture des chevaux (Kerascoët, Kersalguen, Keranot).

Matériaux et mise en œuvre : La microdiorite quartzique est très souvent utilisée, que ce soit pour le gros-œuvre ou pour les encadrements. Associé à une mise en oeuvre de qualité cela concerne des logis qui ont fait l'objet de dossiers d'étude (Kerbiaouen, Pen ar hoat, Guernevez, Hélléouët). Le Kersanton, d’extraction locale, se retrouve aussi dans le gros-œuvre soit sous forme de moellon soit en encadrement (Pen ar hoat, Le Lannec). Il arrive qu’on le trouve sous forme de boule, comme au moment de son extraction (Kerascoët). Il peut être aussi sous forme de monolithe de taille exceptionnelle lorsqu’il est utilisé en base de construction ou encore en encadrement (Kerascoët). Son usage demeure cependant rare dans la partie rurale avant la fin du 19e siècle. Il est très fréquemment utilisé pour les encadrements des ouvertures des maisons de la fin du 19e siècle et du 1er quart du 20e siècle. Le schiste est aussi utilisé en gros-ouvre : Runoter, Kerascoët. L’utilisation de granite en moellon avec insertion de schiste est assez fréquente. On trouve parfois trace d’argile utilisée comme liant.

Les linteaux en bois sont utilisés à l'intérieur : on trouve cet usage dans un habitat modeste (Kerzespes) mais aussi pour des constructions de qualité du 17e siècle (Kersalguen, Lescoat).

Les maisons de la seconde moitié du 19e siècle sont enduites. Celles de la fin du 19e et surtout du 1er quart du 20e siècle sont couvertes d’un enduit teinté présentant parfois des ornementations symétriques que le monochrome choisi ne met pas toujours en valeur (Pouligou, Mezouguen).

Structure des élévations :

Quelques maisons de type élémentaire, indépendamment de celles associées à la maison de pêcheur (Kerascoët, Traon), sont répertoriées : Pen ar c’hoat (la date portée de 1802 fait probablement référence à une rénovation), Guernevez (1641), Kerdréolet, Le Lannec. D’autres, anciennement de type élémentaire, ont été agrandies et modifiées au cours du 19e siècle (Mezouguen, Douargall, Hélléouët). Le type élémentaire se compose d'une salle au rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît plus ou moins développé à usage de grenier. La façade présente une ou deux fenêtres suivant que le plan est massé ou allongé.

Une seule maison à avancée a été répertoriée (Kerascoët).

Les maisons à façade ordonnancée du 17e siècle sont nombreuses (Kerbiaouen, Lescoat, Guernevez, Pen ar hoat).

Plusieurs fermes modifiées ou construites au milieu du 19e siècle appartiennent au type ternaire. Elles sont révélatrices d'une appropriation d'un nouveau mode de vie, y compris en milieu en rural (Lescoat, 1880 ; Keranot 1884 ; Pont ar glan 1884 ; Le Lannec 1864).

Les couvertures :

Bien que plusieurs maisons possèdent les traces d’une couverture en chaume (Kerascoët, Traon), l’ensemble du bâti de la commune est actuellement couvert d’ardoise. Un seul exemple de couverture en tuile a été repéré (Rulan) sur un bâtiment à usage d’atelier. Quelques bâtiments présentent une couverture de sauvetage de type Eternit, en fibro-ciment. A noter à Kerancren, un exemple de réhabilitation de toit de chaume.

Aménagement intérieur:

L’intérieur de l’habitat ayant été modifié pour s’adapter à la vie actuelle, peu de logis ont conservé un intérieur initial. Cependant, quelques logis ont conservé leurs cheminées : Kerzespes, Kersalguen, Kerdréolet, Kerbiaouen (linteau bois), Lescoat (linteau en pierre), Pen ar hoat, Guernevez. (cf. dossiers individuels). A Lescoat et Pen ar hoat, les cheminées possèdent des niches dans l'âtre.

Pour ce qui est de la perception de logis à fonctions multiples seul les échanges avec les habitants permet de savoir ce qu’il en est en raison des modifications importantes. D’autre part, ces informations ne concernent qu’un moment donné de l’histoire d’un logis.

La ferme de Kerzespes présente un intérieur à pièce unique au rez-de-chaussée (cheminée à linteau de bois au pignon ouest et étage de comble actuellement aménagé en chambre). Un lit clos se situait contre le mur nord, à côté de la cheminée. L’entrée et l’escalier sont séparés de la pièce à vivre par des cloisons de bois montées au début du 20e siècle. Le sol est en ciment.

Aires d'étudesParc Naturel Régional d'Armorique
Dénominationsmaison, ferme, écart
AdresseCommune : Hôpital-Camfrout

Chronogramme : 1641 ; 1648 ; 1650 ; 1651 ; 1657 ; 1658 ; 1666 ; 1702 ; 1740 ; 1784 ; 1802 ; 1852 ; 1862 ; 1864 (2) ; 1866 ; 1867 ; 1869 ; 1872 ; 1873 ; 1882 ; 1883 ; 1885 (2) ; 1888 ; 1890 ; 1891 ; 1892 ; 1893 ; 1894 ; 1900 ; 1902 ; 1904 ; 1909 ; 1910 (2) ; 1911 ; 1912 ; 1922 ; 1923 (2) ; 1924 (2) ; 1925 (2) ; 1929 ; 1930 ; 1932 (2)

Période(s)Principale : 2e quart 17e siècle, 2e moitié 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Principale : 20e siècle