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Les maisons et les fermes sur la commune de Vieux-Vy-sur-Couesnon

Dossier IA35035917 réalisé en 2005

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Les maisons et les fermes :

Les fermes :

Cette base de données comprend 123 fiches individuelles concernant les fermes antérieures au milieu du 20e siècle de la commune de Vieux-Vy-sur-Couesnon.

Le développement du secteur agricole a lieu principalement dans la seconde moitié du 19e siècle à Vieux-Vy-sur-Couesnon ; ce développement a bien évidemment eu une incidence sur l'architecture des bâtiments agricoles. Dans cette commune, la modernisation mécanique de la fin du 19e siècle est peut-être à mettre en relation avec celle des moulins et de la mine. Ainsi, par exemple, en 1885, pour le battage des grains, la ferme d'Orange reçut l'autorisation d'utiliser une chaudière à vapeur. Au milieu du 19e siècle, il existait, dans la commune, 258 exploitations. 140 de ces exploitations faisaient moins de 5 hectares, 66 étaient composées de 5 à 10 hectares, 39 de 10 à 20 hectares, et 3 exploitations comptaient de 50 à 60 hectares.

Composition :

Les fermes de cette commune sont composées d'un logis et de dépendances. Certaines dépendances sont très fréquentes alors que d'autres sont plus rares. Toutefois, la composition actuelle des fermes est à analyser avec précaution car de nombreuses dépendances ont été détruites ou bien abandonnées étant donné qu'elles ne fonctionnaient plus, c'est le cas des fours et fournils par exemple. De plus, certaines dépendances étaient devenues obsolètes, comme les écuries puisque les machines agricoles ont remplacé le cheval ou bien encore les étables d'origine qui étaient devenues trop petites par rapport aux besoins des fermes.

Ainsi, la dépendance la plus fréquemment trouvée dans les fermes recensées est tout de même l'étable. L'ancienne étable existe encore dans plus de la moitié des cas rencontrés. Elle peut se situer sous le même toit que le logis ; une des fermes de Richerel illustre ce cas. L'étable peut être logée dans un bâtiment indépendant prévu à cet effet, comme au Bois de Vieux-Vy où l'étable et l'écurie sont dans un bâtiment construit à la fin du 19e siècle. Par ailleurs, il existe encore quelques écuries dans certaines anciennes fermes, une vingtaine ont été recensées lors de cet inventaire. Il en existe une à la Bédorais, sa fonction est aisément identifiable car le sol de ce bâtiment est pavé ; cette écurie est datée de 1791.

Dans un tiers des cas rencontrés, il existe encore une grange, ces dépendances sont facilement identifiables grâce à la grande porte qu'elles possèdent, destinée à l'entrée des charrettes. Les fermes de la Bertais, la Hacherie, et de la Gandonnière conservent de beaux exemples de granges. Les fours sont encore au nombre de 30 environ sur le territoire de la commune, ce qui constitue un corpus relativement important car ce type de dépendance a souvent disparu à cause du manque d'utilisation. Il existe encore des fours au Clairay ou encore à Mesbée. Quelquefois, il s'agit de fournil, c'est-à-dire que le four est intégré dans un bâtiment, il en existe un exemple à la Prouverie ou à Brais. Les celliers sont très souvent associés au volume du logis, c'est-à-dire qu'ils sont accolés à l'arrière de ce dernier, dans un appentis postérieur, le Bas Guillac ou encore la Hautraite illustrent cette disposition. Enfin, certains types de dépendance sont plus rares, les laiteries sont en effet assez peu nombreuses, de plus elles correspondent à une époque plus récente, la fin du 19e ou le début du 20e siècle, époque où l'on commence à prévoir ce type d'espace où se trouve, entre autre, la baratte. A la Hacherie, bâtiment du début du 20e siècle, le logis est composé d'une pièce à feu accolée d'une laiterie. A la Cultais, il existait également une laiterie, dans un petit bâtiment en retour d'équerre par rapport au logis.

Implantation :

Dans environ 80 % des cas recensés, la ferme est située dans un écart, c'est-à-dire au sein d'un ensemble de constructions. Il existe en effet de nombreux écarts dans la commune ; ils sont au nombre de 28. Certains sont d'ailleurs très importants, par exemple, la Prouverie ou Brais. Il existe donc très peu de fermes isolées à Vieux-Vy-sur-Couesnon, une vingtaine seulement. Ces fermes isolées sont principalement situées dans la partie sud du territoire de la commune.

Seules deux anciennes fermes ont été recensées dans le village.

Ces conclusions sur le milieu d'implantation permettent de dire qu'il existait assez peu de grandes fermes dans la commune, puisqu'en général, celles-ci sont isolées. Les fermes situées dans les écarts, représentant la majorité du corpus, étaient vraisemblablement de petites ou moyennes fermes.

Matériaux :

Le matériau de construction le plus fréquemment utilisé dans la construction des fermes de Vieux-Vy-sur-Couesnon est incontestablement le granite. Le grès est également utilisé dans la construction des fermes. Ces matériaux sont utilisés sous la forme de moellon sur les constructions les plus anciennes et en moellon équarri pour les façades des bâtiments du début du 20e siècle. Les encadrements de baies sont, dans l'immense majorité des cas, en pierre de taille de granite. Sur les constructions les plus anciennes, notamment de la fin du 16e et du début du 17e siècle, les portes sont majoritairement en plein cintre et les fenêtres possèdent des encadrements chanfreinés et décorés de boules, d'accolades... Les logis de la Touche, la Bertais ou encore de Poil Long témoignent de ce type d'encadrement de baie. Ensuite, au 19e siècle et au début du 20e siècle, les encadrements de baies sont toujours en pierre de taille de granite, mais, tout décor a disparu et les baies sont quadrangulaires.

Il existe quelques bâtiments construits en bauge sur le territoire de la commune. Ces bâtiments en terre correspondent souvent aux dépendances, ainsi, à la Sénéchaussière, la grange est construite en bauge, de même aux Landelles. De plus, très souvent, la partie supérieure des murs est en terre alors que le reste de la maçonnerie est en pierre ; en attestent les logis du Clairay ou du Bois.

Typologie :

Les logis de fermes correspondent à des types, c'est-à-dire qu'en fonction de l'époque de construction et des moyens financiers du commanditaire, les logis de fermes présentent des dispositions différentes. Le cas le plus fréquent dans la commune est le logis à fonctions combinées, dans ce cas, le logis, souvent composé d'une seule pièce, est installé sous le même toit que l'étable, le cellier, l'écurie... La moitié des fermes recensées ont été identifiées comme des logis à fonctions combinées. Certaines fermes du village de Richerel correspondent à ce type puisque sous le même toit, se trouvent la pièce unique du logis, l'étable et la grange dans un cas, dans l'autre cas, on trouve un logis et une écurie dans le même bâtiment. A la Hautraite, une ancienne ferme est composée d'un bâtiment ayant abrité une pièce à feu unique et une étable à l'est, cet exemple correspond au cas de figure le plus fréquent.

Certains logis de fermes ne sont composés que d'une pièce à feu au-dessus de laquelle se trouve un grenier. Dans le village de la Cultais, il existe plusieurs exemples de ce type.

Quelquefois, le logis de la ferme est composé de deux pièces à feu juxtaposées ; le logis de la Trémichotais illustre par exemple ce cas.

Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, certains bâtiments de fermes sont construits comme des maisons de ville. L'exemple de la ferme de la Boissière en témoigne ; ainsi, de l'extérieur, il s'agit d'un bâtiment de type ternaire, la façade étant percée de trois travées. Toutefois, il s'agit d'un faux type ternaire puisqu'il n'existe qu'une pièce à feu au rez-de-chaussée, l'autre partie étant réservée originellement à l'étable ; de plus, l'étage n'en est pas un véritablement, il s'agit d'un premier grenier.

Datation :

A l'instar des autres communes du département, la commune de Vieux-Vy-sur-Couesnon possède majoritairement, sur son territoire, des fermes datant du 19e siècle. Le logis de la ferme du Bois de Vieux-Vy est par exemple daté 1846. La ferme de la Boissière date de la seconde moitié du 19e siècle, elle n'était pas encore construite lorsque le premier cadastre de la commune a été réalisé vers 1830.

Cependant, dans cette commune, il existe une densité assez importante de bâtiments construits à la fin du 16e ou au 17e siècle. Par ailleurs, ces bâtiments sont assez souvent datés. C'est le cas par exemple du logis de la Touche qui est daté 1594, de celui de la Bertais qui porte la date de 1637, de Poil Long avec la date de 1641 sur un linteau... Ces bâtiments possèdent tous les mêmes caractéristiques : maçonnerie de moellon, forte pente de toiture, existence d'un coyau, baies chanfreinées et décorées...

Au 18e siècle, les pentes de toiture sont un peu moins fortes, les baies perdent leur décor et les dates portées sont beaucoup moins nombreuses. Il en existe toutefois quelques unes au Bois Neuf (1792), à la Hacherie (1784), au Grand Moulinet (1782)...

Enfin, les bâtiments construits à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle présentent généralement une pente de toit faible, une maçonnerie en moellon équarri en façade et des chaînages d'angle et encadrements de baies en pierre de taille de granite. Preuves en sont les bâtiments de la Hautraite, la Perrière et certains bâtiments de Brais.

Les maisons :

Il existe 148 fiches individuelles concernant des maisons antérieures au milieu du 20e siècle à Vieux-Vy-sur-Couesnon.

Implantation :

Plus de la moitié des maisons recensées dans cet inventaire se situe dans un écart, c'est-à-dire au sein d'un regroupement plus ou moins important de constructions. Il existe par exemple des maisons dans l'écart de Brais ; on y trouve notamment des maisons d'ouvriers ou de contremaîtres de l'ancienne mine de plomb argentifère.

Dans un peu plus de 30 % des cas, la maison recensée se trouve dans le village.

Le cas de la maison isolée est le plus rare ; toutefois, il existe certaines maisons isolées par exemple à la Madelaine ou encore près du Pont.

Matériaux :

Comme pour les fermes, en terme de maçonnerie, le matériau le plus employé est le granite, sous forme de moellon la plupart du temps. Le grès est également employé dans la construction, mais plus rarement. Du 16e à la fin du 19e siècle, les encadrements de baies et les chaînages d'angle des maisons sont principalement en pierre de taille de granite dans la commune. Au début du 20e siècle, l'usage de la brique se répand et on utilise abondamment ce matériau pour réaliser les souches de cheminées et les encadrements de baies. Les maisons de La Grange et de la Madelaine prouvent l'usage de ce matériau. De plus, il existe un exemple unique de construction totalement en brique, cette maison est située au numéro 1 de la rue Zacharie-Roussin ; sa construction remonte probablement à la charnière du 19e et du 20e siècles.

Typologie :

Il est parfois difficile d'établir une typologie pour les bâtiments rencontrés car, bien souvent, ils ont été transformés et remaniés. Toutefois, lorsque l'interprétation est possible, nous tentons d'établir une typologie et de reconnaître un type. Le type de maison le plus rencontré à Vieux-Vy-sur-Couesnon est celui qui correspond à la maison à une seule pièce à feu. Il s'agit du type le plus simple ; il a été rencontré à une trentaine de reprises et notamment dans la partie est de la rue Yvonnick-Laurent dans le village et à la Pichonnais ou à la Grange en campagne. Il est d'ailleurs très fréquent que ces maisons soient dans des alignements de plusieurs logis, c'est le cas des deux derniers exemples cités, mais aussi du Bois Neuf où se trouve un alignement de plusieurs logis à une seule pièce.

Dans certains logis relativement anciens, du début du 17e siècle, il existait deux foyers superposés, c'est-à-dire qu'une pièce à feu se trouvait au rez-de-chaussée et qu'une chambre possédant également une cheminée se trouvait au-dessus, à l'étage. Une maison de Mesbée et la maison du 5 rue de la Tannerie illustrent ce cas. Dans d'autres cas, il existe deux foyers, mais juxtaposés et non superposés, les deux pièces à feu sont, dans ce cas, adjacentes. C'est le cas à la Madelaine et de plusieurs maisons de l'écart de Brais.

Enfin, un type relativement fréquent, particulièrement dans le village, est celui de la maison dont la façade est percée de travées. En campagne, la demeure située à Orange est représentative de ce type, car sa façade est percée de trois travées.

Datation :

Les maisons les plus anciennes de la commune datent, à l'instar des fermes, de l'extrême fin du 16e et du début du 17e siècle. Ces maisons représentent environ 35 % du corpus total. Elles possèdent les mêmes particularités architecturales que les fermes : forte pente de toiture, coyau, maçonnerie de moellon, encadrements de baies chanfreinés, décorés et portant parfois des dates. Ainsi, au 12 rue d'Aleron, une maison possède un linteau avec la date de 1649. Au Val, il existe une maison de la fin du 16e ou du début du 17e siècle dont la façade est percée d'une porte en plein cintre et d'une fenêtre grillée ; la fenêtre de l'étage est une fenêtre à coussièges (bancs en pierre aménagés dans l'ébrasement de la fenêtre).

Tout comme pour les fermes, le 18e siècle est un siècle où la construction n'est pas être très importante dans la commune car les maisons de cette époque sont assez peu nombreuses. Cependant, il existe tout de même des bâtiments de cette époque à la Bédorais (daté 1773) ou encore dans le village, rue Jean Lizé (daté 1710).

Le 19e siècle est bien entendu le siècle le plus représenté en terme de construction de maisons dans la commune. Nombreuses sont les maisons situées autour de l'église qui datent de cette époque, preuves en sont la maison du 2 rue du Mont-Saint-Michel, datée 1833, et celle du 8 place du marché datée 1850.

Enfin, il existe de nombreuses constructions de l'extrême fin du 19e ou du tout début du 20e siècle, aussi bien en village qu'en campagne d'ailleurs. Deux maisons de meuniers datent de cette époque, celle du moulin d'Orange et celle du moulin aux Moines. De nombreuses maisons de l'écart de Brais datent également de cette époque, celles-ci avaient probablement été construites suite à l'ouverture de la mine à la fin du 19e siècle.

Le presbytère :

L'ancien presbytère de Vieux-Vy-sur-Couesnon, aujourd'hui transformé en plusieurs appartements, date probablement du début du 18e siècle. Pendant la Révolution, ce bâtiment a servi de mairie et d'école. Des documents d'archives témoignent de la réalisation de travaux sur ce bâtiment en 1806. Ces travaux de réparation concernaient la couverture, la charpente, et les planchers notamment.

Depuis 1905, ce bâtiment est la propriété de la commune.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, ferme, presbytère
AdresseCommune : Vieux-Vy-sur-Couesnon
Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Décompte des œuvres repérées 269
étudiées 0

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série O : Administration et comptabilité communales. Édifices publics. Monuments et établissements publics. Presbytère, couverture, terrain : réparations, réfection, annexion (1806-1912) : 2 O 358/20.

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    p. 312-316 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Écomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes, (Le patrimoine des communes de France).

    p. 1402-1409
  • OGÉE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. Nlle éd. [1778-1780] rev. et augm. Rennes : Molliex, 1845.

    p. 966
  • PEROUSE DE MONTCLOS, Jean-Marie. Architecture, méthode et vocabulaire. Paris : Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques de la France, Centre des monuments nationaux/Éditions du patrimoine, 2000.

  • Vieux-Vy-sur-Couesnon d'hier à aujourd'hui. Association socio-culturelle de Vieux-Vy-sur-Couesnon, sl, 1990.