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Les maisons et les fermes sur la commune de Miniac-Morvan

Dossier IA35043900 réalisé en 2006

Fiche

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Ce dossier réunit l'ensemble des maisons ou des fermes documentées et illustrées individuellement. Ces édifices sont appréhendés dans une unité fonctionnelle ; le logis de la ferme, par exemple, n'est pas séparable de ses parties constituantes, ainsi, les puits, les fours ou d'autres parties agricoles ne sont pas traités à part.

412 maisons ou fermes ont fait l'objet d'un traitement individuel. Construites du début du 16e siècle au milieu du 20e siècle, elles représentent plus de la moitié des 764 immeubles recensés par l'Insee en 1946. Les demeures restantes, les maisons et fermes simplement cartographiées, sont traitées collectivement.

Les maisons et les fermes sont groupées en hameaux et le plus souvent alignées les unes aux autres, les souches de cheminées marquant sur les toits l'emplacement des murs de refends. Quelques-unes sont datées (cf annexe).

Si l'on compte avec elles l'ancien presbytère, les maisons sont au nombre de 381 et les fermes 131. Elles sont en majorité construites en petit appareil irrégulier de granite gris et brun, avec des encadrements de baies en gros appareil de granite gris (certaines portes et fenêtres ont des linteaux en bois), et ont un toit anciennement en chaume et en ardoises.

Certains logis ont un étage, les autres ayant un comble à surcroît.

Seulement 25 d'entre elles sont datées.

Typologie :

Sur le plan de la typologie architecturale et des critères fonctionnels, les oeuvres se classent, pour l'essentiel, en deux grandes familles : les logis de ferme qui réunissent habitation et fonctions agricoles dans un seul corps de bâtiment où la pièce à vivre communique avec l'étable et l'écurie ; ou encore dans un bloc massé rencontré dans l'habitat renouvelé en limite du 19e siècle et du 20e siècle. On trouve souvent derrière le corps de bâtiment principal des fermes, en appentis, un cellier et parfois une laiterie.

Construite en pierre et parfois en terre, la maison abrite souvent sous un même toit gens, bêtes et grains. Au rez-de-chaussée sont la pièce commune et l'étable, la souche de cheminée marquant sur le toit l'emplacement de la première. Par une taille plus grande, par une forme quelquefois différente, la porte et la fenêtre se distinguent toujours de celle des dépendances. La porte de la maison est à peu de distance du mur de refend qui la sépare de l'étable, à moins qu'elle ne soit jumelée avec la porte de cette dernière ; une grille précèdait souvent la fenêtre. Au-dessus du logis et de l'étable, un grand comble à surcroît, éclairé par des gerbières, abrite le grenier à foin.

A la Jannais, une maison en ruines conservait l'image traditionnelle de la "dalle", grande niche cintrée ménagée dans le mur de refend qui sépare le logis de l'étable ; s'y trouvaient le vaisselier et l'évier.

Beaucoup de logis situés dans les hameaux étaient construits en alignement. Il s'agit souvent d'alignement de petites maisons élémentaires possédant une seule pièce de vie. Dans beaucoup de cas elle furent regroupées pour former une ou plusieurs exploitations agricoles.

Les maisons d'habitation de campagne n'ont pratiquement pas d'étage habité.

Parmi les maisons à étage se trouve une grande maison au Vieux Bourg avec porte en plein cintre à deux rouleaux et fenêtres rectangulaires et une demeure qui possédait encore un toit en chaume en 1969 à la Ville-Es-Gesnil, remarquable elle aussi, par une porte et une gerbière en plein cintre. Les fermes de la Blainerie (inscription datée sur une pierre monolithe au-dessus de la porte : "CH CINGAT 1685"), du Gavre (inscription datée sur le linteau de la porte : "IAN : AMELINE T 1752), de Launay, de Saint-Grégoire (accès dans la cour par un portail), du Bois Guyot (fenêtres en plein cintre à l'étage), de la Noë (façade percée de trous de boulins, cheminée sculptée) se distinguent par l'ampleur de leurs dimensions et par leurs trois niveaux d'ouvertures (lucarnes). La ferme de Clos-le-Beau, datée 1748, est une longue construction qui doit son originalité à son toit à croupes. Ses baies, au rez-de-chaussée, sont surmontées d'arcs de décharge.

Les logements à seule fonction d'habitation forment un ensemble rassemblé pour l'essentiel dans le village. Toutefois là aussi, compte tenu de l'ancienne prédominance des activités commerciales, les maisons du bourg pourraient être considérées comme à fonctions combinées car disposant d'une ancienne boutique ou atelier dans le volume du logement.

Les matériaux et leur mise en œuvre :

Les matériaux les plus fréquents dans la construction dans cette commune sont, sans conteste, le granite, et le schiste dans une moindre mesure. Le sous-sol de la commune étant essentiellement granitique, il est normal de retrouver ce matériau dans la construction. Toutefois, sur certains bâtiments, la maçonnerie est mixte, elle est composée de moellon de granite associé à du moellon de schiste. Par ailleurs, en fonction de l'époque de construction du bâtiment, les matériaux peuvent être différents. En effet, l'exploitation des carrières de granite de Lanhélin a eu une influence sur le type de matériau utilisé dans la construction à Miniac-Morvan. Ainsi, la plupart des bâtiments construits dans la commune au début du 20e siècle, le sont en granite bleu de Lanhélin. Dans la maçonnerie de pierre, le granite et le schiste, s'agglomèrent en un petit appareillage irrégulier. Matériau noble, le granite, taillé en gros blocs et travaillé en chanfreins et moulures, est réservé pour les encadrements de baies. Beaucoup d'anciens logis ont des portes et des fenêtres sculptées, les plus remarquables étant celles qui possèdent dans leurs murs quelques éléments granitiques.

La terre est utilisée selon la technique de la bauge. Selon une pratique constante, les bâtiments, qu´il s´agisse du logis ou des communs, reposent toujours sur un muret de pierre formant généralement une assise horizontale régulière au-dessus de laquelle est édifié le mur de terre. La construction en bauge se rencontre majoritairement au centre du bassin de Rennes. Quelques maisons de la commune n'ont que l'arrière et les pignons du bâtiment réalisés en bauge. D'autres sont construites aux deux tiers en pierre et le tiers supérieur en bauge. Sur quelques maisons plus anciennes, il est possible de remarquer une surélévation en terre, celle-ci correspond à un changement de toiture lorsque les anciens toits très pentus à coyaux supportant des couvertures en chaume ont été changé en toit d'ardoise, il était impératif de modifier la pente de toit et donc de surélever les façades et les pignons. Quelquefois les constructions en terre se limitent aux dépendances : fournil, soue à cochons, grange, cellier. Cette technique de construction est présente sur la commune du 17e siècle au début du 20e siècle. Quelques fermes ou maisons remarquables utilisent cette technique à Couabel, les Hervelins, la Touche-aux-Vanais, le Porche, la Roussaie, La Ville Oger, La Ville Aubry, L'Angle, la Ville Mauny...

Les toits de chaume semblent avoir été relativement nombreux dans la commune, ce type de couverture était en effet fréquent dans les zones marécageuses qui fournissaient le matériau nécessaire à ce type de couverture. La présence d'un marais dans la partie nord de la commune n'est donc vraisemblablement pas étrangère à la fréquence des toits de chaume. Le chaume est fait de roseaux ; l'épaisseur de ces couvertures est d'environ 25 à 30 centimètres et la durée de vie d'un tel toit est d'une cinquantaine d'années environ.

De nombreux toits de chaume ont été remplacés par de l'ardoise, la plupart du temps, à la fin du 19e siècle. A cette occasion, la majorité des bâtiments a été surélevée afin de réduire la pente de toit d'origine.

Datation :

Il subsiste assez peu de bâtiments très anciens en l'état sur le territoire de cette commune. Ainsi, les plus anciennes fermes datées se trouvent à Casse-Noë (1672), au Havre (1677) et à la Roussaie (1688). Outre les dates portées, quelques baies d'origine anciennes et une forte pente de toit, il ne reste que peu de choses de l'état d'origine car les bâtiments subissent des remaniements pour la plupart au début du 20e siècle.

Ainsi, les attributs des bâtiments du 17e siècle sont le plus souvent, outre une pente de toit importante, des baies à encadrements chanfreinés et une forte section des poutres.

Plusieurs fermes remontent au 18e siècle dans la commune, il existe des exemples datés au Rocher-au-Merle et au Pas Pecet (1716), à la Touesse (1778), au Petit Bois Hamon (1763), et plusieurs maisons dans le bourg.

Il existe également quelques maisons de la première moitié du 19e siècle, comme par exemple celles à la Mare (1825) et au Rocher-au-Merle (1837). A cette époque, les percements de la façade du logis deviennent plus importants et réguliers. Cette régularité des baies se généralise à la fin du 19e siècle, époque durant laquelle les logis construits présentent souvent des façades rythmées par des travées, c'est la cas de la ferme de la Brizardière par exemple.

Nombreuses sont les constructions datant de la charnière des 19e et 20e siècles dans la commune de Miniac-Morvan. En effet, les constructions de cette époque sont très nombreuses dans le village, mais elles sont également réparties sur tout le territoire de la commune.

Aires d'études Ille-et-Vilaine
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Miniac-Morvan
Période(s) Principale : Temps modernes
Décompte des œuvres repérées 506
étudiées 0

Références documentaires

Bibliographie
  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • BARDEL, Philippe, MAILLARD Jean-Luc. Architecture de terre en Ille-et-Vilaine. Rennes : Apogée, Ecomusée du Pays de Rennes, 2002.

  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 2000, 2 tomes.

  • Histoire et Mémoire de Miniac-Morvan, bulletin semestriel de l'association Histoire et Mémoire de Miniac-Morvan, n°1 à 19, 1994-2003.